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Poussières de bois

Mise à jour : 28 février 2017

Substance revue par les experts de l'INRS

Généralités

Valeurs limites d'exposition professionnelle (VLEP)

  • Nature

    réglementaire contraignante
  • VLEP-8h

    • 1 mg/m³
  • Mentions

    Sensibilisant cutané et respiratoire (ACGIH)

Classifications

Substance présente dans l'arrêté du 5/01/1993 fixant la liste des substances, préparations et procédés cancérogènes.

  • CIRC

    1

Effets toxiques

Classe toxicologique Effet toxique Conditions expérimentales
Atteintes oculaires Irritation des yeux

ACGIH 2014 (citant Goldsmith and Shy, 1988a)

Homme ; fabrication de meubles, exposition ≤ 2 mg/m3

Irritation oculaire (OR = 4,0)

 

Rapport d'expertise collective de l'INSERM (2013)

Irritations oculaires observées chez l'homme

Atteintes des voies respiratoires supérieures Irritation des voies respiratoires supérieures

 

ACGIH 2014 (citant Holness et al, 1985)

Homme ; Exposition à 1,5 mg/m3 de poussières totales (0,29 mg/m3 fraction alvéolaire)

diminution de 10% du volume expiratoire forcé en 1 seconde (VEMS) sur la base d'une exposition de 1,5 mg/m3 pendant 40 ans.

 

INSERM (expertise collective, 2003)

Homme

Augmentation significative des symptômes des voies respiratoires supérieures : épistaxis, sinusites, rhumes prolongés, obstruction nasale, stase du mucus nasal (diminution de la clairance nasale), modifications cytologiques du mucus et modifications histologiques de l'épithélium nasal. Ces symptômes surviennent dès 1 mg/m3 et plusieurs études ont mis en évidence une relation dose-effet. Bien que peu sévères, ils représentent une gêne fonctionnelle importante pour les travailleurs.

Atteintes des voies respiratoires inférieures Autres atteintes des voies respiratoires inférieures

Jacobsen et al 2010a

Homme, méta-analyse

Les résultats appuient une association entre l'exposition à la poussière de bois frais et la bronchite chronique et l'altération chronique de la fonction pulmonaire (et l'asthme). Une association a été aussi établie avec la rhino-conjonctivite.

Une hyper-réactivité bronchique persistante a été reliée à des expositions au cèdre rouge > 1 mg/m3 (Vedal et al., 1988 vu dans Jacobsen 2010a)

 

Jacobsen et al 2010b

Homme, méta-analyse

L'exposition à la poussière de bois est un facteur de risque de développement de bronchite chronique, de rhino-conjonctivite et d'insuffisance chronique de la fonction pulmonaire (et d'asthme). Les mécanismes sont pour la plupart inconnus.

Des expositions simultanées comme les moisissures, l'endotoxine et les terpènes pourraient contribuer à l'effet sur la santé, bien que ces expositions soient plus susceptibles d'être présentes dans l'industrie du bois frais. Le formaldéhyde peut contribuer aux effets sur la santé, en particulier dans l'industrie du contreplaqué et des panneaux de fibres à densité moyenne.

 

INSERM (Rapport d’expertise collective, 2003)

Signes et symptômes les plus fréquents chez les travailleurs exposés : toux, bronchite chronique, altération des paramètres de la fonction respiratoire, fibrose pulmonaire idiopathique, alvéolite allergique extrinsèque (et asthme).

De manière générale, les études publiées indiquent clairement que la fréquence des manifestations respiratoires allergiques et non allergiques de l'exposition aux poussières de bois, tendres ou durs, est significativement augmentée chez les travailleurs exposés à des concentrations bien inférieures à 5 mg/m3, dès 1 mg/m3.

 

Vial-Dupuy, 2015

Homme

Les manifestations respiratoires les plus fréquentes sont les asthmes et rhinites, déclenchés par les poussières de bois mais aussi par des produits chimiques utilisés lors de la transformation du bois, à savoir isocyanates, formaldéhyde, dérivés acryliques… Les pneumopathies d’hypersensibilité, plus rares, sont essentiellement dues aux moisissures du bois.

Sensibilisants Asthme y compris sensibilisation respiratoire

Jacobsen et al 2010a

Homme, méta-analyse

Les résultats appuient une association entre l'exposition à la poussière de bois frais et l'asthme (et autres symptômes listés dans les "autres atteintes des voies respiratoires inférieures").

 

Jacobsen et al 2010b

Homme, méta-analyse

L'exposition à la poussière de bois est un facteur de risque de développement d'asthme (et autres symptômes listés dans les "autres atteintes des voies respiratoires inférieures").

Des expositions simultanées comme les moisissures, l'endotoxine et les terpènes pourraient contribuer à l'effet sur la santé, bien que ces expositions soient plus susceptibles d'être présentes dans l'industrie du bois frais. Le formaldéhyde peut contribuer aux effets sur la santé, en particulier dans l'industrie du contreplaqué et des panneaux de fibres à densité moyenne.

