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Biphényles chlorés

Fiche toxicologique n° 194

Sommaire de la fiche

Édition : 2007

Pathologie - Toxicologie

  • Toxicocinétique - Métabolisme [8, 11, 17]

    Les PCB sont bien absorbés par toutes les voies et s’accumulent dans les tissus gras. Après métabolisation partielle, ils sont principalement éliminés par les selles et à un moindre degré par les urines. Ils sont inducteurs des enzymes hépatiques. Ils passent à travers le placenta et le lait.

    Bien absorbés par toutes les voies d’exposition, les PCB sont fixés en majeure partie sur les tissus gras où ils ont tendance à s’accumuler. Ils sont partiellement métabo­lisés en oxydes d’aryle, intermédiaires très réactifs sur les molécules de l’organisme.

    L’excrétion se fait par les selles et de façon moins impor­tante par les urines. Les dérivés hautement chlorés sont les moins éliminés.

    Les PCB sont des inducteurs des enzymes hépatiques, ce qui explique vraisemblablement une partie de leurs effets toxiques.

    Ils traversent le placenta et passent dans le lait maternel.

  • Mode d'actions
  • Toxicité expérimentale [8-10, 14, 17]
    Toxicité expérimentale

    La toxicité aigüe orale et cutanée est faible. Des atteintes cutanées, hépatiques et hématologiques sont rapportées dans les études de toxicité aiguë ou subaiguë. Lors d’expositions prolongées, des hyperplasies gastriques, une atrophie thymique et une hyperlipidémie peuvent aussi survenir.  

    Aiguë et chronique

    La toxicité aiguë des PCB est faible. Les DL50 par voie orale chez le rat sont comprises entre 4000 et environ 19 000 mg/kg. Par voie cutanée chez le lapin, les plus fai­bles doses létales se situent entre 800 et plus de 8000 mg/kg.

    Les signes observés lors des expérimentations varient selon les espèces ; le singe semble être l’animal dont la susceptibilité à ces dérivés est la plus proche de celle de l’homme. Acné, irritation cutanée, hyperpigmentation, hypersécrétion des glandes lacrymales, conjonctivite, atteintes hépatiques (hypertrophie et modification enzy­matique) et hématologiques (anémie et hyperleucytose) sont constatées lors des études de toxicité aiguë ou sub­aiguë.

    Lors des expositions prolongées, des hyperplasies gas­triques, une atrophie thymique et une hyperlipidémie s’a­joutent à ces manifestations. Une diminution des possibilités de défenses immunitaires a été relevée chez le cobaye. Les doses sans effet toxique chronique sont très faibles, de l’ordre de quelques mg/kg.

    Effets génotoxiques

    Tous les tests sont négatifs sauf le test d’Ames pour le 4-chlorobiphényle et l’Aroclor 1221.

    Tous les résultats obtenus lors de nombreux essais avec différents PCB se sont révélés négatifs, sauf avec le 4-chlorobiphényle et l’Aroclor 1221 (mélange à 21% de chlore) qui ont provoqué un effet mutagène uniquement au cours d’un test de Ames avec activation métabolique.

    Effets cancérogènes

    Des études chez le petit rongeur ont montré une augmentation de l’incidence des tumeurs hépatiques.

    Différents PCB ont provoqué une augmentation de l’inci­dence des tumeurs hépatiques (bénignes ou malignes) chez le petit rongeur de laboratoire mais le rôle des impu­retés éventuellement présentes dans les préparations commerciales testées n’est pas spécifié dans ces études. Ces composés semblent également agir en synergie avec d’autres substances cancérogènes.

    Effets sur la reproduction

    Des effets sur la fertilité et le développement après administration d’Aroclor 1254 sont décrits chez le rat et le singe, ce dernier étant plus sensible.

