Les menaces cachées des médicaments cytotoxiques pour les professionnels de santé
Communication scientifique
Les médicaments cytotoxiques utilisés pour traiter le cancer sont intrinsèquement toxiques en raison de leurs propriétés génotoxiques, tératogènes et cancérogènes. Les professionnels de la santé peuvent y être exposés lors de leur fabrication, de leur préparation, de leur administration et de leur élimination. La contamination se produit principalement par inhalation d'aérosols et par contact avec la peau, ou lors de la manipulation de médicaments cytotoxiques et d'excréments de patients. Il est donc essentiel de garantir la sécurité des travailleurs en mettant en œuvre des mesures préventives appropriées. Au cours des dernières décennies, le lien entre l'exposition aux médicaments cytotoxiques sur le lieu de travail et les risques pour la santé des professionnels de la santé a été clairement établi. Aujourd'hui, les défis persistent en raison de l'augmentation des taux de cancer et de l'utilisation croissante de médicaments cytotoxiques en dehors de l'oncologie. Le vieillissement de la population et les progrès de la médecine entraînent également une augmentation de l'utilisation des médicaments cytotoxiques.
Bien que les agences de sécurité nationales et européennes reconnaissent qu'une faible exposition à ces médicaments cytotoxiques est dangereuse, il n'existe toujours pas d'approche harmonisée de leur utilisation. En 2019, un accord a été conclu pour garantir que les médicaments cytotoxiques respectent des exigences minimales en matière de santé et de sécurité pour les travailleurs de la santé. Ces exigences sont conformes à celles énoncées dans la directive 98/24/CE du Conseil et la directive 2004/37/CE sur les agents cancérigènes et mutagènes. Dans ce contexte, un nouveau document d'orientation visant à promouvoir l'utilisation sûre des médicaments dangereux sur le lieu de travail est en cours d'élaboration par la Commission européenne.
Les données présentées donnent un aperçu de l'exposition dans les pharmacies hospitalières, les services d'oncologie et les unités de chirurgie et de soins intensifs qui administrent des chimiothérapies intrapéritonéales. Les principaux déterminants de l'exposition doivent être identifiés et gérés pour contrôler le risque cytotoxique. À cette fin, des mesures de la contamination des surfaces dans l'environnement de travail ont été effectuées afin d'identifier les principales sources d'exposition et les catégories professionnelles susceptibles d'être directement ou indirectement exposées. Parallèlement, le niveau d'imprégnation des travailleurs a été évalué en analysant les composés cytotoxiques d'intérêt dans les urines au début et à la fin de leur poste de travail. Si des efforts importants ont été réalisés pour réduire l'exposition et la maintenir à un niveau aussi bas que possible, nos données soulignent la nécessité d'un suivi régulier de l'exposition afin de maintenir un niveau de vigilance élevé chez les travailleurs et d'éviter tout relâchement dans le temps. Pour progresser dans ce domaine, l'INRS participe actuellement à une étude transversale européenne (Parc- Horizon Europe, 56 partenaires) dans le domaine des soins hospitaliers pour évaluer l'exposition et les risques liés à des substances chimiques prioritaires en utilisant la biosurveillance de l'exposition et de l'effet. Cette étude contribuera à l'amélioration des conditions de santé et de sécurité au travail.
-
étude(s) de rattachement
étude(s) de rattachement