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Radon en milieu de travail

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Démarche de prévention des risques


Les techniques visant à diminuer le radon s’appuient sur deux grands principes :

  • Limiter la pénétration de radon dans le bâtiment.
  • Diluer le radon présent dans le local.

La limitation de la pénétration du radon dans le bâtiment repose sur le traitement du soubassement et sur l’amélioration de l’étanchéité de l’interface entre le bâtiment et son sous-sol. La dilution repose sur l’augmentation du taux de renouvellement de l’air intérieur.

 

Voies de pénétration du radon dans un bâtiment : fissures (1), joints entre les parois (2), passages de canalisations (3) et porosité des parois (4). Pour réduire le radon dans le bâtiment : mettre en dépression le sous-sol, étanchéifier et aérer / ventiler

Réglementation aération et assainissement

Dans un premier temps, il convient de rappeler qu’il est obligatoire d’assurer le renouvellement de l’air dans les locaux fermés dans lesquels les travailleurs sont appelés à séjourner. Ce renouvellement de l’air peut être réalisé par ventilation mécanique ou par ventilation naturelle permanente.

 

À noter toutefois, que la mise en place d’un système de ventilation mécanique est obligatoire dès lors que le volume par occupant est inférieur à :

  • 15 m3 pour les bureaux et les locaux où est accompli un travail physique léger,
  • 24 m3 pour les autres locaux.

 

Lorsque l'aération est assurée par ventilation mécanique, le Code du travail prévoit un débit minimal d'air neuf à introduire par occupant tel que fixé dans le tableau ci-dessous.

Désignation des locaux

Débit minimal d’air neuf par
occupant (en m3/h)

Bureaux, locaux sans travail physique

25

Locaux de restauration, locaux de vente, locaux de réunion

30

Ateliers et locaux avec travail physique léger

45

Autres ateliers et locaux

60

Selon l’article R. 4222-6 du Code du travail

 

D’autre part, l’employeur se doit de maintenir l’ensemble de l’installation de ventilation (naturelle ou mécanique) en bon état de fonctionnement et d’en assurer régulièrement le contrôle afin de garantir le maintien de son efficacité.

Le respect de ces dispositions réglementaire est un préalable qui permet de réduire le niveau de concentration d’activité de radon dans l’air intérieur.

Actions simples de prévention

Si les mesures effectuées dans le cadre du dépistage du radon montrent des niveaux supérieurs au niveau de référence fixé par la réglementation (300 Bq/m3 en moyenne annuelle), différentes actions peuvent être mises en œuvre au niveau du bâtiment afin de diminuer la concentration d’activité en radon.

 Les techniques de réduction de la concentration du radon ont des niveaux de complexité variables et une efficacité qui dépend des caractéristiques du bâtiment, du niveau de concentration, des voies d’infiltration du radon et de la qualité de l’exécution des travaux.

Exemples d’actions simples pour diminuer la concentration en radon dans un bâtiment

  • Aération régulière des locaux.
  • Vérification de l'état et de l’efficacité de la ventilation existante (naturelle ou mécanique) et correction des éventuels dysfonctionnements (obturation des orifices d'entrée et de sortie d'air, encrassement, défaillance de ventilateurs…).
  • Amélioration de l’étanchéité des voies d’entrée et de transfert simples à colmater (fissures dans les planchers et murs, trappes, passage de canalisation…).
  • Amélioration de l’aération naturelle du soubassement. 

Actions de prévention plus conséquentes

Dans le cas où le niveau de concentration d’activité du radon est important ou lorsqu’en dépit de la mise en œuvre d’actions simples, le niveau de concentration d’activité en radon reste supérieur au niveau de référence, il est alors nécessaire de mettre en œuvre des actions ciblées et parfois plus conséquentes.

Diagnostic technique du bâtiment

Le choix de ces actions doit être établi sur la base d’un diagnostic technique du bâtiment dont l’objectif est d’identifier les causes précises du niveau de concentration élevé et ainsi orienter vers les solutions adaptées.

Ce diagnostic doit être réalisé par des professionnels compétents selon les prescriptions de la norme NF X46-040. Il repose sur l’analyse des paramètres et des caractéristiques techniques de l’ouvrage qui influent sur la concentration en radon.

Il prend en compte notamment, les caractéristiques du soubassement et de l’interface sol/bâtiment (sous-sol, vide sanitaire, terre-plein, mur semi-enterré…) ainsi que les caractéristiques des systèmes de ventilation et de chauffage (analyser l’impact du système de chauffage et des cycles de fonctionnement sur la concentration en radon).

À partir de ces informations, les voies d’entrée et de transfert du radon pourront être identifiées, ce qui permettra de mettre en place des actions ciblées (défauts d’étanchéité, défauts de ventilation). Une recherche plus fine ou une confirmation des voies d’entrée pourra être faite à l’aide de mesurages spécifiques si nécessaire.

Étanchement de l’interface sol-bâtiment

L’étanchement de l’interface sol-bâtiment consiste à assurer l’étanchéité entre le bâtiment et le terrain sous-jacent ainsi qu’entre le sous-sol et le volume occupé. Ces étanchements peuvent se faire de façon ponctuelle (fissures dans les planchers et murs, trappes, portes, gaines techniques, joints de dilatation…) ou par traitement de toute une surface (sols en terre battue, planchers, murs enterrés).

Augmentation du renouvellement d’air

L’augmentation du renouvellement d’air peut se faire par la mise en place d’un système de ventilation mécanique.

 

Description de 3 systèmes de ventilation mécanique (VMC)

Type de VMC

Principe

Simple flux par extraction

Dispositif qui fonctionne à l’aide d’un extracteur qui aspire l’air intérieur et crée ainsi une dépression. L'apport d’air neuf air doit se faire grâce à des entrées d'air.

A noter que si les entrées d’air sont obstruées ou insuffisamment dimensionnées, le dispositif peut s’avérer inefficace voire entraîner une augmentation de la concentration en radon liée à son aspiration via les voies d’entrée.

Simple flux par insufflation

Dispositif qui fonctionne par insufflation mécanique de l’air et extraction par sorties d’air naturelles.

Double flux

Système de ventilation de référence afin de diminuer efficacement la concentration de radon dans l’air intérieur. L’insufflation mécanique permet, tout en renouvelant l’air, de s’opposer à la dépression naturelle et ainsi de limiter l'entrée du radon.

L’efficacité dans le temps d’un système de ventilation dépend fortement de sa maintenance. Il est donc recommandé de procéder périodiquement à sa vérification et au nettoyage des filtres et orifices d’entrée/sortie notamment.

 

Traitement du soubassement (vide sanitaire, dallage sur terre-plein, cave)

Le traitement du soubassement permet d’agir à la source et de réduire efficacement l’entrée du radon dans les bâtiments. Il consiste soit à ventiler le soubassement par aération naturelle ou à l’aide d’une ventilation mécanique, soit à le mettre en dépression par rapport aux espaces occupés à l’aide d’un système d’extraction mécanique.

La ventilation naturelle du soubassement peut être réalisée en créant des ouvertures qui devront être orientées préférentiellement vers les vents dominants. A noter que cette technique est fortement dépendante des conditions climatiques. Pour augmenter l'efficacité de la ventilation et palier la dépendance aux conditions climatiques, il est donc possible de mécaniser l'extraction.

La mise en dépression du soubassement consiste quant à elle à générer une pression inférieure à celle régnant au niveau du sol des espaces occupés du bâtiment. Pour cela, l'air du soubassement est extrait mécaniquement vers l'environnement extérieur où le radon se dilue rapidement. Ces systèmes sont appelés systèmes de dépressurisation des sols (SDS).

Bien que l’application d’une seule méthode puisse s’avérer suffisante, il est parfois nécessaire d’en combiner plusieurs pour obtenir des résultats satisfaisants, notamment en cas de concentration élevée.

Prise en compte du risque radon dès la conception

Il est important de prendre en compte le risque lié à l’exposition au radon dès la conception des bâtiments. L’efficacité des moyens de prévention retenus sera meilleure et moins couteuse que s’ils doivent être intégrés par la suite.

D’autre part, il est nécessaire de bien dimensionner le système de ventilation en adéquation avec les exigences en matière de qualité de l’air intérieur.

A noter également que certains matériaux de construction génèrent du radon et qu’il est parfois nécessaire d’en tenir compte lors de leur choix.

Autres mesures en direction des travailleurs

Mesures organisationnelles

Dans une situation d’exposition donnée, la dose susceptible d’être reçue est directement proportionnelle à la durée d’exposition. Ainsi, il est important de limiter le temps de présence dans une zone radon par les actions suivantes : 

  • Améliorer l’ergonomie du poste et du circuit de sortie.
  • Rationaliser les interventions.
  • Mettre en place des outils adaptés.
  • Préparer toute intervention.
  • Optimiser les gestes.

Équipement de protection individuelle

L’exposition au radon provient essentiellement de l’inhalation de ses descendants solides fixés ou non aux aérosols ambiants.

Lorsque les mesures de protection collective n’ont pas permis d’atteindre un niveau de protection suffisant, il est possible d’utiliser un appareil de protection des voies respiratoires. Cet appareil doit être équipé d’un filtre de classe P3 (haute efficacité) afin d’assurer une protection efficace.

Compte tenu des contraintes potentielles liées au port d’un appareil de protection des voies respiratoires, il est nécessaire de s’assurer que ce dernier soit adapté au porteur et ne soit pas source de gêne ou d’inconfort. D’autre part, la durée de port doit être limitée dans le temps. En tout état de cause, il est nécessaire de demander l’avis au médecin du travail sur la pertinence d’un telle solution et le choix de l’équipement.

Autre équipement de mesure

Indépendamment de la surveillance individuelle à l’aide d’un dosimètre à lecture différée, l’utilisation d’un appareil portable permettant la mesure directe de la concentration d’activité en radon peut être nécessaire pour évaluer le risque dans les lieux confinés où la concentration est susceptible d’atteindre des niveaux élevés. Cette mesure ne se substitue pas à l’évaluation de la concentration en moyenne annuelle, en revanche, elle permet de mettre en œuvre des moyens de prévention (ventilation, organisation visant à réduire la durée de présence…) avant d’intervenir.

Mis à jour le 29/01/2020