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Travail de nuit / posté et risques cardiovasculaires

Communication scientifique

Si le recours au travail de nuit doit rester exceptionnel et être justifié par la nécessité d’assurer la continuité de l’activité économique ou des services d’utilité sociale, le travail de nuit habituel ou occasionnel concernait 15 % des salariés en 2012, soit environ 3,5 millions de personnes. Parmi ces salariés, 7,4 % (10 % des hommes et 4,8 % des femmes) travaillaient de nuit de manière habituelle. En 2017, cette proportion était légèrement plus élevée (12,7 % des hommes et 5,6 % des femmes). La littérature fait état depuis longtemps de l’existence de liens entre l’exposition au travail de nuit ou posté et différents indicateurs de santé, notamment cardiovasculaires. Cependant, la nature plurifactorielle des maladies cardiovasculaires et l’importance des facteurs individuels (alimentation, sédentarité, tabagisme…) peuvent en partie expliquer la difficulté à démontrer un lien causal avec le travail de nuit. Un rapport publié en 2016 par l’ANSES a mis en évidence que le travail de nuit avait des effets avérés sur la somnolence, la qualité et la durée de sommeil, et sur le syndrome métabolique. Des effets sur l’obésité et la prise de poids, le diabète de type 2 et les maladies coronariennes sont probables. Enfin, des effets sur la concentration de certains lipides dans le sang, l’hypertension artérielle et le risque d’AVC sont possibles.
Seront abordés au cours de cette conférence :
- l’état des connaissances actuelles sur les liens entre travail de nuit et maladies cardiovasculaires ainsi que les limites méthodologiques identifiées et les recommandations formulées pour les futurs travaux de recherche ;
- les mécanismes chronobiologiques et leurs conséquences potentielles en termes de risques cardiovasculaires ;
- les mesures de prévention qui peuvent être proposées en entreprise.
La conférence se terminera par la présentation de l’étude menée par l’INRS en collaboration avec l’unité mixte de service Inserm / UVSQ (UMS 11 Cohortes épidémiologiques en population) au sein de la cohorte Constances. L’objectif de cette étude est d’évaluer prospectivement l’association entre le travail de nuit et la survenue de maladies cardiovasculaires ischémiques, afin de rechercher une relation dose-effet, un effet seuil, mais aussi les schémas horaires les moins délétères intégrant le travail de nuit (fixe ; alternant ; cycle court-long ; marche en avant, etc.). Cette étude devrait apporter des éléments de réponse aux limites évoquées lors de la conférence, notamment en termes de précision dans la mesure de l’exposition au travail de nuit au cours de la carrière professionnelle.

Disciplines de recherche
Epidémiologie
Etudes Publications Communications