Interactions entre bruit professionnel et médicaments ototoxiques - Approche expérimentale et enquêtes auprès de médecins du travail et praticiens hospitaliers
Etude
Il est reconnu que lorsque des salariés sont co-exposés à des substances ototoxiques et au bruit, le risque de perte auditive est fortement accru. Si ces co-expositions simultanées sont mieux comprises, il n’en est pas de même des expositions différées. Cette situation pourrait se produire lors de la reprise du travail de salariés, traités préalablement avec des molécules chimiques ototoxiques persistantes dans l’oreille, et pouvant ainsi la fragiliser à long terme vis-à-vis du bruit. C’est le cas du cisplatine ou de l’amikacine utilisés respectivement dans le traitement de cancers et d’infections. Ces produits sont suspectés de rester dans la cochlée des mois voire des années. Par ailleurs, des études expérimentales suggèrent qu’une potentialisation entre ces médicaments et le bruit pourrait exister. Malheureusement, les résultats de ces travaux ne permettent pas d’estimer correctement le risque sur le terrain, car les niveaux sonores utilisés ne reflétaient pas des conditions professionnelles réalistes. Ainsi, des personnes préalablement traitées avec ces molécules ototoxiques pourraient, à leur retour au travail, demeurer plus vulnérables au bruit pendant de longues périodes. Une étude expérimentale sera donc menée afin de montrer l’existence d’une synergie et sa persistance entre molécules thérapeutiques et exposition sonore professionnelle. Des rats seront traités avec du cisplatine ou de l’amikacine, puis exposés à un bruit industriel réaliste avec un délai compris entre 0 et 4 mois. Les dommages cochléaires seront quantifiés et confrontés à la persistance des médicaments dans le plasma et la cochlée. Deux enquêtes de terrain seront réalisées dans un second temps afin de dresser un état des lieux des pratiques des cliniciens utilisant ces molécules et des services de santé au travail confrontés à des travailleurs ayant reçu ces traitements. Ces enquêtes permettront d’identifier les leviers de prévention pour mieux protéger les salariés concernés d’un risque auditif potentiellement exacerbé.
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Fiche technique
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Année de lancement
2026 -
Discipline(s)
Toxicologie expérimentale -
Responsable(s)
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Participant(s)
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Collaboration(s) extérieure(s)
Université Clermont Auvergne - Université de Pau Pays de l'Adour -
Référence
EL2026-008
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