Accès rapides :

Vous êtes ici :

  1. Accueil
  2. Surveillance biologique des salariés exposés à la 4,4'-méthylène-bis-(2-chloroaniline) (MOCA). Un nouvel outil analytique pour les préventeurs industriels. État de la situation actuelle en France (rubrique sélectionnée)

Surveillance biologique des salariés exposés à la 4,4'-méthylène-bis-(2-chloroaniline) (MOCA). Un nouvel outil analytique pour les préventeurs industriels. État de la situation actuelle en France

Note documentaire

Article de revue01/2001

Ce document existe uniquement au format électronique

Dans cet article, nous décrivons une procédure analytique originale de dosage de la 4,4'-méthylène-bis-(2-orthochloroaniline) (MOCA) urinaire, et étudions sa pertinence dans l'évaluation des expositions dans les filières industrielles mettant en oeuvre de résines polyuréthannes.
Cette substance est classée en catégorie 2 de la Réglementation européenne (devant être assimilée à un cancérogène chez l'homme) et 2A par le CIRC (cancérogène probable).
Pour faciliter en France le suivi des salariés exposés à la MOCA, nous avons entrepris de développer et valider un protocole d'analyse de ce produit dans l'urine le plus simple possible, nécessitant une seule étape d'extraction de l'échantillon urinaire, et du matériel de chromatographie liquide à haute performance conventionnel. L'extraction de la MOCA urinaire, sur colonne Extrelut avec de l'isooctane, se révèle très efficace et facilement automatisable, avec un rendement d'extraction moyen de 94 % pour une gamme urinaire allant de 5 à 500 µg/l. L'analyse par chromatographie liquide à haute performance (HPLC) avec détection UV et électrochimique en série est simple et hautement sélective, avec des seuils de détection respectifs de 1 et 0,1 µg/l. L'ajout d'acide sulfamique dans l'urine permet de stabiliser la MOCA à température ambiante, et améliore la reproductibilité de l'analyse sur des urines surchargées et des urines de salariés exposés.
L'analyse de 103 urines de fin de poste appartenant à 40 salariés de quatre entreprises françaises montre que la situation actuelle en France reste préoccupante, avec des excrétions moyennes et ponctuelles durant trois jours de travail consécutifs pouvant atteindre respectivement 356 et 570 µg/l. Les excrétions en MOCA urinaire les plus élevées sont observées chez les opérateurs qui sont en contact quotidien (mélangeurs) ou ponctuel (agents de maintenance) avec la MOCA cristallisée. L'analyse de la MOCA sur des urines rendues acides par l'ajout d'acide sulfamique au moment du recueil, se révèle être un bon compromis pour évaluer les expositions professionnelles à la MOCA. Plus fiable que l'analyse de la MOCA libre obtenue sur les urines non acidifiées, elle est aussi plus simple que l'analyse de la MOCA totale obtenue sur les urines hydrolysées.
Aujourd'hui, au regard des possibilités techniques actuelles des entreprises françaises, une concentration de 20 µg/l de MOCA à ne pas dépasser dans les urines de fin de poste semble un objectif raisonnable, spécialement pour les opérateurs potentiellement exposés à la MOCA cristallisée. Cette valeur pourrait être proposée pour l'établissement d'une valeur- guide biologique française.

  • Description et informations techniques
    • Document original

      Article de 12 pages, publié dans la revue Hygiène et sécurité du travail
    • Référence INRS

      ND 2155
    • Auteur(s)

      ROBERT A., DUCOS P., FRANCIN J.M.
    • Date de publication

      01/2001
    • Collection

      Note documentaire

Ressources complémentaires de l'INRS

Sur le thème : Contrôle des expositions aux produits chimiques

Sur le thème : Cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction