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Covid-19 et prévention en entreprise

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Suivi de l’état de santé des salariés

Comment les services de santé accompagnent les entreprises durant la pandémie ? Quelle conduite tenir si un cas survient dans l’entreprise ? Quelles recommandations pour les sauveteurs secouristes au travail ?

Suivi de l’état de santé des salariés par les services de santé au travail

En période de pandémie Covid-19, les services de santé au travail doivent remplir leur mission d'intérêt général en accomplissant les missions qui leur sont dévolues par l'article L. 4622-2 du code du travail :

  • accompagner et conseiller les employeurs et les salariés, avec un relai des messages de prévention, et le cas échéant, accompagner les employeurs dans leur évaluation des risques ;
  • contribuer à endiguer l'épidémie de Covid-19, en participant au dépistage des personnes susceptibles d'être infectées;
  • participer à la prévention de la désinsertion professionnelle des salariés ;
  • assurer le suivi individuel de l'état de santé des salariés dans la mesure où les visites qui ont pu faire l'objet d'un report dans le cadre de la crise sanitaire doivent être réalisées avant le 31 décembre 2020. (Cf. focus juridique : Quelles sont les adaptations apportées au suivi de l’état de santé des salariés dans ces circonstances exceptionnelles ?). 

Des règles spécifiques ont également été fixées pour les visites de reprise pour tenir compte de la vulnérabilité et des risques encourus par les travailleurs. Le médecin du travail a notamment pu reporter certaines visites de reprise prévues entre le 12 mars et le 31 août 2020, sans que ce report ne fasse obstacle à la reprise du travail, dans la limite :

  • d'un mois suivant la reprise du travail, pour les travailleurs faisant l'objet d’un suivi individuel renforcé (SIR) ;
  • de trois mois suivant la reprise du travail pour les travailleurs non concernés par le SIR (soit au plus tard le 30 novembre 2020, si la reprise du salarié était prévue au plus tard le 31 août 2020)..

Tests diagnostiques ou sérologiques de la Covid-19

De manière générale, le médecin du travail peut réaliser ou prescrire les examens complémentaires à visée individuelle notamment pour la détermination de la compatibilité entre le poste de travail et l'état de santé du travailleur, pour le dépistage des affections pouvant entraîner une contre-indication à ce poste de travail ou au dépistage des maladies dangereuses pour l’entourage professionnel du travailleur. 

Plusieurs tests existent pour le diagnostic en cas de suspicion d’infection de Covid-19. Le test RT-PCR sur prélèvement nasopharyngé est le test de référence.

Le test sérologique renseigne sur la réponse immunitaire développée après contact avec le virus. Il s’agit de détecter la présence d’anticorps qui témoigne d’un contact antérieur avec le virus, mais cela ne permet pas d’identifier formellement les personnes protégées contre la maladie (avec toutes les incertitudes actuelles sur le degré et la durée de la protection liés à la détection des anticorps).

Tests diagnostic

Il existe plusieurs types de tests destinés à détecter la présence du virus :

  • Par RT-PCR sur divers types de prélèvements :
    • RT-PCR sur prélèvement nasopharyngé qui est le test de référence pour le diagnostic en cas de suspicion d’infection Covid-19.
    • RT-PCR sur prélèvement oropharyngé qui peut être une alternative quand il existe une difficulté de tolérance ou une contre-indication au prélèvement nasopharyngé.
    • RT-PCR sur prélèvement salivaire, d’indications plus restreintes du fait de leur moindre sensibilité ; il peut être utilisé pour le diagnostic des patients symptomatiques dont les symptômes sont apparus depuis moins de sept jours, qui ne sont pas hospitalisées ou quand il existe une difficulté de tolérance ou une contre-indication au prélèvement nasopharyngé.
  • Par tests antigéniques sur prélèvements nasopharyngés : moins sensibles mais résultats très rapides; à utiliser uniquement chez des personnes symptomatiques.

