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Risque d’épuisement chez les soignants à domicile

Valoriser et soutenir, une nécessité

Dans le secteur des soins à domicile, la surcharge de travail, l’isolement et la confrontation à des situations émotionnelles difficiles peuvent être à l’origine d’une usure prématurée, voire d’un épuisement professionnel, des soignants. L’écoute, l’instauration de temps de partages et d’un soutien, la possibilité d’adapter ou d’ajuster les tournées de soins en cas de besoin sont des mesures fondamentales pour prévenir ces risques.

Les conditions de travail des soignants à domicile, en plus de la nature même de l’activité, peuvent constituer des facteurs de stress, et à terme, d’épuisement professionnel.

Accumulation de contraintes

Le cumul des contraintes auxquelles sont soumis les soignants à domicile peut être à l’origine de stress, voire d’épuisement. Le personnel doit notamment :

  • se déplacer aux domiciles des patients,
  • prévoir et préparer tout ce qui est nécessaire à la tournée de visites programmées,
  • être le seul interlocuteur au moment des soins du patient et de son entourage,
  • parer aux aléas et aux imprévus (adaptation permanente à l’état de santé et à l’environnement du patient, prise en charge d’une urgence médicale, conditions climatiques et de trafic routier…) tout en respectant le planning.

À ces contraintes s’ajoute une charge de travail souvent importante, à la fois physique, mentale et émotionnelle.

Si l’organisation du travail ou la structure ne prend pas en compte ces contraintes, cela peut constituer un facteur de stress à part entière.

Une charge émotionnelle lourde

L’activité de soins demande une forte implication personnelle. De plus, les interventions au domicile de personnes présentant des pathologies lourdes et/ou en situations difficiles (sociales, psychiques, économiques…) exposent à des situations émotionnellement éprouvantes, parfois difficiles à gérer.

En effet, quel que soit l’état émotionnel du soignant, il doit gérer et adapter l’expression de ses émotions, qu’elles soient négatives (soucis, fatigue, problèmes, doutes…) ou positives (événement heureux, réussite…). Il doit simultanément pouvoir être disponible et à l’écoute, soulager la douleur et influencer le patient de façon positive : encourager à la prise des traitements, motiver le patient, redonner le moral…

Pour le soignant, son employeur, les patients et la société en général, cette « exigence émotionnelle » fait partie du métier. Bien qu’allant de soi, elle doit être prise en compte dans la prévention de l’épuisement professionnel. Une meilleure reconnaissance de cette dimension contribue à la prévention des risques qui lui sont liés.

La relation patient/soignant étant une des composantes essentielles de l’activité, le personnel use souvent de stratégies de régulation individuelles, notamment « faire le vide » après sa journée de travail pour « déconnecter » (par exemple, marcher un moment avant de retrouver sa vie sociale et privée).
Dans un premier temps, ces stratégies semblent soulager la charge émotionnelle du travail. Elles permettent notamment d’éviter les phénomènes de « rumination », provoquant des idées obsédantes et des troubles de sommeil (difficultés d’endormissement, réveils nocturnes…). Cependant, elles sont consommatrices de ressources et constituent à terme un facteur supplémentaire de risque d’épuisement professionnel.

Quelques pistes pour limiter le risque d’épuisement

L’organisation du travail au sein de la structure de soins à domicile doit pouvoir prendre en compte la dimension relationnelle de l’activité, en organisant le soutien et l’écoute du personnel (soignants et encadrement), notamment par la mise en place d’espaces de paroles et d’échanges sur les pratiques professionnelles et le vécu émotionnel.

Pistes pour agir sur le risque d’épuisement professionnel chez les soignants à domicile

  • Organiser et formaliser les circuits de remontée des difficultés (à dimension technique, médicale ou humaine)
  • Impliquer les coordinateurs et les cadres de santé, en associant le médecin du travail, aux réflexions sur les actions de prévention envisagées
  • Renforcer le sentiment d’appartenance à une structure chez les soignants
  • Faciliter la transmission des pratiques, des savoir-faire, des savoir-être entre soignants expérimentés et nouveaux embauchés
  • Favoriser le travail collaboratif des différents soignants de la structure
  • Associer les soignants à l’élaboration des plannings des tournées de soins
  • Permettre aux soignants une adaptation du planning des tournées en fonction des imprévus rencontrés
  • Mettre en place des espaces d’écoute et de soutien collectif, distincts des réunions d’échanges autour des pratiques, pour favoriser la mise en commun d’expériences éprouvantes sur le plan émotionnel et envisager ensemble des solutions
  • Proposer en cas de besoin un soutien psychologique
Voir aussi
Mis à jour le 02/02/2015