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Nouveau rapport Etudes & recherche 2019-2020 de l’INRS

Avancées scientifiques et techniques pour la prévention des risques professionnels

En réponse aux enjeux de santé et sécurité au travail, ce nouveau rapport propose de découvrir les connaissances acquises par les études et la recherche de l’INRS en 2019, ainsi que les travaux en cours de développement en 2020. Ces activités visent à améliorer la prévention des risques professionnels par la construction de savoirs, transformés en solutions, puis diffusés vers les entreprises, via des actions complémentaires d’assistance, de formation ou d’information.

Les études et recherche 
représentent 45 % de l’activité de l’INRS. Elles couvrent l’ensemble des risques professionnels et ont vocation à apporter des connaissances utiles à court et moyen termes en matière de prévention, pour les 18,4 millions de salariés du régime général de la Sécurité sociale. Cela passe par l’identification des dangers et par l’évaluation des risques encourus par les salariés, qui débouchent sur des solutions de prévention.

Cette onzième édition du rapport Études & recherche offre un panorama des études en cours, complété de celles terminées en fin d’année 2019. Elle marque le mi-parcours du plan stratégique de l’INRS, construit autour de quatre « activités socles » visant à créer des connaissances utiles pour la prévention des risques biologiques, chimiques, physiques et mécaniques, ou liés à l’organisation et aux situations de travail, ainsi que cinq thématiques focus. Au travers des synthèses des 15 études terminées et des 91 résumés d’études en cours contenus dans ce document, l’objectif est de rendre compte des travaux menés par les 270 chercheurs, ingénieurs, médecins, techniciens, psychologues, chimistes, toxicologues, ergonomes… au service de la prévention des risques professionnels. 

Impact de la pandémie de Covid-19 sur l’activité d’études et recherche de l’INRS

Certaines études et expérimentations ont été retardées en 2020, des travaux nécessitant d’accueillir des sujets ou ceux ayant une composante terrain n’ont pu se dérouler comme prévu dans les entreprises.
En parallèle, durant cette période des études de courte durée ont été lancées. Il s’agissait de répondre à des questions urgentes ou d’observer en temps réel les pratiques de prévention face à la pandémie et d’en tirer des enseignements. Des sujets tels que l’utilisation d’exosquelettes dans les services de réanimation, les pratiques de prévention dans les secteurs du soin à la personne, de la logistique, ou liés au port de masques ont été traités. D’autre part, plusieurs études décrites dans ce rapport ont évolué, par exemple l’étude sur les perceptions et représentations des risques anciens et émergents dans le travail de prévention.
De nouvelles études prenant en compte la pandémie de Covid-19 sont également en cours d’élaboration. Il s’agira de traiter de sujets de prévention des risques qui ont gagné en importance, par exemple sur la ventilation des locaux, les mutations dans l’organisation du travail et leur impact en prévention.
 

Focus sur 3 études finalisées en 2019

Absorption percutanée in vitro du bisphénol S et du bisphénol A sur peau humaine : une étude comparative

Le bisphénol S (BPS) est utilisé comme substitut au bisphénol A (BPA) en tant que révélateur dans les papiers thermiques. L’exposition professionnelle au BPS a lieu par voie cutanée lors de la manipulation de papiers thermiques par les agents de caisse. Des expérimentations in vitro menées à l’INRS ont d’ores et déjà permis de montrer que la quantité de BPS qui traverse la barrière cutanée est bien plus faible que celle du BPA. Cependant, une proportion importante de la dose appliquée est stockée dans la peau.
Par conséquent, du point de vue de la prévention, une exposition potentielle lors d’un contact cutané avec du BPS ne peut être exclue. Une publication rendra compte de ces premiers résultats. D’autre part, des travaux complémentaires, notamment in vivo, sont engagés pour mieux appréhender les phases de métabolisation et d’excrétion du BPS, après absorption par voie cutanée.

Expositions professionnelles et pratique d’externalisation dans le domaine de la maintenance. Vers une prévention contextualisée

Les activités de maintenance d’équipements permettent de prévenir des modes de fonctionnement potentiellement dangereux, en même temps qu’elles exposent les personnels les prenant en charge à des risques. Ces activités, largement externalisées, ont fait l’objet d’une étude qui a permis d’identifier différentes formes de contractualisation (maintenance autonome, liée et sous-traitance). Des analyses en situation ont mis en évidence un réseau d’entreprises intervenantes relativement complexe et le recours à des formes variées de contractualisation. Elles montrent également des situations qui peuvent présenter des risques pour la santé et sécurité.
Des pistes sont proposées, telles la contractualisation de la prévention, l’instauration d’un « carnet de liaison maintenance » ou l’accompagnement préventif de situations peu anticipables, grâce à la mise en place d’échanges soutenant un travail collectif entre les différentes parties prenantes. Ces résultats seront publiés en 2021.

