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Zinc et composés minéraux

Fiche toxicologique n° 75

Sommaire de la fiche

Édition : Juillet 2020

Pathologie - Toxicologie

  • Toxicocinétique - Métabolisme [4, 9-11, 15]

    Le zinc et ses composés sont absorbés par les voies respira­toire et digestive en quantités très variables. Après absorp­tion, le zinc est présent dans tous les tissus, mais les plus fortes quantités sont observées dans le foie, la prostate, les muscles et les os. Il est éliminé principalement dans les fèces.

    Chez l'animal
    Absorption

    Chez l'homme comme chez l'animal, l'absorption gastro­intestinale varie de 10 à 90 % ; elle est influencée par :

    les caractéristiques chimiques du composé : tous les sels de zinc n'ont pas la même solubilité en présence de sucs gastriques ;

    • le taux de zinc corporel : chez l'homme, à taux normal, l'absorption gastro-intestinale est de 20 - 30 % de la dose, chez le rat mature, elle est de 67 % ; elle augmente en cas de déficience et diminue quand la concentration sanguine augmente ;
    • la nourriture : de grandes quantités de calcium ou de phosphore ingérées diminuent l'absorption, les protéines animales l'augmentent alors que les protéines végétales la diminuent ;
    • le poids corporel : les organismes jeunes absorbent mieux le zinc que les organismes matures.

    L'absorption intestinale a lieu dans la seconde portion du duodénum ; le mécanisme de passage de la muqueuse intestinale implique la fixation du zinc sur une métallothionéine puis sur d'autres protéines dans les cellules luminales. Le processus de transport est influencé par les prostaglandines E2 et F2 et le zinc est chélaté par l'acide picolinique, dérivé du tryptophane ; une déficience en tryptophane diminue l'absorption du zinc[12]. Ce mode d'absorption est saturable : le zinc induit la synthèse de la métallothionéine dans les cellules muqueuses intestinales, mais n'induit pas celle des autres protéines de transport. La saturation de ces dernières provoque la rétention du complexe zinc-métallothionéine dans les cellules muqueuses qui tapissent le tractus gastrointestinal, et son excrétion lors du détachement de ces cellules.

    Les informations sur l'absorption pulmonaire sont limi­tées et compliquées par l'absorption gastro-intestinale, suite à la clairance mucociliaire et à la déglutition. Après exposition nasale à un aérosol d'oxyde de zinc, la réten­tion pulmonaire est de 19,8 % chez le cobaye (11,3 mg/m3, 3 h), 11,5 % chez le rat ( 4,3 mg/m3, 3 h) et 4,7 % chez le lapin (6 mg/m3, 6 h) ; chez l'homme, l'absorption pulmo­naire n'a pas été quantifiée.

    L'absorption cutanée est faible (0,1 % de la dose appliquée/cm2/h)[14] ; elle n'est pas affectée par la quantité de zinc, le pH de la peau ou le véhicule utilisé.

    Distribution

    Après administration orale de 65Zn chez l'animal, des taux mesurables sont trouvés dans le sang en 15 - 20 minutes avec un pic en 2 - 4 heures. Le zinc est présent dans le plasma, les érythrocytes, les leucocytes et les plaquettes. La concentration en zinc des érythrocytes est environ 10 fois supérieure à celle du plasma. Dans le plasma, le zinc est fixé à des protéines, principalement l'albumine (60 %) et l'α2- macroglobuline, et des aminoacides qui servent de transporteur. Initialement, le zinc est concentré dans le foie (60 %) et les reins, fixé sur une métallothionéine. La synthèse de cette protéine hépatique est stimulée quand la concentration plasmatique en zinc est élevée. Puis le zinc est distribué dans tout l'organisme, en particulier dans la prostate, le pancréas, les os, les muscles, la peau et la rétine. Le zinc traverse la barrière placentaire à partir de 0,4 % dans la nourriture du rat et passe dans le lait maternel.

    Chez l'homme, la majorité du zinc absorbé est répartie dans les muscles squelettiques (env. 60 %) et dans les os (30 %) ; le reste se distribue entre le foie, la prostate, le tractus gastro-intestinal, les reins, la peau, les poumons, le cerveau, le cœur et le pancréas.

