Données épidémiologiques Guide de lecture
Population générale
Une centaine d’infections humaines à PUUV sont rapportées en moyenne chaque année. Mais ces cas détectés correspondent généralement à des personnes présentant des formes aux symptômes marqués voire hospitalisées. L’incidence des formes plus bénignes subcliniques, voire infracliniques, restent méconnues mais les études de séroprévalence suggèrent qu’elles pourraient être relativement fréquentes (2,3,6,9).
L’incidence des cas humains peut énormément varier selon les années (dites « épidémiques » versus « inter épidémiques ») et les régions. Cette variation de l’incidence est plus ou moins corrélée aux années de pullulation du campagnol roussâtre : la prévalence d'infection chez les rongeurs peut être très élevée, entraînant une contamination plus importante du milieu extérieur. De plus, bien que des cas soient régulièrement détectés tout au long de l'année, des pics de détection sont observés à la fin du printemps et/ou de l'automne (2,6,7,10,11).
Si le campagnol roussâtre est présent partout en France continentale, excepté sur le pourtour méditerranéen, les cas humains d’infection par PUUV ne sont à ce jour détectés que dans le quart nord-est du pays, avec des foyers de transmission plus actifs comme le nord des Ardennes, l'Avesnois, le centre de l'Aisne, le sud de l'Oise, le Doubs et le Jura, où des poussées épidémiques peuvent survenir. Néanmoins, on observe depuis quelques années, une extension progressive de la zone d’endémie du virus Puumala notamment vers la région Centre-Val de Loire et la Haute-Normandie (5,9).
Les infections à PUUV peuvent faire suite à des activités de loisirs ou professionnelles dans les zones où vit le campagnol roussâtre et où circule le virus, notamment des travaux du bâtiment (rénovation de maison ancienne, nettoyage de cave, grenier, grange…, bricolage) ou des activités forestières (débardage de bois, stockage ou déstockage de bois, entretien maison forestière…).
Milieu professionnel
Les cas sont notamment décrits chez des travailleurs forestiers, agricoles (élevages, cultures…) et les ouvriers du bâtiment dans les régions où circule le virus et son réservoir (9,12).
En 2005, sur 106 observations, on retrouve 46 % des contaminations d’origine professionnelle chez les hommes et 12,5 % chez les femmes.
Une enquête (2019-2020) menée auprès des travailleurs forestiers de la moitié nord de la France, ainsi qu’en Auvergne et Limousin, retrouvait une séroprévalence du PUUV (présence d’IgG) de 7 % dans les Hauts-de-France, 8 % en Franche-Comté, 5 % en Bourgogne, 4 % en Champagne-Ardenne et Lorraine, 2 % en Alsace, 1 % en Auvergne et Limousin et aucun cas positif observé en Bretagne, Normandie et Pays de Loire (9).
En laboratoire
Cas décrits d’infections à hantavirus liés à la manipulation de rongeurs infectés ou lors de la manipulation de cultures (aérosolisation) mais sans toujours de précisions sur le type d’hantavirus.