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Cancers professionnels

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  4. Agents cancérogènes reconnus (rubrique sélectionnée)

Agents cancérogènes reconnus

A priori, tous les secteurs d’activité, sans exception, sont susceptibles d’être concernés par la prévention du risque cancérogène professionnel. Quelle que soit l’activité, une exposition potentielle (même faible) à un agent cancérogène, qu’il soit chimique, physique (rayonnements ionisants, champs électromagnétiques, rayonnements ultraviolets…) ou biologique, doit être recherchée lors de l’évaluation des risques, obligatoire dans toute entreprise.

Situations d’exposition potentielle à des agents cancérogènes en milieu de travail

Agents chimiques

Il existe un nombre important d’agents chimiques cancérogènes. Certains sont naturellement présents dans l’environnement, d’autres sont des polluants générés par l’activité humaine ou industrielle. Certains sont consommés par l’homme (alcool, tabac, alimentation, médicaments). D’autres encore sont utilisés en milieu professionnel.
 

Certains de ces agents chimiques cancérogènes sont présents à la fois dans l’environnement général et sur les lieux de travail. Mais des conditions d’exposition non comparables (niveau et durée) sont susceptibles de générer un risque cancérogène différent.

Quelques agents chimiques cancérogènes
Environnement
ou mode de vie
  • Fumée de tabac, y compris tabagisme passif  (mélange de molécules, dont certaines cancérogènes, comme les hydrocarbures polycycliques aromatiques (HPA), le benzène ou l’arsenic)
  • Gaz d’échappement des véhicules Diesel notamment (contenant du benzène, des métaux lourds…)
  • Amiante
  • Dioxines (polychlorodibenzodioxines) et polychlorodibenzofuranes
Milieu professionnel
  • Métaux lourds et métalloïdes (cadmium, chrome VI, nickel, arsenic et composés…)
  • Benzène
  • Amiante
  • Amines aromatiques
  • Chlorure de vinyle
  • Hydrocarbures polycycliques aromatiques (HPA)
  • Nitrosamines
  • Poussières de bois

Les délais de survenue sont généralement longs, dans certains cas plus de 30 ans après l’exposition à un agent chimique cancérogène.
 

Certains agents chimiques cancérogènes agissent directement en modifiant en nombre ou en structure le matériel génétique (chromosomes, ADN) : ils sont appelés « mutagènes » et/ou « génotoxiques ». Il est difficile pour ces substances d’établir des valeurs seuils, niveaux d’exposition en dessous desquels le risque de survenue de cancer est nul.
 

Des substances chimiques cancérogènes peuvent agir par d’autres mécanismes : augmentation de la prolifération cellulaire par exemple. Ces dernières agissent souvent en association avec d’autres agents cancérogènes, notamment des génotoxiques.
 

Dans tous les secteurs d’activité, il y a un risque d’exposition potentielle à des substances chimiques, dont certaines cancérogènes. En effet, les produits chimiques sont partout présents : produits courants et produits d’entretien, matériaux de construction, environnement… Mais signalons quelques branches d’activité plus concernées que d’autres par un risque d’exposition à des agents chimiques cancérogènes (sans exhaustivité ni hiérarchisation) :

  • le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP), la construction ferroviaire et navale,
  • la métallurgie, l’industrie du verre et des métaux,
  • l’industrie chimique ou pharmaceutique,
  • l’industrie du cuir et du caoutchouc,
  • l’industrie pétrolière,
  • l’industrie du bois,
  • l’agriculture,
  • les laboratoires de recherche…

Rayonnements ionisants

Les cancers et les anomalies génétiques (mutations) peuvent survenir de façon aléatoire au sein d’une population ayant subi une exposition aux rayonnements ionisants, sans qu’un seuil n’ait pu être vraiment défini. Par prudence, on considère que toute dose d’exposition aux rayonnements ionisants, aussi faible soit-elle, peut entraîner un risque accru de cancer. Le délai de survenue de la maladie est généralement long : de 5 à 10 ans pour les leucémies, jusqu’à 50 ans pour les autres cancers.
 

