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Travail à la chaleur

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Prévenir les risques

Évaluer les risques liés au travail à la chaleur

La démarche d’évaluation des risques doit inclure les dangers liés à la chaleur. Plusieurs paramètres sont à prendre en compte, qu’il s’agisse de travail en extérieur ou à l’intérieur de locaux. Ils peuvent être liés à la température (extérieure ou générée par un procédé de travail) mais également à la tâche à effectuer, à l’organisation du travail, à l’aménagement des locaux. Certains facteurs individuels sont aussi à considérer.

Température au poste de travail

La température ambiante au niveau du poste de travail constitue le premier paramètre à prendre en compte. Les risques augmentent également avec l’humidité relative de l’air.

Le risque « climatique » peut être évalué simplement en mesurant la température ambiante (thermomètre) et l’humidité de l’air (hygromètre), en se référant au Heat Index Chart mis au point par le département américain de météorologie nationale.

Heat Index Chart (d’après le “National Oceanic and Atmospheric Administration”)

* Consécutif à une exposition au soleil (rayonnements ultraviolets)

Troubles physiologiques possibles en cas d'exposition prolongée à la chaleur et/ou avec une actiivité physique

Avec une exposition de longue durée à la chaleur et/ou une activité physique, ce diagramme montre que toute combinaison humidité / température donnant un indice supérieur à 90 expose les travailleurs à un risque de crampes musculaires dues à la chaleur, ou d’épuisement physique. Un indice supérieur à 105 indique un risque possible de coup de chaleur.

Attention : ce «Heat Index» est établi pour des conditions nuageuses (températures mesurées à l’ombre), avec un vent léger. Pour un travail en plein soleil, il faut ajouter 15 à l’indice obtenu.

Température et humidité relative de l’air : comment les mesurer ?

  • Température de l’air : à l’aide d’un simple thermomètre (placé à l’ombre si travail à l’extérieur). Des sondes à résistance, ou des couples thermoélectriques peuvent être aussi utilisés. Un psychromètre permet de mesurer à la fois la température sèche et la température humide de l’air.
  • Humidité relative de l’air : hygromètres, appareils de mesure disponibles dans le commerce.

Dans certaines situations de travail exposant à la chaleur (sidérurgie, verrerie…), il est indispensable d’établir un bilan thermique précis. Pour cela, il faut avoir recours à des méthodes d’évaluation plus complexes et plus difficiles à mettre en œuvre par des non spécialistes. Ces méthodes sont étroitement liées à la réponse du corps humain face à la chaleur. Outre la température ambiante et le taux d’humidité, elles prennent en compte d’autres paramètres intervenant dans la sensation de chaleur (présence d’objets chauds dans l’environnement, mouvements de l’air, apport solaire, transpiration…).

Facteurs inhérents au poste de travail ou à la tâche à exécuter

Tout travail implique dépense d’énergie et donc production de chaleur. Plus la charge physique est lourde, plus un travail pénible dure et plus la chaleur est difficile à supporter. Il faut donc prêter une attention particulière aux personnes amenées à effectuer des travaux physiques pénibles (lourds et très lourds dans l’encadré ci-dessous).

Encadré : Classification à 4 niveaux de la charge physique, avec exemples

Classe  

Exemples

 

Repos                  

Sommeil
Repos assis ou debout

 

Travail léger  

Travail de secrétariat
Travail assis manuel léger (taper sur un clavier, écrire, dessiner, coudre, faire de la comptabilité)
Travail assis avec de petits outils, inspection, assemblage ou triage de matériaux légers
Travail des bras et des jambes (conduite de véhicule dans des conditions normales, manœuvre d’un interrupteur à pied ou à pédales)
Travail debout (fraisage, forage, polissage, usinage léger de petites pièces)
Utilisation de petites machines à main
Marche occasionnelle lente (inférieure à 3,5 km/h)

 

