Etude comparée de la cochléotoxicité et vestibulotoxicité périphérique du styrène et des isomères du xylène chez le rat

Etude

Des études menées chez l’animal ont montré que certains solvants aromatiques industriels pouvaient endommager la cochlée, récepteur de l’audition. En revanche, aucune ne s’est réellement intéressée à leur impact sur les récepteurs de l’équilibre, les récepteurs vestibulaires, également situés dans l’oreille interne et présentant des similitudes avec la cochlée. Seuls des travaux réalisés ex vivo, à partir d’explants vestibulaires, ont montré que certains solvants, tels que le styrène ou l’ortho-xylène, pouvaient être toxiques pour ces tissus, mais qu’il existait une absence de correspondance entre cochléotoxicité et vestibulotoxicité. Il apparaissait donc indispensable de vérifier si la vestibulotoxicité constatée ex vivo se confirmait dans une approche in vivo.
Des rates ont ainsi été exposées par inhalation pendant quatre semaines au styrène (1000 ppm) et aux isomères du xylène (ortho-, méta- et para-xylène) à 1800 ppm, concentrations connues pour être cochléotoxiques. Des mesures destinées à évaluer l’audition (produits de distorsion acoustique) et l’équilibre (nystagmus post-rotatoire et tests réflexes antigravitaires) ont été réalisées avant et après exposition, conjointement à des analyses histologiques des récepteurs de l’audition et de l’équilibre.
Alors que la cochléotoxicité du para-xylène et du styrène a été observée en accord avec la littérature, aucun des solvants testés n’a altéré la fonction vestibulaire ni engendré de dommages histologiques au niveau du récepteur vestibulaire. Les résultats de cette étude montrent que, dans nos conditions expérimentales, la cochlée serait plus vulnérable aux solvants aromatiques que les récepteurs vestibulaires. On peut supposer que des différences de métabolisme oxydatif et de vascularisation expliquent en grande partie ces différences de sensibilité. Cette étude nous encourage à poursuivre des travaux in vivo, tout en conservant les modèles ex vivo ou in vitro pour des études mécanistiques.

  • Fiche technique

    • Année de lancement

      2022
    • Discipline(s)

      Toxicologie expérimentale
    • Responsable(s)

    • Participant(s)

    • Collaboration(s) extérieure(s)

    • Référence

      EL2022-001
  • Publications et communications

    Publications et communications