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Addictions

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Données générales

La première des substances psychoactives posant problème en termes de sécurité est l’alcool. Viennent ensuite les médicaments psychotropes – surtout lorsqu’ils sont utilisés sans prescription médicale - et le cannabis. L’addiction, terme couramment employé est en fait la dépendance à un produit. Avant d’être dépendant, l’utilisateur est passé par différents stades (usage et abus) sur lesquels la prévention est efficace.

Définitions

Addiction

L’addiction est synonyme de dépendance : désir puissant et permanent de continuer une consommation malgré toutes les complications existantes.
Le terme d’addiction est couramment utilisé. Or, il existe plusieurs types de comportements dans la consommation d’un produit, allant de l’usage simple à la dépendance. L’utilisation du terme « pratique addictive » permet d’aborder ce problème dans sa globalité, y compris sa prévention.

Pratique addictive

Il s’agit de l’ensemble des pratiques de consommation d’une substance psychoactive. Trois modes sont distingués :

  • usage (ou usage simple) : consommation occasionnelle ou régulière qui n’entraîne pas de problème de santé ou d’autre dommage à court terme. Toutefois, des complications peuvent survenir à moyen ou à long terme ;
  • usage nocif (ou abus) : consommation répétée qui est responsable de complications sur le plan de la santé (dépression, cirrhose, cancer…), de la vie privée (séparation, violences, problèmes financiers…) et/ou du travail (absentéisme, accidents du travail…). Ce comportement est pathologique ;
  • dépendance (également appelée addiction) : le sujet ressent un désir puissant de continuer sa consommation malgré toutes les complications existantes. Il n’arrive pas à contrôler ce besoin et des effets de « manque » peuvent se ressentir. Le sujet se désinvestit de toutes ses activités familiales, sociales et professionnelles. Toute sa journée est organisée autour de la consommation de substances psychoactives. Ce comportement est pathologique. Lors de l’arrêt, un syndrome de sevrage peut survenir.

Ces 3 définitions ont été modifiées en mai 2013, avec l’apparition d’une nouvelle classification des pathologies psychiatriques (DSM 5). Les critères d’usage nocif (ou abus) et de dépendance sont dorénavant regroupés en « trouble de l’usage des substances psychoactives », avec différents niveaux de gravité. La traduction française de cette nouvelle classification est en attente.

Substance psychoactive

Substance modifiant le fonctionnement psychique : alcool, amphétamines et produits dérivés, caféine, cannabis, hallucinogènes, nicotine (tabac), opiacés, sédatifs, hypnotiques et anxiolytiques, solvants volatils… Cet effet est soit recherché (cas des « médicaments psychotropes » et des « drogues »), soit non recherché (effets secondaires de médicaments non psychotropes ou exposition professionnelle à un solvant par exemple).

Médicament psychotrope

Substance chimique d’origine naturelle ou artificielle susceptible de modifier l’activité mentale. Il peut s’agir d’anxiolytiques (tranquillisants), de somnifères, de neuroleptiques, d’antidépresseurs, d’opiacés ou de leurs traitements de substitution (méthadone ou buprénorphine)…

Drogue

Substance naturelle ou de synthèse dont les effets psychotropes suscitent des sensations apparentées au plaisir, incitant à un usage répétitif pouvant aller jusqu’à la dépendance, visant à éviter un syndrome de manque.

Stupéfiant ou drogue illicite

Substance dont l’usage ou le trafic est réprimé par la loi (loi n° 70-1320 du 31 décembre 1970). La liste de ces substances illicites comporte notamment le cannabis, la cocaïne, les opiacés, l’ecstasy…

État ébrieux, ivresse

Altération des sens (perception de l’environnement et du temps, vision, équilibre…) due à une consommation occasionnelle ou répétée d’alcool ou d’autres substances psychoactives : excitation, irritabilité, troubles de coordination des mouvements, de l’équilibre et/ou de la vision... jusqu’à l’inconscience prolongée.
Le terme d'état pseudo-ébrieux est utilisé pour désigner un état en rapport avec une maladie qui provoque des symptômes ressemblant à ceux de l’ivresse (hypoglycémie, certaines maladies neurologiques...).

