Evolution temporelle de la difficulté de mouvement et de la douleur après chirurgie de l'épaule dans un contexte professionnel
Communication scientifique
Le retour au travail (RAT) après chirurgie d’une tendinopathie de la coiffe des rotateurs survenue dans un contexte professionnel reste un processus semé d’embûches dans une proportion considérable de cas. Il est important de suivre les intensités perçues de la difficulté de mouvement (IPDM) et de la douleur (IPD) pendant les premiers mois suivant le RAT, afin de mettre en évidence les bénéfices de la chirurgie et les freins rencontrés par des patients-salariés, notamment des travailleurs manuels. Parmi 99 participants suivis aux plans professionnel et de la santé, du stade préopératoire jusqu’à 1 an après RAT, 79 sont retournés au travail après chirurgie de la coiffe des rotateurs. Ils ont complété 2 cahiers de suivi de la douleur et de la gêne fonctionnelle de l’épaule : le 1er durant la semaine précédant le RAT et pendant le 1er mois suivant la reprise, le 2nd durant le 5ème mois. Les valeurs d’IPDM et d’IPD de l’épaule opérée étaient mesurées à l’aide d’une échelle visuelle analogique (douleur) et d’une échelle CR10 de Borg (difficulté de mouvement). Au début et à la fin de la semaine, chacun des cahiers était rempli à la fin de la journée de travail. Deux profils de retour au travail ont été obtenus par classification ascendante hiérarchique basée sur la distance de Ward. Ces 2 profils, qualifiés de conditions défavorables et conditions mitigées, se distinguent. Ce dernier comporte davantage d’hommes, de salariés en meilleure santé physique et mentale (SF12), moins anxio-dépressifs (HADS) et moins kinésiophobes (échelle de kinésiophobie de Tampa). Le niveau d’exigence physique du travail, la durée d’immobilisation de l’épaule et les caractéristiques chirurgicales ne diffèrent pas. Les cinématiques de l’IPDM et de l’IDP sont similaires au sein d’un même groupe. L'écart entre les 2 groupes se creuse au cours du 1er mois post-reprise, avec des valeurs moins élevées pour les conditions mitigées. Il est compréhensible que les participants du groupe conditions défavorables rencontrent davantage de freins au RAT, en particulier dans le travail manuel, puisque leurs valeurs d’IDPM et d’IPD sont plus élevées. Cependant, la patience est importante, car l’amélioration des perceptions est observée pour les 2 groupes pendant le 5ème mois après RAT. Il est capital que les entreprises et les services de prévention et de santé au travail soient sensibilisés à ces dynamiques de douleur et de gêne fonctionnelle afin d’adapter le suivi et les conditions de RAT, en particulier au cours des 3 premiers mois.
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Fiche technique
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Année de publication
2025 -
Langue
Français -
Discipline(s)
Physiologie du travail - Epidémiologie -
Auteur(s)
PICHENEHOUARD A., SIRVEAUX F., PARIS N., MICHEL B., JACQUOT A., CLAUDON L., PAYSANT J., URMES I. -
Référence
2/6/2026-LYON-38è Congrès National de Médecine et Santé au Travail
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