    Métabolisme

    Le zinc, en tant qu'élément essentiel, n'est pas métabolisé, mais il entre dans la structure de nombreux métalloenzymes (par exemple l'anhydrase carbonique, qui régule les échanges de CO2, l’ARN polymérase, la super-oxyde dismutase, l'alcool déshydrogénase, etc.).

    Élimination

    Le zinc ne s’accumule pas dans l’organisme ; la charge cor­porelle est régulée par un mécanisme homéostatique qui contrôle l'absorption et le taux hépatique [12].

    La voie principale d'excrétion, chez l’homme comme chez l’animal, est l'intestin (75 - 80 % de la dose administrée) ; la charge corporelle en zinc diminue avec une demi-vie de 100 à 500 jours. Une faible partie est éliminée dans l’urine (10 - 20 %) et le reste dans la sueur, le sperme, les cheveux, la salive et le lait. L'excrétion urinaire ne varie pas avec la dose et est indépendante du volume urinaire.

    Par inhalation, il n'y a pas de différences majeures entre l'homme et l'animal. Les composés du zinc sont rapide­ment solubilisés dansle poumon et ne s'accumulent pas dans le tractus respiratoire (demi-vie d'environ 13 heures). Des taux élevés de zinc sont retrouvés dans les urines ; une concentration de 0,6 à 0,7 mg zinc/L a été mesurée dans les urines des ouvriers exposés à des fumées d’oxyde de zinc à des concentrations de 3 à 5 mg/m3[13].

    Surveillance Biologique de l'exposition

    Les dosages sanguin et urinaire de zinc ne sont pas cou­ramment utilisés pour la surveillance biologique de l'ex­position professionnelle dans la mesure où la corrélation avec l’exposition n’est pas toujours bonne. Quoique peu documenté, le dosage du zinc urinaire semble préférable à celui du zinc sanguin [30].

    Il n’existe pas de valeur guide pour ces paramètres.

  • Mode d'actions
  • Toxicité expérimentale
    Toxicité aiguë [4, 9-11]

    L’ingestion de composés de zinc provoque des troubles du système digestif, des modifications hématologiques ainsi que des lésions du foie, du pancréas et des reins. L'inhalation de composés de zinc (environ 1 mg/m3), en particulier les fumées d'oxyde de zinc, engendre une irrita­tion et une inflammation pulmonaires. De fortes concen­trations induisent une pneumonie chronique et la mort probable par détresse respiratoire, insuffisance rénale et acidose respiratoire et métabolique.

    Le système digestif est la cible principale du zinc par ingestion ; les animaux exposés présentent des vomisse­ments, des diarrhées, des hémorragies intestinales et des ulcères du pré-estomac. La souris est plus sensible à l'effet létal du sulfate de zinc que le rat ; les autres composés se comportent de façon identique pour les deux espèces (tableau II).

    Composé

    Espèce

    DL50 orale

    CL50

    Chlorure de zinc

    ZnCl2

    Rat

    350 mg zinc/kg

    1260 mg/m3/30 minutes

    Souris

    329 mg zinc/kg

    354 mg/m3/30 minutes

    Cobaye

    200 mg zinc/kg

     

    Oxyde de zinc

    ZnO

    Rat

    > 5000 mg/kg

     

    Souris

    7 950 mg/kg

    2500 mg/m3

    Sulfate de zinc

    ZnSO4

    Rat

    623 mg zinc/kg

     

    Souris

    245 - 337 mg zinc/kg

     

    Lapin

    2000 mg/kg

     

    Sulfate de zinc dihydraté

    ZnSO4, 2H2O

    Rat

    1710 mg/kg

     

    Souris

    926 mg/kg

     

    Sulfate de zinc heptahydraté ZnSO4, 7H1O

    Rat

    1260 mg/kg

     

    Souris

    200 mg/kg

     

    Tableau II : Toxicité aiguë des composés du zinc.