A ce jour, la Haute autorité de santé (HAS) précise sur son site internet notamment concernant l’usage des tests sérologiques Covid-19 qu’il « est primordial que ces tests ne soient utilisés qu’à des fins médicales, dans le cadre d’une prise en charge individuelle. Des utilisations à des fins collectives, telles que l’organisation du travail au sein d’une entreprise, ne sont pas envisageables. »

Conduite à tenir si un cas survient dans l’entreprise

En cas de symptômes évocateurs survenant sur le lieu de travail, l’organisation de la prise en charge doit être mise en œuvre selon les consignes établies au préalable en concertation avec le médecin du travail. La procédure doit être connue de tous.

En présence d’une personne symptomatique (notamment fièvre et/ou toux, difficulté respiratoire, à parler ou à avaler, perte du gout et de l’odorat, diarrhée), la prise en charge repose sur :

  • l’isolement : isoler le salarié dans une pièce dédiée (locaux du service de santé au travail s’il est sur place, ou pièce définie au préalable) et aérée. Lui mettre un masque. Si le port du masque gêne la ventilation de la victime, il doit être retiré ;
  • la protection : éviter les contacts avec les collègues, appliquer les gestes barrières en gardant une distance de 1 à 2 mètres, porter un masque ;
  • la recherche de signes de gravité :
    • En présence d’un signe de gravité (essoufflement, troubles de la conscience…), appeler le 15.
    • En l’absence de signes de gravité : contacter le médecin du travail ou demander au salarié de contacter son médecin traitant pour avis médical, prévenir le supérieur hiérarchique et organiser son retour à domicile en évitant les transports en commun.

Dans ce contexte particulier et afin d’éviter toute contamination avec d’autres personnes extérieures, si le salarié est en mesure de regagner son domicile, l’employeur pourra, en concertation avec lui, l’autoriser à rentrer avec son véhicule personnel, s’il en a un ; à défaut, il pourra être envisagé de solliciter l’un ses proches ou le cas échéant de faire appel à un taxi.

 

Après la prise en charge du salarié, prendre contact avec le service de santé au travail et suivre ses consignes, y compris pour le nettoyage du poste de travail et si nécessaire pour le suivi des salariés repérés comme contact à risque.

En effet, si le cas de Covid-19 est confirmé, l’identification et la prise en charge des contacts à risque selon la définition de Santé publique France sont organisées par les acteurs du contact-tracing (médecin prenant en charge le cas et plateformes de l’Assurance maladie …). Le médecin du travail peut faciliter l’identification des contacts et leur qualification.
 

Nettoyage du poste de travail

Concernant le poste de travail qui a été occupé par un salarié suspect de Covid-19, aérer la pièce quand c’est possible, traiter les surfaces (bureau, matériel informatique, téléphone, poignées de porte, interrupteurs…) en utilisant un produit virucide actif sur le coronavirus SARS-CoV-2 (produit respectant la norme EN 14 476 +A2 (2019) pour les virus enveloppés ou substance reconnue pour inactiver le virus (eau de javel à 0,1 %, alcool à 70 %...).

Selon la compatibilité avec les surfaces à traiter, on utilisera :

  • soit un produit détergent-désinfectant prêt à l’emploi, 
  • soit un produit détergent habituel puis, après rinçage, un produit désinfectant.

Dans tous les cas utiliser des gants de protection contre les produits utilisés. Laver ensuite les gants à l’eau et au savon, puis se laver les mains dès le retrait des gants.

Les déchets produits par la personne contaminée suivent la filière d’élimination classique.

Travailleurs à risque de Covid-19 grave

L’entreprise doit informer chacun de ses salariés sur l’existence du risque de développer une forme grave d’infection pour certaines personnes. Une évaluation du risque individuel de Covid-19 grave sera réalisée à l’initiative de chaque salarié s’estimant à risque par le médecin traitant en lien avec le médecin du travail.
Cette évaluation devra tenir compte de la pathologie et des traitements reçus ainsi que de la situation professionnelle. Le  télétravail doit être favorisé pour cette catégorie de personnes mais selon l’évaluation des risques au poste de travail au cas par cas il est possible d’envisager soit une activité partielle, soit un travail en présentiel, le médecin du travail devant alors s’assurer que les mesures barrières pourront être strictement respectées sur le lieu de travail (port d’un masque chirurgical, vigilance quant à l’hygiène régulière des mains, aménagement du poste de travail : bureau dédié ou limitation du risque (écran de protection…)). A lire :  décret n° 2020-1365 du 10 novembre 2020 pris pour l'application de l'article 20 de la loi n° 2020-473 du 25 avril 2020 de finances rectificative pour 2020 - https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042512657