Binge drinking

Terme anglo-saxon dont la traduction officielle est « beuverie express ». Il s’agit d’une absorption massive d'alcool, généralement en groupe, visant à provoquer l'ivresse en un minimum de temps.

Abstinence

Absence de consommation de substance psychoactive.

Addiction comportementale

Addiction sans substance psychoactive. Les exemples les plus connus sont : le jeu pathologique, les achats compulsifs, l’addiction sexuelle, l’addiction au sport… En milieu professionnel, deux addictions comportementales existent : le workaholisme  (addiction au travail) et la technodépendance (addiction aux technologies d’information et de communication).

Facteurs de risque des pratiques addictives

Comme le rapportent L. Karila et M. Reynaud, les pratiques addictives résultent de l’interaction de facteurs liés au(x) produit(s) consommé(s) (substance psychoactive ou autre), de facteurs personnels et de facteurs liés à l’environnement dans lequel évolue l’individu.
Il est impossible pour une personne de connaître, avant de consommer une substance psychoactive, la façon dont elle va réagir, les risques qu’elle prend et ceux de devenir dépendant.

Facteurs de risque personnels

Il existe plusieurs catégories de facteurs individuels. Parmi eux, peuvent être cités :
les facteurs neurobiologiques et génétiques,
certains traits de personnalité, les troubles du comportement, les maladies psychiatriques,
les évènements de vie : deuil, rupture, maltraitance, anxiété, maladie grave…

Facteurs de risque liés au produit

Le type de substance psychoactive consommée a une influence sur l’évolution vers la dépendance. Les produits les plus addictogènes sont le tabac, l’héroïne et la cocaïne. L’alcool et le cannabis sont moins addictogènes.

L’âge de début de consommation d’une substance psychoactive, la fréquence et la durée de consommation, la quantité absorbée, le mode d’absorption influent sur la sévérité de la dépendance.
Certaines applications accessibles grâce, notamment, à Internet peuvent être addictogènes. Ce peut être le cas de jeux vidéo, jeux d’argent, réseaux sociaux…

Facteurs de risque liés à l’environnement du sujet

L’éducation familiale joue un rôle important dans la prévention ou, au contraire, dans l’initiation à la consommation de substances psychoactives. C’est notamment le cas pour le tabac et l’alcool.
Les cercles d’amis ont également un rôle certain dans la consommation d’alcool, de tabac et de cannabis. L’enquête ESCAPAD 2008 réalisée par l’OFDT (Observatoire français des drogues et toxicomanies) montre que la convivialité est un des motifs d’usage de l’alcool, du tabac et du cannabis chez les adolescents âgés de 17 ans.

Epidémiologie en population générale

La consommation de substances psychoactives en population générale est un véritable problème de santé publique.

Alcool, tabac et produits illicites

L’OFDT (Observatoire français des drogues et toxicomanies) a publié une synthèse des résultats du Baromètre santé 2010 et d’autres enquêtes en population adolescente.

Estimation du nombre de consommateurs de substances psychoactives en France métropolitaine parmi les 11-75 ans

Produits illicites

Produits licites

Cannabis

Cocaïne

Ecstasy

Héroïne

Alcool

Tabac

Expérimentateurs

13,4 M

1,5 M

1,1 M

500 000

44,4 M

35,5 M

dont usagers dans l’année

3,8 M

400 000

150 000

//

41,3 M

15,8 M

dont usagers réguliers

1,2 M

//

//

//

8,8 M

13,4 M

dont usagers quotidiens

550 000

//

//

//

5,0 M

13,4 M

Source : Beck F et al – Les niveaux d’usage des drogues en France en 2010 - Exploitation des données du Baromètre santé. Tendances OFDT. 2011 : 1-6.

