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Covid-19 et prévention en entreprise

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Suivi de l’état de santé des salariés

Comment les services de santé accompagnent les entreprises durant la pandémie ? Quelle conduite tenir si un cas survient dans l’entreprise ? Quelles recommandations pour les sauveteurs secouristes au travail ?

Suivi de l’état de santé des salariés par les services de santé au travail

En période de pandémie Covid-19, les services de santé au travail participent à la lutte contre la propagation de la Covid-19 dans le cadre de leurs missions et prérogatives, notamment : 

  • en accompagnant et conseillant les employeurs et les salariés, avec un relai des messages de prévention contre le risque de contagion, et le cas échéant, en accompagnant les employeurs dans leur évaluation des risques ;
  • en étant en appui aux entreprises dans la définition et la mise en œuvre des mesures de prévention adéquates contre la Covid-19 et dans l’adaptation de leur organisation de travail aux effets de la crise sanitaire ;
  • en participant aux actions de dépistage et de vaccination définies par l’Etat. 

Par ailleurs, les services de santé au travail assurent le suivi individuel de l'état de santé des salariés. Certains examens peuvent faire l’objet d'un report dans le cadre de la crise sanitaire. De plus des règles spécifiques sont fixées pour les visites de reprise et de pré-reprise, qui ne peuvent être reportées en raison de leur importance pour le maintien en emploi des travailleurs, mais peuvent être déléguées aux infirmiers en santé au travail selon des modalités précisément encadrées. (Cf. focus juridique : Quelles sont les adaptations apportées au suivi de l’état de santé des salariés dans ces circonstances exceptionnelles ?). 

Prescription et renouvellement des arrêts de travail

L’ordonnance du 2 décembre 2020 a temporairement adapté le fonctionnement des services de santé au travail (SST), en permettant aux médecins du travail de prescrire des arrêts de travail aux salariés des entreprises ou établissements dans lesquels ils interviennent, en cas d'infection, ou de suspicion d'infection, à la Covid-19. (Cf. focus juridique : Quelles sont les adaptations apportées au suivi de l’état de santé des salariés dans ces circonstances exceptionnelles ?). 

Tests virologiques et sérologiques de la Covid-19

De manière générale, le médecin du travail peut réaliser ou prescrire les examens complémentaires à visée individuelle notamment pour la détermination de la compatibilité entre le poste de travail et l'état de santé du travailleur, pour le dépistage des affections pouvant entraîner une contre-indication à ce poste de travail ou au dépistage des maladies dangereuses pour l’entourage professionnel du travailleur. 

Il existe différents marqueurs biologiques de la Covid-19, dont la pertinence dépend de l’évolution de la maladie :

1- Tests virologiques

Plusieurs tests existent pour définir si une personne est porteuse du virus à un instant donné. Le test RT-PCR sur prélèvement nasopharyngé est le test de référence.
Du fait de l'apparition de variants [20I/501Y.V1 (ayant émergé au Royaume-Uni), 20H/501Y.V2 (ayant émergé en Afrique du Sud) et 20J/501Y.V3 (ayant émergé au Brésil)…] souvent plus transmissibles, tout test virologique positif implique la vérification rapide par une RT-PCR de criblage afin de déterminer si un de ces variants est en cause. 
Si un variant 20H/501Y.V2 ou 20J/501Y.V3 est alors détecté, l'identification des cas contacts ainsi que les mesures d'isolement sont renforcées comme indiqué par le ministère des solidarités et de la santé.

Tests virologiques

Il existe plusieurs types de tests destinés à détecter la présence du virus :

  • Tests par amplification génique :
    • Test RT-PCR sur prélèvement nasopharyngé ou sur prélèvement salivaire  
    • Test RT-LAMP sur prélèvement salivaire
  • Tests antigéniques :
    • Test antigénique TDR/TROD sur prélèvement nasopharyngé ou nasal (Ils sont appelés TDR (Test diagnostic rapide) lorsqu’ils sont réalisés en laboratoire d’analyse médicale ou TROD (Test rapide d’orientation diagnostique) lorsqu’ils sont réalisés en dehors du laboratoire. Le prélèvement, la réalisation et l’interprétation sont réalisés par une personne formée)
    • Autotests sur prélèvement nasal

Les principales indications des différentes tests virologiques sont résumées dans le document ED 6429

Voir site du ministère des solidarités et de la santé.

L’ordonnance n°2020-1502 du 2 décembre 2020 et le décret n° 2021-24 du 13 janvier 2021, permettent au médecin du travail ou sous sa supervision au collaborateur médecin, à l’interne en médecine du travail ou à l’infirmier de santé au travail de réaliser les actes suivants : 

  • le prélèvement dans le cadre d’un examen de détection du génome du SARS-CoV-2 par RT-PCR ;
  • le prélèvement et l’analyse réalisés dans le cadre d’un examen de détection du génome du SARS-CoV-2 par détection antigénique.

