Lombalgies
Bouger pour guérir plus vite
Mal de dos, sciatique, lumbago… Les lombalgies sont des affections très courantes, souvent liées au travail. Les conséquences peuvent être lourdes : arrêts de travail, inaptitudes, invalidité… Pour guérir plus vite et éviter les récidives, il faut bouger et reprendre son travail rapidement, dans un environnement adapté. Les lombalgies font partie des maladies professionnelles reconnues les plus courantes.
Les lombalgies sont des affections très courantes qui se manifestent par des douleurs localisées dans le bas du dos. Dans plus de 90 % des cas, l’origine de ces douleurs n’est pas identifiée : il n’y a aucune anomalie ni sur les radiographies ni aux examens biologiques.
La lombalgie peut se manifester par une raideur, une sensation de lourdeur, des douleurs diffuses ou franches et précises, un lumbago (douleur vive et aiguë), une impression d’instabilité à la marche… Le diagnostic n’en est que plus difficile.
Les lombalgies représentent la première cause d’invalidité au travail chez les moins de 45 ans. Leur fréquence augmente avec l’âge, jusqu’à un pic situé vers 45-50 ans. Au-delà, la fréquence tend à se stabiliser voire à diminuer.
Facteurs de risque
De nombreux métiers sont concernés par les lombalgies et les facteurs de risque sont présents, à des degrés divers, dans la majorité des situations de travail.
Les lombalgies ont des causes multiples : elles peuvent être liées à des facteurs de risques professionnels (travail physique exigeant et manutentions manuelles, vibrations transmises au corps entier, stress…) ou consécutives à un accident du travail (chutes et glissades). Les prédispositions personnelles (antécédents de lombalgie…) et certaines activités domestiques et de loisirs peuvent aussi intervenir.
De la lombalgie commune à la lombalgie chronique
On distingue généralement 3 stades dans les lombalgies.
La lombalgie aiguë dure moins de 6 semaines. Dans 90 % des cas, elle guérit en quelques jours. Mais elle récidive chez un tiers des personnes environ. En l’absence d’indicateurs de gravité, la reprise d’une activité physique adaptée couplée à une prise en charge médicale de la douleur est la meilleure garantie d’une guérison. Ses facteurs de risque professionnels sont les manutentions manuelles, des chutes, une exposition aux vibrations, des postures de travail contraignantes, un travail physiquement pénible…
La lombalgie subaiguë dure entre 6 semaines et 3 mois. En début de la phase subaiguë, les indicateurs de risque de passage à une maladie chronique doivent être recherchés : douleur intense, impact fonctionnel, peur de se faire mal, insatisfaction au travail, tâches physiques lourdes, état dépressif, isolement, faible soutien social, stress… C’est en effet sur ces éléments qu’il est nécessaire d’agir lorsque c’est possible.
La lombalgie chronique dure plus de 3 mois. C’est la forme la plus rare (moins de 5 % des personnes touchées). Son traitement est compliqué et elle peut se révéler très invalidante, c’est pourquoi il convient de chercher à prévenir le passage de la lombalgie aiguë à la lombalgie chronique.
Continuer à bouger pour guérir plus vite
L’activité physique, même minime, est essentielle pour guérir plus vite et mieux et pour éviter les récidives. Le repos doit être le plus court possible car il ne permet pas une bonne cicatrisation des tissus mous (muscles, tendons, ligaments) et renforce la peur de bouger. Dans 90 % des cas, la lombalgie guérit spontanément en quelques jours.
Ce qu’il faut savoir si vous souffrez d’une lombalgie
- La douleur ressentie n’est pas proportionnelle à la gravité.
- Votre médecin traitant peut prescrire un traitement antalgique (radios et examens complémentaires sont le plus souvent inutiles).
- Bougez, marchez, reprenez les gestes usuels de la vie courante le plus vite possible car c’est par le mouvement (et non par le repos) que le muscle se répare.
- Si votre entreprise aménage bien votre poste, vous pourrez reprendre le travail sans risque et même guérir plus vite.
Adapter le travail pour favoriser la reprise du travail
Si la reprise du travail favorise la guérison, elle doit être adaptée. Plusieurs composantes du travail sont à prendre en compte : le travail physique, les postures, les vibrations et les contraintes mentales et psychologiques. L’INRS propose un « cadre vert » qui définit un environnement permettant une reprise du travail pour les salariés lombalgiques. Ce cadre doit être maintenu durant les 3 semaines qui suivent le retour du salarié lombalgique ou à partir de son épisode aigu si le salarié n’a pas été arrêté. C’est à l’entreprise de définir la méthode pour atteindre ces objectifs en fonction de ses moyens et de son environnement économique, géographique…
Reconnaissance d’une lombalgie en maladie professionnelle
Certaines douleurs avec irradiation dans les jambes (sciatique, cruralgie) dues à une hernie discale, différenciées par les causes déclenchantes (les vibrations ou la manutention manuelle de charges lourdes) et le niveau de l’atteinte, peuvent être reconnues au titre de maladie professionnelle.
Depuis 1999, les lombalgies font l’objet de 4 tableaux de maladies professionnelles :
- Le tableau 97 du régime général et le tableau 57 du régime agricole concernent les affections provoquées par des vibrations de basses et moyennes fréquences transmises au corps entier.
- Le tableau 98 du régime général et le tableau 57 bis du régime agricole traitent des affections provoquées par la manutention manuelle de charges lourdes.
Ces tableaux indiquent avec précision les atteintes du rachis lombaire prises en charge et fournissent une liste limitative des travaux susceptibles de provoquer ces maladies. L’exposition au risque doit avoir duré au moins 5 ans. La maladie professionnelle doit être constatée dans les 6 mois qui suivent la fin de l’exposition au risque (c’est le délai de prise en charge) et être déclarée par la victime auprès de l’organisme de sécurité sociale dans les 2 ans qui suivent la rédaction du certificat médical initial (c’est le délai de prescription).
Siège de la douleur en fonction de la pathologie
Mis en ligne le 05 octobre 2011

