 | | Dossier | 


Mise à jour : 16/04/2009 |
 |  | Accueillir et intégrer un nouvel embauché
Un accueil trop rapide ne laisse ni le temps ni les moyens au nouvel embauché de s'intégrer. L'accident du travail ou la maladie professionnelle peut en être la conséquence. Accueillir un nouveau afin d'appréhender au mieux la réalité de sa tâche diminue les risques professionnels tout en améliorant la qualité du travail. C'est une démarche qui s'anticipe, qui prend du temps, mais qui apporte un bénéfice durable pour l'entreprise comme pour les salariés. |
Qu’entend-on par « nouveau » ?
On considère comme « nouveaux » tous les salariés récemment embauchés sous contrat à durée déterminée ou indéterminée, mais également les stagiaires, les apprentis, les remplaçants, les intérimaires, les saisonniers ainsi que les personnes reprenant le travail après une longue absence (maladie, maternité, congé sabbatique, etc.), les salariés qui changent de poste et/ou se reconvertissent et les équipes qui viennent de déménager.
Un nouveau n’est donc pas forcément jeune, mais il se trouve en décalage (technique, organisationnel, culturel…) avec son nouvel environnement de travail. Dans tous les cas, il est dans une situation nouvelle qui, si elle est mal gérée, peut le rendre vulnérable. |
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Pourquoi accorder de l’importance à l’accueil ?
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Risques professionnels chez les nouveaux
La période qui suit l’embauche est sensible pour les salariés car ils ont davantage d’accidents que leurs collègues déjà intégrés. Le risque de maladie professionnelle n’est pas non plus négligeable : par exemple, un trouble musculosquelettique peut apparaître en quelques semaines seulement.
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Accidents du travail : statistiques connues
Si on prend l’exemple des jeunes (moins de 25 ans), la fréquence des accidents du travail dont ils sont victimes en France est 2,3 fois supérieure à celle de l’ensemble des salariés. Cette tendance est également constatée dans les autres pays européens : en Europe, le taux d’incidence des accidents du travail non mortels parmi les jeunes (de 18 à 24 ans) est au moins supérieur de 50 % aux taux constatés pour les autres tranches d’âge.
Accidents du travail en 2004 |
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Ensemble salariés |
Jeunes (< 25 ans) |
Indice de fréquence
(pour 1 000 salariés) |
39,5 |
92,4 |
Source : CNAMTS
Cependant, comme l’a montré la Direction de l'animation et de la recherche des études et des statistiques (Dares) du ministère chargé du travail, l’âge n’est pas le facteur déterminant majeur de ces taux élevés : c’est la faible ancienneté qui contribue le plus à accroître la probabilité d’accident.
Autre exemple : chez les intérimaires, on constate que la fréquence et la gravité de leurs accidents du travail sont 2 fois plus grandes que celles de l’ensemble des travailleurs. C’est en partie dû à leur situation quasi permanente de nouvel embauché mais d’autres facteurs entrent en jeu : les intérimaires sont jeunes (plus de la moitié ont moins de 30 ans), occupent des emplois d’ouvrier (dans les trois quarts des cas) et travaillent dans des secteurs d’activité dangereux (l’industrie et la construction).
Selon la base de données INRS EPICEA, parmi les 9 981 accidents mortels survenus depuis 1990, 1 338 ont concerné de nouveaux embauchés (moins de 3 mois d’ancienneté), soit 13,4 %. Parmi ces nouveaux, 33,4 % (447 victimes) sont sous contrat à durée indéterminée, 23,3 % (312 cas) sont des intérimaires et 10,2 % (137 cas) sont sous contrat à durée déterminée. Bien que non représentatives d’un point de vue statistique, ces données montrent une tendance : les risques semblent plus élevés pour ceux qui viennent d’être embauchés.