Travail moyen  

Travail soutenu des mains et des bras (cloutage, vissage, limage…)
Travail des bras et des jambes (manœuvre sur chantiers d’engins : tracteurs, camions…)
Travail des bras et du tronc, travail au marteau pneumatique, plâtrage, sarclage, binage, cueillette de fruits et de légumes
Manutention manuelle occasionnelle d’objets moyennement lourds
Marche plus rapide (3,5 à 5,5 km/h), ou marche avec charge de 10 kg

 

Travail lourd  

Travail intense des bras et du tronc
Manutention manuelle d’objets lourds, de matériaux de construction
Travail au marteau
Pelletage, sciage à main, rabotage
Marche rapide (5,5 à 7 km/h), ou marche de 4 km/h avec charge de 30 kg
Pousser ou tirer des chariots, des brouettes lourdement chargés
Pose de blocs de béton

 

Travail très lourd  

Travail très intense et rapide (par exemple déchargement d'objets lourds)
Travail au marteau à deux mains ou à la hache (4.4 kg, 15 coups/minutes)
Pelletage lourd, creusage de tranchée
Montée d'escaliers ou d'échelles
Marche rapide, course (supérieur à 7 km/h)

 

Légende : D’après la norme ISO 8996

La notion de durée du travail est importante : monter des escaliers est un travail très lourd s’il est effectué pendant 8 heures en continu, mais peut être considéré comme un travail léger s’il dure 30 secondes.

La nature des vêtements de travail ou de protection doit également être prise en compte dans l’évaluation des risques. Certains équipements peuvent en effet gêner l’évacuation de la chaleur corporelle.

Facteurs liés à l’organisation ou à l’aménagement des locaux

Certains paramètres organisationnels ou liés à l’aménagement de l’environnement de travail peuvent constituer des facteurs de risques pour les salariés exposés à la chaleur :

  • travail à proximité de sources de chaleur (four, procédé ou équipement de travail dégageant de la chaleur),
  • travail en plein soleil et sur des surfaces réverbérant la chaleur (toitures…),
  • temps de pause ou de récupération insuffisants,
  • climatisation ou aération insuffisantes,
  • absence d’accès à des boissons fraîches,
  • équipements de protection gênant les mouvements,
  • vêtements de travail inadaptés empêchant l’évacuation de la transpiration…

Facteurs individuels

Certaines caractéristiques individuelles peuvent augmenter les risques liés au travail à la chaleur. Si certaines données sont accessibles à l’employeur (habitude de la tâche, acclimatation, âge), d’autres sont confidentielles et ne peuvent être prises en compte que par le médecin du travail. Celui-ci joue donc un rôle essentiel dans l’évaluation du risque à l’échelle de chaque individu.
 

Principaux facteurs de risques individuels lors d’expositions à la chaleur

  • Absence d’acclimatation : l’acclimatation est généralement obtenue en 8 à 12 jours. Transitoire, elle disparaît en 8 jours.
  • Condition physique : l’entraînement sportif améliore la performance à l’effort. Le manque d’habitude dans l’exécution des tâches physiques astreignantes constitue un facteur de risque.
  • Antécédents médicaux : maladies du système cardio-vasculaire ou des voies respiratoires, diabète, insuffisance rénale, obésité…
  • Prise de médicaments : diurétiques, antihypertenseurs, antihistaminiques, antiparkinsoniens, phénothiazines, antidépresseurs tricycliques, IMAO, neuroleptiques…
  • Prise d’alcool ou de drogues (amphétamines, cocaïne, LSD…)
  • Grossesse en cours
  • Age supérieur à 55-60 ans
  • Obésité ou dénutrition

Outre la prise de conseils auprès de leur médecin traitant, les travailleurs présentant ces facteurs de risque peuvent bénéficier d’une visite à leur demande auprès du médecin du travail (article R. 4624-17 du Code du travail) . En cas de besoin, un aménagement du poste de travail sera proposé.