    L’administration d’Aroclor 1254 (mélange à 54 % de chlore) à la dose de 100 mg/kg/j durant la gestation de rates pro­voque une diminution du nombre des descendants et de la viabilité de ceux-ci. La fécondité des survivants est éga­lement altérée. Par contre, en dehors d’un poids réduit à la naissance, on ne constate pas de malformation organique sur cette espèce.

    Le singe est plus sensible : des altérations des phanères (perte des poils) et de la peau (acné, œdème) sont consta­tées parmi les descendants des mères exposées, ainsi qu’un petit poids à la naissance et des anomalies osseuses.

  • Toxicité sur l’Homme [8-17]

    En cas d’ingestion répétée d’aliments pollués, des atteintes cutanée, oculaire, neurologique et gastrointestinale sont décrites. Le contact cutané bref provoque une irritation locale ; des contacts répétés ou prolongés peuvent entrainer des atteintes cutanée, neurologique et hépatique. En cas d’incendie avec exposition aux PCB et leurs produits de dégradation thermique, des signes d’irritation oculaire et respiratoire, un prurit et des céphalées sont observés. Ils peuvent précéder des atteintes cutanée, neurologique centrale ou périphérique ainsi que des anomalies biologiques. Des anomalies cutanées et muqueuses sont décrites chez les enfants de mères ayant consommé des aliments contaminés au cours de leur grossesse. Bien que des cas soient rapportés, les données épidémiologiques ne mettent pas en évidence d’augmentation de l’incidence des cancers chez les travailleurs exposés aux PCB. Aucune donnée n’existe sur les effets mutagènes.

    Aiguë et chronique

    Les effets spécifiques des PCB sont difficiles à distinguer du fait de la présence dans ces produits de certains pol­luants toxiques.

    Les principales intoxications décrites chez l’homme concernent des cas d’ingestion répétée d’aliments pollués accidentellement par 800 à 1000 mg/kg de PCB eux-mêmes contaminés par d’autres substances telles que des polychlorodibenzofuranes et des polychlorodibenzodioxines. Les victimes souffrirent principalement de chloracné, de troubles oculaires (hyperhémie, pigmentation, œdèmes et kystes conjonctivaux), de perturbations neurologiques, gastrointestinales et d’asthénie.

    En cas d’exposition professionnelle aux PCB, le contact cutané bref n’entraîne aucune anomalie en dehors d’une éventuelle irritation locale. S’il s’agit de contacts répétés ou prolongés, les troubles suivants peuvent être observés :

    • troubles cutanés (chloracné, pigmentation, épaississe­ment de la peau et décoloration des ongles, « rashs eczématiformes ») ;
    • troubles neurologiques (céphalées, vertiges, somno­lence, troubles mnésiques et, plus rarement, polynévrite) ;
    • troubles hépatiques (hépatomégalie, élévation de la γ-glutamyl transeptidase (γ-GT) et des aminotransférases ASAT et ALAT).

    En cas d’incendie ayant entraîné une exposition aux PCB et à ses produits de dégradation thermique, il est constaté essentiellement des signes d’irritation oculaire et respira­toire, un prurit et des céphalées. Ces manifestations peuvent être suivies d’une chloracné, d’une atteinte neu­rologique centrale (asthénie, vertige...) et parfois périphé­rique, d’anomalies biologiques (atteinte hépatique, trouble du métabolisme lipidique, induction enzymatique et trouble du métabolisme des porphyrines).

    Effets cancérogènes

    Des tumeurs cutanées, digestives et hépatiques, ainsi que des leucémies ont été décrites. Toutefois, les données épi­démiologiques ne montrent pas d’augmentation signifi­cative de l’incidence des cancers sur le personnel exposé aux PCB.

    Effets sur la reproduction

    Il a été constaté des anomalies chez les enfants de fem­mes qui avaient consommé en cours de grossesse des ali­ments contaminés par des PCB et d’autres substances. Ces anomalies portaient essentiellement sur la peau, les muqueuses et les phanères.

  • Interférences métaboliques
  • Cohérence des réponses biologiques chez l'homme et l'animal
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