Sécheresse oculaire lors de travail sur écran dans un bureau : une maladie à la croisée de facteurs de risque professionnels et environnementaux
Communication scientifique
La sécheresse oculaire est une maladie multifactorielle de la surface oculaire caractérisée par une perte de l’homéostasie du film lacrymal. Les symptômes sont multiples, souvent d’apparence bégnine et inconstants (sensation de gênes, de présence de corps étrangers, d’yeux lourds ou cireux, démangeaisons, vision floue, diminution de la sensibilité aux contrastes, photophobie…). Ils peuvent disparaitre ou devenir permanents avec l’évolution de la maladie. Des facteurs de risque d’origine professionnelle et environnementale contribuent à cette maladie. En effet, les tâches de travail visuellement ou cognitivement exigeantes nécessitant un effort de fixation visuelle ou l’utilisation prolongée d’écrans associées à du stress, une surcharge cognitive ou une contrainte temporelle favorisent l’apparition d’une sécheresse oculaire. Les éblouissements, les reflets sur l’écran, son placement trop haut ou une courte distance œil-écran favorisent aussi la survenue de cette maladie. Par ailleurs, la présence de polluants (composés organiques volatils, ammoniums quaternaires ou moisissures…) et d’allergènes, un taux d’humidité faible, une température ou une vitesse de l’air élevées participent également à la survenue d’une sécheresse oculaire. Le traitement de cette maladie repose principalement sur l’instillation de larmes artificielles qui pallient l’insuffisance du film lacrymal sans être curatifs. Ainsi, la mise en œuvre de mesures de prévention est primordiale. L’organisation du travail doit permettre d’alterner le travail informatisé avec d’autres tâches et une réflexion sur le contenu du travail doit être menée. Des pauses visuelles régulières (quitter l’écran des yeux, regarder au loin et effectuer des clignements complets) sont requises. Les paramètres d’affichage de l’écran (luminosité, contraste, filtre anti-lumière bleue…) sont à régler pour un confort visuel optimal. Concernant le positionnement de l’écran, son bord supérieur doit être placé à hauteur des yeux. La distance œil-écran est à adapter à la taille et à la résolution de l’écran. Un éclairage adapté, le choix de surfaces mates et l’inclinaison de l’écran aident à réduire les éblouissements et les reflets. La pollution intérieure doit être limitée (choisir des matériaux de constructions, du mobilier et des produits d’entretien à faibles émissions, placer les imprimantes et les photocopieurs à l’écart des salariés). Un renouvellement d’air, mécanique ou naturelle, efficace est indispensable. Un salarié qui ressent un ou plusieurs symptômes de sécheresse oculaire doit en informer son médecin du travail afin que celui-ci l’oriente vers un ophtalmologue et incite l’employeur à mettre en place des mesures de prévention nécessaires.
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Fiche technique
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Année de publication
2025 -
Langue
Français -
Discipline(s)
Ergonomie - Physiologie du travail -
Auteur(s)
GAUDEZ C., KERANGUEVEN L., KRAFFT V. -
Référence
2/6/2026-LYON-38è Congrès National de Médecine et Santé au Travail
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