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Utilisation des eaux non conventionnelles : quels risques pour les salariés et quelles mesures de prévention ?

Face au changement climatique et à la raréfaction des ressources en eau potable, les eaux non conventionnelles (eaux de pluie, eaux grises, eaux usées traitées…) connaissent un essor dans de nombreux secteurs d'activité. Un article paru dans le dernier numéro de la revue Hygiène et sécurité rappelle que ces eaux peuvent exposer les travailleurs à des risques pour leur santé et imposent de mettre en place des mesures de prévention adaptées. Les explications de Myriam Bouslama, experte en risques biologiques à l’INRS.

Quels sont les différents types d’eaux non conventionnelles utilisés ? Pourquoi ces eaux présentent-elles des risques pour la santé ?

Les eaux non conventionnelles (ENC) constituent un ensemble hétérogène d’eaux non destinées à la consommation humaine, par exemple les eaux grises issues des douches, baignoires, lavabos et lave-linge, les eaux brutes (de pluie, de puits et de forage…), les eaux de piscine à usage collectif, les eaux recyclées issues des matières premières alimentaires, etc. 

L’utilisation de ces eaux est aujourd'hui encadrée réglementairement pour trois grands types d'usages :

  • les usages domestiques : nettoyage des sols, lavage du linge… ;
  • les usages non domestiques : irrigation agricole, arrosage d'espaces verts, lavage de voirie… ;
  • les usages en industrie agroalimentaire : eaux recyclées issues des matières premières ou des processus de transformation.

Toutes sont susceptibles de contenir des micro-organismes (virus, bactéries, parasites…) ou des substances chimiques (métaux lourds, solvants, pesticides…) dangereux pour la santé humaine, qui peuvent provoquer des gastro-entérites, des infections respiratoires ou cutanées.

Quels sont les métiers les plus concernés et comment les salariés sont-ils exposés à ces dangers ?

Les personnels des stations d'épuration, les agents de maintenance des réseaux d'eau, les agriculteurs et ouvriers agricoles, les agents d'entretien des espaces verts et de la voirie, les opérateurs de procédés industriels utilisant des eaux recyclées, ainsi que les travailleurs du BTP sont particulièrement exposés à ces dangers.
L'exposition survient par trois voies principales :

  • l’inhalation lors d'opérations générant des aérosols (nettoyage haute pression, aspersion, brumisation…) ;
  • l’ingestion accidentelle par contact main-bouche ou via une connexion accidentelle du réseau d’ENC avec le réseau d'eau potable ;
  • le contact cutané ou le contact des mains souillées avec les muqueuses (yeux, lèvres…).

Comment prévenir ces risques et protéger les salariés ?

Plusieurs mesures de prévention peuvent être mises en place, en particulier :

  • maîtriser la qualité des eaux : la priorité est de réduire les dangers à la source, en combinant des traitements adaptés (adsorption, filtration membranaire, oxydation, désinfection). Si des exigences de suivi de la qualité des eaux sont prévues pour les usages réglementés, pour les autres usages hors cadre réglementaire, l’entreprise doit définir des critères de qualité, des points de prélèvements et des fréquences de contrôle afin de protéger les salariés exposés ;
  • concevoir des installations sécurisées : le réseau d'ENC doit être clairement distinct et identifié par rapport au réseau d'eau potable. Les points de soutirage doivent être verrouillables, signalés « eau non potable » et situés dans des locaux non accessibles au public. Des dispositifs techniques doivent limiter la stagnation, le dépôt et les élévations de température ;
  • entretenir les installations : notamment vérifier que le système de traitement est fonctionnel ;
  • mettre en place des mesures de prévention techniques et organisationnelles : il s’agit par exemple d'automatiser certaines opérations pour réduire les interventions humaines, de confiner les procédés générateurs d'aérosols et de limiter l'utilisation des ENC aux seules personnes autorisées ;
  • mettre en place des mesures de protection individuelle et former les salariés : en cas de risque résiduel, le port d'équipements de protection individuelle (EPI) adaptés s'impose : combinaison imperméable, gants étanches, lunettes, appareil de protection respiratoire en cas de risque d’aérosols. L'accès à l'eau potable et au savon pour le lavage des mains doit être garanti en permanence. Les salariés doivent être formés et informés sur les risques et les mesures de prévention. 

Pour en savoir plus, consultez l’article : 

 

 

Revue Hygiène & sécurité du travail

Hygiène & sécurité du travail (HST) est la revue technique de l’INRS. Elle est destinée à tous ceux qui agissent au quotidien pour préserver la santé et la sécurité des travailleurs : les chargés de prévention, les intervenants en prévention des risques professionnels (IPRP), les ingénieurs sécurité, les services de santé au travail, les membres des CSE et de la CSSCT.À travers des articles rédigés par les meilleurs experts et validés par un comité éditorial scientifique, cette publication propose des outils et des méthodes afin d’aider les acteurs de terrain à mettre en place des solutions concrètes de prévention des risques professionnels.
Pour en savoir plus : www.inrs.fr/publications/hst/qui-sommes-nous.html


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Mis à jour le 05/05/2026