     
    Le zinc, en induisant la synthèse de métallothionéine intestinale, diminue l'absorption du cuivre alimentaire, ce qui entraîne une anémie sidéroblastique avec pour consé­quence une baisse du taux d'hémoglobine, de l'hémato­crite, du nombre d'érythrocytes et de leucocytes, et une augmentation des infections, des plaies, des ulcérations de la bouche ou de la gorge, ainsi qu'une faiblesse géné­rale. Des lésions apparaissent dans le pancréas (nécrose des cellules acinaires, métaplasie, fibrose, pancréatite) et les reins (augmentation du poids, néphrose diffuse).

    Le système respiratoire est la cible principale du zinc par inhalation, les composés les plus étudiés sont le chlorure et l'oxyde de zinc. Chez le cobaye exposé à des fumées d'oxyde de zinc (1 mg/m3, 3 h/j pendant 3 jours), on observe :

    • une inflamation des alvéoles et des canaux alvéolaires avec fonction macrophagique altérée,
    • une modification morphologique des poumons (épais­sissement interstitiel),
    • et une altération de la fonction pulmonaire (baisse de la compliance, de la capacité pulmonaire totale et de la capacité de diffusion).

    Le rat, le lapin et le chat, exposés pendant 3 heures à 110 - ­600 mg zinc/m3, ne présentent qu'une chute de tempéra­ture corporelle et une augmentation du nombre des leucocytes ; à l'autopsie, on observe des signes de bron­chopneumonie aux fortes concentrations. Après exposi­tion à des fumées de chlorure de zinc de concentrations ≥ 950 mg zinc/m3 ( 1980 mg/m3 ZnCl2), le rat développe graduellement une détresse respiratoire ; à l'autopsie, on note atélectasie, hyperémie, hémorragies et œdème au niveau pulmonaire.

    Irritation

    La réponse de la peau reflète la balance entre les effets physiologiques et les effets toxiques du composé de zinc appliqué ; elle dépend du potentiel de ce composé à déna­turer la kératine épidermique et de la capacité du tissu à répondre ou à tolérer l'overdose de zinc. Le chlorure de zinc (solution à 1 % dans l'eau) appliqué en patch ouvert sur le dos des souris, des lapins et cobayes induit une irritation sévère (inflammation locale dermique et épider­mique, ulcérations, acanthose folliculaire et hyperkéra- tose) [15]. L' oxyde de zinc (20 % dans du Tween 80) et le sulfate de zinc (1 % dans l'eau) ne sont pas irritants pour le lapin, le cobaye et la souris, mais induisent une hyperpla­sie épidermique marginale.

    L'irritation oculaire chez le lapin est, elle aussi, fonction du composé : le chlorure de zinc est fortement irritant (une solution à 10 % induit larmoiements et conjonctivite réversible, une solution à 50 % provoque une opacité cornéenne) ; le sulfate de zinc (420 mg) et l'oxyde de zinc (500 mg) provoquent une irritation modérée.

    Le sulfate de zinc, en irrigation intranasale (0,05 - 1 %) chez la souris, produit après 24 heures une anosmie dont la sévérité est fonction de la concentration (déclin rapide de la faculté de trouver la nourriture et des propriétés olfacti­ves). L'épithélium olfactif est complètement détruit en quelques jours après le traitement ; il se régénère lente­ment, par petites surfaces, après plusieurs mois. De même, chez le rat, une application de solution de sulfate de zinc sur le pourtour du nez provoque la perte de l'odo­rat.

    Toxicité subchronique, chronique [9, 11]

    Les composés du zinc, en exposition prolongée, induisent par voie orale, une irritation gastro-intestinale et une ané­mie, et par inhalation, une irritation pulmonaire.

    Des expositions orales à 174 - 191 mg zinc/kg/j pendant 3 à 12 mois n'affectent pas le poids corporel du lapin et du rat ; par contre, les systèmes digestif et sanguin restent la cible privilégiée d'une exposition prolongée aux composés du zinc.