Récit d’accident |
Dans une biscuiterie, un ouvrier spécialisé a été embauché depuis 2 jours. Il verse de la pâte dans la goulotte d’un broyeur vertical et évacue les récipients remplis de biscuits broyés. En fin de matinée, il s’aperçoit que le produit broyé ne sort plus de la machine. Il en déduit que le broyeur est engorgé. Ne voyant personne à proximité à qui demander ce qu’il convient de faire, il décide de démonter le broyeur – après avoir débranché la prise d’alimentation électrique. Il ouvre la trappe de visite et plonge la main droite dans l’ouverture. Mais les lames du broyeur tournent encore sous la force de l’inertie…
Il n’avait reçu aucune formation sur la place qu’il allait occuper dans le processus de production, sur la tâche qui allait lui être confiée, sur l’activité réelle qu’il allait exercer, ni sur le fonctionnement particulier et les modes opératoires du broyeur. |
Vulnérabilité des nouveaux
Ces données, bien qu’incomplètes, montrent à quel point les nouveaux sont vulnérables. En effet :
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ils manquent d’expérience et de repères,
ils ne connaissent pas bien leurs limites,
ils n’osent pas poser toutes les questions (par manque de confiance en soi ou pour faire bonne impression),
ils ne distinguent pas toujours l’essentiel de l’accessoire,
ils peuvent imiter des comportements à risque pour accélérer leur intégration,
ils ont tendance à méconnaître les dangers et à se sentir invulnérables (« ça n’arrive qu’aux autres »). |
La fréquence élevée d’accidents dans cette population peut être liée à la combinaison de plusieurs facteurs de risque tels que, entre autres :
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accueil insuffisant (informations et formation non délivrées),
flot d’informations trop dense (confusion, difficultés d’assimilation, fatigue mentale),
peu ou pas d’encadrement,
peu ou pas d’accompagnement,
absence de procédure et de document de référence,
travail effectué dans la précipitation (délais trop courts, cadence trop rapide…). |
Si l’accueil est bâclé, le nouveau se retrouve seul face aux problèmes et risque de prendre des décisions dangereuses ou des habitudes néfastes. Et la probabilité de survenue d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle devient importante. |
Avantages pour l’entreprise
Concevoir une démarche efficace d’intégration des nouveaux permet à l’employeur de :
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limiter le turn-over,
améliorer l’image de l’entreprise,
gagner du temps (prendre un peu de temps pour le nouveau peut lui en faire gagner beaucoup),
diminuer les risques d’accident du travail et de maladie professionnelle,
améliorer la disponibilité mentale du nouveau, et donc la qualité de son travail,
mobiliser et motiver le personnel. |
Rappel : l’obligation de formation à la sécurité
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« L'employeur organise une formation pratique et appropriée à la sécurité au bénéfice :
1° Des travailleurs qu'il embauche ;
2° Des travailleurs qui changent de poste de travail ou de technique ;
3° Des salariés temporaires »
Article L. 4141-2 du Code du travail (extrait)
« L'étendue de l'obligation d'information et de formation à la sécurité varie selon la taille de l'établissement, la nature de son activité, le caractère des risques qui y sont constatés et le type d'emploi des travailleurs. »
Article L. 4141-3 du Code du travail
« Les salariés titulaires d'un contrat de travail à durée déterminée et les salariés temporaires affectés à des postes de travail présentant des risques particuliers pour leur santé ou leur sécurité bénéficient d'une formation renforcée à la sécurité ainsi que d'un accueil et d'une information adaptés dans l'entreprise dans laquelle ils sont employés. »
Article L. 4154-2 du Code du travail (extrait)
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Avantages pour le nouveau
Les premiers temps passés dans l’entreprise font office de transition entre l’école et l’entreprise, entre la théorie et la pratique, ou entre 2 cultures d’entreprise… C’est une période délicate qui peut conditionner le reste de la carrière dans la nouvelle entreprise.
Etre accompagné :
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rassure, donne des repères,
permet d’acquérir plus rapidement la culture de l’entreprise,
donne du sens et une finalité au travail, permet de mieux le comprendre,
réduit le risque d’accident et de maladie professionnelle. |
Soigner l’accueil du nouveau est une stratégie gagnant-gagnant. |
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Comment accueillir et intégrer un nouveau ?
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Principes
La procédure d’accueil doit avant tout prévoir la présence d’une personne compétente et disponible pour accompagner le nouveau. Il peut s’agir d’un parrainage plus ou moins formel, qui s’inscrit dans la durée (plusieurs semaines, voire davantage). Plusieurs autres personnes peuvent être mobilisées : employeur, encadrement et collègues, chacun participe à l’accueil. La formation au poste s’effectue en interne, car chaque entreprise a ses particularités et connaît ses propres risques. Elle intégre les mesures de prévention en associant la sécurité aux informations de production.
