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Travail de nuit et travail posté

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Foire aux questions

Questions - Réponses

Des réponses aux questions les plus fréquemment posées sur les horaires atypiques au travail

  • Y a-t-il une sinistralité supérieure la nuit ? Si oui, à quelles heures ? Quelle prévention ?

    Oui il y a une sinistralité supérieure la nuit. Un rapport de 2016 de l’Anses a souligné que les accidents du travail étaient plus fréquents et plus graves la nuit.

    Si oui, à quelles heures ? La sinistralité augmentée la nuit est liée à des périodes d’hypovigilance. Or ces périodes de baisses de vigilance dépendent directement de la phase de notre système biologique de mesure du temps, en d’autres mots, de notre adaptation au travail de nuit. En général cette période à risque varie entre 1h et 5h du matin.

    Quelle prévention ? Une des mesures de prévention efficace est l’insertion d’une micro-sieste de 15-20 minutes. En effet, des recherches scientifiques ont montré une amélioration des niveaux de vigilance pendant plusieurs heures après une micro-sieste nocturne sur le lieu de travail.

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  • Quel est l’impact sur la santé d’une organisation horaire avec deux équipes en 2x8 de jour et une équipe de nuit fixe, qui alternent tous les 6 mois (les équipes de nuit passent de jour et inversement) ?

    Lors de changements d’horaires fréquents, le travail de nuit et le travail posté sont associés à une désynchronisation des horloges biologiques. Hors, ces horloges ne se « rerèglent » pas rapidement, ni toutes en même temps. Ce qui va provoquer chez le travailleur posté, un état de décalage horaire permanent.

    Une organisation en 2x8 alliée à un poste de nuit permanent n’est pas la plus mauvaise option d’un point de vue biologique mais il faut limiter les périodes de changement au maximum. Changer tous les 6 mois va exposer fréquemment les salariés concernés à des périodes de désynchronisations qui sont néfastes pour la santé et vont provoquer des réajustements coûteux sur les plans familial et social.

  • Lorsqu’il faut diviser la journée en 3 tranches de 8 heures (3X8), quels horaires recommandez-vous pour chaque tranche ?

    Selon le rythme normal de l’horloge biologique, le sommeil est le plus profond aux environs de 2h du matin, et la température corporelle est la plus basse vers 4h30. Si un réveil doit se produire à ces horaires, il sera très pénible pour l’organisme. Il est donc recommandé lors de travail posté en 3x8, de ne pas faire démarrer le poste du matin avant 6 heures pour éviter ce réveil trop précoce.

  • Est-ce judicieux d’autoriser des salariés à travailler sur des lignes de production en 12 heures, avec des prises de poste le matin à 5 heures (5-17h ou 17-5h), et qui peuvent travailler les samedis et dimanches ?

    Le travail en postes longs induirait de façon spécifique des effets négatifs sur la vigilance avec une augmentation du risque d’endormissement au travail et une augmentation du risque d’erreur. Il augmenterait également le risque d’accidents du travail (AT). Cette augmentation du risque d’AT est d’ailleurs particulièrement significative dès la 9e heure travaillée et doublée à la 12e heure (Folkard, 2003, étude chez des infirmiers diplômés d’état).

    Au niveau santé, des conduites addictives, des pathologies lombaires, et des prises de poids ont été rapportées en lien avec le travail en 12h. De plus, une prise de poste à 5 h du matin n’est pas recommandée (Lorsqu’il faut diviser la journée en 3 tranches de 8 heures (3X8), quels horaires recommandez-vous pour chaque tranche ?).(placer une ancre)

    Et enfin, ce travail serait réalisé les weekends, ce qui a pour conséquences un retentissement important sur la vie sociale et familiale pouvant être à l’origine de risques psychosociaux.

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  • Psychologue du travail, je suis particulièrement intéressée par les impacts de ces horaires sur la vie personnelle et la santé des salariés?

    Le rapport de l’Anses de 2016 Évaluation des risques sanitaires liés au travail de nuit, a mis en évidence à partir de résultats obtenus par de nombreuses études scientifiques, que le travail de nuit et le travail postés avaient des effets sur la santé. Des effets sont avérés tels que les troubles du sommeil et de la vigilance, ainsi que le syndrome métabolique. D’autres sont probables comme l’obésité, la prise de poids, le diabète non insulino-dépendant, des atteintes à la santé psychique, des troubles cognitifs, ainsi que le cancer du sein chez les femmes. Enfin, lors de travail de nuit, les risques de survenue de dyslipidémie, d’hypertension artérielle et d’accident vasculaire cérébral sont possibles.

    La fréquence et la gravité des accidents survenant la vie sont également augmentées.