Le protocole national pour assurer la santé et la sécurité des salariés en entreprise face à l’épidémie de Covid-19 précise que les employeurs peuvent, dans le respect des conditions réglementaires, proposer à ceux de leurs salariés qui sont volontaires, des actions de dépistage. La circulaire interministérielle du 14 décembre 2020 apporte des précisions sur le déploiement des tests antigéniques au sein des entreprises publiques et privées. Elle précise notamment les personnes éligibles sur un plan individuel à un test antigénique ainsi que les conditions d’organisation de dépistage collectif par tests antigéniques en entreprise en cas de cluster ou de circulation particulièrement active du virus dans le département où est situé l’entreprise. Par ailleurs, ces actions de dépistage doivent être intégralement financées par l’employeur et réalisées dans des conditions garantissant la bonne exécution de ces tests et la stricte préservation du secret médical. En particulier, aucun résultat ne peut être communiqué à l’employeur ou à ses préposés.

2 - Le test sérologique

La sérologie renseigne sur la réponse immunitaire développée après contact avec le virus. Il s’agit de détecter la présence d’anticorps qui témoigne d’un contact antérieur avec le virus, mais cela ne permet pas d’identifier formellement les personnes protégées contre la maladie (avec toutes les incertitudes actuelles sur le degré et la durée de la protection liée à la détection des anticorps).

A ce jour, la Haute autorité de santé (HAS) précise concernant l’usage des tests sérologiques Covid-19 qu’il « est primordial que ces tests ne soient utilisés qu’à des fins médicales, dans le cadre d’une prise en charge individuelle. Des utilisations à des fins collectives, telles que l’organisation du travail au sein d’une entreprise, ne sont pas envisageables. »

Vaccination contre la Covid-19

Au premier juin 2021,quatre vaccins sont autorisés en France :

  •  Vaccins à ARNm :
    •  26/01/2021- Vaccin ARNm Moderna.
    • 12/01/2021 - Vaccin Comirnaty® (Pfizer & BioNTech).
  • Vaccins vectorisés :
    • 01/02/2021 - Vaccin Vaxzevria® (AstraZeneca ChAdOx1-S).
    • 11/03/2021 - Vaccin Janssen (Ad26COV2.S) 

 

Déploiement de la vaccination contre la Covid-19

La HAS a priorisé les populations à vacciner en fonction de l'âge, de l'existence de facteurs de risque de développer une forme grave, et des risques d'exposition en collectivités et dans le milieu professionnel. Cinq phases se sont succédées notamment en fonction des doses de vaccins disponibles.

Depuis le 31 mai 2021, la vaccination est ouverte à toute personne âgée de plus de 18 ans.

(voir le site Vaccination-info-service).

 

Certains professionnels restent prioritaires pour l’accès à la vaccination. Ministère de la santé. 
 

Le type de vaccin proposé dépend de plusieurs facteurs, notamment l’âge de la personne, son état de santé, la zone géographique, la disponibilité etc. Les vaccins vectorisés sont actuellement réservés aux personnes âgées de plus de 55 ans.


Vaccination par les services de santé au travail 

Les services de santé au travail participent activement à la vaccination des travailleurs. Le portail pour la commande de vaccins Moderna, AstraZeneca et Janssen est ouvert à l’ensemble des médecins. 

Les vaccins sont fournis gratuitement par l’État et les services de santé au travail mettent à la disposition de la campagne vaccinale leurs ressources en termes de professionnels de santé et de logistique.

Si le salarié choisit de passer par son service de santé au travail, il est autorisé à s’absenter sur ses heures de travail. Aucun arrêt de travail n’est nécessaire et l’employeur ne peut en aucun cas s’opposer à son absence. Le salarié informe son employeur de son absence pour visite médicale sans avoir à en préciser le motif.
Par ailleurs, les salariés en situation d’affection de longue durée exonérante bénéficient d’une autorisation d’absence de droit pour cette vaccination rendue nécessaire par leur état de santé. L’employeur ne peut s’y opposer. Dans tous les autres cas, hors service de santé au travail, il n’existe pas d’autorisation d’absence de droit. Les employeurs sont toutefois incités à faciliter l’accès des salariés à la vaccination. Le salarié est invité à se rapprocher de son employeur afin de déterminer par le dialogue la meilleure manière de s’organiser.

