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Prise en compte des expositions cutanées au Bisphénol A

Évaluer les risques professionnels liés Bisphénol A

Une étude de l’INRS indique que l’exposition cutanée au Bisphénol A (BPA) devrait être prise en compte, au même titre que son inhalation ou son ingestion, lors de l’évaluation des risques auxquels sont soumises les personnes travaillant en contact avec ce produit. Et ce au moins jusqu’à ce que des données significatives sur sa toxicité chez l’Homme soient disponibles. Ces résultats sont publiés online par la revue Archives of Toxicology.

Les effets sur l’homme du BPA, qui est utilisé pour la fabrication de nombreux produits de consommation courante (bouteilles, emballages alimentaires, papiers thermiques, matériel médical, peinture, adhésifs…), sont peu connus. Si quelques effets irritants sont rapportés, les résultats de l’expérimentation animale laissent envisager d’éventuels effets sur la reproduction ainsi que la survenue de cancers.

Dans l'environnement professionnel, l'absorption percutanée, sur laquelle peu de recherches ont été menées, est la seconde voie d'exposition après l'inhalation. Dans les conditions expérimentales mises en place, l’équipe INRS a estimé qu'une exposition chez l'homme d'une heure sur 2 000 cm² de peau (surface des mains et des avant-bras) peut conduire à une absorption de BPA équivalente à 4 μg/kg/j. Cette quantité, qui représenterait 8 % de la dose journalière tolérable européenne pour des travailleurs exposés fixée à 50 μg/kg/j, est également très proche de la valeur à laquelle des effets toxiques ont été observés chez l'animal dans d'autres études.

Les chercheurs sont parvenus à ces conclusions en travaillant ex vivo (peau de rat et peau humaine) et in vivo (rat). Les essais réalisés chez le rat montrent que le flux d'absorption déterminé sur des échantillons de peau est similaire à celui mesuré sur l'animal entier, permettant l'extrapolation des résultats ex vivo à l'organisme entier (rat ou homme).

Par conséquent, l'exposition cutanée devrait être prise en compte dans la surveillance des salariés en contact avec du BPA dans leur activité professionnelle, sachant qu'il existe une forte variation d’un individu à l’autre dans l'absorption percutanée du BPA (d’un facteur 1 à 10). Une précaution nécessaire en attendant de nouveaux résultats concernant la toxicité de ce produit chez l'Homme.

Contact

Attaché de presse - Antoine Bondéelle - antoine.bondeelle@inrs.fr - Tél. 01 40 44 14 40 www.inrs.fr

Mis à jour le 14/03/2010