La durée d’exposition au travail de nuit modifie-t-elle le risque à 10 ans de maladie cardiovasculaire ? Résultats chez des travailleurs issus de la cohorte Constances
Communication scientifique
Contexte. Les conséquences du travail de nuit sur le risque cardiovasculaire sont de plus en plus documentées. Cependant, la durée d’exposition à partir de laquelle ce risque augmente reste une question à préciser, afin de mettre en place une stratégie de prévention ciblée. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’effet de la durée d’exposition au travail de nuit sur le risque à 10 ans de maladie cardiovasculaire (SCORE2).
Méthode. À partir de la cohorte Constances, 52234 participants répartis en travailleurs de jour et travailleurs de nuit (permanent, alternant et des ex-travailleurs de nuit) ont été inclus. La durée d’exposition au travail de nuit a été évaluée sur l’ensemble de la carrière professionnelle par un auto-questionnaire. Les principaux facteurs cardiovasculaires mesurés ont permis d’établir le SCORE2. Des modèles additifs généralisés ont permis d’estimer la probabilité d’être à risque modéré et élevé de maladie cardiovasculaire à 10 ans (OR et intervalles de confiance à 95 %) en fonction de la durée d’exposition de chaque catégorie de travailleurs de nuit.
Résultats. L’échantillon est composé de 24892 hommes et 27342 femmes, âgés de 44 ans en moyenne avec une durée de carrière professionnelle de 20 ans en moyenne. Parmi eux, 685 travailleurs de nuit permanent, 915 travailleurs de nuit alternant et 2972 ex-travailleurs de nuit ont été identifiés.
Comparativement aux travailleurs de jour, les OR d’un SCORE2 modéré ou élevé ont été évalués à 1,43 [1,23-1,66] chez les travailleurs de nuit permanent, 1,72 [1,51-1,97] chez les travailleurs de nuit alternant et 2,01 [1,87-2,18] chez les ex-travailleurs de nuit. Plus la durée d’exposition cumulée augmente, plus la probabilité d’avoir un SCORE2 modéré et élevé augmente. En effet, des excès de risque significatifs ont été constatés à partir de 10 ans d’exposition cumulée chez les travailleurs de nuit permanent (OR=1,28) et alternant (OR=1,48). Chez les ex-travailleurs de nuit, cet excès de risque significatif a été observé à partir de 5 ans d’exposition cumulée (OR=1,82).
Conclusion. Ces résultats à partir d’une cohorte française confirment un risque élevé de développer une maladie cardiovasculaire à 10 ans chez les travailleurs de nuit, avec un effet significatif à partir de 10 ans de durée d’exposition. Pour les ex-travailleurs de nuit, le risque existe malgré l’arrêt de l’exposition. Ces résultats confortent la nécessité d’un monitoring du risque cardiovasculaire chez ce type de travailleurs même après l’arrêt du travail de nuit.
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Fiche technique
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Année de publication
2024 -
Langue
Français -
Discipline(s)
Epidémiologie -
Auteur(s)
BOINI S., BOURGKARD E., DZIURLA M., GRZEBYK M., RIBET C., FERRIERES J., ESQUIROL Y. -
Référence
4/6/2024-MONTPELLIER-37ème Congrès de Médecine et de Santé au Travail
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étude(s) de rattachement
étude(s) de rattachement