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Travail de nuit et travail posté

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Démarche de prévention

Principes généraux au niveau de l’ organisation du travail

 

L’employeur doit privilégier la mise en place de mesures de prévention en amont, afin d’anticiper et minimiser le plus possible les impacts de ce type d’horaires sur la santé des salariés qui y sont soumis. D’ailleurs, dans son rapport récent concernant l’expertise des risques pour la santé du travail de nuit et des horaires atypiques, l’ANSES a émis des recommandations de prévention qui vont dans ce sens. En effet, l’Agence préconise la mise en place d’organisations du travail qui visent à réduire la désynchronisation et la dette de sommeil. Les modalités organisationnelles, qui ne font pas toutes consensus, doivent être discutées de façon collective avant d’être mises en place.

Mesures de prévention organisationnelles :

Evaluation des risques

Lors de la mise en place d’horaires atypiques, l’employeur doit procéder à une évaluation des risques liés aux postes concernés et s’assurer que les mesures de prévention déjà en place restent adaptées pendant ces horaires. Un suivi des indicateurs concernant la santé des travailleurs, l’ambiance de travail et l’absentéisme doit être fait. Des outils pour l’analyse de ces facteurs et la tolérance des plannings horaires commencent à se développer et permettent une approche pragmatique et concertée en termes de prévention.

 

Il est important de vérifier :

  • le contenu des activités de travail : exigences physiques et psychologiques, niveau de vigilance requis, …
  • l’exposition à d’autres risques professionnels sur les postes concernés : bruit, produits chimiques dangereux, port de charges, …
  • les conditions de réalisation du travail : travail isolé, utilisation de véhicule,
  • les conditions de travail : travail au froid, à la chaleur, existence d’une salle de pause, qualité de l’éclairage, …
  • l’adéquation entre les horaires et les mesures de prévention mises en place.


De plus, il est préférable que les salariés concernés soient volontaires et il est utile de les associer aux discussions concernant les modalités pratiques des horaires (heure de prise de poste, rythme de rotation, temps de pause…).

Les mesures favorables pour limiter les effets négatifs sur la santé

  • Faciliter l’articulation des temps de travail avec l’exercice des responsabilités familiales et sociales,
  • S’assurer que les horaires de poste (début et fin) sont compatibles avec les horaires de transport en commun,
  • Favoriser la dimension collective du travail,
  • Être attentif à rompre l’isolement des salariés concernés et la monotonie des tâches qui leur sont confiées,
  • En cas de rotation des postes, prévoir du temps pour les transmissions d’une équipe à l’autre,
  • Aménager des systèmes de rotation réguliers et flexibles : permettre aux salariés d’anticiper leur planning, prévoir des marges de manœuvre pour les échanges d’horaires entre salariés,
  • Favoriser le maximum de week-end de repos

  • Proposer une équipe de nuit permanente,

  • Raccourcir la durée des postes de nuit

  • Privilégier les rotations à rythme intermédiaire (entre 4 et 5 jours d’affilée) ou proposer une équipe de nuit permanente,
  • Privilégier les rotations dans le sens horaire (matin/après-midi/nuit) et d’une durée maximale de 8 heures,
  • Repousser le plus possible l’heure de prise de poste du matin (après 6 heures),
  • Prévoir un minimum de 11 heures de repos entre 2 postes,
  • Privilégier les jours de repos après les postes de nuit de préférence,
  • Insérer les pauses appropriées pour les repas, pour le repos et la sieste. Cette dernière doit être courte de moins de 30 minutes,
  • Adapter l’environnement lumineux : prévoir une exposition à une lumière d’intensité assez importante avant et/ou en début de poste puis la limiter en fin de poste,
  • Rendre possible le retour en horaires classiques.
L’acceptation des horaires atypiques par le salarié est le facteur clé.

Cette acceptation dépend de la possibilité de maintenir une vie sociale et familiale, de la nature des activités extraprofessionnelles, des ressources matérielles et des aides disponibles dans la vie privée (possibilité de garde des enfants…), et de la stabilité et de la prévisibilité des horaires.

Recommandations pratiques de prévention individuelle

Les services de santé au travail ont un rôle important à jouer dans la mise en place des horaires atypiques. Outre le suivi médical des salariés concernés, ils sont les plus à même de leur prodiguer une information et des formations spécifiques sur les risques encourus, l’hygiène de vie et de sommeil, les modalités d’exposition à la lumière.

Recommandations pratiques pour le sommeil :
  • détecter les personnes qui sont « du matin » ou « du soir » et les orienter si c’est possible vers les horaires les plus adaptés (par exemple, une personne « lève-tôt »sera plus à l’aise sur un poste du matin),
  • éviter les excitants. La consommation de caféine peut avoir lieu en début de poste mais pas pendant les dernières 5 heures de travail,
  • organiser des pauses avec un temps de repos (ou sieste) court de moins de 30 minutes lors du travail de nuit ou lors du poste du matin,
  • limiter l’exposition à la lumière en fin de poste,
  • informer sur les conditions favorables pour obtenir un sommeil diurne de qualité et réparateur à domicile : noir absolu, silence, téléphones débranchés ou en mode silencieux, …
  • respecter le rituel du coucher : lecture reposante, tisane, toilette, …
Recommandations pratiques pour l’alimentation et l’hygiène de vie :
  • ne pas grignoter ni sauter de repas. Respecter 3 prises alimentaires par jour, à horaires les plus réguliers possible, à caler en fonction de son rythme de travail :
    • Petit déjeuner complet avec un laitage et des fruits
    • Avant la prise de poste : des protéines (viandes et poissons), des glucides en petite quantité et des légumes
    • Après le travail : un repas plus léger en favorisant les glucides
  • pour les postes du matin et de nuit : faire une collation légère,
  • pratiquer une activité physique régulière.


Un soutien social et familial est nécessaire pour permettre la mise en place de toutes ces mesures.

Pour en savoir plus :
Mis à jour le 02/02/2017