Voir protocole national actualisé


Tout doit être mis en œuvre pour le respect de la confidentialité des vaccinations vis-à-vis des employeurs. 
Le salarié peut toujours refuser la vaccination et ce refus ne doit emporter aucune conséquence. Le médecin ou l’infirmier du travail doit obtenir le consentement éclairé du salarié avant de pratiquer l’acte vaccinal notamment par le biais d’un entretien avec celui-ci, avant la première injection.
L’employeur ne peut être destinataire d’aucune information sur le statut vaccinal du salarié, ni sur son acceptation ou son refus de la vaccination.


Voir Vaccination par les services de santé au travail - Ministère du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion (travail-emploi.gouv.fr)

Conduite à tenir si un cas survient dans l’entreprise

En cas de symptômes évocateurs survenant sur le lieu de travail, l’organisation de la prise en charge doit être mise en œuvre selon les consignes établies au préalable en concertation avec le médecin du travail. La procédure doit être connue de tous.

En présence d’une personne symptomatique (notamment fièvre et/ou toux, difficulté respiratoire, à parler ou à avaler, perte du gout et de l’odorat, diarrhée), la prise en charge repose sur :

  • l’isolement : isoler le salarié dans une pièce dédiée (locaux du service de santé au travail s’il est sur place, ou pièce définie au préalable) et aérée. Lui mettre un masque. Si le port du masque gêne la ventilation de la victime, il doit être retiré ;
  • la protection : éviter les contacts avec les collègues, appliquer les gestes barrières en gardant une distance de sécurité, porter un masque ;
  • la recherche de signes de gravité :
    • En présence d’un signe de gravité (essoufflement, troubles de la conscience…), appeler le 15.
    • En l’absence de signes de gravité : contacter le médecin du travail ou demander au salarié de contacter son médecin traitant pour avis médical, prévenir le supérieur hiérarchique et organiser son retour à domicile en évitant les transports en commun.

Dans ce contexte particulier et afin d’éviter toute contamination avec d’autres personnes extérieures, si le salarié est en mesure de regagner son domicile, l’employeur pourra, en concertation avec lui, l’autoriser à rentrer avec son véhicule personnel, s’il en a un ; à défaut, il pourra être envisagé de solliciter l’un ses proches ou le cas échéant de faire appel à un taxi.

 

Après la prise en charge du salarié, prendre contact avec le service de santé au travail et suivre ses consignes, y compris pour le nettoyage du poste de travail et si nécessaire pour le suivi des salariés repérés comme contact à risque.

En effet, si le cas de Covid-19 est confirmé, l’identification et la prise en charge des contacts à risque selon la définition de Santé publique France sont organisées par les acteurs du contact-tracing (médecin prenant en charge le cas et plateformes de l’Assurance maladie …). Le médecin du travail peut faciliter l’identification des contacts et leur qualification.

Nettoyage du poste de travail

Concernant le poste de travail qui a été occupé par un salarié suspect de Covid-19, aérer la pièce quand c’est possible, traiter les surfaces (bureau, matériel informatique, téléphone, poignées de porte, interrupteurs…) en utilisant un produit virucide actif sur le coronavirus SARS-CoV-2 (produit respectant la norme EN 14 476 +A2 (2019) pour les virus enveloppés ou substance reconnue pour inactiver le virus (eau de javel à 0,1 %, alcool à 70 %...).

Selon la compatibilité avec les surfaces à traiter, on utilisera :

  • soit un produit détergent-désinfectant prêt à l’emploi, 
  • soit un produit détergent habituel puis, après rinçage, un produit désinfectant.

Dans tous les cas utiliser des gants de protection contre les produits utilisés. Laver ensuite les gants à l’eau et au savon, puis se laver les mains dès le retrait des gants.

Les déchets produits par la personne contaminée suivent la filière d’élimination classique.

Travailleurs à risque de Covid-19 grave

L’entreprise doit informer chacun de ses salariés sur l’existence du risque de développer une forme grave d’infection pour certaines personnes. Une évaluation du risque individuel de Covid-19 grave sera réalisée à l’initiative de chaque salarié s’estimant à risque par le médecin traitant en lien avec le médecin du travail. Cette évaluation devra tenir compte de la pathologie et des traitements reçus ainsi que de la situation professionnelle. 

Pour cette catégorie de personnes, l’employeur doit organiser le télétravail. 

Dans l’impossibilité d’un télétravail complet, les mesures de protection renforcées du travail présentiel doivent être mise en place : 

  • bureau individuel ou limitation du risque (ex : écran de protection, aménagement des horaires)
  • vigilance particulière quant au respect des gestes barrière et port d’un masque de type chirurgical ;
  • absence, ou à défaut limitation du partage du poste de travail et nettoyage et désinfection de ce dernier au moins en début et en fin de poste ;
  • mode de déplacement domicile travail favorisant le respect des gestes barrières, pouvant notamment s’appuyer sur une adaptation des horaires d’arrivée et de départ ;
  • mise à disposition de masques de type chirurgical y compris pour les transports.