    Enfin, les conséquences sur la vie familiale et sociale des salariés sont bien présentes avec une limitation des interférences familiales et sociales du fait de ces horaires car les horaires du salarié sont décalés d’avec les horaires sociaux usuels.

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  • Comment prendre soin de son sommeil lors de travail en horaires postés ?

    Le travail de nuit et le travail posté sont à l’origine de troubles du sommeil et de la vigilance et provoquent une dette chronique de sommeil. Pour limiter ces effets, il est important que les salariés exposés aient une hygiène de sommeil rigoureuse. Pour cela, il est recommandé qu’ils conservent un temps de sommeil sur 24 heures d’au moins 7 heures, en respectant leur rituel de coucher, dans un milieu calme, bien occulté. Il est primordial également que le temps de repos soit vraiment utilisé pour cet usage. La pratique de siestes dites « royales » - d’environ 1h30 - peut permettre de récupérer de cette dette de sommeil et donc à l’organisme de vraiment se reposer.

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  • Y-a-t-il des accords sur le temps de travail et comment les applique-t-on (travail de nuit) ?

    Les dispositions relatives au travail de nuit, et plus largement à la durée du travail, de repos et de congés (à l'exception notamment de celles relatives au repos hebdomadaire), distinguent les règles d'ordre public, le champ de la négociation collective et les règles supplétives applicables en l'absence d'accord.

    En pratique, les entreprises qui ne bénéficient pas d'un accord collectif sur le travail de nuit, doivent dans tous les cas appliquer les dispositions dites d'ordre public, lesquelles sont impératives, et compléter par les dispositions supplétives.

    Celles qui disposent d'un accord collectif (de branche, d'entreprise ou d'établissement) doivent appliquer cet accord, pour autant qu'il soit conforme aux dispositions d'ordre public.

    Concrètement, le travail de nuit peut donc être mis en place par un accord collectif d’entreprise ou d’établissement. Celui-ci doit alors prévoir les limites horaires de la période de nuit, les contreparties (repos compensateur, compensation salariale), l’organisation des temps de pause, ainsi que diverses mesures relatives à l’articulation de la vie professionnelle et de la vie personnelle du travailleur de nuit.

    À défaut d’accord et à condition que l’employeur ait engagé sérieusement et loyalement des négociations en vue de la conclusion d’un tel accord, l’employeur peut affecter des travailleurs sur des postes de nuit, après avoir obtenu l’autorisation de l’agent de contrôle de l’inspection du travail, lequel aura notamment vérifié les contreparties qui leur sont accordées et l’existence de temps de pause.

  • Faut-il mettre en place une surveillance médicale renforcée pour les travailleurs en horaires décalés ou travaillant de nuit ?

    Le suivi de l'état de santé des travailleurs de nuit a notamment pour objet de permettre au médecin du travail d'apprécier les conséquences éventuelles du travail de nuit pour leur santé et leur sécurité, notamment du fait des modifications des rythmes chronobiologiques, et d'en appréhender les répercussions potentielles sur leur vie sociale.

    A cet égard, depuis le 1er janvier 2017, l’obligation incombant aux travailleurs de nuit d’effectuer une visite médicale tous les 6 mois, dans le cadre de ce que l’on appelait la « surveillance médicale renforcée (SMR) » a été supprimée.

    Désormais, les travailleurs de nuit doivent bénéficier d’une visite d’information et de prévention (VIP), réalisée préalablement à leur affectation sur le poste, soit par le médecin du travail ou bien, sous l'autorité de celui-ci, par le collaborateur médecin, l'interne en médecine du travail ou l'infirmier.

    A l’issue de la visite, le salarié bénéficie de modalités de suivi adaptées déterminées dans le cadre du protocole écrit élaboré par le médecin du travail, selon une périodicité qui n’excède pas une durée de trois ans.

    Le médecin du travail peut par ailleurs, prescrire, s’il le juge utile, des examens spécialisés complémentaires, qui sont à la charge de l’employeur.

    En ce qui concerne les travailleurs en horaires décalés qui ne seraient pas spécifiquement considérés comme « travailleurs de nuit », aucune disposition spécifique n’est prévue par la réglementation. Ils bénéficieront donc d’un suivi de leur état de santé « classique » par le biais des VIP, dont les modalités pourront éventuellement être adaptées par le médecin du travail.

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  • Est-ce que la pause accordée aux travailleurs de nuit doit être plus longue que celle accordée aux travailleurs de jour ?

    Tel que le prévoit le Code du travail, dès que le temps de travail quotidien atteint 6 heures, le salarié doit bénéficier d'une pause d'une durée minimale de 20 minutes consécutives. Il s’agit bien d’une durée minimale. Le temps de pause peut en effet être prévu pour une durée supérieure par une convention, un accord d'entreprise ou d'établissement ou, à défaut, un accord de branche.

