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Amiante

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Risques liés au Covid-19 lors de travaux sur des matériaux contenant de l’amiante

Foire aux questions

Des réponses aux questions les plus souvent posées sur la prévention des risques professionnels liés aux travaux sur les matériaux contenant de l’amiante dans le contexte de la pandémie de Covid-19.

Évaluation des risques

  • Est-ce que la réglementation sur le risque biologique s'applique sur les chantiers de BTP de manière générale ?

    Le SARS-CoV-2 est un agent biologique qui doit être pris en compte dans l'évaluation des risques professionnels dans le BTP. L'évaluation des risques biologiques se déroule en trois étapes : identifier le réservoir de l'agent (ici les humains porteurs du virus), étudier la façon dont l'agent peut en sortir (par projections de particules émises en parlant, toussant ou éternuant) et enfin, analyser la façon dont un opérateur peut se contaminer (par exemple, en inhalant des particules s'il s'approche à moins d’un mètre d'une personne non protégée porteuse du virus, en touchant des surfaces contaminées avec ses mains et en les portant au visage, en particulier au niveau des yeux, de la bouche et du nez). Il convient alors de faire la liste des tâches qui rapprochent les personnels (porter des charges à deux, être à plusieurs dans le même véhicule…) et de mettre en place des mesures de prévention.

Organisation du travail

Moyens de protection collective

  • L'utilisation de l'eau est préconisée pour imprégner les matériaux amiantés et pour abattre les poussières en suspension dans l'air par brumisation. Est-ce que cela entraîne un risque de dissémination du virus dans l’air de la zone confinée et un risque de transmission du virus aux opérateurs ?

    Le travail sur matériaux amiantés en zone est réalisé par du personnel protégé contre les risques d’inhalation des fibres d’amiante avec des appareils de protection respiratoire qui ont un niveau de protection supérieur aux masques FFP2 préconisés pour protéger le personnel soignant de la Covid-19. Les protections respiratoires « amiante » sont donc a fortiori efficaces contre le risque d’inhalation des gouttelettes susceptibles d’être infectées par le virus et les opérateurs en zone ne risquent pas d’être contaminés par le virus. Par ailleurs, l’eau utilisée pour mouiller les matériaux et abattre les poussières doit être de l’eau potable, et le virus ne pouvant proliférer dans l’eau, il n’y a pas de risque à utiliser cette eau.

    Le mouillage des matériaux et la pulvérisation pour l’abattage des fibres en zone de travail doivent donc être maintenus.

Équipements de protection individuelle

  • Quelles tenues peuvent être préconisées en cas de pénurie des combinaisons de type 5 dont les coutures sont recouvertes, usuellement utilisées en présence d'amiante ?

    L'INRS a édité le guide « Protection contre les fibres d'amiante. Performances des vêtements de type 5 à usage unique » (ED 6247) sur les critères techniques concernant les combinaisons à utiliser sur les chantiers en présence d'amiante.

    Si les combinaisons répondent aux critères techniques fixés dans cette brochure, elles peuvent être utilisées sur les chantiers amiante.

    Si, en raison de la pénurie de combinaison de type 5, on opte pour le choix de combinaisons de type 4, il convient de prendre en compte les risques liés au caractère étanche à l'eau de ces combinaisons. En effet, leur port entraînera la montée de la température corporelle, l'accélération du rythme cardiaque, une augmentation de la ventilation respiratoire et de la perte en eau de l'organisme par sudation. Les durées de vacation avec le port de ces combinaisons de type 4 devront alors être réduites et les temps de pause allongés. L'avis du médecin du travail est requis sur le choix de ces EPI et ces durées. La température ambiante devra être maintenue aussi basse que possible dans la zone de travail. La mise à disposition de grandes quantités d'eau fraîche dans la zone de repos devra être assurée.

  • Quelle protection respiratoire en dehors de la zone confinée ?

    Dès la sortie de la douche d’hygiène, les opérateurs doivent mettre un masque alternatif de catégorie 1, ou un masque chirurgical, ou un masque FFP1, FFP2, FFP3 sans soupape expiratoire. Il convient de porter ce masque dans la zone d’approche ainsi que dans les zones extérieures à la zone de traitement des matériaux amiantés (voies de circulation en dehors de la zone confinée, cabine des engins/camions, vestiaire, base vie, réfectoire, zone d’entreposage des déchets …).

  • La durée de port des masques en dehors de la zone de travail doit-t-elle être prise en compte dans la durée maximale des vacations fixées à l’article R. 4412-119 du code du travail ?

    Le port des masques destinés à la protection contre le risque Covid-19 en dehors des zones de travail n’est pas pris en compte dans la durée maximale des vacations fixées à l’article R. 4412-119 du code du travail. Toutefois, l’avis du médecin du travail sera requis pour adapter les rythmes de travail (durée des vacations, temps de pause) à la contrainte que représente l’ensemble des équipements de protection individuelle (EPI) portés sur la journée de travail.

Installation de décontamination

  • Suite à l’arrêté prolongé lié au Covid-19, le risque légionellose peut-il survenir lors de la remise en route des installations de décontamination ?