    Le sulfate de zinc, en exposition répétée pendant 13 semaines par voie orale, agit au niveau du tractus gastro­intestinal des rats (510 mg zinc/kg/j) et des souris (1120 mg zinc/kg/j) en provoquant :

    • des ulcères de l'estomac,
    • une anémie suite à des hémorragies intestinales,
    • des effets rénaux (augmentation du poids et lésions) chez la souris,
    • des altérations structurales et fonctionnelles du pan­créas endocrine (altérations cellulaires des îlets, nécrose cellulaire, métaplasie, fibrose, pancréatite) chez le rat et la souris,
    • la létalité chez 5 animaux sur 12.

    Le NOAEL, pour une exposition de 13 semaines, est de 230-240 mg/kg/j chez la souris mâle et le rat des deux sexes, et de 479 mg/kg/j chez la souris femelle [11]. À dose plus faible (70 mg zinc/kg/j dans l'eau de boisson), le sulfate de zinc induit chez la souris, après 3 mois d'exposi­tion, une hypertrophie du cortex surrénalien et une aug­mentation de son contenu lipidique, ainsi qu'une hypertrophie de l'hypophyse [11].

    Le chlorure de zinc provoque chez le rat une baisse du taux d'hémoglobine et du nombre d'érythrocytes (25 mg/kg/j, 4 sem dans l'eau de boisson), une modification de poids du cerveau et des testicules (5 690 mg/kg de nourriture/j, soit environ 114 mg zinc/kg/j, pendant 13 semaines).

    Des expositions répétées au chlorure de zinc par inhala­tion occasionnent chez le cobaye (248 mg/m3 soit 119 mg zinc/m3, 1 h/j, 5 j/sem, 3 sem), le rat et la souris (254 mg/m3 soit 121,7 mg zinc/m3, 1 h/j, 5 j/sem, 20 sem) une inflammation pulmonaire chronique avec modifica­tion de la fonction pulmonaire, infiltration de leucocytes et de macrophages et fibrose[16]. Il n'y a pas d'effets gastro-intestinal, hépatique, rénal ou cardiaque à ces concentrations.

    L'oxyde de zinc produit une inflammation pulmonaire chez le rat, à la concentration de 15 mg/m3, 8 h/j, 5 j/sem, pendant 84 jours.

    Effets génotoxiques [9]

    Les composés inorganiques du zinc ont tendance à être dis­sociés, le zinc, se fixant aux constituants du milieu cellu­laire, devient inactif. Les études de génotoxicité dans de nombreux systèmes n'ont pas montré d’effet mutagène induit par les composés du zinc, mais un effet clastogène, faible in vitro et fonction de la dose in vivo.

    In vitro, l'exposition aux composés du zinc n'augmente pas la fréquence des mutations dans les tests bactériens (chlorure de zinc faiblement positif, sulfate et oxyde de zinc négatifs) ou cellulaires (mutation : lymphome de sou­ris, chlorure de zinc négatif ; synthèse non programmée de l'ADN : hépatocytes de rat, chlorure et sulfate de zinc négatifs). Cependant, le chlorure de zinc semble avoir un faible effet clastogène sur les lymphocytes humains en culture.

    In vivo, des aberrations chromosomiques et des échanges entre chromatides sœurs ont été observés dans la moelle osseuse de rats exposés au chlorure de zinc dans l'eau de boisson (14,8 - 17,5 mg zinc/kg/j). Administré par voie intrapéritonéale chez la souris, ce composé induit une augmentation significative des aberrations chromoso­miques dans les cellules de la moelle osseuse, à toutes les concentrations testées (7,5 - 10 et 15 mg zinc/kg en expo­sition aiguë ou 1 et 3 mg zinc/kg en exposition chro­nique) ; le degré de clastogénicité est directement proportionnel à la concentration, et indirectement pro­portionnel à la durée du traitement [4, 17]. Des souris exposées par inhalation à l'oxyde de zinc présentent une augmentation des aberrations chromosomiques dans les cellules de la moelle osseuse [11].

    Effets cancérogènes [9-11]

    Les composés minéraux du zinc étudiés dans cette fiche toxicologique ne semblent pas être cancérogènes par voie orale ou inhalatoire.

    Le zinc est un élément trace essentiel, impliqué dans de nombreuses fonctions biologiques. C'est un cofacteur enzymatique qui, en excès, peut augmenter la successibilité aux cancérogènes.

