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Effets sur la santé

Vue microscopique de spermatozoides et d’un ovule

De vifs débats existent dans la communauté scientifique depuis près de vingt ans sur le déclin de la fertilité dans les pays industrialisés. Des atteintes du système reproducteur masculin sont régulièrement évoquées avec une baisse du nombre et de la qualité des spermatozoïdes. Leurs impacts sur la fertilité sont discutés. Un des mécanismes invoqués serait une interaction entre la substance chimique et une ou des hormones de l’organisme. Le terme « perturbateur endocrinien » est utilisé dans ce cas pour caractériser la substance en cause.
 

De nombreux facteurs étiologiques sont évoqués. Parmi eux certains se retrouvent en milieu professionnel. C’est le cas entre autres des produits chimiques. Certains éthers de glycols, certains phatalates, le plomb, l’acrylamide, l’éthanol, le bromométhane et le disulfure de carbone sont quelques exemples. Les études menées en milieu professionnel pour évaluer l’impact de ces substances sur la fertilité sont encore rares et les connaissances dans ce domaine partiel. Plus de 180 substances sont actuellement reconnues par la réglementation comme toxiques pour la fertilité.
 

L’exposition à la chaleur importante est également décrite dans la littérature comme susceptible d’engendrer des effets sur la fertilité masculine. Les rayonnements ionisants peuvent engendrer des stérilités masculines ou féminines au-delà d’une certaine dose d’exposition.

Effets potentiels sur le développement et la grossesse

En 2010, l’INRS a publié un avis d’experts « Grossesse et travail. Quels sont les risques pour l’enfant à naître ? ». Plus de 50 experts y ont synthétisé l’état des connaissances sur ce sujet. La plupart des données suivantes sont extraites de cet ouvrage.

  • Embryon humain dans les premiers stades de son développement

  • Fœtus humain en cours de développement

Agents chimiques

Plus de 260 substances sont reconnues réglementairement à risque pour l’enfant à naître.
 

La période à risque est généralement le premier trimestre, mais, pour certains produits ou certains types d’effets (par exemple, effets sur l’appareil reproducteur masculin), d’autres périodes sont également concernées.


Ces effets sont considérés comme des effets à seuil : ils ne surviennent qu’à partir d’une certaine dose.


Certains toxiques, comme le plomb, sont susceptibles de s’accumuler dans l’organisme lors d’expositions antérieures à la grossesse et engendrer des risques durant la grossesse alors que l’exposition a cessé.


Certaines substances peuvent entraîner :

  • des malformations,
  • des avortements,
  • des hypotrophies (certains solvants organiques),
  • des troubles neurocomportementaux (plomb, éthanol),
  • des cancers (le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC ) a conclu en 2009 à de possibles leucémies chez les enfants dont les mères ont été exposées professionnellement à la peinture avant et pendant leur grossesse),
  • des atteintes de la fertilité du fait d’une exposition in utero.


Des discussions existent sur le fait que l’exposition à des substances chimiques pendant la grossesse puisse être à l’origine d’une atteinte du système immunitaire chez l’enfant ou puisse perturber son système endocrinien. La transmission de mutations génétiques par les parents exposés est également débattue.

Activité physique

L’activité physique au travail peut également impacter le déroulement de la grossesse :

  • Prématurité et hypotrophie sont des effets souvent associés avec l’activité physique au travail (manutention de charges lourdes, station debout prolongée…) par des études épidémiologiques et des méta-analyses.
  • Les avortements peuvent être favorisés par la station debout prolongée et le port de charges.
  • La prématurité est augmentée par les cumuls de contraintes physiques (par exemple, travail physique, horaires prolongés, posture debout prolongée…). Ces cumuls sont parfois associés avec le risque d’hypotrophie.
  • Hypertension et pré-éclampsie peuvent se rencontrer lors d’un travail physiquement intense.
  • Les troubles musculotendineux (syndromes du canal carpien, douleurs lombaires) sont également plus fréquents durant la grossesse du fait de modifications physiologiques.

Bruit

Le bruit peut engendrer divers effets :

  • L’exposition aux bruits de basses fréquences est susceptible d’atteindre l’audition lors d’exposition du fœtus à partir de la 25e semaine de grossesse.
  • L’exposition au bruit professionnel durant la grossesse est associée à un risque accru d’hypotrophie.
  • L’impact sur l’audition de la co-exposition aux bruits et à certains facteurs ototoxiques (solvants aromatiques, médicaments...) fait l’objet de nombreuses discussions et études. Certains effets extra-auditifs du bruit sont peu étudiés, ils pourraient intervenir par l’intermédiaire du stress induit.

Agents biologiques

L’exposition à des agents biologiques peut entraîner des effets variés en fonction de la période d’exposition et de l’agent biologique.

Les maladies infectieuses à transmission interhumaine peuvent entraîner des risques de deux types durant la grossesse :

  • risques d’une forme grave de la maladie pour la mère (varicelle, grippe…),
  • risques pour l'embryon ou le fœtus : avortement, malformations, retard de croissance, anomalie du développement fœtal, accouchement prématuré, voire séquelles reconnues tardivement selon l’agent biologique en cause et l’âge de la grossesse au moment de la contamination (virus de la rubéole, cytomégalovirus ou CMV, parvovirus B 19…).


Certaines zoonoses, maladies infectieuses transmissibles à l’homme à partir des animaux, peuvent également engendrer les mêmes risques pour la grossesse (fièvre Q, toxoplasmose, brucellose…).

Rayonnements

  • Rayonnements ionisants : ils sont susceptibles d’entraîner avortements, malformations, retards de développement intellectuel, retards de croissance, cancers.
  • Rayonnements non ionisants : les études publiées pour l’instant n’ont pas rapporté d’effets sur le déroulement de la grossesse, sauf si l’intensité des rayonnements est telle qu’une augmentation thermique peut-être créée au niveau du conceptus. Ces données ne sont cependant pas encore scientifiquement stabilisées.

Autres facteurs professionnels

Le travail de nuit et le travail posté augmentent la survenue d’avortements spontanés, d’accouchements prématurés et des retards de croissance intra-utérins.
 

Le stress est facteur d’hypotrophie ou d’accouchement avant terme. D’autres effets sont discutés.

Effets potentiels via l’allaitement

Le passage dans le lait de certains produits chimiques est possible. Il peut entraîner dans ce cas une contamination de l’enfant, voire une intoxication. Il en est de même de certains agents biologiques.

Pour en savoir plus
Mis à jour le 13/10/2014