    En ce qui concerne les travailleurs de nuit, l’accord collectif mettant en place le travail de nuit au sein d’une entreprise doit prévoir l’organisation de temps de pause supplémentaires au temps de pause légal de 20 minutes. Des temps plus longs ou plus nombreux devront donc être prévus pour ces travailleurs.

  • Quelles sont les différents types de rotations en horaires postés qui existent et quelles sont leurs caractéristiques ?

    Le travail posté est un mode d’organisation en équipes : pour chaque équipe, les travailleurs occupent les mêmes postes de façon successive. Ils accomplissent le même travail mais à des heures différentes selon les périodes, pour assurer une continuité de production ou de service. Le plus connu est le travail en 3x8 qui correspond à une organisation où 3 équipes différentes vont se relayer du lundi au vendredi, sur un même poste, d’une durée journalière de 8 heures selon un planning défini. Le travail en 4x8 correspond lui à une organisation où 4 équipes se relaient du lundi au samedi. Et dans le travail en 5x8, ce sont 5 équipes qui se relaient du lundi au dimanche.

    Le travail posté peut se faire selon une organisation avec des horaires longs : c’est le travail dit en 2x12h où ce sont deux équipes qui vont se relayer pour travailler 12 heures durant en journée et 12 heures durant de nuit.

  • Peut-on considérer comme étant des horaires atypiques des postes de travail en journée qui débutent à 5 ou 6 heures du matin, ou se terminent à 21 ou 22 heures le soir, pour des salariés qui en plus ont des temps de trajet pour venir travailler qui sont longs ?

    Les horaires atypiques de travail correspondent à tous les horaires qui ne sont pas standards. La semaine standard a une durée hebdomadaire de 35 heures avec des amplitudes horaires journalières entre 7h et 20h au maximum. Elle se déroule du lundi au vendredi, et comprend deux jours de repos successifs les samedis et dimanches. Les autres organisations horaires sont donc considérées comme atypiques.

  • Les changements impromptus de rythme de travail ont-ils des répercutions sur l’état de santé ?

    Les changements de rythmes de travail non prévus (remplacement pour absentéisme par exemple) vont :

    • entraver la conciliation vie professionnelle - vie personnelle,
    • empêcher la récupération et participer à la fatigue et la baisse de vigilance et à plus long terme à la construction d’une dette de sommeil.

    La régularité et la prévisibilité des plannings sont une caractéristique qui participe à la tolérance des salariés au travail de nuit. Les études montrent que l’acceptation des horaires de nuit par le salarié dépend de la possibilité de maintenir une vie sociale et familiale, des activités extraprofessionnelles, des conditions matérielles (équipement de la chambre permettant un sommeil de qualité (volets, insonorisation), salaire) et des aides disponibles dans la vie privée (possibilité de garde des enfants…). Si les horaires et des rythmes de travail changent, les salariés ne peuvent pas anticiper leur planning et avoir des marges de manœuvres pour l’organisation de leur vie extraprofessionnelle. La recommandation est donc de mettre en place des plannings intégrant plus de régularité permettant ainsi aux salariés plus de visibilité sur leur planning. 

    Ces changements impromptus vont également entraver la récupération physique et mentale, notamment s’ils concernent des postes de nuit. C’est pourquoi il est préconisé de :

    • limiter le nombre de nuits consécutives afin d’éviter l’accumulation de fatigue et les désynchronisations circadiennes,
    • privilégier le repos après un poste de nuit ou de matin, au travers d’une période de sommeil principale d’au moins 6 heures et de siestes complémentaires. 

    Proscrire une politique de remplacement qui fait appel au personnel en repos, même fondée sur le volontariat est particulièrement pertinent pour les postes long (12 heures) qui sont connus pour potentialiser fatigue à court terme et dette de sommeil à long terme. 

    Parmi ces mesures, l’insertion des pauses appropriées pour le repos sur le lieu de travail est fortement recommandée chez des salariés non familiers avec les horaires de nuit. Les siestes courtes ou micro-siestes (15 - 20 minutes), au cours du poste, contribuent en effet à lutter contre la fatigue et l’hypovigilance des salariés. Il est recommandé aux entreprises d’aménager des espaces dédiés à la micro sieste et d’encourager les salariés à la pratiquer.

    Côté salariés, une sensibilisation à la bonne gestion de leurs nouveaux cycles de veille et de sommeil et aux avantages de pratiquer des siestes au travail et pendant leurs jours de repos, est essentielle.
     

  • Comment prévenir le risque routier lié au retour du salarié après sa nuit ?