    Lors de tout arrêt prolongé, qu’il soit lié au Covid-19 ou à une autre raison, les installations de décontamination et les unités mobiles de décontamination (UMD) dont les circuits n’ont pas été purgés peuvent faire courir un risque « légionellose » lors de la douche d’hygiène en l’absence de port de masque de protection respiratoire. Dans ces installations, les mesures de prévention du risque légionellose à mettre en œuvre sont décrites dans la brochure « Cahier des charges Amiante pour les unités mobiles de décontamination » (ED 6244).

  • Quelles mesures particulières doivent être prises pour éviter la contamination par la Covid-19 dans les installations de décontamination ?

    Si un travailleur asymptomatique était présent en zone, le risque de contamination sur le chantier pourrait intervenir lorsqu’il ne porte pas d’appareil de protection respiratoire, en particulier dans la douche d’hygiène de l’installation de décontamination (compartiment où l’opérateur retire son masque) et dans le compartiment propre. Dès qu’il a fini de se doucher, l’opérateur devra se sécher les mains et le visage puis mettre la protection respiratoire requise pour l’extérieur de la zone confinée et nettoyer les parois du compartiment de la douche ainsi que la robinetterie avec une lingette imprégnée d’un détergent. Il devra se sécher de préférence avec des serviettes à usage unique, les éliminer dans un sac plastique fermé et placé dans un sac à déchets ménagers, et se rhabiller dans le dernier compartiment (ou mettre son peignoir pour rejoindre le vestiaire aménagé spécifiquement dont les dimensions sont adaptées au respect de la distanciation). Après chaque vacation, lors de la sortie du dernier opérateur, le nettoyage des parois et équipements du compartiment propre avec une lingette imbibée d’un détergent est préconisé. Ce nettoyage peut être fait par le sas man. Puis, lors de la dernière vacation de la journée, après la sortie du dernier opérateur, un nouveau nettoyage à l’aide de lingettes imbibées de détergent ou de désinfectant est réalisé sur tous les compartiments intérieurs (parois, équipements) de l’installation de décontamination. L’utilisation d’un désinfectant nécessite obligatoirement le port de gants de protection contre le risque chimique (Pour le choix des gants, consulter l’application Protecpo).

Gestion des matériels et des déchets

  • Des précautions particulières sont-elles à prendre en ce qui concerne les confinements composés de films plastiques, ces supports pouvant être plus favorables à la survie du virus ?

    L’utilisation d’un matériau de substitution de films plastiques habituellement mis en œuvre pour réaliser les confinements n’est pas nécessaire, car le milieu est confiné et les opérateurs travaillant à l’intérieur de cette zone sont protégés. Les mesures habituelles de nettoyage des films plastiques avant le déconfinement devront être respectées. Ainsi, une aspiration de toutes les parois avec un aspirateur de classe H puis un nettoyage de toutes les surfaces avec une lingette imbibée d’un détergent devront être réalisés. Les films polyanes seront repliés sur eux-mêmes puis placés en sacs déchet « amiante » immédiatement après leur démontage. L’opérateur qui réalise cette opération sera équipé de sa protection respiratoire « amiante », d’une combinaison de type 5 et de gants à usage unique. 

  • Les travaux sur matériaux amiantés mettent en œuvre l’aspiration à la source et celle des surfaces avec un aspirateur de classe « H ». L’utilisation de ce type d’aspirateurs peut-elle entraîner une remise en suspension dans l’air et un risque de contamination en cas de présence du SARS-CoV-2 ?

    Les aspirateurs de classe « H » usuellement utilisés sur les chantiers de désamiantage sont efficaces pour aspirer et retenir par filtration les poussières dangereuses pour la santé et les agents biologiques pathogènes (bactéries, virus…). Un risque de contact avec ces agents dangereux pouvant néanmoins survenir lors de l’ouverture de l’appareil (pour changer un sac plein par exemple) les opérations de vidage ou de changement de sac et d'entretien ne doivent être effectuées que par du personnel autorisé portant des équipements de protection individuelle appropriés : gants à usage unique, combinaison de type 5, a minima masque FFP3 sans soupape expiratoire, lunettes de protection ou visière. Les opérations réalisées dans la zone de confinement ne présentent pas de risque en raison des protections « amiante » habituellement portées par l’opérateur.

  • En raison d’une potentielle contamination par la Covid-19, des précautions supplémentaires doivent-elles être prises lors du changement des filtres principaux HEPA des aspirateurs et des extracteurs ?

    Les préconisations habituellement mises en œuvre pour le risque amiante dans les centres de maintenance des équipements utilisés sur les chantiers de désamiantage permettent la prévention du risque Covid-19.

  • Quelles précautions supplémentaires faut-il mettre en œuvre pour gérer les déchets de désamiantage (filière, manipulation), notamment les EPI contaminés et films de confinement mis au rebut ?

