Une activation retardée de la MAPK p38 dans les cellules dendritiques permet de distinguer les sensibilisants respiratoires des sensibilisants cutanés.
Communication scientifique
Les allergies respiratoires sont parmi les maladies les plus fréquentes dans le monde. Elles sont dues à une exposition à des substances ainsi caractérisées par leur danger de «sensibilisant respiratoire», qui peuvent être de nature chimique et présents dans l’environnement professionnel. Malgré un besoin règlementaire, identifier cette classe de danger est complexe puisqu’il n’existe aucun test reconnu caractérisant un sensibilisant respiratoire. Cet état de fait est lié principalement à une méconnaissance des mécanismes qui sous-tendent la sensibilisation respiratoire, préliminaire au développement des allergies. Néanmoins, il est admis que certaines étapes physiologiques conduisant à la sensibilisation respiratoire sont communes avec celles entrainant la sensibilisation cutanée. Parmi elles, l’activation des cellules dendritiques (DC) joue un rôle central dans la voie physiopathologique reconnue et validée de la sensibilisation cutanée.
À l’INRS, nous avons développé un test basé sur un modèle de DC (dérivées de Moelle Osseuse de souris ou MODC), capable d’identifier les sensibilisants avec de grandes performances. Par ailleurs, exposées à un sensibilisant respiratoire (hexachloroplatinate d’ammonium), les MODC miment effectivement la maturation des cellules dendritiques et l’activation des lymphocytes T subséquente. Au niveau intracellulaire, l’exposition à des sensibilisants cutanés ou respiratoires active rapidement et spécifiquement la voie NRF2 dans les MODC.
Dans cette étude, nous avons exploré l’implication d’autres réponses intracellulaires précoces, induites dans les MODC à la suite d’une exposition à différents types de sensibilisants. À l’aide de techniques de cytométrie en flux nous avons analysé l’activation par phosphorylation de trois voies intracellulaires majeures, les MAP Kinases ERK, JNK et p38 dans des MODC exposées durant 15 min ou 3 h à différents produits chimiques. Ces derniers comprenaient : un sensibilisant cutané pré-hapténique modéré (le naphtol), un sensibilisant cutané extrême (le DNFB), un sensibilisant cutané pré-hapténique fort (l’isoeugénol), un sensibilisant respiratoire (l’hexachloroplatinate d’ammonium) et un irritant (le sodium dodécyl sulfate). Nos analyses montrent que l’exposition à des sensibilisants, quelle que soit leur nature entraine une phosphorylation précoce et concentration-dépendante dans les MODC, alors qu’aucune phosphorylation n’est détectée après exposition avec l’irritant. Ces résultats montrent que l’activation de la voie p38 MAPK est une réponse spécifique aux sensibilisants et de plus, commune entre celle induite par un sensibilisant respiratoire et celle associée à la sensibilisation cutanée. De façon intéressante, l’exposition à un sensibilisant respiratoire induit cette activation plus tardivement ; ce délai de réponse semble être une caractéristique distinguant le sensibilisant respiratoire des sensibilisants cutanés.
Ces observations participent à une meilleure connaissance des mécanismes intracellulaires précoces sous-tendant la sensibilisation respiratoire et offrent des outils supplémentaires pour amender les modèles in vitro d’évaluation des sensibilisants. Des études supplémentaires sur l’implication des voies intracellulaires p38 et Nrf2 et leur cinétique d’activation pourraient contribuer à une amélioration des tests développés pour identifier les sensibilisants respiratoires.
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Fiche technique
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Année de publication
2025 -
Langue
Anglais -
Discipline(s)
Toxicologie expérimentale -
Auteur(s)
AUDRY A., MATHIOT J., COISCAUD A., BATTAIS F., MOUROT M., SPONNE I. -
Référence
14/9/2024-ATHENES-EUROTOX 2025
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