Version : Juin 2025
Nom de la substance
Famille chimique
Numéro CAS
Synonyme(s)
Fiche(s) toxicologique(s)
Fiche(s) VLEP
Mention "peau" signalant la possibilité de pénétration cutanée importante associée à la VLEP-8h et proposée par plusieurs organismes (Anses, SCOEL, DFG, ACGIH)
AMCC urinaire : 0,5 mg/L (0,4 mg/g de créatinine) pour les non-fumeurs ; 1,6 mg/L (1,2 mg/g de créatinine) pour les fumeurs (95èmes percentiles chez les adultes de plus de 18 ans, NHANES 2013-2014) (VBR, Anses 2023) [1]
AMCC urinaire : 0,4 mg/L (0,3 mg/g de créatinine) pour les non-fumeurs ; 1,5 mg/L (1 mg/g de créatinine) pour les fumeurs (95ème percentile chez les adultes de plus de 18 ans), NHANES 2015-2016 [G2]
VBI françaises (VLB règlementaire, VLB ANSES)
AMCC urinaire : 20 mg/L (25 mg/g de créatinine) en fin de poste et fin de semaine (valeur basée sur un effet sanitaire) (VLB, Anses 2023) [1]
VBI européennes (BLV)
VBI allemandes de la DFG (BAT, EKA, BLW)
AMCC urinaire : 25 mg/g de créatinine en fin d'exposition ou fin de poste, après plusieurs postes en cas d’exposition au long cours (correspond à une exposition à 5 ppm de DMF moyennée sur 8 heures) (Valeur BAT, DFG 2018) [G1]
Dans la journée
Dans la semaine
Le N,N-diméthylformamide (DMF) est bien absorbé par voies respiratoire et cutanée (contact avec le DMF liquide ou la phase vapeurs). L’absorption percutanée des vapeurs de DMF augmente avec la température ambiante et l’humidité relative [3].
Le DMF est rapidement métabolisé dans le foie. Le N-hydroxyméthyl-N-méthylformamide (HMMF) est le principal métabolite, produit par oxydation enzymatique par le cytochrome P450 (CYP2E1). La déméthylation du HNMF produit du N-méthylformamide (NMF), une seconde déméthylation oxydative conduit à la formation de N-hydroxyméthylformamide (HMF) puis de formamide. Un autre métabolite important est la N-acétyl-S-(N-méthylcarbamoyl)cystéine ou (AMCC), produit final de la dégradation enzymatique du S-(N-méthylcarbamoyl)glutathion formé par la réaction entre le glutathion et l’isocyanate de méthyle. Ce dernier est un intermédiaire réactif qui résulte du catabolisme du HMMF ou du NMF, catalysé par le CYP2E1. L’isocyanate de méthyle peut également former des adduits à l’hémoglobine, notamment les adduits N-méthylcarbamoylvaline (MCVal) par liaison avec la valine N-terminale.
Le DMF est éliminé par voie urinaire, principalement sous forme de métabolites. Dans une étude chez 9 volontaires exposés au DMF (30 mg/m3 pendant 8 heures), le HMMF et le NMF urinaires (mesurés sous forme de NMF total) représentaient 22,3 % de la dose inhalée, le HMF (décomposé en formamide lors de l’analyse) 13,2 %, l’AMCC 13,4 % et le DMF inchangé seulement 0,3 %. Les demi-vies d’élimination urinaire du NMF total, du formamide et de l’AMCC étaient en moyenne de 3,8 – 6,9 et 23,1 heures. Après exposition répétée pendant 5 jours consécutifs, une accumulation était observée pour l’AMCC urinaire uniquement [4]. La demi-vie d’élimination urinaire du NMF total dépend de la voie d’absorption : de 2-4 heures en cas d’exposition par voie respiratoire, elle augmente à 5-8 heures après exposition par voie cutanée (exposition à des vapeurs de DMF ou immersion d’une main dans du DMF liquide) [3, 5].
