 | | Dossier | 


Mise à jour : 16/04/2009 |
 |  | Travailler par de fortes chaleurs en été
Des conditions climatiques caniculaires exceptionnelles sont à l'origine d'accidents du travail (dont certains mortels). Ce dossier décrit les réactions de l'organisme lorsqu'il est confronté à des conditions climatiques de fortes chaleurs. Il propose une aide à l'évaluation des risques liés à une chaleur caniculaire en milieu professionnel. Plusieurs pistes pratiques de prévention (organisation du travail, hygiène de vie et mesures comportementales, aménagements, recommandations techniques) vous sont proposées. |
Ce dossier (créé en juillet 2004) traite uniquement des problèmes posés par la
chaleur lors de périodes caniculaires. Il ne traite pas de la prévention
des risques professionnels spécifiques aux activités exposant
à des températures élevées telles que l’on
peut les éprouver dans la sidérurgie, les mines ou les verreries…
Il présente une approche pratique et accessible à tous,
tout en rappelant les méthodes de référence largement
utilisées par les spécialistes des ambiances thermiques.
Téléchargez notre dépliant de sensibilisation "Travail et chaleur d'été" (ED 931) qui énumère les principales mesures de prévention.
Généralités
L’exposition à la chaleur peut être à l’origine de
troubles sérieux chez un individu. En effet, la température
corporelle de l’homme doit demeurer constante (homéothermie), quel
que soit son environnement thermique. Les mécanismes de régulation
permettant ce maintien de la température peuvent être débordés,
notamment en période caniculaire. Le risque pour la santé
sera d’autant plus important que l’organisme n’y est pas préparé
(acclimatement).
Sur le lieu de travail, une combinaison de facteurs individuels (âge,
santé physique, état de fatigue, dépense physique
inhérente à la tâche…) et collectifs (organisation
de l’activité, conditions de travail…) joue alors un rôle
prépondérant non seulement sur la santé, mais aussi
sur l’altération des performances mentales et physiques des individus.
Lors des étés 2003 et 2006 notamment, plusieurs accidents du travail (certains
ayant entraîné la mort) ont directement pu être imputés
à la chaleur. Les activités physiques extérieures
(du type travaux dans le BTP) ne sont pas les seules concernées.
Situations
d’accidents liés aux périodes de fortes chaleurs
Ces deux exemples sont adaptés de cas réels.
1er cas d’accident : Yann,
19 ans, apprenti menuisier |
| Le premier jour de canicule de la saison surprend tout
le monde. Fin juin, le thermomètre affiche déjà
plus de 30 °C. Apprenti dans une menuiserie, Yann, 19 ans doit
s’occuper d’un déchargement de matériel dans une cour
située à un peu plus de 1,5 km de l’atelier où
il travaille habituellement. Ce début d’après-midi,
il s’y rend en voiture. Arrivé sur place, Yann a soif. Zut
! L’eau est restée à l’atelier. Tant pis. Pris par le
temps, il renonce à faire demi-tour. « Avec cette chaleur,
mieux vaut s’économiser, se dit-il. La bière du déjeuner
m’aidera à tenir ». Il s’attelle à la tâche.
Alors que le matin, l’atmosphère moite qui régnait dans
l’atelier avait provoqué chez le jeune homme une sudation excessive,
il réalise, que finalement, il sue beaucoup moins à
l’extérieur. En revanche, Yann a des maux de tête, puis
des crampes musculaires. A plusieurs reprises, il éprouve une
forte sensation de chaleur et quelques difficultés à
se concentrer sur sa tâche. Une heure trente plus tard, alors
qu’il reprend le volant, il est pris d’un malaise et perd le contrôle
de son véhicule. |
2e cas d’accident :
Eric, 42 ans, ouvrier du bâtiment |
Lundi 11 août. Eric, 42 ans, reprend le travail
après un arrêt maladie. La canicule, qui s’est abattue
sur le pays il y a une dizaine de jours ne faiblit pas. La nuit précédente,
la température a même atteint des records historiques
: à Paris, elle n’est pas descendue en dessous de 25,5 °C.
Et Eric a eu du mal a trouver le sommeil.
