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La sieste nocturne au travail du point de vue de la pratique : une étude qualitative des perceptions et des stratégies des travailleurs postés dans une entreprise industrielle française

Communication scientifique

Introduction. La micro-sieste est une mesure recommandée pour réduire les effets du travail posté sur la vigilance. Cette étude exploratoire a été menée dans une entreprise française de l’industrie agroalimentaire ayant introduit officiellement des micro-siestes récupératrices nocturnes lors des pauses. L’objectif était d’interroger les perceptions des travailleurs postés en matière de siestes et vis-à-vis du dispositif proposé par l’entreprise. Méthode. 52 travailleurs postés ont été interrogés (pendant les 4 nuits d’observations du travail ou lors d’entretiens semi-dirigés planifiés). Les questions portaient sur les habitudes de sommeil dans le cycle, incluant la pratique de siestes, la vigilance au travail et sur les trajets, la perception et l’usage de la micro-sieste au travail, les conditions matérielles, les échanges entre collègues à ce sujet, etc. Les entretiens ont été transcrits et analysés selon une méthodologie qualitative et inductive inspirée de la théorisation ancrée. Résultats. 5 types de pratiques récupératrices en dehors de l’épisode de sommeil principal ont été identifiés : micro-sieste ou repos dans l’espace sieste, micro-sieste en salle de pause, sieste à domicile, assoupissement au poste. Une petite minorité seulement de salariés (7 sur 52) utilisaient régulièrement l’espace de micro-sieste proposé par l’entreprise. L’analyse des différentes pratiques révèle des enjeux communs (difficultés liées à l’endormissement, à la profondeur du sommeil, à l’éveil, voire à l’anticipation de l’épisode de sommeil ultérieur) qui ont permis de construire un modèle en 4 séquences : sas de décompression, sommeil, inertie de sommeil, récupération. Les stratégies sont variées et révèlent un certain nombre de prérequis nécessaires (matériels, organisationnels, culturels, et individuels) au bon déroulement du processus. Conclusions. L’autorisation de la micro-sieste de nuit ne suffit pas à ce qu’elle soit largement adoptée par les travailleurs postés. La micro-sieste au travail est un processus complexe dont la gestion n’est pas évidente pour le travailleur. Cette étude fournit des éléments de conceptualisation qui seront mis à l’épreuve dans les études de cas suivantes.

Disciplines de recherche
Ergonomie
Etudes Publications Communications
Sciences de l’organisation
Etudes Publications Communications