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Addictions : les 3 clefs de la prévention en entreprise

Comprendre, analyser et dialoguer

Le 22 octobre 2015, la Mission interministérielle de lutte contre les conduites addictives (Mildeca) organise la journée nationale de prévention des additions en milieu de travail. Quelle démarche une entreprise peut-elle adopter pour prévenir les conduites addictives ? Philippe Hache, médecin du travail et expert des addictions à l’INRS répond à trois questions.

La prévention des addictions : quels salariés sont concernés?

Tous les salariés de l’entreprise sont concernés, à tous les postes.
L’entreprise doit tout d’abord comprendre que la problématique n’est pas uniquement de s’occuper de la dépendance, mais aussi des stades qui précédent l’état d’addiction : d’une part la consommation occasionnelle de substances psychoactives sans conséquence néfaste immédiate, dite usage simple, et d’autre part l’usage nocif (ou abus) qui est une consommation responsable de dommages : problèmes de santé, accidents de voiture, accidents de travail, querelles, etc.
La démarche de prévention de l’entreprise doit donc être collective afin que les salariés ne progressent pas dans cette spirale de consommation.

Quelle démarche adopter pour lutter contre les pratiques addictives au travail ?

Les pratiques addictives ont des origines mixtes : externes et internes à l’entreprise. Un travail commun entre employeur, préventeurs, représentants du personnel et service de santé au travail doit s’établir pour analyser la situation et répondre à ces questions : que sont les conduites addictives et quelles sont leurs conséquences ? Le mode de fonctionnement de l’entreprise est-il source de conduites addictives ? Quel est le rôle de chacun des membres de l’entreprise ?
Par exemple : le mode d’organisation d’un pot avec alcool ou d’un repas d’affaires, met-il les travailleurs en danger pour leur santé et leur sécurité ?  Les RPS et les TMS sont-ils sources de conduites addictives ? Que faire face à un salarié qui ne peut plus effectuer son travail en toute sécurité ? Autant de questions auxquelles se confronter dans la phase d’analyse.

Quelle-est la clef de la réussite d’une telle démarche ?

Le sujet est sensible, en raison du manque d’information de la population et, parfois, de préjugés. C’est pourquoi il est indispensable de dialoguer. Tout le monde dans l’entreprise doit comprendre l’intérêt de prévenir les conduites addictives. Si les travailleurs se sentent heurtés, ce sujet restera tabou pour plusieurs années. L’employeur doit mettre en œuvre les mesures prioritaires identifiées dans la phase d’analyse. Pour l’aider, l’entreprise a des ressources internes : représentants du personnel, médecin du travail, assistante sociale et  des ressources externes : CARSAT, IPRP externes, addictologues… Enfin, il est utile de rappeler que les CSAPA (centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie) accueillent gratuitement toutes les personnes souffrant de conduites addictives, même si elles ne sont pas dépendantes. L’entreprise n’est pas seule !
 

Pour en savoir plus
Mis à jour le 21/10/2015