« Recycler c’est protéger » ? La prévention des risques professionnels à l’épreuve de la transition écologique
Communication scientifique
« Recycler c'est protéger ». Cette formule est le slogan d’un des organismes en charge de la gestion de la filière du recyclage des déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE). Sa concision marque les esprits. Mais, recycler, c’est protéger qui ? L'analyse socio-historique de la construction du problème public des DEEE nous apporte un premier élément de réponse. La croissance exponentielle du volume d'équipements électriques et électroniques (EEE) a été construite à l’échelle européenne comme un problème environnemental et géopolitique dès la fin du XXème siècle. Le recyclage des DEEE par le biais de l’instauration de la « responsabilité élargie des producteurs » (REP) est alors présenté comme la solution adéquate. En vertu de ce principe, les producteurs d'EEE sont désignés comme responsables des déchets issus de leurs produits. À ce titre, ils sont sommés de financer et d'organiser la gestion la fin de vie de ceux-ci. À partir de 2006, la filière française du recyclage des DEEE se structure selon ces grands principes, consécutivement à l’application de la directive européenne qui porte sur ce sujet par décret. Cette politique environnementale a des conséquences en termes de travail et d’emploi : elle conduit à la création de nouvelles activités et le recrutement corollaire de nouveaux salariés sous différents statuts (intérim, insertion par l’activité économique, contrat de soutien et d’aide par le travail en ESAT, etc.). Les institutions garantes de la préservation de la santé des salariés alertent aussitôt sur les conditions de travail et les nombreux risques professionnels relatifs à cette filière. On sait notamment que les DEEE contiennent des produits dangereux. Tous ne sont pas connus. Cette politique publique environnementale a-t-elle abouti à la mise en danger des travailleurs à qui elle fournit un emploi ? Dans cette communication, nous montrerons que le cadrage environnemental du problème a éclipsé la question du travail et de la santé des travailleurs, implicitement pensée comme relevant de la seule responsabilité des entreprises de recyclage à qui les déchets sont sous-traités. À travers l'exemple d'une des nombreuses tâches qui incombent aux préventeurs des risques professionnels, l'évaluation des risques chimiques, nous mettrons en lumière la manière dont cette lacune ébranle « le travail de prévention » (Mias et al., 2013). Ces préventeurs tâtonnent, réorganisent leurs actions et inventent, parfois, des manières originales de prévenir les risques chimiques afin de déconstruire l’ignorance qui les entoure, et pour qu’à l’avenir, recycler, ce soit (aussi) protéger les salariés précaires. Cette communication repose sur une thèse de sociologie en cours. Les analysent s’appuieront ici sur une pluralité de matériaux : une trentaine d'entretiens auprès de préventeurs qui interviennent dans trois entreprises de la filière ainsi que l’analyse des débats parlementaires et des textes de loi qui réglementent la filière française.
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Fiche technique
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Année de publication
2025 -
Langue
Français -
Discipline(s)
Sociologie -
Auteur(s)
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Référence
8/7/2025-TOULOUSE-11è Congrès de l'Association Française de Sociologie (AFS) "Environnement(s) et inégalités"
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étude(s) de rattachement