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Travail de nuit et travail posté

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  4. Effets sur la santé et accidents (rubrique sélectionnée)

Effets sur la santé et accidents

Les effets sur la santé

Les horaires atypiques, et tout particulièrement le travail de nuit, peuvent constituer un facteur de risque pour les travailleurs. En effet, l’organisme est soumis à un rythme dit circadien, programmé par une horloge interne, et qui agit sur de nombreuses activités physiologiques dont la prise alimentaire, les sécrétions hormonales et l’alternance de la veille et du sommeil.

L’existence de ces rythmes biologiques traduit la nécessité pour certaines activités physiologiques de se produire à un moment précis de la journée et pas à d’autres. La période du rythme circadien est proche de 24 heures mais sa phase peut se décaler. En effet, il est influencé par des facteurs extérieurs comme la lumière, l’exercice, les contacts sociaux, les prises alimentaires qui peuvent provoquer des états de désynchronisation. Cette perturbation des rythmes biologiques peut se manifester par l’apparition d’effets sur la santé. En 2016, l’ANSES a produit un rapport d’expertise collective qui fait état des connaissances scientifiques actuelles sur ces effets. Ils y sont catégorisés selon leur risque en 3 groupes : avérés, probables et possibles.

Ce sont :

Les risques avérés

Ils  correspondent aux troubles du sommeil, et aux troubles métaboliques.
Le travail posté et/ou de nuit est souvent associé à une diminution de la durée du sommeil ce qui aboutit à un déficit chronique de sommeil (réduction de 1 à 2 heures de sommeil par jour.) Le sommeil en journée est de moins bonne qualité (plus court, morcelé, perturbé par des éléments extérieurs comme le bruit par exemple) et donc moins réparateur. Les troubles du sommeil se traduisent par une somnolence, et une diminution de la vigilance pouvant peut être à l’origine d’accidents survenant la nuit. Leur fréquence et leur gravité des accidents sont augmentées avec en particulier une multiplication par deux du risque d’accident et de « presque- accident » de trajet. Ce risque d’accident de trajet semble plus élevé en début de nuit, il augmente avec les durées du poste (au-delà de 10 heures) et est plus important lors du « trajet aller » avant un poste du matin et lors du « trajet retour » après un poste de nuit.
Le syndrome métabolique, qui est défini comme la présence chez un même individu d’une augmentation d’au moins 3 paramètres parmi les 5 suivants (le tour de taille, la pression artérielle, les triglycérides, le cholestérol et la glycémie) est un effet avéré sur la santé des travailleurs de nuit par rapport à ceux « de jour », et ce d’autant plus que les paramètres associés sont nombreux.

Les risques probables

Ils sont représentés par les effets sur la santé psychique, sur les performances cognitives, sur l’obésité et la prise de poids,  ainsi que le diabète de type 2 et les maladies coronariennes (ischémie coronaire et infarctus du myocarde).
Les troubles de l’humeur, l’augmentation de la dépression, de l’anxiété, de l’irritabilité, ainsi que des troubles de la personnalité sont fréquemment rapportés par les travailleurs de nuit. A leur origine, pourraient être incriminés l’altération du système circadien, le manque de sommeil  et aussi les facteurs de risques psychosociaux liés à cette organisation du travail. La baisse des performances cognitives (mémoire, langage) serait surtout affectée à la privation de sommeil durant la période précédant la prise du poste de nuit.
Lors du travail de nuit, la désynchronisation de l’horloge circadienne associée au manque de sommeil seraient à l’origine de la prise de poids et de l’obésité. Quant au diabète de type 2, son apparition serait fonction de la durée d’exposition au travail de nuit.
Le travail de nuit exposerait à un risque cancérogène que l’expertise a considéré comme également comme probable. Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) avait classé en 2007 le travail de nuit dans le groupe des cancérogènes probables pour l’homme (catégorie 2A). De nombreuses études montrent que le travail posté et/ou de nuit peut augmenter le risque de cancer du sein chez la femme, cancer du sein  qui serait dû aux perturbations des rythmes biologiques. D’autres études envisageraient d’éventuelles relations entre les horaires atypiques et d’autres types de cancers (prostate, ovaire, pancréas, colon, rectum) mais qui ne permettent pas de conclure à l’heure actuelle.

 

Les risques possibles

Les dyslipidémies, l’hypertension artérielle et les accidents vasculaires cérébraux représentent des effets possibles sur la santé liés au travail de nuit. En effet, il existe de nombreuses imprécisions et limites méthodologiques concernant les études scientifiques à leur sujet et qui ne permettent donc pas de conclure de façon plus affirmative quant à l’existence d’un lien avec le travail de nuit. 

Autres troubles

Des risques au cours de la grossesse : le travail posté et/ou de nuit augmenterait le risque d’avortement spontané, d’accouchement prématuré et de retard de croissance intra utérin.
Des troubles digestifs : ils peuvent s’expliquer par la dérégulation des rythmes circadiens avec un retentissement sur l’appétit mais aussi sur les sécrétions digestives. Des études mettent en évidence un lien avec l’apparition de douleurs au niveau de l’estomac (pathologies de type ulcéreux).
De la fatigue : le travail de nuit est à l’origine d’une « sur fatigue » qui peut provoquer à long terme une usure prématurée de l’organisme et une dégradation précoce de l’état de santé

 

Cas particulier des postes longs : organisation du travail en 2*12 heures

En comparaison avec les postes de 8 heures, des effets spécifiques sur la santé ont été mis en évidence chez les salariés soumis à ces postes longs. On observe en effet une augmentation :

  • de la prise de poids,
  • des erreurs
  • de la survenue d‘accidents de travail et de trajet,
  • des pratiques addictives,
  • des pathologies lombaires.


Par ailleurs, on observe également une augmentation des erreurs susceptibles d’être à l’origine d’incidents ou d’accidents.
 

Accidents du travail et maladies professionnelles

La dette chronique de sommeil, due au travail de nuit et/ou posté, entraîne une baisse de vigilance avec une augmentation du risque de somnolence qui peut être source d’accidents. Ce peut être des accidents du travail, et/ou de la circulation. Ces derniers sont plus importants lors du trajet « aller » avant le poste du matin, et lors du trajet « retour » après le poste de nuit. Les accidents du travail sont plus nombreux lors du travail de nuit : de nombreuses grandes catastrophes industrielles, comme Tchernobyl par exemple, ont eu lieu la nuit. De plus, les postes longs de travail (plus de 12 heures) ont un risque accidentel accru.
 

 Actuellement il n’existe pas en France de tableau de maladie professionnelle en rapport avec le travail de nuit et/ou posté. Il est à souligner que les salariés qui travaillent de nuit et/ou en horaires postés cumulent souvent d’autres facteurs de risques : physiques, psychosociaux, et organisationnels.

Pour en savoir plus

 

Mis à jour le 02/02/2017