 

Schlunssen et al 2004

Homme ; questionnaire de santé respiratoire, test de provocation bronchique non spécifique et prick test avec 12 allergènes respiratoires courants (302 travailleurs du bois et 71 sujets non exposés).

Expositions : moyenne géométrique (déviation standard) : 0,96 (2,02) mg/m3

Effet retenu : Association avec l'asthme. L'atopie était un modificateur d'effet important dans l'association entre l'asthme et l'exposition à la poussière de bois.

 

Perez-Rios et al 2010

Homme, méta-analyse

Effet retenu : Le risque relatif associé (RR) de l'asthme chez les travailleurs exposés à la poussière de bois était de 1,53 (IC à 95%: 1,25-1,87).

 

INSERM (Rapport d’expertise collective, 2003)

Signes et symptômes les plus fréquents chez les travailleurs exposés : asthme et autres symptômes listés dans les "autres atteintes des voies respiratoires inférieures".

De manière générale, les études publiées indiquent clairement que la fréquence des manifestations respiratoires allergiques et non allergiques de l'exposition aux poussières de bois, tendres ou durs, est significativement augmentée chez les travailleurs exposés à des concentrations bien inférieures à 5 mg/m3, dès 1 mg/m3.

 

Vial-Dupuy, 2015

Homme

Les manifestations respiratoires les plus fréquentes sont les asthmes et rhinites, déclenchés par les poussières de bois mais aussi par des produits chimiques utilisés lors de la transformation du bois, à savoir isocyanates, formaldéhyde, dérivés acryliques… Les pneumopathies d’hypersensibilité, plus rares, sont essentiellement dues aux moisissures du bois.

Sensibilisants Sensibilisation de la peau - dermatite de contact

INSERM (expertise collective, 2003)

Homme

Conditions expérimentales : Rapport d’expertise collective

Effet retenu : Les dermatoses provoquées par la poussière de bois sont liées à un phénomène soit irritatif, soit allergique ou encore aux deux par un contact direct de la peau. En général, elles sont limitées aux parties les plus exposées (mains, avant-bras, visage, cou). Aucune des études consultées n'a mis en relation les niveaux d'exposition et la fréquence de survenue de ces manifestations cutanées.

Atteintes cutanées Irritation de la peau

INSERM (expertise collective, 2003)

Homme

Conditions expérimentales : Rapport d’expertise collective

Effet retenu : Les dermatoses provoquées par la poussière de bois sont liées à un phénomène soit irritatif, soit allergique ou encore aux deux par un contact direct de la peau. En général, elles sont limitées aux parties les plus exposées (mains, avant-bras, visage, cou). Aucune des études consultées n'a mis en relation les niveaux d'exposition et la fréquence de survenue de ces manifestations cutanées.

Effets cancérogènes et/ou mutagènes Cancer nasosinusien

IARC 2012

Homme

Conditions expérimentales : Les plus fortes expositions à la poussière de bois ont généralement été rapportées dans la fabrication de meubles en bois en particulier lors du ponçage (niveaux souvent supérieurs à 5 mg/m3). Des niveaux supérieurs à 1 mg/m3 ont également été mesurés dans la finition de contreplaqués et de panneaux de particules (sciage, rabotage, ponçage).

 

Effet retenu : La poussière de bois provoque chez l’homme a) le cancer de la cavité nasale et des sinus paranasaux et b) du nasopharynx.

 

Commentaires

  1. Granulométrie : dans plusieurs études évaluées en 1995 par l’IARC, les particules > 10 μm de diamètre aérodynamique constituaient la majeure partie de la masse de la poussière de bois (attribuable au fait que les + grosses sont aussi les + lourdes); une étude de comptage optique a établi que 61-65% des particules en nombre étaient de 1-5 μm de diamètre (IARC, 1995, p88).
  2. Bois durs vs tendres : les quelques études qui ont évalué l'exposition à des types de bois spécifiques ont trouvé de solides arguments pour l’association entre cancers naso-sinusiens et l’exposition aux poussières de bois durs. En comparaison avec l'exposition aux poussières de bois durs, des études cas-témoins ont montré un excès de risque moindre mais cohérent de carcinomes épidermoïdes après exposition aux poussières de bois tendres IARC (2012).
  3. Les poussières de bois peuvent contenir des agents chimiques dangereux dont des cancérogènes reconnus : arsénic, chrome, créosote, formaldéhyde, solvants, phénol, agents préservant le bois (chlorophénols, pesticides organochlorés), fumées diesel, spores fongiques. Dans le secteur de la construction : amiante, silice 

 

Binazzi 2015

Homme, méta-analyse de 63 études dont 11 études cas-témoins et 3 études de cohorte sur les poussières de bois.