Définitions :
Expérimentation : au moins un usage au cours de la vie.
Usage dans l’année ou usage actuel : consommation au moins une fois au cours de l’année ; pour le tabac, cela inclut les personnes déclarant fumer actuellement, ne serait-ce que de temps en temps.
Usage régulier :

  • alcool : au moins trois consommations dans la semaine ;
  • tabac : quotidien ;
  • cannabis : au moins 10 fois au cours du mois ou au moins 120 fois au cours de l’année.

NB : le nombre d’individus de 11 - 75 ans en 2009 (date de mise à jour du recensement) est d’environ 49 millions

Il apparaît que l’alcool et le tabac sont les produits les plus consommés dans la population. Le cannabis est la drogue illicite la plus consommée, loin devant la cocaïne, l’ecstasy et l’héroïne.

Alcool

Parmi les 18-75 ans, 13 % des personnes interrogées disent ne pas avoir bu d’alcool durant l’année écoulée, tandis que 12 % déclarent en consommer tous les jours. Cet usage quotidien est en baisse depuis plusieurs années. Par contre, de 2005 à 2010, les enquêtes du Baromètre santé observent une hausse significative du nombre d’épisodes de consommation importante. Ces épisodes correspondent à la consommation d’au moins 6 verres de boissons alcoolisées en une même occasion. En 2010, 36 % des adultes interrogés ont déclaré au moins 1 épisode de ce type au cours de l’année écoulée. On observe également une hausse significative des épisodes d’ivresse, atteignant 19 % des adultes en 2010.

Cannabis

Environ un tiers (33 %) des 18-64 ans déclarent avoir consommé du cannabis au cours de leur vie. Cet usage est stable chez l’adulte par rapport à 2005.
La consommation de cannabis concerne surtout les adultes jeunes (23 % des 18-25 ans). Elle diminue avec l’âge et devient quasiment nulle pour la tranche d’âge 55-64 ans.

 

Médicaments psychotropes

D’après le Baromètre santé 2010 et une expertise collective menée par l’Inserm, environ 18 % de la population âgée de 18 à 75 ans ont consommé des médicaments psychotropes au cours de l’année et 36 % au cours de la vie.

 

 

 

 

Le Baromètre santé

Depuis 1992, l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé) mène régulièrement des enquêtes appelées « Baromètres santé », qui abordent les différents comportements et attitudes de santé des Français.
Le Baromètre santé 2010 a été réalisé sous forme d’une enquête téléphonique auprès d’un échantillon représentatif de la population générale, composé de 27 653 individus âgés de 15 à 85 ans. Parmi eux, 14 835 actifs occupés ont été interrogés.
Les résultats peuvent être consultés sur le site de l’INPES.

Pour en savoir plus
  • Autres ressources
    • Reynaud M et al. - Les pratiques addictives : usage, usage nocif et dépendance : rapport remis au Secrétaire d’Etat à la santé. Paris : direction générale de la Santé ; 1999 : 171 p
    • Karila L. et Reynaud M. -Facteurs de risque et de vulnérabilité. In : Reynaud M (Ed) – Traité d’addictologie. Collection Traités. Paris : Flammarion Médecine-Sciences ; 2006 :43-46, 800 p
    • Polomeni P et al. - Comprendre les addictions et le traitement de la toxicomanie. Paris : John Libbey Eurotext ; 2005 : 48 p
    • Beck F. et al - Les niveaux d’usage des drogues en France en 2010 - Exploitation des données du Baromètre santé. Tendances OFDT. 2011 : 1-6 (téléchargeable sur le site de l’OFDT)
    • Legleye S et al. - Les drogues à 17 ans : résultats de l’enquête ESCAPAD 2008. Tendances. 2009 ; 66 : 1-6 (téléchargeable sur le site de l’OFDT)    Expertise collective - Médicaments psychotropes : consommations et pharmacodépendances. Paris : éditions Inserm ; 2012 : 119 p

     

Mis à jour le 10/02/2015