Prévention des TMS des membres supérieurs

Réduire les sollicitations et diagnostiquer le plus tôt possible

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Les TMS sont une conséquence de l'activité physique au travail

Depuis plus de 15 ans, les troubles musculosquelettiques des membres supérieurs constituent la 1re maladie professionnelle reconnue et leur nombre ne cesse d’augmenter. Ils touchent tous les secteurs d’activité. Pour lutter efficacement contre cette épidémie, l’entreprise doit se mobiliser dans la durée. La prévention des TMS passe par un dépistage préalable des situations de travail à risque, puis par une intervention ergonomique. Un diagnostic médical précoce est également important.

Les TMS des membres supérieurs sont des affections dues à l’exposition à une combinaison de facteurs à composante professionnelle. Ils affectent les nerfs, tendons, muscles et ligaments du cou, de l’épaule, du coude, du poignet ou encore de la main. Ils se traduisent par des douleurs, des maladies et une gêne fonctionnelle qui peuvent devenir invalidantes. Les troubles musculosquelettiques représentent des millions de journées de travail perdues et sont une source de désorganisation majeure pour les entreprises.

Principaux facteurs à l’origine des TMS des membres supérieurs

  • Facteurs biomécaniques : positions angulaires articulaires extrêmes, efforts excessifs, répétitivité des gestes, travail en position statique maintenue
  • Caractéristiques de la tâche : port de gants, exposition au froid ou aux vibrations (qui augmentent la survenue de ces troubles)
  • Facteurs liés à l’organisation du travail ou au stress au travail : pauses insuffisantes, manque d’alternance dans les tâches, absence de marge de manœuvre, travail sous pression de temps, exigence de qualité, perception négative du travail

Pour prévenir la survenue de ces pathologies professionnelles, il est tout d’abord nécessaire d’effectuer un dépistage des situations de travail à risque. En fonction des résultats de ce dépistage, une intervention ergonomique peut être organisée. Un diagnostic médical précoce de ces troubles est également important.

Mobiliser

La prévention des TMS nécessite un engagement de la direction. Celle-ci doit en effet :

  • adhérer à la démarche,
  • dégager les moyens nécessaires (humains, financiers, temporels),
  • associer les différents services, les représentants du personnel, le CHSCT et le service de santé au travail. Cette étape permet de motiver tous les acteurs, de les informer et de leur faire comprendre les enjeux de la démarche.

Délimiter le périmètre de l’intervention

Un recueil d’information permet de mieux connaître le risque et de déterminer les situations à analyser en priorité (secteurs ou postes de travail à risque). Ce travail de dépistage, réalisé avec les services de santé au travail, peut se faire :

  • par des entretiens avec les salariés,
  • par le recueil de données existantes sur la santé des opérateurs (cas de TMS recensés par le service de santé au travail et autres données médicales),
  • par l’analyse des données de l’entreprise : rapport annuel du CHSCT, taux de turnover, absentéisme, types de contrats, répartition par âge, fonctionnement global du processus de production.

Analyser les situations de travail

Cette analyse nécessite d’identifier les facteurs de risques de TMS et leurs déterminants (outillage, conception des produits, organisation de la production, gestion des compétences…) :

  • en prenant en compte le ressenti des opérateurs sur leur travail (par questionnaire par exemple),
  • en étudiant les postes de travail et leur environnement physique (par observation du travail et par mesures) : dimensionnement du poste, éclairage, niveau sonore, vibrations.

À l’issue de cette analyse, les sollicitations biomécaniques auxquelles sont soumis les opérateurs sont évaluées (en termes d’efforts, de répétitivité et de positions articulaires) pour faire émerger les contraintes biomécaniques sur lesquelles agir.

Plusieurs outils simples peuvent être utilisés pour accompagner les différentes phases de cette analyse.

Quelques outils pour l’analyse des situations de travail et des risques de TMS

Étude des postes de travail
Check List OSHA : recherche des facteurs de risques aux postes de travail tels que la répétitivité, l’effort, les amplitudes articulaires, les vibrations… Rapide à utiliser (environ 10’ par poste), ne nécessitant pas de compétences particulières en ergonomie.
Analyse du travail
Questionnaire TMS : recueil de données subjectives sur les plaintes liées aux TMS, les symptômes de stress, les facteurs psychosociaux et le vécu au travail. Simple d’utilisation, résultats à interpréter à la lumière de l’analyse des situations de travail.
Évaluation des sollicitations biomécaniques
OREGE : outil de repérage et d'évaluation des gestes, permettant une analyse fine des contraintes biomécaniques (efforts, postures contraignantes, répétitivité des gestes). Outil reposant sur l’observation de l’opérateur à son poste, prenant en compte l’activité de travail et s’appuyant sur un dialogue entre l’opérateur et l’utilisateur. Durée d’évaluation d’un poste de travail de 1 à 2 heures, nécessitant des compétences en ergonomie.

Élaborer et mettre en place des mesures de prévention

En impliquant les salariés et les représentants du personnel, l'entreprise élabore sur la base des résultats de l’analyse précédente une série de mesures de prévention portant sur :

  • l’aménagement du poste et de l’espace de travail
  • la conception des outils et des équipements,
  • l'organisation du travail et de la production,
  • la formation et l’information des salariés.

Exemples de mesures pour réduire le risque de TMS

  • Diminuer les effets de la répétitivité des gestes : alterner les tâches répétitives et non répétitives, réduire la monotonie du travail, adapter la fréquence des pauses aux efforts fournis
  • Éviter les postures de travail contraignantes : adapter les plans de travail aux opérateurs afin d’éviter les torsions et les flexions du buste, aménager les stocks, aménager les postes de travail informatiques, proposer des postes assis-debout
  • Améliorer la conception des outils : courber l’outil plutôt que le poignet, équiper les outils de moyens de préhension adaptés à la main des hommes et des femmes
  • Diminuer les facteurs de stress : donner la possibilité aux opérateurs de réguler la cadence, renforcer le travail en équipe, organiser le travail pour éviter le travail par à-coups, améliorer la maintenance des équipements de travail

L’évaluation des actions de prévention doit être prévue dès l’initiation de la démarche, de façon à mettre en place des indicateurs de suivi pertinents, en cohérence avec les objectifs poursuivis.

Ne pas négliger la prévention médicale

En complément de ces différentes mesures de prévention, un diagnostic précoce et systématique des troubles musculosquelettiques du membre supérieur (TMS-MS) est également primordial. Le protocole européen clinique SALTSA permet le repérage des TMS-MS afin de prévenir le plus précocement possible le développement de ces affections. Il repose sur une démarche diagnostique rigoureuse, conduisant si besoin à la réalisation de manœuvres cliniques standardisées.

Mis en ligne le 04 novembre 2011

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