Mesures de prévention

La prévention des risques liés à la chaleur doit être prise en compte dans la démarche globale d’évaluation des risques dans l’entreprise. L’objectif prioritaire est de limiter les expositions des salariés et de réduire la pénibilité des tâches à accomplir. Pour cela il est possible d’agir sur l’organisation du travail, l’aménagement des locaux et des postes, la conception des situations de travail, la formation des salariés…

La prévention des risques liés à la chaleur doit être intégrée le plus en amont possible, et prendre en compte les dimensions techniques, organisationnelles et individuelles du travail. La mise en place d’actions de prévention adaptées se fait en associant les représentants du personnel (dont les membres du CHSCT), les salariés et le médecin du travail.

Organisation du travail

  • Limiter les temps d’exposition à la chaleur ou effectuer une rotation des tâches lorsque des postes moins exposés en donnent la possibilité.
  • Limiter le travail physique intense et le port de charge répétitif.
  • Permettre une période d’acclimatation suffisante avant d’assurer des activités physiques intenses
  • Éviter le travail isolé et privilégier le travail d’équipe.
  • Augmenter la fréquence des pauses de récupération.
  • Aménager des aires de repos climatisées.
  • Fournir une source d’eau fraîche et inciter les salariés à boire souvent.
  • Établir une procédure d’urgence en cas de malaise lié à l’exposition à la chaleur.
  • Modifier les horaires de travail lors des périodes caniculaires…

Conception et aménagement des postes de travail

  • Réduire la température : climatisation, ventilation
  • Réduire le taux d’humidité en ventilant.
  • Aménager des cabines d’observation climatisées.
  • Automatiser les taches en ambiance thermiques élevées.
  • Utiliser des aides mécaniques pour réduire la dépense énergétique des salariés.
  • Réduire l’exposition à la chaleur émise par des surfaces chaudes (calorifugeage des surfaces, utilisation d’écrans ou de revêtements réfléchissants).
  • Lors de la conception de nouveaux bâtiments, prendre en compte le confort d’été dans les choix architecturaux …

Formation et information des salariés

Pour mettre en place des actions d’information ou de formation appropriées, l’employeur peut se faire conseiller par le médecin du travail. Ces actions concernent tous les salariés exposés, sans oublier les nouveaux embauchés, les intérimaires, les personnels chargés de la manutention.

Principales mesures concernant la formation et l’information des salariés exposés à la chaleur

  • Informer les salariés des risques spécifiques liés à la chaleur ou aux postes de travail exposant à de fortes chaleurs et des mesures de prévention prévues.
  • Mettre en place des formations adaptées aux postes de travail.
  • Compléter, si besoin, la formation des sauveteurs secouristes du travail. L’employeur peut demander pour cela l’intervention du service de santé au travail.
  • Sensibiliser les salariés pour les inciter à adopter les mesures comportementales ou d’hygiène de vie, permettant de réduire les risques liés à la chaleur (tenue de travail, alimentation, boisson…).

La situation individuelle des salariés (maladie chronique, prises médicamenteuses, grossesse…) doit être prise en compte et faire l’objet d’une information et de recommandations spécifiques par le médecin du travail lors du suivi médical.

Mise à disposition de vêtements ou d’équipements de protection adaptés

  • Lors des chaleurs estivales :
    • vêtements de travail de couleur claire permettant l’évaporation de la sueur,
    • couvre-chef en cas de travail en extérieur et d’exposition prolongée au soleil,
    • équipements de protection individuelle adaptés, réduisant l’inconfort thermique…
  • Lors d’activités en ambiance chaude (fonderies, verreries…) : vêtements de protection contre la chaleur, vestes de refroidissement…

La situation individuelle des salariés (maladie chronique, prises médicamenteuses, grossesse…) doit être prise en compte et faire l’objet d’une information et de recommandations spécifiques par le médecin du travail lors du suivi médical.

Mise à disposition de vêtements ou d’équipements de protection adaptés

  • Lors des chaleurs estivales :
    • vêtements de travail de couleur claire permettant l’évaporation de la sueur,
    • couvre-chef en cas de travail en extérieur et d’exposition prolongée au soleil,
    • équipements de protection individuelle adaptés, réduisant l’inconfort thermique…
  • Lors d’activités en ambiance chaude (fonderies, verreries…) : vêtements de protection contre la chaleur, vestes de refroidissement…
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Mis à jour le 04/09/2014