    L'incidence des hépatomes, des lymphomes malins et des adénomes pulmonaires chez les souriceaux nouveaux-nés exposés par voie orale (0, 1000 et 5000 ppm sulfate de zinc dans l'eau de boisson, pendant 1 an, soit 0,170 et 850 mg zinc/kg/j) n'est pas significativement différente de celle des témoins, bien que le taux d'hépatomes soit supé­rieur (30,4 % pour 12,5 %). Une hypertrophie du cortex surrénalien et des îlets pancréatiques, mais sans tumeur correspondante, est observée chez la souris C3H ayant reçu 500 mg/L de sulfate de zinc pendant 14 mois dans l'eau de boisson. Une étude peu détaillée, menée pendant 3 ans et sur 5 générations de souches de souris sensibles ou résistantes aux tumeurs, montre qu'une concentration de 10 - 20 mg zinc/L dans l'eau de boisson augmente la fré­quence des tumeurs dans la souche résistante, quelle que soit la génération ; une concentration supérieure est moins tumorigène.

    Parmi des rats, des souris et des cobayes, exposés à un mélange de fumées d'oxyde de zinc et d'hexachloroéthane, seules les souris femelles présentent une augmentation de tumeurs (carcinomes alvéolaires) à la concentration de 123 mg/m3, 1 h/j, 5 j/sem, pendant 18 mois [16].

    Des injections intra-testiculaires de chlorure ou de sulfate de zinc chez le coq provoquent des tumeurs malignes (sar­comes) des testicules. Chez le rat, les résultats obtenus après de telles injections (0,15 mL de chlorure de zinc à 5 %, ou de sulfate de zinc à 10 %) sont équivoques. Chez le hamster, 10 semaines après l'injection, se développe une nécrose focale s'étendant sur 25 % de chaque testicule [14, 17, 18].

    Effets sur la reproduction

    Les composés du zinc, à forte dose, diminuent la capacité de reproduction par perte préimplantatoire et réduisent la croissance des fœtus et des nouveaux-nés.

    Fertilité [9, 11]

    Une exposition orale au sulfate de zinc avant l'accouple­ment n'a pas d'effet sur les gonades du rat (250 mg zinc/kg/j pendant 14 - 17 semaines) ou de la souris (1110 mg/kg/j, soit environ 450 mg zinc/kg/j, pendant 13 semaines ) ni sur le taux d'implantation, alors qu'une exposition du 1er au 18ième jour de gestation à 200 mg zinc/kg/j augmente le taux de pertes préimplantatoires et qu'une exposition à 500 mg zinc/kg/j pendant 5 mois abroge la capacité reproductrice du rat.

    Par inhalation, 18 mois après l'exposition de rats, de souris et de cobayes à des concentrations de 119,3 ou 121,7 mg/m3 de fumées de chlorure de zinc, 1 h/j, 5 j/sem, pendant 20 semaines, aucun effet n'est observé sur les glandes mammaires, les ovaires ou l'utérus [16].

    Développement [9, 11]

    Le zinc, en concentrations normales, est nécessaire à la croissance et au développement fœtal.

    Une exposition à de fortes doses dans la nourriture, avant ou pendant la gestation, est associée à une augmentation des résorptions, une baisse du poids fœtal, une altération des concentrations tissulaires fœtales en cuivre et en fer, et, chez les petits, à une réduction de la croissance, une baisse de l'hématocrite, une déficience en cuivre et une alopécie. Le NOAEL chez le rat est de 25 à 100 mg/kg/j, 20 à 36 jours avant l'accouplement et du 1er au 20ième jour de gestation [4].

    L'injection de fortes doses non létales de zinc (souvent sul­fate) chez les mères aux premiers jours de la gestation est associée à un retard d'ossification, à la formation d'anomalies squelettiques axiales et de côtes fusionnées (sou­ris 12,5 - 25 mg chlorure de zinc/kg, 8ièm- 9ièm- 10ième ou 11ième jour de gestation par voie intrapéritonéale).