    Les équipements de protection individuelle (EPI) et les films plastiques utilisés sur les chantiers de désamiantage doivent être gérés comme des déchets d’amiante et être emballés et transportés conformément aux dispositions prévues par l’ADR (Accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par route). Les mesures de gestion habituelles des déchets d’amiante permettent la prévention du risque Covid-19.

Métrologie

  • Quelles précautions les préleveurs doivent-ils prendre lors de la manipulation, du transport et de la préparation des cassettes de prélèvement susceptibles d'être contaminées par le SARS-CoV-2 ?

    Pour éviter tout risque de contamination des supports de prélèvements eux-mêmes, il est conseillé que leur préparation soit effectuée au laboratoire sous hotte aspirante avec la vitre baissée, par des techniciens équipés de gants à usage unique. Le conditionnement des cassettes en vue de leur transport vers les chantiers doit être effectué dans des boîtes de transport propres.

    En cas de présence de virus dans la zone de désamiantage et dans les espaces communs, il ne peut être exclu qu’ils puissent être prélevés sur les supports de prélèvement d’amiante. Après le prélèvement, les cassettes seront fermées avec leur bouchon, un essuyage précautionneux de leurs surfaces extérieures sera réalisé avec une lingette hydro alcoolique, et leur rangement sera effectué dans la boîte de transport dédiée.

    Le préleveur portant les EPI conseillés pour l’entrée en zone confinée « amiante » est protégé contre le risque Covid-19. Pour travailler à l’extérieur de cette zone, il portera un vêtement de protection à manches longues, des gants, une protection respiratoire a minima de type masque alternatif de catégorie 1 et des lunettes de sécurité ou une visière.  

    Au laboratoire, l’ouverture de la boîte de transport et la gestion des supports de prélèvement devront être réalisés sous hotte, vitre baissée, ainsi que toutes les étapes de traitement de l’échantillon, comme cela est prévu dans les procédures mises en place pour l’amiante. Le respect de ces procédures ainsi que de celles de gestion des déchets amiantés, visant à éviter toute exposition à l’amiante, assure la protection contre le risque Covid-19.

Organismes de formation

  • Comment mettre en place les gestes barrières lors des formations à la prévention des risques liés à l’amiante et notamment sur la plateforme pédagogique ?

    Lorsque les appareils de protection respiratoire sont utilisés sans passage dans l’installation de décontamination (exercices de découverte...), l’utilisation habituelle de lingettes hydroalcooliques pour réaliser leur désinfection minutieuse après chaque utilisation, selon la procédure devant être connue et pratiquée par le stagiaire, permet la prévention du risque Covid-19. Il convient d’utiliser les lingettes préconisées par le fabricant pour que le produit soit compatible avec la nature du masque.

    Lors de la pratique des exercices dans l’installation de décontamination, il apparaît que les prises de douches effectives (eau + savon dans la douche d’hygiène) réduisent le risque Covid-19. Toutefois, les stagiaires étant en phase d’apprentissage, les gestes requis peuvent ne pas être totalement maîtrisés (retrait du masque dans le mauvais compartiment par exemple). Pour éviter tout risque de contamination, il est préconisé de nettoyer chaque compartiment (parois et équipements) avec une lingette imbibée d’un produit détergent après chaque sortie de l’installation de décontamination. De plus, lors de la sortie de la douche d’hygiène, le stagiaire doit remettre immédiatement un masque alternatif de catégorie 1 a minima. Il est préférable qu’il utilise des serviettes à usage unique pour se sécher. S’il utilise un peignoir, dès lors où il sort de la douche et qu’il a déjà remis son masque de catégorie 1, son peignoir ne risque pas d’être contaminé. Par ailleurs, lors d’exercices en zone ne nécessitant pas de passage dans l’installation de décontamination et afin d’éviter de risquer de la contaminer, une ouverture peut être aménagée dans le polyane (utilisation de l’accès d’urgence par exemple).

    Si des masques de type FFP sont utilisés, ils ne doivent pas être munis de soupape expiratoire.

    Toutes les phases d’entretien, de nettoyage sont à réaliser par les agents d’entretien formés et équipés selon les bonnes pratiques décrites dans la page « Bâtiments : remises en route » et la FAQ dédiée « Nettoyage en entreprise ».

    Afin de ne pas altérer la qualité des formations dispensées, l’organisme de formation doit prévoir des durées de formation adaptées permettant d'intégrer les actions « prévention Covid-19 ».

  • La procédure de décontamination peut-elle être enseignée par un moyen autre qu’une mise en situation sur plateforme pédagogique (vidéo, simulation...) ? Le stagiaire peut-il se voir délivrer son attestation de compétences s'il ne réalise pas une décontamination sur plateforme pédagogique ?

    Les apports en formation sur les gestes techniques de prévention telle la décontamination, et l’évaluation de leur maîtrise, ne peuvent être validés qu’après des mises en situation sur plateforme pédagogique. Aucune autre modalité ne peut se substituer à la réalisation des techniques de décontamination par passage en installation de décontamination et selon les bonnes pratiques préconisées pour les 3 niveaux d'empoussièrement.

Pour en savoir plus :
Mis à jour le 03/06/2020
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