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Démarche ALM : accompagner la mobilité de la personne aidée en prenant soin de l’autre et de soi

La démarche ALM (accompagner la mobilité de la personne aidée en prenant soin de l’autre et de soi) est une démarche de prévention des risques de troubles musculosquelettiques (TMS) liés à la manutention des patients. Elle peut être mise en œuvre tant à domicile qu’en établissement.

La démarche ALM (accompagner la mobilité de la personne aidée en prenant soin de l’autre et de soi) vise à prévenir la survenue de troubles musculosquelettiques (TMS) liés à la manutention des patients (incluant les résidents en Ehpad ou les bénéficiaires de l’aide et des soins à domicile). Elle bénéficie aussi à la prévention des risques de chute (des patients et des professionnels) et des risques psychosociaux. Cette démarche de soin peut se mettre en en œuvre tant à domicile qu’en établissement.

Soignants : une sinistralité élevée

L’analyse des indicateurs de sinistralité des hébergements médicalisés pour personnes âgées (code NAF 87.10A) montre que le nombre de journées d’absence par salarié pour l’année 2023* s’élève en moyenne à environ 11 jours.


L’analyse des indicateurs de sinistralité de l’aide à domicile (code NAF 88.10A) montre que le nombre de journées d’absence par salarié pour l’année 2023* s’élève en moyenne à environ 14 jours.


La sinistralité se traduit par un absentéisme temporaire chronique ou définitif (en cas d’inaptitude professionnelle ou d’abandon du métier), un élément majeur de désorganisation de l’activité.

La sinistralité impacte aussi l’attractivité de ces secteurs d’activité et de ces métiers. Les attentes des soignants se renforcent notamment sur la mise à disposition d’outils d’aide au déplacement.

* Comptabilisation des accidents du travail, des accidents de trajet et des maladies professionnelles.

Mettre en œuvre la démarche ALM

1. Évaluer les capacités de mouvement des patients

Lors de chaque déplacement, le professionnel évalue les capacités de la personne à faire seule ou non l'un ou plusieurs des mouvements constitutifs du déplacement à accompagner. En effet, les capacités de la personne accompagnée peuvent être variables selon le moment.
Pour mener cette évaluation, les professionnels doivent donc parfaitement connaître et maîtriser l’enchaînement chronologique des mouvements constitutifs de chacun des déplacements spontanés (assis-debout, roulement latéral, rehaussement dans un lit…) des êtres humains, pour identifier celui ou ceux que la personne ne parvient pas à réaliser seule.
La première étape de l’évaluation consiste à demander au patient (résident, bénéficiaire) de faire son déplacement. 
Dans tous les cas, le professionnel devra tenir compte des prescriptions et contre-indications des médecins et des rééducateurs mentionnées dans le dossier de soin.

2. Si besoin, accompagner le mouvement

Selon le ou les mouvements que la personne peut ou ne peut pas faire seule, le soignant peut :

  • la guider verbalement ;
  • et/ou l’aider manuellement (sans portage délétère pour sa santé) ;
  • et/ou introduire un outil d’aide (poignée de traction, un ou deux draps de glisse...). Cet outil peut être différent pour un même déplacement selon la ou les capacités existantes du patient au moment du déplacement. Un objectif est de garantir des conditions optimales de sécurité et de confort de la personne aidée, tout en évitant le port de charge délétère par le professionnel.

Exemple d’utilisation de la démarche ALM : se rehausser au lit

Se rehausser au lit suppose de plier les jambes, d’amener les mains à plat à la hauteur du bassin, puis de relever le buste et serrer les coudes en arrière pour y prendre appui et pousser sur les jambes, afin de soulever et diriger la tête, le buste et les fesses vers la tête du lit, et enfin se poser.


Par exemple, un patient peut être capable de pousser sur ses jambes, mais pas de s’appuyer sur ses coudes. Au lieu de se substituer à lui dans l’intégralité de ce déplacement, le professionnel ne compense que les capacités manquantes, en utilisant par exemple une poignée de traction et une assistance verbale ou un drap de glisse et une assistance physique légère. L’analyse des fonctions conservées (motricité des jambes, des bras et du tronc) oriente vers l’intervention la plus sûre, pour le patient comme pour le professionnel, en stimulant les capacités disponibles du patient sans exposer le professionnel à un port de charge potentiellement nocif pour sa santé. 

Piliers de la démarche ALM

Pour que la démarche ALM soit fructueuse, plusieurs éléments sont essentiels :

  • l’adaptation de l’environnement professionnel : il s’agit notamment des équipements mis à la disposition des professionnels, comme l’installation de rails plafonniers avec moteurs fixes pour lève-personne, ou des lits médicalisés équipés de fonctionnalités. Ces équipements auront une incidence tant sur la pratique des professionnels que sur l’autonomie et le bien-être des patients ;
  • le changement des pratiques professionnelles : les professionnels doivent acquérir de nouvelles connaissances, à savoir les différents mouvements qui composent chacun des déplacements (relèvement assis-debout, abaissement debout-assis, roulement latéral…). Ces connaissances leur permettront de compenser uniquement, si besoin, le ou les mouvements que la personne aidée ne parvient pas à réaliser seule ;
  • un engagement fort des directions et de l’encadrement : cet engagement devra se traduire par les investissements financiers nécessaires à créer un environnement matériel favorable. Il faudra également agir sur l’organisation, pour permettre dans un premier temps aux professionnels d’acquérir les nouvelles connaissances, mais aussi pour qu’ils puissent disposer du temps nécessaire pour les mettre progressivement en œuvre.

Des bénéfices pour tous

La démarche ALM apporte sécurité et confort aux professionnels et aux patients (résidents, bénéficiaires) : réduction des risques professionnels liés aux manutentions, réduction du nombre des restrictions d’aptitude liées au portage des patients, réduction de l’absentéisme (ce qui limite la désorganisation), réduction des inaptitudes temporaires (liées à une grossesse, une blessure…) ou définitives (sortie du métier).

La garantie de la sécurité et du bien-être des patients est un argument positif à promouvoir auprès d’eux et de leurs familles.

La démarche ALM permet de réaliser des investissements pertinents en orientant les choix architecturaux et les achats d’équipements, créant un environnement favorable à sa mise en œuvre.

Prévenir également les risques psychosociaux et les chutes

La démarche ALM remet la relation de soin au premier plan de l’échange entre le soignant et la personne accompagnée. Elle réduit également les éventuelles réticences et réactions d’opposition du patient. Elle contribue ainsi à prévenir les risques psychosociaux des professionnels.
La démarche vise aussi à maintenir et encourager les capacités résiduelles du patient (résident, bénéficiaire). Elle contribue ainsi à accélérer son rétablissement ou à ralentir sa perte d’autonomie. 
La démarche ALM valorise, professionnalise, responsabilise les professionnels, contribuant ainsi à leur fidélisation et à l’attractivité des métiers.

Elle contribue aussi à réduire les risques de chutes des patients et ainsi les blessures occasionnées aux soignants qui essayent de les rattraper.

Intégration aux dispositifs sectoriels de formation continue

La démarche ALM est intégrée dans les référentiels de formation Prap 2S (prévention des risques liés à l’activité physique en secteur sanitaire et social), ceux des formations des secteurs sanitaires et médico-sociaux (directeur/animateur/acteur Prap 2S) et ASD (aide et soins à domicile), à destination des dirigeants, encadrants et professionnels de terrain, dispensés par des organismes de formation habilités et des formateurs certifiés.

Pour aller plus loin :
Mis à jour le 03/04/2026
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