  • Toxicité sur l’Homme

    L'inhalation aiguë est responsable d'un syndrome appelé "fièvre des métaux" et comprenant une irritation des voies respiratoires et de signes évocateurs d'un état grippal fébrile. Le chlorure de zinc peut provoquer des atteintes fonctionnelles respiratoires. Ce dernier composé provoque des lésions cutanées. On ne dispose pas de donnée sur les effets chroniques du zinc ni sur son potentiel cancérogène chez l'homme. Aucun effet sur la reproduction n'est décrit.

    Toxicité aiguë

    L'exposition par voie orale intéresse peu le monde profes­sionnel. Il est cependant intéressant de noter quelques cas d'intoxications, dues à l'ingestion de différentes formes chimiques de zinc.

    L'ingestion d'eau contenant 15 mg/L de zinc provoque des nausées ; des vomissements et des diarrhées s'y associent lorsque le niveau de zinc est plus élevé. Des troubles digestifs sont également observés lors d'ingestion de nourriture contaminée par du zinc.

    Quelques cas plus sévères sont rapportés comme celui d'une femme qui, ayant absorbé 28 g de sulfate de zinc, présenta une tachycardie et une hyperglycémie, et dont la mort survint du fait d'une hémorragie pancréatique et d'une atteinte rénale. L'ingestion de 12 g de zinc métal en deux jours entraîna une démarche chancelante, une léthargie et des difficultés pour écrire. Biologiquement, une augmentation des lipases sériques, ainsi que de l'a­mylase, fut notée 8 jours après.

    Enfin, l'ingestion de comprimés contenant 220 mg de sul­fate de zinc a créé chez une patiente, après chaque prise, un inconfort gastrique. Après une semaine de traitement quotidien, elle présenta une hémorragie gastro-intestinale. Une autre observation rapporte des effets corrosifs sur le pharynx et l'œsophage d'une solution de zinc, suivies de nausées et de vomissements.

    L'ingestion de chlorure de zinc peut entraîner des lésions caustiques sérieuses du tube digestif.

    Aucun effet n'est décrit chez l'homme après l'inhalation de poussières de zinc, ou de composés de zinc autres que celui de chlorure de zinc.

    Par contre, de nombreuses observations résultent de l'ex­position à des fumées provenant notamment du décou­page ou du soudage d'aciers galvanisés. Ces fumées ne sont produites qu'à des températures élevées (au moins 500 °C, généralement supérieures à 939 °C), et elles contiennent des particules d'oxyde de zinc de très faible granulométrie (< 0,1 micron de diamètre).

    Les symptômes sont décrits sous le nom de la « fièvre des métaux » :

    • 4 à 8 heures après le début de l'exposition, le patient pré­sente une irritation au niveau de la gorge, un goût métal­lique dans la bouche, parfois des démangeaisons. Puis un malaise général s'installe avec une sensation de soif intense, une asthénie, des céphalées, parfois une confu­sion mentale, et des douleurs lombaires. Une toux sèche accompagnée de douleurs thoraciques complètent ces symptômes ;
    • 10 à 12 heures après l'exposition, une fièvre importante apparaît, pouvant dépasser les 40 °C. Elle s'accompagne des signes classiques d'un syndrome grippal (frissons, myalgies, irritation pharyngo-laryngée avec sensation de gêne respiratoire, constriction thoracique, toux non pro­ductive, céphalées). Des troubles gastriques avec dou­leurs, nausées et vomissements peuvent compléter le tableau.

    L'accès de fièvre dure 6 à 12 heures, plus rarement 24 heures. L' ensemble des symptômes disparaît en 24 à 48 heures. Le tableau clinique n'est pas toujours complet.

    L'examen clinique est généralement normal. L' ausculta­tion pulmonaire peut parfois retrouver des râles humides aux bases, plus rarement étendus dans les deux champs pulmonaires.

    La radiographie pulmonaire est le plus souvent normale. Elle peut montrer, dans certains cas, de discrètes images interstitielles ou un syndrome alvéolaire.

    Biologiquement, on note une leucocytose, accompagnée d'une hyperlymphocytose ou d'une hyperéosinophilie.

    Au lavage broncho-alvéolaire, on a pu observer une aug­mentation des polynucléaires.

