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Prévention des lombalgies dans les soins à domicile

Agir sur la manutention, le stress et l’organisation

Utilisation d'un lève malade Le mal de dos est largement répandu chez les soignants à domicile. La pénibilité physique associée à la charge émotionnelle de l’activité accentuent la survenue de cette pathologie professionnelle. Pour prévenir ce risque, il faut sensibiliser les soignants au fait que leur santé est aussi importante que celle des patients. Des actions de formation leur permettent d’être acteurs de cette prévention.

Des pathologies plus fréquentes qu’en établissement

Les soignants à domicile sont plus exposés aux risques de lombalgies et de troubles musculosquelettiques (TMS) que les soignants en établissement. Les maux de dos sont plus fréquents : ils concernent environ 40 % des soignants à domicile (contre environ 30 % en établissement). Leurs conséquences sont plus graves (durée des arrêts de travail, inaptitudes…).

Des conditions matérielles parfois inadaptées

La survenue des douleurs de dos et des TMS chez le personnel soignant est principalement liée aux manutentions des patients réalisées dans des conditions inappropriées :

  • absence d’aides techniques,
  • inadéquation de l’équipement disponible,
  • impossibilité d’intervenir en binôme lors des levers et des transferts de patients (plus particulièrement pour les patients grabataires ou en surpoids),
  • exiguïté et impossibilité d’aménager les logements.

Sont également pointées du doigt les postures de travail statiques (travail administratif dans de mauvaises conditions, nombreux déplacements en voiture…).

Le poids du relationnel et de l’émotionnel

La dimension affective et relationnelle est une composante importante de l’activité des soignants. Cette dimension relationnelle demande du temps, de l’écoute, de la disponibilité… L’échange entre le soignant et le patient permet de rassurer ce dernier, de faciliter la réalisation des actes de soins et de soulager ainsi la charge physique du soignant. Bien que motivante et gratifiante, elle peut se révéler sources de difficultés à gérer : fait de se retrouver seul face au patient, à sa maladie ou à sa détresse (difficultés économiques ou sociales, fin de vie…), attachement au patient, sollicitations multiples (du patient ou de sa famille), manque de temps… Cet aspect de l’activité peut alors constituer un facteur de risque supplémentaire de survenue du mal de dos chez les soignants.

Prévenir en priorité par de la formation

Les lombalgies ont des origines multifactorielles : matérielles, psychologiques, organisationnelles. Se focaliser sur les aspects matériels et techniques de l’activité pour organiser et planifier le travail des soignants (nombre de patients, durée théorique consacrée aux soins, temps de déplacements entre les visites…) est insuffisant.

Pour prévenir efficacement et durablement les risques de lombalgies et de façon plus générale les TMS, les mesures de prévention doivent tout d’abord comporter des formations adaptées au secteur. Une organisation de l’activité prenant en compte les compétences professionnelles ainsi que les dimensions techniques et psychologiques doit par ailleurs être mise en place.

Cette organisation doit notamment intégrer dans la planification des tournées le temps nécessaire au relationnel, permettre aux soignants une certaine autonomie pour gérer les aléas et imprévus et favoriser la remontée d’informations et le travail en réseau avec d’autres intervenants.

Principales mesures de prévention des lombalgies pour les soignants à domicile

  • Sensibiliser l’encadrement à la prévention du mal de dos et des TMS
  • Former les soignants à la prévention des risques liés à l’activité physique du secteur sanitaire et social (savoir analyser les situations de travail et proposer des pistes d’amélioration)
  • Privilégier tout ce qui permet une meilleure connaissance du patient (besoins, capacités fonctionnelles…) et de son environnement pour assurer des interventions dans les meilleures conditions possibles : réunions de transmission, affectation des soignants auprès de patients qu’ils connaissent déjà
  • Élaborer des plannings de tournées avec des temps d’intervention plus souples, permettant une adaptation à l’état du patient et à son environnement et une intervention éventuelle en binôme
  • Utiliser les aides techniques disponibles (lit médicalisé, potence, fauteuil…) et participer à la formation dispensée par le fournisseur
  • Travailler dans la mesure du possible en collaboration avec les autres intervenants auprès du patient (médecin traitant, kinésithérapeute, ergothérapeute, aide à domicile…) notamment pour la mise en place d’aides techniques et d’aménagements de l’environnement de travail (logement)  

Ces mesures permettent aux soignants d’adopter des stratégies d’intervention (modes opératoires, attitudes, postures), pour travailler en préservant leur santé tout en assurant la qualité des soins.

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Mis à jour le 02/02/2015