Le N-méthylformamide (NMF) total urinaire (somme du NMF et du HMMF, décomposé en NMF au cours de l'analyse) en fin de poste quel que soit le jour de la semaine de travail est le reflet de l'exposition du jour même. De nombreuses études réalisées en milieu de travail ont montré une relation entre les concentrations urinaires de NMF total et des effets sanitaires (effets hépatiques). Certains auteurs ont observé une bonne corrélation avec les concentrations atmosphériques de DMF sauf en cas de pénétration percutanée associée. Cet indicateur est spécifique. De plus, il n’est pas détectable dans les urines de sujets non exposés professionnellement.
Des valeurs biologiques d’interprétation pour les travailleurs sont proposées par plusieurs organismes, sur la base de la relation avec les effets sanitaires (effets hépatiques) ou avec les concentrations atmosphériques de DMF :
La N-acétyl-S-(N-méthylcarbamoyl)cystéine (AMCC) urinaire en fin de poste et fin de semaine reflète l’exposition des jours précédents, en raison de l’augmentation progressive de sa concentration au cours de jours d’exposition successifs. Cet indicateur est lié à la formation d’isocyanate de méthyle, métabolite intermédiaire toxique présumé du DMF.
Des valeurs biologiques d’interprétation pour les travailleurs sont proposées par plusieurs organismes, sur la base de la relation avec les effets sanitaires (effets hépatiques) ou avec les concentrations atmosphériques de DMF :
Des valeurs d’imprégnation en population générale sont également disponibles pour cet indicateur :
Les adduits N-méthylcarbamoylvaline (MCVal) à l'hémoglobine pourraient être un indicateur intéressant, lié également à la formation d’isocyanate de méthyle et qui refléterait l’exposition au DMF des 4 derniers mois (durée de vie des érythrocytes de 120 jours). Cependant, les données sont limitées.
Concernant le DMF et le formamide urinaires, peu de données sont disponibles. Le DMF urinaire ne représente qu'une très faible fraction de la dose absorbée. Le formamide est un indicateur non spécifique.
La consommation d’alcool inhibe le métabolisme du DMF et diminue l’excrétion urinaire de NMF total [14]. Il est recommandé de ne pas consommer de boisson alcoolisée au moins un jour avant le prélèvement.
Une étude réalisée chez 35 travailleurs de la production de cuir synthétique à Taïwan a montré, chez ceux exposés en moyenne à 9,78 ppm de DMF (groupe d’exposition élevée), une diminution des concentrations urinaires de NMF total en cas de co-exposition au toluène et à la méthyléthylcétone (concentrations atmosphériques moyennes de 6 et 60 ppm respectivement), possiblement en raison d’une inhibition compétitive du CYP2E1) [15].
Les concentrations d’AMCC urinaire sont augmentées par le tabagisme.
Un syndrome antabuse induit par une exposition au DMF combinée à la consommation d’alcool pourrait survenir pour des expositions plus faibles que celles définies pour protéger des effets hépatiques. Les travailleurs exposés au DMF doivent être informés du risque et de la nécessité de ne pas consommer de boissons alcoolisées pendant les périodes d’exposition et pendant au moins une semaine après l’arrêt de celle-ci [1].
List of MAK and BAT Values. Permanent Senate Commission for the Investigation of Health Hazards of Chemical Compounds in the Work Area. Deutsche Forschungsgemeinschaft (DFG) (https://www.dfg.de/en/about-us/statutory-bodies/senate/health-hazards).
National Report on Human Exposure to Environmental Chemicals. Biomonitoring Data Tables for Environmental Chemicals. Centers for Disease Control and Prevention (CDC) (https://www.cdc.gov/exposurereport/).
| Création de la fiche | 2003 |
| Dernière mise à jour • Renseignements utiles pour le choix d'un IBE • Renseignements utiles pour le(s) dosage(s) • Bibliographie | 2025
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