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Effet des basses fréquences sur la santé des professionnels de la musique amplifiée

Communication scientifique

D'après la littérature scientifique, les professionnels qui sont quotidiennement exposés à la musique amplifiée présentent de forts risques de déficits auditifs. Ils sont en effet exposés à de forts niveaux de bruits, et ce pendant 4 à 5h par jour en moyenne. Pourtant ils n'apparaissent pas dans les statistiques de surdité professionnelle (5 cas sur 2300 entre 2014 et 2017). Plusieurs raisons à cela: la production et diffusion de la musique ne fait pas partie du tableau 42; il existe une forte sous-déclaration chez les intermittents du spectacle; enfin, un déficit auditif équivaut à une inaptitude au travail dans ce secteur.
Le problème de santé au travail est principalement causé par le décalage entre la réglementation qui régit la diffusion de la musique à destination du public (102 dB(A) pendant 15 min) et la réglementation du travail (85dB(A) en moyenne pendant 8 h). En effet, la réglementation pour le public est faite pour des expositions occasionnelles et courtes, ce qui qui n’est pas le cas pour les professionnels qui passent entre 4 et 5h par jour en moyenne exposé à la musique amplifiée. Il n’est pas étonnant que dans ces conditions des déficits auditifs soient générés. D’autant plus que pour certains professionnels, le port des protections auditives est impossible. Dans le cadre de notre étude, nous avons mesuré, chez une population d’une vingtaine de sujets de 30 ans en moyenne, des déficits entre 4 et 8 kHz, déficits qui sont encore légers, mais qui sont anormaux pour cette catégorie d’âge. Ces déficits sont centrés sur les hautes fréquences alors que l’énergie maximale se trouve aux alentours de 50Hz ! Ceci ne veut pas dire que les basses fréquences ne sont pas dangereuses. Lorsqu’elles sont émises à fort volume, elles stimulent non seulement la zone apicale de la cochlée qui leur est dédiée, mais aussi d’autres zones plus basales qui codent normalement pour des fréquences plus élevées. Ce phénomène explique en partie le décalage entre la fréquence d’exposition et la fréquence des déficits auditifs.

Disciplines de recherche
Biologie - Microbiologie
Etudes Publications Communications