    Il semble exister un état de tolérance, ces fièvres surve­nant plus fréquemment après une période sans exposi­tion (week-end, vacances).

    Il s'agit d'affections en général bénignes. La guérison est généralement rapide et sans séquelles ; toutefois, quelques cas mortels ont été décrits dans la littérature, mais ils sont considérés comme résultant d'une exposi­tion anormalement importante, ou survenant sur des ter­rains particuliers.

    La physiopathologie d'un tel syndrome est mal connue. Il ne survient que lors de production d'oxyde de zinc à de très fortes températures et production de très fines parti­cules, ce qui a été confirmé par les nombreuses observa­tions cliniques, mais aussi par des expositions humaines contrôlées, qui ont pu reproduire ces fièvres.

    Une des théories les plus récentes implique la libération de cytokines pyrogènes (TNF, IL-1, IL-6, IL-8) par les macro­phages alvéolaires activés.

    La fréquence de ces fièvres serait en nette diminution depuis une dizaine d'années.

    Le cas particulier d'une réaction allergique importante (urticaire et œdème de quincke) accompagnant une fièvre a été décrit chez un soudeur [22], ainsi qu'une pneumo­pathie d'hypersensibilité [21].

    Le chlorure de zinc est beaucoup plus dangereux par inha­lation ; il peut entraîner des troubles respiratoires graves avec dyspnée, toux, douleur thoracique, infiltrations bila­térales diffuses à la radiographie, et parfois pneumotho­rax. Les sujets qui survivent à cette pneumopathie aiguë d'irritation peuvent présenter une réduction de la tolé­rance à l'effort, ainsi que des séquelles traduites par une diminution du volume respiratoire moyen et de la ventila­tion maximum par minute aux épreuves fonctionnelles respiratoires [4].

    Il n'est pas rapporté dans la littérature d'atteintes lors d'exposition cutanée aiguë. Aucun signe d'irritation n'a été relevé, notamment lors d'application de patchs d'oxyde de zinc pendant 48 heures sur des volontaires. Aucune réaction cutanée n'a été clairement attribuée à l'oxyde de zinc. Le chlorure de zinc provoque des lésions cutanées importantes.

    Toxicité chronique

    Il n'existe pas d'observation d'effets chroniques parmi les populations professionnellement exposées au zinc, quels que soient sa forme chimique ou le mode d'exposition.

    Divers dérivés du zinc ont été employés, par voie orale, dans un but de supplémentation ; de ce fait, plusieurs études rapportent des effets secondaires par cette voie d'exposi­tion. Pour le sulfate de zinc, sont notés des céphalées, des nausées, des douleurs épigastriques et des diarrhées. Ces symptômes sont cependant retrouvés à des fréquences très variables. Certaines rapportent également une aug­mentation des enzymes pancréatiques (lipase, amylase).

    Effets cancérogènes [19, 20]

    Il existe très peu d'études épidémiologiques sur le risque de cancer des populations professionnellement exposées au zinc.

    Deux études sont à retenir. L'une de Logue (1982), étude de cohorte sur 1247 ouvriers exposés au zinc dans des usines de production de zinc et de cuivre. Aucune surmor­talité par cancer n'a été montrée. Le nombre restreint de cas limite cependant la portée d'une telle étude, ainsi que l'existence d'un facteur confondant : le cuivre. L'analyse des données ne permet pas d'analyser séparément les cas de cancers dans les populations exposées uniquement au cuivre ou uniquement au zinc [12].

    L'autre étude est celle de Neuberger (1982) ; elle analyse l'excès de mortalité par cancer pulmonaire sur un lieu rési­dentiel situé sur un ancien site minier et de fonderie de zinc et de plomb. Aucun lien n'a pu être montré avec une exposition au zinc [20].

    Effets sur la reproduction

    Aucune donnée humaine n'a été publiée en milieu profes­sionnel. Les seules études concernent des cas de supplé­mentation orale en zinc durant la grossesse ; aucune anomalie n'a été détectée dans ces conditions.

  • Interférences métaboliques
  • Cohérence des réponses biologiques chez l'homme et l'animal
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