S’il n’est pas possible de recourir totalement au télétravail, ou de bénéficier des mesures de protection renforcées, les salariés vulnérables sont placés en activité partielle. Le placement en position d'activité partielle est effectué à la demande du salarié et sur présentation à l'employeur d'un certificat établi par un médecin. Lorsque le salarié est en désaccord avec l'employeur sur l'appréciation portée par celui-ci sur la mise en œuvre des mesures de protection renforcées, il saisit le médecin du travail. 


A lire :  décret n° 2020-1365 du 10 novembre 2020 pris pour l'application de l'article 20 de la loi n° 2020-473 du 25 avril 2020 de finances rectificative pour 2020
Le médecin du travail peut également établir un certificat médical pour les salariés vulnérables en vue du placement en activité partielle. 

Recommandations pour préserver la santé et la sécurité des secouristes du travail

Travailleur formé au secourisme

Dans le contexte actuel de pandémie et de manière provisoire, les mesures de prévention consistent à limiter, si possible, les contacts entre la victime et le secouriste et à renforcer les mesures d’hygiène (le cas échéant, mise à disposition de gel hydroalcoolique) et les gestes barrières.

En complément, des équipements de protection seront mis à disposition des secouristes (gants à usage unique, masques chirurgicaux), notamment dans les trousses de secours, et l’employeur devra s’assurer que ces derniers ont été formés/informés à leur utilisation.

Ainsi, face à une victime et dans ce contexte pandémique :

  • le sauveteur secouriste du travail (SST) respecte les consignes de secours applicables dans l’entreprise,
  • le SST porte des gants et un masque chirurgical mis à disposition par son employeur;
  • lorsque cela est possible, il garde ses distances par rapport à la victime.


La victime se plaint de brûlures, d’une douleur empêchant certains mouvements ou d’une plaie qui ne saigne pas abondamment :

  • chercher la coopération de la victime et l’inciter à pratiquer les gestes de secours sur elle-même. Si elle ne le peut pas, réaliser les gestes de secours,
  • surveiller la victime à distance dans l’attente d’un relais ou d’un conseil médical.

 

La victime ne répond pas.

Après la phase de protection :

  • allonger la victime sur le dos,
  • ne pas procéder à la bascule de la tête de la victime pour libérer les voies aériennes, ne pas tenter de lui ouvrir la bouche,
  • ne pas se pencher au-dessus de la face de la victime, ne pas mettre son oreille et sa joue au-dessus de la bouche et du nez de la victime,
  • apprécier la respiration de la victime en regardant si son ventre et sa poitrine se soulèvent.

 

La victime ne répond pas mais elle respire :

  • faire alerter (ou alerter) les secours,
  • sauf contre-ordre des secours alertés : laisser la victime allongée sur le dos, ne pas la mettre en position latérale de sécurité (PLS),
  • surveiller en permanence la respiration de la victime en regardant son ventre et sa poitrine.

Note : la technique de la PLS est suspendue durant la période de pandémie Covid-19. Néanmoins, l’apprentissage de la PLS est maintenu au cours des formations SST (voir les recommandations d’organisation des formations SST et APS sur l’espace Quickplace SST).

 

La victime ne répond pas et ne respire pas (arrêt cardiorespiratoire).

  • faire alerter (ou alerter) les secours et demander un défibrillateur automatisé externe (DAE),
  • débuter immédiatement les compressions thoraciques,
  • mettre en œuvre le DAE le plus vite possible (se tenir au pied de la victime lors de l’administration du choc) et suivre les instructions données par le service de secours alerté,
  • si possible, placer un tissu, une serviette ou un masque sur la bouche et le nez de la victime avant de procéder aux compressions thoraciques et à la défibrillation. Cela réduit le risque de propagation du virus par voie aérienne pendant les compressions thoraciques,
  • ne pas faire de bouche à bouche. Toutefois, deux situations sont laissées à l’appréciation du sauveteur secouriste du travail :
    • le sauveteur secouriste du travail vit sous le même toit que la victime (risque de contamination par le virus Covid-19 déjà partagé),
    • la victime est un enfant ou un nourrisson.

Dans tous les cas, le SST et les témoins étant intervenus devront veiller à bien se laver les mains après l’intervention (y compris après le retrait des gants).

Pour en savoir plus
 
Mis à jour le 08/02/2021