Le livret d’accueil peut être utile, à condition qu’il serve de base à un dialogue. Faire signer un tel document s’avère inefficace si l’on ne s’assure pas que son contenu a été compris et intégré.
Accompagner un nouveau, c’est ouvrir le dialogue : inciter à poser des questions, les écouter et y répondre. Mais aussi responsabiliser, valoriser, rassurer, suivre, échanger, accompagner. Il ne s’agit pas de se contenter de mots : il faut aussi faire vivre, montrer (et non pas uniquement expliquer), utiliser des images, des symboles, des exercices. En n’oubliant pas que trop d’informations tuent l’information (risques de confusion et d’oubli) : informer petit à petit, au fil des jours, aide à la mémorisation.
Enfin, il est nécessaire de vérifier, par la pratique (et pas uniquement oralement), que les informations ont été assimilées.
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Les jeunes travailleurs
L’arrivée dans le monde du travail est une période charnière qui peut être difficile à vivre. Le jeune travailleur doit brusquement passer de la théorie à la pratique, et le décalage peut se révéler important. L’employeur n’en a pas toujours conscience. Ajoutons à cela que la relation au travail change, et que les différences générationnelles peuvent engendrer des a priori et des incompréhensions entre les jeunes travailleurs et leurs collègues plus âgés. D’autre part, les jeunes travailleurs sont inexpérimentés dans leur poste mais aussi dans le monde du travail. Enfin, les jeunes ont fréquemment des contrats de travail précaires (temps partiel, contrat à durée déterminée, stage…) et/ou mal rémunérés. Cela ne concourt pas à valoriser leur travail ni à investir dans leur accompagnement. Pourtant, c’est dès les premiers temps en entreprise que les « bonnes habitudes » doivent être prises : poser des questions, écouter les réponses, se protéger, prendre garde à la santé des autres… Elles devraient même être enseignées avant l’entrée sur le marché du travail.
NB : il existe une réglementation spécifique qui protège les travailleurs âgés de moins de 18 ans.
Pour en savoir plus, consultez le site de l’Agence européenne : http://ew2006.osha.europa.eu/risq/
Les intérimaires
Les intérimaires restent peu de temps dans chaque entreprise. Ils sont toujours nouveaux et doivent sans cesse s’adapter à des environnements de travail différents (méthodes, procédures, outils, machines, locaux…). De plus, leur arrivée correspond bien souvent à une situation d’urgence.
L’accident du travail touchant l’intérimaire est souvent lié à un problème de relation et de communication entre les 3 partenaires du travail temporaire : agence d’intérim, entreprise d’accueil et intérimaire. Méconnaissance de l’entreprise utilisatrice, manque de précision sur le travail demandé, méconnaissance de la nature du travail réellement effectué, insuffisance de l’accueil et de la formation, absence de questionnement, passivité, insuffisance de l’encadrement et du suivi, insuffisance de l’évaluation en fin de mission... aucun de ces facteurs ne renvoie à un seul des partenaires. Pour pallier ces difficultés, il est essentiel de favoriser le dialogue et de faire en sorte que les acteurs du travail temporaire apprennent à mieux se connaître pour mieux travailler ensemble.
Pour éviter ces écueils et découvrir les bonnes pratiques mutuelles, accédez au jeu vidéo Intérim Mission 3D et aux autres produits INRS sur l’intérim. |
Avant l'arrivée
Accueillir efficacement un nouveau exige de l’anticipation. Dès l’entretien d’embauche, il est important de l’informer sur la réalité du poste et de l’entreprise.
Avant l’arrivée du nouveau :
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Lui faire parvenir des informations sur l’accès à l’entreprise (adresse, transports en commun, plan de circulation…) et sur la personne qui va l’accueillir (nom, titre, coordonnées).
Le poste de travail est préparé, rangé, complété et mis à disposition, ainsi que les outils et les éventuels équipements de protection individuelle.
Les fiches de postes et les procédures auront été rédigées de façon à être utiles aux nouveaux.
Le document unique d’évaluation des risques peut contenir un chapitre sur les postes à fort turn-over.