    Le travail de nuit est à l’origine d’une dette chronique de sommeil estimée à une heure par jour et a comme effets avérés des troubles du sommeil et de la vigilance. 
    Il est reconnu que lors de travail de nuit et posté, le risque d’accidents de trajet est plus élevé sur le chemin du retour après une nuit de travail, et lors du trajet aller au petit matin avant d’aller prendre son poste. 
    Pour prévenir ce risque, il est recommandé de limiter les déplacements routiers la nuit. Si ceux-ci doivent être maintenus pour se rendre à son travail, il est conseillé de ne faire démarrer le poste du matin qu’à partir de 6 heures au plus tôt. La mise en place de pauses durant le poste de nuit, et en particulier la pratique de micro-siestes aura un rôle très efficace sur la prévention de la baisse de vigilance et donc un effet protecteur pour le retour à domicile en voiture à l’issue du poste. Enfin, il faudra que les salariés conservent une durée de sommeil de 7 heures minimum par 24 heures et qu’ils veillent à utiliser leurs temps de repos pour récupérer de la fatigue accumulée. 
     

  • Quelles sont les préconisations sur le sommeil et l'alimentation en cas de travail de nuit ?

    Le travail de nuit induit une dette de sommeil d’environ 1 heure par 24 heures. Le manque de sommeil a des conséquences néfastes sur la santé. C’est pourquoi, il est important pour les travailleurs de nuit de conserver une bonne hygiène de sommeil notamment d’avoir une durée minimum de 7 heures de sommeil par 24 heures. Lors du coucher après un poste de nuit, il faut respecter un rituel de sommeil et avoir des conditions matérielles adéquates (chambre isolée, calme et bien occultée). La pratique de micro-siestes pendant les pauses de nuit mais aussi en journée permet de rajouter du temps de sommeil quotidien. Enfin il est primordial lors des jours de repos de profiter de ces périodes pour récupérer. 

    Au niveau de l’alimentation et pour limiter l’impact métabolique qui peut être provoqué par le travail de nuit, il est important de conserver trois repas par jour, équilibrés en évitant les prises alimentaires trop tardives en soirée et nocturnes. La nuit, seule une collation doit être tolérée et elle sera pauvre en lipides et glucides. 
    Par exemple, la prise du repas du soir avec la famille avant de partir prendre le poste est une bonne chose afin de concilier vie familiale et travail en horaires atypiques. 
     

  • Comment éviter la fatigue ? Le café a-t-il un effet ?

    Pour éviter la fatigue, il est important de conserver un rythme et des habitudes de sommeil réguliers. Les micro-siestes pendant la nuit et lors des journées entre deux postes permettent de récupérer en terme de vigilance. Pendant les périodes de repos, la pratique de siestes plus longues, dites royales, qui durent le temps d’un cycle de sommeil (1 h 30), permet de récupérer de la dette de sommeil accumulée et de la fatigue physique. Le café a un impact positif sur la vigilance. Il peut être utile d’en consommer en début de nuit de travail par exemple pour stimuler la vigilance, et avant la pratique d’une micro-sieste de 20 minutes (il sera efficace après la micro-sieste). Par contre, compte tenu de ses effets d’accélération du rythme cardiaque, il ne faudra pas en consommer trop (environ trois expressos maximum par nuit) et veiller à stopper la consommation 6 heures avant l’heure de se coucher.

  • Comment éviter la désocialisation lorsque l’on travaille de nuit ?

    Le travail de nuit peut impacter la vie sociale par le rythme inversé qu’il impose. Pour cela, en prévention, il est recommandé de planifier le maximum de week-ends de repos et de conserver la prise des repas en commun avec la famille pour permettre les interactions familiales, ainsi que les soins aux enfants en dehors des périodes de repos (les sorties d’école par exemple en fin de journée). 
    La pratique d’activités de loisir telles que sportives, artistiques, culturelles voire associatives sont à maintenir également dans la mesure du possible. Le travailleur de nuit doit s’imposer un rythme de vie régulier et équilibré. Cela permettra entre autres de prévenir les conséquences psychosociales qu’un isolement trop important pourrait générer et de mieux tolérer ce type d’horaires, Cette tolérance étant la garantie d’une meilleure acceptation et d’un meilleur état de santé global. 
    A l’inverse, il faut distinguer le choix conscient fait par certains salariés de travailler de nuit. Ce choix étant motivé par la possibilité de s’occuper plus de leurs enfants en journée, entre deux périodes de repos. Cette organisation, si elle semble permettre une conciliation des temps de vie, crée une dette de sommeil conséquente chez ces salariés, qui a un impact considérable sur leur santé. 
     

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Mis à jour le 02/10/2020
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