Les diverses études épidémiologiques n’ont pas pu mettre en évidence de façon formelle une augmentation significative des cancers en-dessous d’une exposition de 100 milliSieverts (mSv), mais ont confirmé le risque cancérogène à partir d’une exposition de 200 mSv.
 

Rappelons que le niveau moyen des expositions d’origine naturelle (rayonnement cosmique ou tellurique) est de 2 à 3 mSv par an. Ces niveaux d’exposition varient suivant la localisation géographique ou l’altitude. A noter que le radon est un gaz radioactif, issu de la désintégration de l’uranium que l’on trouve dans les roches et dans les sols. On lui attribue entre 5 et 10% des cancers du poumon en France. Si l’on ajoute l’exposition d’origine artificielle, essentiellement liée aux examens radiologiques, la dose annuelle moyenne atteint 4 mSv.
 

Les cancers provoqués par une exposition professionnelle aux rayonnements ionisants font l’objet d’un tableau de maladies professionnelles (tableau 6 du régime général) : leucémies, cancers broncho-pulmonaires, sarcomes osseux…
 

Les secteurs d’activité utilisant des sources radioactives, exposés de ce fait aux risques liés aux rayonnements ionisants, sont notamment :

  • l’industrie nucléaire : extraction, fabrication, utilisation et retraitement du combustible, stockage et traitement des déchets,
  • le secteur médical : radiothérapie, radiodiagnostic, médecine nucléaire,
  • les secteurs divers, par le biais de techniques ou d’applications industrielles variées : radiographie, analyse et contrôle, jauges et traceurs, désinfection ou stérilisation par irradiation, conservation des aliments, chimie sous rayonnement, détection de masses métalliques dans les aéroports...

Champs électromagnétiques

Les cancers ou les leucémies qui pourraient être liés à des expositions aux champs électromagnétiques (professionnelles ou résidentielles) suscitent beaucoup d’interrogations. Signalons notamment les risques évoqués lors de l’utilisation de téléphones portables, ou encore les risques pour les populations résidant à proximité de lignes électriques à haute tension.
 

Sur la base d'une étude épidémiologique portant sur des groupes d'enfants exposés à proximité de ligne haute tension et mettant en évidence un risque accru de leucémie, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé les champs électromagnétiques à basses fréquences comme possiblement cancérogènes pour l'homme (catégorie 2B). Une étude expérimentale sur des rats a permis d'établir une association entre une exposition aux champs radiofréquences et un risque accru de lymphomes.
 

Toutefois, ces études sont insuffisantes pour conclure définitivement sur le caractère cancérogène ou non des champs électromagnétiques. En effet, il n'a pas été possible à ce jour d'établir un lien de causalité entre les expositions incriminées et l'apparition de leucémies pour confirmer les résultats de l'étude épidémiologique sur les champs à basses fréquences. De même, en ce qui concerne les champs radiofréquences, une étude permettant de reproduire les résultats est en cours pour confirmer, ou non, l'observation évoquée ci-dessus. Quand bien même il y aurait confirmation de cette observation, il faudrait rechercher le lien de cause à effet avant de transposer à l'être humain.

En ce qui concerne les téléphones portables, leurs utilisateurs sont exposés à des champs dont l’intensité est beaucoup plus élevée que dans l’environnement normal. Toutefois, il n’a pas été démontré que l’intensité de ces champs produise un effet sanitaire pour une exposition sous le seuil réglementaire qui protège contre l’effet déterministe « thermique ».
 

Les secteurs utilisant ou susceptibles d’être exposés à des champs électromagnétiques sont notamment :

  • les télécommunications,
  • la production d’énergie électrique et sa distribution,
  • l’industrie sidérurgique et du travail des métaux,
  • l’industrie électronique,
  • les secteurs scientifique et médical,
  • et tout secteur utilisant des installations électriques (transformateurs, presses électriques, soudeuses…).

