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Horaires décalés et travail de nuit

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Travailler la nuit inclut souvent la notion de solitude

Travail de nuit, travail posté, horaires étalés, temps partiel… Le travail en horaires atypiques concernerait aujourd’hui au moins occasionnellement près de 2 salariés sur 3. Ces rythmes de travail hors normes ne sont pas neutres en termes de santé et de sécurité, et peuvent être à l’origine de risques spécifiques. Comment concilier ces formes de travail avec la préservation de la santé et de la sécurité des personnels concernés ?

Les deux tiers des salariés, essentiellement les ouvriers et les employés, travaillent désormais en horaires décalés ou atypiques. Ce terme générique cache de multiples réalités. Il peut s’appliquer aux horaires (de 20 h à 7 h du matin), aux périodes travaillées (samedi, dimanche et jours fériés), aux amplitudes de journée (au-delà de 8 h), à la structuration des journées (journées fragmentées par des coupures de plusieurs heures), ou encore aux rythmes de travail (variations irrégulières ou cycliques du nombre de jours ou des horaires de travail).

Des dispositions réglementaires sont prévues pour encadrer le travail posté et le travail de nuit.

Horaires atypiques, de quoi parle-t-on ?

On qualifie d’« horaires atypiques » tous les aménagements du temps de travail qui ne sont pas « standards » (5 jours réguliers par semaine du lundi au vendredi, travail entre 7 et 20 heures, avec 2 jours de repos hebdomadaires). 

Vrai-faux : horaires décalés et travail de nuit (anim-051)

Travail en horaires atypiques et risques d’accidents

Les horaires atypiques, et tout particulièrement le travail de nuit, peuvent constituer un facteur de risque pour les travailleurs. L’organisme est programmé pour avoir une activité maximale dans la journée et minimale durant la nuit. La perturbation du rythme biologique peut se manifester par l’apparition de troubles du sommeil.

La dette de sommeil, lorsqu’elle devient chronique, entraîne une baisse de vigilance qui peut être source d’accidents. Les accidents de la route entre le lieu de travail et le domicile constituent le principal danger. Les statistiques montrent par ailleurs que les accidents de travail, s’ils ne sont pas plus fréquents, sont généralement plus graves lorsqu’ils surviennent la nuit.

Travail en horaires atypiques et effets sur la santé

Les horaires atypiques favorisent aussi l’apparition de certaines pathologies (troubles digestifs, stress, syndromes dépressifs, maladies cardiovasculaires) et contribuent à l’usure prématurée des salariés. Des études révèlent que, plusieurs années après, l’état de santé des ouvriers ayant travaillé de nuit ou en « 3x8 » est dégradé par rapport à ceux qui ont toujours eu des horaires standards.

Par ailleurs, des enquêtes réalisées chez les infirmières et les hôtesses de l’air ont montré que le travail de nuit sur des longues durées augmentait les risques de cancer du sein. Le travail de nuit est d'ailleurs classé comme cancérogène probable (catégorie 2A) par le CIRC.

L’acceptation des horaires atypique par le salarié : un facteur clé

La probabilité de survenue des effets sur la santé du travail en horaires atypiques varie selon les individus. L’acceptation des horaires atypiques par les salariés peut contribuer à réduire les risques. Cette acceptation dépend de la possibilité de maintenir une vie sociale et familiale, de la nature des activités extraprofessionnelles, des ressources matérielles et des aides disponibles dans la vie privée (possibilité de garde des enfants…), de la stabilité et de la prévisibilité des horaires.  

Transport routier par camion la nuit

Le travail de nuit peut s'accompagner d'autres nuisances : bruit, isolement,
mauvaise posture...

 
 

Quelles mesures de prévention ?

Lors de la mise en place d’horaires atypiques, l’employeur doit procéder à une évaluation des risques liés aux postes concernés et s’assurer que les mesures de prévention déjà en place restent adaptées pendant les horaires atypiques. Il doit également être particulièrement attentif aux risques qui pourraient être liés :

  • à une exposition prolongée à des nuisances du fait des horaires atypiques (produits chimiques dangereux, bruit, port de charges lourdes…),
  • aux effets du travail en horaires décalés avec la conduite d’un véhicule,
  • aux effets du travail en horaires décalés avec un travail isolé (risques de violences, par exemple). 

Les salariés concernés doivent, dans la mesure du possible, être associés aux discussions concernant les modalités des horaires (heure de prise de poste, rythme de rotation, temps de pause…). Dans les entreprises où coexistent plusieurs types d’horaires, il est bien sûr préférable d’attribuer les plannings atypiques aux travailleurs qui se portent volontaires.

Quelques pistes de travail pour atténuer les effets négatifs du travail en horaires atypiques

  • Permettre aux salariés d’anticiper leur planning
  • Prévoir des marges de manœuvre pour les échanges d’horaires entre salariés
  • Faciliter l’articulation des temps de travail avec l’exercice des responsabilités familiales et sociales
  • S’assurer que les horaires de poste (début et fin) sont compatibles avec les horaires de transport en commun
  • Rendre possible le retour en horaires classiques
  • Organiser les temps de pause, surtout pendant le travail de nuit
  • Être attentif à rompre l’isolement des salariés concernés et la monotonie des tâches qui leur sont confiées
  • En cas de rotation des postes, prévoir du temps pour les transmissions d’une équipe à l’autre
  • Être attentif aux ambiances physiques de travail telles que la température et la lumière
  • Informer les salariés des effets du travail en horaires atypiques
  • Organiser le suivi des indicateurs concernant la santé des travailleurs, l’ambiance de travail et l’absentéisme

Les services de santé au travail ont un rôle important à jouer dans la mise en place d’horaires atypiques. Outre le suivi médical des salariés concernés, ils sont les plus à même de leur prodiguer les conseils relatifs à l’hygiène de vie notamment (sommeil, alimentation…).

À signaler la publication en mai 2012 par la Société française de médecine du travail de recommandations pour la surveillance médicale des travailleurs de nuit ou postés.

Mis en ligne le 06 septembre 2013

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