Recommandations pour préserver la santé et la sécurité des secouristes du travail

Dans le contexte actuel de pandémie et de manière provisoire, les mesures de prévention consistent à limiter, si possible, les contacts entre la victime et le secouriste et à renforcer les mesures d’hygiène (le cas échéant, mise à disposition de gel hydroalcoolique) et les gestes barrières.

En complément, des équipements de protection seront mis à disposition des secouristes (gants à usage unique, masques chirurgicaux), notamment dans les trousses de secours, et l’employeur devra s’assurer que ces derniers ont été formés/informés à leur utilisation.

Ainsi, face à une victime et dans ce contexte pandémique :

  • le sauveteur secouriste du travail (SST) respecte les consignes de secours applicables dans l’entreprise,
  • le SST porte des gants et un masque chirurgical mis à disposition par son employeur;
  • lorsque cela est possible, il garde ses distances par rapport à la victime.


La victime se plaint de brûlures, d’une douleur empêchant certains mouvements ou d’une plaie qui ne saigne pas abondamment :

  • chercher la coopération de la victime et l’inciter à pratiquer les gestes de secours sur elle-même. Si elle ne le peut pas, réaliser les gestes de secours,
  • surveiller la victime à distance dans l’attente d’un relais ou d’un conseil médical.

 

La victime ne répond pas.

Après la phase de protection :

  • allonger la victime sur le dos,
  • ne pas procéder à la bascule de la tête de la victime pour libérer les voies aériennes, ne pas tenter de lui ouvrir la bouche,
  • ne pas se pencher au-dessus de la face de la victime, ne pas mettre son oreille et sa joue au-dessus de la bouche et du nez de la victime,
  • apprécier la respiration de la victime en regardant si son ventre et sa poitrine se soulèvent.

 

La victime ne répond pas mais elle respire :

  • faire alerter (ou alerter) les secours,
  • sauf contre-ordre des secours alertés : laisser la victime allongée sur le dos, ne pas la mettre en position latérale de sécurité (PLS),
  • surveiller en permanence la respiration de la victime en regardant son ventre et sa poitrine.

Note : la technique de la PLS est suspendue durant la période de pandémie Covid-19. Néanmoins, l’apprentissage de la PLS est maintenu au cours des formations SST (voir les recommandations d’organisation des formations SST et APS sur l’espace Quickplace SST).

 

La victime ne répond pas et ne respire pas (arrêt cardiorespiratoire).

  • faire alerter (ou alerter) les secours et demander un défibrillateur automatisé externe (DAE),
  • débuter immédiatement les compressions thoraciques,
  • mettre en œuvre le DAE le plus vite possible (se tenir au pied de la victime lors de l’administration du choc) et suivre les instructions données par le service de secours alerté,
  • si possible, placer un tissu, une serviette ou un masque sur la bouche et le nez de la victime avant de procéder aux compressions thoraciques et à la défibrillation. Cela réduit le risque de propagation du virus par voie aérienne pendant les compressions thoraciques,
  • ne pas faire de bouche à bouche. Toutefois, deux situations sont laissées à l’appréciation du sauveteur secouriste du travail :
    • le sauveteur secouriste du travail vit sous le même toit que la victime (risque de contamination par le virus Covid-19 déjà partagé),
    • la victime est un enfant ou un nourrisson.

Dans tous les cas, le SST et les témoins étant intervenus devront veiller à bien se laver les mains après l’intervention (y compris après le retrait des gants).

Pour en savoir plus
 
Mis à jour le 04/11/2020