Effet retenu : Le risque relatif combiné pour le cancer naso-sinusien a été estimé à 5,91 (IC 95%: 4,31-8,11) pour les études cas-témoins (tableau 2) et 1,61 (IC 95%: 1,10-2,37) pour les études de cohorte

 

 

Alonso-Sardon et al 2015

Homme

Conditions expérimentales : Méta-analyse de 70 études cas-témoins et de cohortes, basée sur une recherche MedLine entre 1957 et 2013.

Effet retenu : Des preuves de qualité faible à modérée confirment une association causale entre le cancer et l'exposition professionnelle à la poussière de bois. Il existe aussi une association avec l'adénocarcinome nasal (OR 10,28 ; 95% CI: 5.92 et 17.85, respectivement ; P<0,0001). Une association plus faible est observée mais non établie avec le cancer du poumon du fait du faible nombre d'études qui ont été menées et de leur mauvaise qualité méthodologique. Il n'y a aucune preuve d'une association entre l'exposition à la poussière de bois et les autres cancers examinés.

Effets cancérogènes et/ou mutagènes Cancer du nasopharynx

IARC 2012

Homme

Conditions expérimentales : Les plus fortes expositions à la poussière de bois ont généralement été rapportées dans la fabrication de meubles en bois en particulier lors du ponçage (niveaux souvent supérieurs à 5 mg/m3). Des niveaux supérieurs à 1 mg/m3 ont également été mesurés dans la finition de contreplaqués et de panneaux de particules (sciage, rabotage, ponçage).

 

Effet retenu : La poussière de bois provoque chez l’homme a) le cancer de la cavité nasale et des sinus paranasaux et b) du nasopharynx.

 

Commentaires

  1. Granulométrie : dans plusieurs études évaluées en 1995 par l’IARC, les particules > 10 μm de diamètre aérodynamique constituaient la majeure partie de la masse de la poussière de bois (attribuable au fait que les + grosses sont aussi les + lourdes); une étude de comptage optique a établi que 61-65% des particules en nombre étaient de 1-5 μm de diamètre (IARC, 1995, p88).
  2. Bois durs vs tendres : les quelques études qui ont évalué l'exposition à des types de bois spécifiques ont trouvé de solides arguments pour l’association entre cancers naso-sinusiens et l’exposition aux poussières de bois durs. En comparaison avec l'exposition aux poussières de bois durs, des études cas-témoins ont montré un excès de risque moindre mais cohérent de carcinomes épidermoïdes après exposition aux poussières de bois tendres IARC (2012).
  3. Les poussières de bois peuvent contenir des agents chimiques dangereux dont des cancérogènes reconnus : arsénic, chrome, créosote, formaldéhyde, solvants, phénol, agents préservant le bois (chlorophénols, pesticides organochlorés), fumées diesel, spores fongiques. Dans le secteur de la construction : amiante, silice 

Bibliographie

ACGIH 2014 - Wood dusts

Alonso-Sardón M, Chamorro AJ, Hernandez-Garcia I, Iglesias de Sena H et al. - Association between Occupational Exposure to Wood Dust and Cancer: A Systematic Review and Meta-Analysis. PLOS One. 2015 ; 10(7).

Binazzi A, ferrante P et Marinaccio A - Occupational exposure and sinonasal cancer: a systematic review and meta-analyisis. BMC Cancer2015 ; 15 : 49.

IARC 2012, Volume 100C

INSERM  - Rapport d'expertise collective, 2013.

Jacobsen G, Schaumburg I, Sigsgaard T et Schlunssen V - Non-malignant respiratory diseases and occupational exposure to wood dust. Part I. Fresh wood and mixed wood industry. Ann Agric Environ Med. 2010 ; 17(1) : 15-28. 

Jacobsen G, Schaumburg I, Sigsgaard T et Schlunssen V - Non-malignant respiratory diseases and occupational exposure to wood dust. Part II. Dry wood industry. Ann Agric Environ Med. 2010 ; 17(1) : 29-44. 

Perez-Rıos M, Ruano-Ravina A, Etminan M et Takkouche B - A meta-analysis on wood dust exposure and risk of asthma. Allergy. 2010 ; 65 : 467–473.

Schlunssen V, Schaumburg I, Heederik D. Taudorf E et al. - Indices of asthma among atopic and non-atopic woodworkers. Occup Environ Med. 2004 ; 61 : 504–511

Vial-Dupuy -  Allergies respiratoires chez les professionnels du bois. INRS, Références en santé au travail 2015, n° 142, p 93.

En savoir plus

MiXie France est un outil simple et facile à utiliser qui permet, à partir de données de mesure, d'évaluer le potentiel additif ou non des substances chimiques et de situer les niveaux d'exposition cumulés par rapport aux valeurs limites d'exposition professionnelle (VLEP).