Évaluation des émissions de retardateurs de flamme dans les déchets d’équipements électriques et électroniques

Pour renforcer les connaissances sur les perturbateurs endocriniens (PE), une étude a été conduite en 2019 dans la filière du traitement des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE), dont les plastiques peuvent contenir des substances ignifugeantes, appelées retardateurs de flamme (RF). La présence dans les atmosphères de travail de ces substances, dont certaines sont considérées comme PE, suscite des interrogations en matière de santé au travail. Les résultats d’une campagne de mesures sur un site de traitement de petits appareils électriques ont mis en évidence la présence de nombreux RF. Des travaux se poursuivent en 2020 pour améliorer les connaissances sur l’exposition des salariés et proposer des solutions de prévention adaptées.

Focus sur 4 études en cours en 2020

Prélèvements surfaciques en situation de travail

L’exposition directe ou indirecte par contact avec des surfaces contaminées peut représenter une voie d’entrée non négligeable de substances toxiques dans l’organisme. Cette étude a pour objectif d’élargir à un plus grand nombre de cas le champ d’application d’une méthode de prélèvement surfacique mise au point lors d’une précédente étude, afin de conforter les méthodologies proposées. Cette validation permettra ainsi d’améliorer les guides méthodologiques, de développer la pratique des prélèvements surfaciques et d’homogénéiser les méthodologies, ce qui facilitera la comparaison de données.

Qualité de l’air intérieur dans les espaces de stockage

Cette étude traite de la qualité de l’air intérieur dans les espaces de stockage tels les halls, commerces ou zones tertiaires adjacentes, dans lesquels sont entreposés des produits manufacturés ayant un fort pouvoir d’émission de composés organiques volatils. L’objectif est d’évaluer la qualité de l’air dans ces espaces, d’en déduire l’exposition chronique des salariés qui y évoluent et de mettre en place un outil prévisionnel des expositions. Cet outil permettra d’élaborer des solutions relatives aux stratégies de ventilation, aux paramètres environnementaux ou à l’agencement des lieux, applicables dès la conception de ces espaces.

Détermination d’une méthode de mesure, d’indicateurs et de valeurs cibles visant à évaluer la qualité acoustique des bureaux ouverts

Dans le domaine de la perception (évaluation des effets du bruit de conversation sur la gêne ressentie) ou dans la définition des exigences acoustiques pour les locaux de travail du tertiaire, beaucoup d’indicateurs utilisés sont issus de l’acoustique industrielle et ont montré leurs limites. La mise en place d’une nouvelle démarche d’évaluation est devenue prioritaire. Les travaux en cours consistent à faire un bilan des méthodes utilisées, à identifier les indicateurs pertinents compte tenu du contexte et à fixer des valeurs cibles pour ces indicateurs. La démarche intègrera les contraintes liées aux incertitudes de mesure, ainsi qu’à la sensibilité des indicateurs objectifs utilisés pour évaluer la perception des individus vis-à-vis de l’environnement sonore.

Adaptation du contrôle de robots collaboratifs à la variabilité des mouvements des opérateurs en situation de collaboration directe

De nombreux secteurs d’activité s’équipent de robots (bras manipulateurs) qui entrent en interaction directe avec les opérateurs. L’objectif de cette étude est de développer des lois de commande permettant au robot d’adapter ses mouvements à ceux des opérateurs. Ainsi le robot peut prendre en compte la variabilité des mouvements des opérateurs, ce qui contribue à préserver leurs marges de manœuvre et leur sécurité. Ces travaux devraient permettre de proposer des recommandations pour la conception ou l’acquisition : élaboration des cahiers des charges par les entreprises utilisatrices, mise au point de tests permettant d’évaluer à quel point un bras collaboratif est capable de s’adapter à la variabilité motrice de l’opérateur et diffusion de modèles et d’algorithmes de contrôle que les fabricants ou intégrateurs de tels systèmes pourront décliner dans leurs solutions techniques.

Le rapport Etudes & recherche est principalement destiné à la communauté scientifique (homologues, agences, organismes de recherche partenaires, laboratoires universitaires…).
 

Pour en savoir plus
Mis à jour le 12/01/2021