Une personne ressource (ou un parrain) est nommée : compétente et disponible, elle doit être valorisée dans ce rôle.
Enfin, le personnel de l’équipe est mis au courant de l’arrivée imminente du nouveau, de son nom et de sa fonction. |
Premiers jours
L’accueil peut être individuel ou collectif, les 2 solutions ayant chacune ses avantages.
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Accueil individuel : personnalisé, adaptable, mais le nouveau peut se sentir seul et ne pas oser poser des questions
Accueil collectif : convivial mais plus général |
La visite des locaux permet de situer les services, de découvrir le plan de circulation et les lieux de repos, de rencontrer des collègues, le supérieur hiérarchique direct, voire le chef d’entreprise… Cela permet d’avoir une vue d’ensemble de l’environnement de travail et de placer ses tâches dans le contexte général de l’entreprise.
C’est aussi le premier jour qu’on remet au nouveau quelques documents essentiels (fiche de poste, procédures, plan de circulation, organigramme…) et si nécessaire sa tenue de travail et des protections individuelles. N’oublions pas que le nouveau a besoin de certaines informations pratiques : horaires de travail, lieux de travail, de restauration et de repos, équipements mis à disposition… Le nombre et la complexité des documents remis doivent être réduits afin de faciliter leur assimilation. Tout cela en gardant à l’esprit que le nouveau est dans une position stressante, et qu’il a besoin de se sentir le bienvenu. Souvenez-vous de votre premier jour !
Le moment de la « mise au poste », c’est-à-dire la présentation concrète du travail, est crucial. L’objectif est de faire comprendre au nouveau ses tâches ainsi que les limites de ce qu’il peut et de ce qu’il doit faire. Une démonstration lente suivie d’une pratique supervisée sera beaucoup plus efficace qu’une simple explication orale. Outre les procédures et les consignes, le nouveau a également besoin d’être informé des dysfonctionnements les plus fréquents et des moyens pour y remédier, ainsi que la conduite à tenir en cas de problème imprévu (personne ressource).
Période d'intégration
Affiche INRS A 666 |
L’efficacité du travail ne peut être immédiatement optimale. Il convient donc de laisser du temps au nouveau pour accomplir ses tâches, lui en assigner de nouvelles au fur et à mesure de leur assimilation et augmenter la cadence progressivement.
Au cours de la période d’intégration, le nouveau devra être formé aux procédures d’urgence (évacuation, sauvetage secourisme, extincteur etc.). D’autres formations liées au poste peuvent s’avérer utiles.
L’intégration prend du temps : le temps de rencontrer les collègues, fournisseurs et clients, le temps de s’approprier le poste de travail, le temps d’apprendre qui fait quoi, de tisser un réseau et d’acquérir la culture d’entreprise.
Tout au long de cette période, la personne ressource (ou le parrain) consacrera du temps au suivi et à l’écoute du nouveau, afin de le guider et d’apprécier sa progression. Une relation de confiance incitera le nouveau à poser des questions, à dire ce qu’il n’a pas compris et à signaler ses difficultés. Petit à petit, le nouveau deviendra un salarié « comme les autres ». |
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| Pour
en savoir plus en quelques clics... |
Documentation
INRS
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MENARD A. « Apprentis et stagiaires. Les obligations de sécurité ». Droit en pratique. Travail et sécurité, n° 664, juillet-août 2006, 2 p. (format pdf, 604 ko)
LEROY A. « Les jeunes travailleurs ». Droit en pratique. Travail et sécurité, n° 640, mai 2004, 2 p. (format pdf, 178 ko)
« Démarche d'intégration des intérimaires dans le bâtiment et les travaux publics (ED 836) ». Dossier web
« L’accueil des intérimaires ». Les conseils de Tip Top. Bande dessinée parue dans Prévenir les risques du métier. ED 1477 . 1996, 4 p. |
Films INRS
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« Un premier jour ». DM 324
« Le masque ». DM 199
« Derrière la palissade ». DM 353
« Napo dans... Bon départ ! L'accueil des nouveaux dans l'entreprise ». DV 370 |
Affiches INRS
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« Il est nouveau. Accueillons-le ». A 664
« Il est nouveau. Accompagnons-le ». A 665
« Il est nouveau. Allons vers lui ». A 666 |
Autres sites web
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