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Exosquelettes

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Foire aux questions

Questions - Réponses sur les exosquelettes

Des réponses aux questions les plus fréquemment posées sur les exosquelettes

  • Quels sont les principaux points de vigilance à prendre en considération lors de l’utilisation d’un exosquelette ?

    Plusieurs risques potentiels ont été clairement identifiés lors de l’usage d’exosquelettes au travail :

    • Risques mécaniques (collisions avec l’utilisateur ou un tiers, écrasement, lésion articulaire, abrasion, etc.)
    • Risques liés à la charge physique (charge physique accrue, autres troubles musculosquelettiques, déséquilibre, contraintes posturales, perturbations sensorielles, désadaptation musculaire, etc.)
    • Risques en lien avec la charge mentale (incidences sur l’expertise, augmentation de la charge attentionnelle, perte d’autonomie, appauvrissement du contenu du travail, etc.)

     

    Une infographie présentant ces principaux points de vigilance est disponible sur le site internet de l’INRS

  • Les exosquelettes peuvent-ils aider à porter des objets lourds (supérieurs à 15 kg) ?

    Cela dépend du type d’exosquelette. Ces technologies sont conçues pour fournir localement (au niveau du dos, des épaules, des coudes, ou des poignets, etc.) un supplément de force lors d’un mouvement spécifique, grâce à un moteur, un élastique ou un ressort. La question est de savoir comment les efforts sont ensuite transmis. Certains exosquelettes sont reliés au sol ou à un point fixe ; dans ce cas, les efforts sont transférés vers l’extérieur du corps et il est alors possible de soulever des objets lourds (> 15 kg). Pour les autres modèles, les efforts restent intégralement supportés par l’opérateur, seules la répartition et la localisation des efforts sont modifiées. Dans ce cas, il convient de respecter les normes en vigueur concernant les limites de charge et de contraintes physiques pour les tâches de manutention manuelle (Voir ED 6161)

  • Les exosquelettes réduisent-ils le risque de troubles musculosquelettiques (TMS) ?

    Les exosquelettes peuvent, dans certains cas précis, limiter certaines contraintes biomécaniques comme les efforts musculaires excessifs ou les postures contraignantes. Mais cela ne suffit pas à éliminer tous les risques d’apparition de TMS, qui sont le résultat de plusieurs causes : répétitivité des gestes, postures contraignantes, efforts, stress, organisation du travail, climat social dans l’entreprise. Il est à noter que ces équipements peuvent en outre déplacer certaines contraintes sur d’autres parties du corps à l’origine d’autres TMS.

  • Un exosquelette mis au point pour un salarié est-il utilisable par d’autres salariés ?

    C’est possible mais c’est loin d’être acquis. Un exosquelette, selon ses caractéristiques (forme, fonctionnement, etc.), n’est pas systématiquement adapté à la morphologie de chacun (genre, taille, poids) ou à certains problèmes de santé d’ordre locomoteur, cardio-vasculaire ou cutané par exemple. Il est également possible que certaines personnes ne puissent pas utiliser correctement, confortablement ou sans risque, un modèle mis au point pour un autre salarié. Une évaluation de l’aptitude à utiliser l’exosquelette apparait nécessaire afin de s’assurer qu’il convient aux caractéristiques des utilisateurs. L’INRS préconise que le service de santé au travail soit associé à cette évaluation.

  • Peut-on considérer l'exosquelette comme un équipement de protection individuelle (EPI) ?

    Non. Les exosquelettes ne sont pas des EPI. Il n’a pas été démontré qu’ils protégeaient d’un quelconque risque. Ils ne sont pour l’instant soumis à aucune règle technique de conception ni à aucune procédure de certification, nécessaires pour qu’un produit puisse être considéré comme un EPI et positionné sur le marché en tant que tel. Plus généralement, le cadre réglementaire concernant les exosquelettes destinés au travail n’est pour l’heure pas défini spécifiquement et aucune norme dédiée ne s’applique. Pour autant, utilisé sur le lieu de travail, l’exosquelette doit être intégré dans l’EvRP et le résultat de cette évaluation doit être retranscrit dans le DU.

  • Quelles sont les conséquences de l’usage d’un exosquelette sur la charge mentale, l’expertise ou encore sur le stress des opérateurs ?

    Les exosquelettes ont été conçus en réponse à des problématiques de réduction de la charge physique de travail. Les recherches se sont donc jusqu’alors focalisées sur la caractérisation des bénéfices et des limites de ces technologies sur cet aspect. Néanmoins, la baisse de la fatigue ou de l’effort ressenti peut être vécue par les opérateurs comme un bénéfice sur le plan cognitif. L’influence de l’exosquelette sur les repères sensoriels peut, à l’inverse, être vécue comme une contrainte par les utilisateurs à la recherche de qualité et de productivité dans leur travail. Les études antérieures ont déjà démontré des impacts de l’usage de ces technologies sur la régulation de l’équilibre ou encore sur l’organisation du mouvement. Il apparait donc nécessaire de mettre en œuvre une phase d’apprentissage à l’usage des exosquelettes pour laisser le temps aux utilisateurs de construire progressivement de nouveaux repères et une nouvelle expertise du geste. Sans cela, l’usage de ces technologies sans accompagnement pourrait se répercuter par une augmentation du stress.

  • L'INRS a-t-il développé des outils d'évaluation de la mise en place d'un exosquelette ?

    Des outils objectifs (mesures des paramètres physiologiques ou physiques) et subjectifs (interrogeant la perception humaine) existants peuvent être mis en œuvre dans ce cadre. Pour aider les préventeurs à accompagner les entreprises dans leurs démarches d’acquisition et d’intégration d’un exosquelette, l’INRS a conçu un guide méthodologique (disponible en 2019). Ce guide détaille les étapes d’évaluation nécessaires à l’identification des apports et des limites de l’usage d’un exosquelette. Des méthodes d’évaluation spécifiques y sont proposées pour aider l’entreprise dans son analyse de l’interaction entre l’opérateur et l’exosquelette.

  • Des exemples d'intégrations réussies d’exosquelettes ont-ils été observés ?

    Oui, une étude menée par l’INRS dans une entreprise spécialisée dans les métiers d’arts avec travail du plâtre a permis de recueillir des informations quant à l’intégration réussie d’un exosquelette. Il en est ressorti que l’exosquelette était destiné à des experts pour des tâches de ponçage de plafond très spécifiques et contraignantes, mains au-dessus de la tête et pour des durées limitées. L’exosquelette a nécessité plusieurs adaptations techniques avant de pouvoir être utilisé en situation réelle de travail. Son utilisation a également entraîné des évolutions de stratégies gestuelles et d’organisation pour effectuer la tâche. Les opérateurs ont indiqué exercer moins de force sur l’outil, adopter des postures moins sollicitantes et constater la disparition de certaines douleurs.

Mis à jour le 21/11/2018
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Exosquelettes au travail : comment s’y préparer ?