Difficultés de retour au travail des opérés de la coiffe des rotateurs
Communication scientifique
Contexte Une étude prospective sur 99 patients-salariés a mis en évidence 3 trajectoires de retour/maintien au travail (stable, instable ou non-reprise) dans les suites de la chirurgie d’une tendinopathie de la coiffe des rotateurs liée au travail. Un tiers des participants se sont trouvés en difficulté à reprendre durablement leur activité professionnelle ou n’ont jamais repris. L’objectif principal de ce travail était d’identifier des caractéristiques dans leurs parcours individuels pouvant contribuer à une meilleure prise en charge de ces profils de salariés opérés par les professionnels de la santé au travail. Méthode Ces 33 travailleurs, dont 17 sans reprise, ont été suivis au cours de 3 à 6 visites de 2015 à 2019, depuis le stade préopératoire jusqu’à un an après leur retour au travail ou 20 mois après la chirurgie si non reprise. Dans le cadre de l’analyse des facteurs prédictifs de retour au travail, des entretiens directifs ont été menés à chaque temps de recueil. Ils visaient à explorer le vécu de chacun sur différents aspects de leur vie professionnelle et personnelle, ainsi que les modalités de prise en charge par différents professionnels de santé, dans la perspective du retour au travail. Chaque entretien a fait l’objet d’un encodage et de regroupements de modalités de réponses, à la recherche de facteurs génériques explicatifs de la trajectoire professionnelle. A partir de la succession des entretiens individuels, chaque cas a également fait l’objet d’une frise chronologique et d’une monographie pour retracer la singularité du parcours et identifier des leviers et des freins d’action à mobiliser dans un objectif de prévention de situations de décrochage professionnel. Résultats L’analyse en régression multiple montre notamment qu’occuper un poste de travail peu/moyennement sollicitant pour l'épaule (vs. très sollicitant) augmente d'un facteur de 5,5 [1,7-18,3] la probabilité de bénéficier d'une visite de pré-reprise. Occuper un poste de travail très sollicitant pour l'épaule (vs. peu/moyennement sollicitant) augmente d'un facteur de 7,3 [1,7-30,9] la probabilité de bénéficier d'un temps partiel thérapeutique, tandis qu’une bonne perception, avant la reprise, du retour au travail (vs. mauvaise) augmente cette probabilité d'un facteur de 19,6 [1,9-196,8]. Bien que l’entreprise se montre souvent compréhensive au début du suivi, la survenue d’un conflit employeur-salarié est fréquente dans cet échantillon de 33 participants, contribuant à un état anxio-dépressif et obérant les chances de retour au travail. Le souhait de changer d’entreprise, ou de se former pour un autre poste ou un autre métier se manifeste alors, de manière plus ou moins réaliste et planifiée.
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Fiche technique
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Année de publication
2024 -
Langue
Français -
Discipline(s)
Physiologie du travail - Epidémiologie -
Auteur(s)
POUNA L., AUBLET-CUVELIER A., PICHENEHOUARD A., PAYSANT J., SIRVEAUX F., PARIS N., MICHEL B., JACQUOT A., MARTINET N., URMES I. -
Référence
4/6/2024-MONTPELLIER-37ème Congrès de Médecine et de Santé au Travail
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