Rayonnements optiques

Ce sont les rayonnements ultraviolets (UV), qui en cas d’exposition à forte dose ou répétée, présentent à long terme des effets cancérogènes sur la peau. Ils sont associés à l’augmentation de l’incidence du mélanome, qui double tous les 10 ans, depuis 30 ans. L’évolution des modes de vie conduit à une augmentation de l’exposition (loisirs de plein air, bronzage naturel ou artificiel…).
 

Les UV de 100 à 400 nm ont été classés au groupe 1 (cancérogène pour l’homme) par le CIRC.

Les principales professions exposées aux rayonnements UV sont :

  • celles s’exerçant en plein air (agriculteurs, jardiniers, éleveurs, travailleurs forestiers, travailleurs du bâtiment et des travaux publics, personnels de stations balnéaires ou de sports d’hiver, sportifs professionnels en montagne…),
  • celles exposées à des sources artificielles d’ultraviolets (soudeurs à l’arc électrique, chaudronniers, imprimeurs, opérateurs de certains procédés utilisant les UV…).

Agents biologiques

Les agents biologiques sont susceptibles d’induire quatre types de risque : le risque infectieux est le plus connu mais il ne faut pas négliger les risques toxiniques (liés aux toxines produites par certains agents biologiques), immuno-allergiques et cancérogènes.

Le Centre international de recherche contre le cancer (CIRC) a classé comme « cancérogène pour l’homme » (groupe 1) :

  • des agents biologiques comme le virus d’Epstein-Barr ou certains types de papillomavirus humains,
  • les effets de certains agents biologiques comme les infections chroniques par les virus des hépatites B et C,
  • les mélanges naturels d’aflatoxines, mycotoxines secrétés par certains champignons microscopiques dans certaines conditions.

 

D’autres agents biologiques ont été classés par le CIRC comme « probablement cancérogène » ou « cancérogène possible » pour l’homme (respectivement groupes 2A et 2B) : certains types de papillomavirus, l’aflatoxine M1 ou certaines autres mycotoxines (ochratoxine A, fumonisines B1 et B2...)
 

Ces risques cancérogènes liés aux agents biologiques vont se rencontrer principalement dans le secteur de la santé (virus des hépatites B et C notamment), et, à un moindre titre, le secteur des déchets (collecte, tri…) ou toute autre activité où il y a risque de piqûre par une seringue contaminée par le sang d’un porteur du virus de l’hépatite B ou C.
 

Pour les mycotoxines (aflatoxines…), il faut préciser que le classement comme « cancérogène » ou « cancérogène possible » a été fait sur des bases d’expositions par voie alimentaire. Or, en milieux de travail on considère essentiellement l'exposition par voie respiratoire et cutanée. Les principaux secteurs concernés sont :

  • l’agriculture (aflatoxines et autres mycotoxines générées par des moisissures et présentes dans les foins, la paille et les céréales…),
  • l’agroalimentaire (céréales, graines, amandes et autres matières premières contaminées par des mycotoxines…),
  • le compostage de déchets verts,
  • les interventions sur des bâtiments endommagés par l’eau…
     

Le risque représenté par la présence de mycotoxines en milieu de travail est encore mal connu. On ne peut pas actuellement parler d’un risque cancérogène professionnel avéré, mais plutôt d’un « danger cancérogène », la réalité du risque restant encore à démontrer.

Horaires de travail

Le travail de nuit a été classé dans le groupe des cancérogènes probables pour l'homme par le CIRC en 2007. En effet de nombreuses études ont montré que le travail posté ou de nuit peut augmenter le risque de cancers du sein chez la femme. En France, l'étude CECILE a précisé que ce risque était plus important chez les femmes ayant travaillé de nuit pendant plus de 4 ans avant une première grossesse. D'autres études évaluent les effets d'horaires atypiques sur d'autres cancers sans que des relations puissent être pour l'instant démontrées.

Pour en savoir plus
Mis à jour le 07/01/2015