Ce lundi matin, Eric rejoint trois collègues sur un chantier
de construction d’une maison individuelle. Avec eux, il doit notamment
poser des éléments préfabriqués en béton,
déchargés et stockés à l’entrée
du chantier, en plein soleil. En début de matinée, Eric
boit beaucoup. Mais très vite, l’eau n’est plus très
fraîche… Pris par les cadences de son travail, il ne prête
pas attention à la sensation de faiblesse et de fatigue qu’il
ressent. Il l’attribue au manque de sommeil. A 11 h, alors qu’il a
définitivement renoncé à boire de l’eau tiède,
il est en proie aux premiers étourdissements. A plusieurs reprises,
ses collègues s’inquiètent de son état, sans
qu’aucun ne reconnaisse le coup de chaleur. Après le déjeuner,
alors qu’il s’apprête à reprendre son activité,
Eric perd conscience. |
Quelques
chiffres
Les vagues de chaleur sont généralement associées
à une élévation de la mortalité dans la population.
Il s'agit des personnes les plus sensibles à la chaleur, notamment les nourrissons, les personnes âgées, les personnes atteintes d'un handicap ou d'une maladie chronique, les sportifs...
Les travailleurs effectuant des tâches physiques pénibles sont également concernés.
En 2003, 15 décès probables par coup de chaleur ont pu être
dénombrés en milieu professionnel, principalement
dans le secteur du bâtiment et des travaux publics (d’après
les données recueillies auprès des Caisses
régionales d’assurance maladie (CRAM), données ne concernant
que le régime général de la Sécurité
sociale). Ces données mettent en lumière les effets d’une
activité physique intense par temps de canicule, y compris chez
les personnes jeunes.
Lors de la courte vague de chaleur observée en 2005, aucun décès professionnel n'a été rapporté. En 2006, la France traverse à nouveau une période de canicule et l'on déplore à ce jour plusieurs décès par coup de chaleur (dont deux ouvriers sur des chantiers, un couvreur et un chauffeur-livreur).
Adaptation
à la chaleur et effets sur l’homme
| |
Mécanismes de régulation
Afin de maintenir sa température corporelle à 37 °C,
l'organisme fait appel à des mécanismes de thermorégulation
(physiologiques), ainsi qu’à des mécanismes comportementaux.
L'acclimatement et des facteurs individuels peuvent également
influencer la thermorégulation.
| |
Mécanisme
physiologique
Dans un environnement neutre, la température
interne de l’organisme est maintenue à 37 °C.
Lors de variations environnementales, un « thermostat
biologique », localisé au niveau cérébral
(centre thermorégulateur hypothalamique), équilibre
l’excès de production de chaleur due à l’activité
des muscles et du foie, et de la perte de chaleur par la peau
et les poumons. Cette régulation thermique est assurée
notamment par le débit sanguin cutané (dilatation
des vaisseaux cutanés) et par la transpiration.
Ces mécanismes d'adaptation ont toutefois des limites.
Ainsi, lors d'une activité physique intense, il peut
arriver que la dilatation des vaisseaux cutanés (vasodilatation)
ne puisse plus augmenter sans provoquer une chute de la tension
artérielle. Dans ce cas, la régulation de cette
dernière devient prioritaire par rapport à la
régulation de la température.
Mécanismes
comportementaux
Pour améliorer sa tolérance à la chaleur,
l’homme peut avoir recours à différentes attitudes
comportementales :
| |
Se lever plus tôt, changer ses horaires de travail…
Boire plus et alléger ses repas.
Porter des vêtements plus légers, des vêtements
de protection, des vêtements moins absorbants vis-à-vis
des rayonnements thermiques…
Se mettre ou travailler à l’ombre, se protéger
par des écrans (stores, parasols…).
Limiter sa dépense énergétique (temps
de repos, réduction du travail aux heures les plus
chaudes, ralentissement de son activité…). |
Ces réactions comportementales sont illustrées
par les particularités des modes de vie dans les pays
chauds (architecture, horaires d’activité, régimes
alimentaires, coupe et couleurs des vêtements).
Facteurs
influençant la thermorégulation
Si les réactions physiologiques des personnes travaillant
à la chaleur sont semblables, leur intensité varie
selon les individus. Les variations inter-individuelles sont
importantes et principalement influencées par l'acclimatement,
l'entraînement physique, l'âge, le sexe, le poids,
le régime alimentaire et la prise de médicaments.
| |
Acclimatement
Sous l'effet d'expositions répétées
ou prolongées, l'homme acquiert une meilleure tolérance
à la chaleur.
Cet acclimatement est généralement obtenu
en 8 à 12 jours. Toutefois, il n'est que transitoire
puisqu'il s'atténue puis disparaît totalement
8 jours après l'arrêt de l'exposition.
Une période de vacances dans un environnement différent
supprime en général complètement
les adaptations liées à l'acclimatement.
Un sujet acclimaté présente :
| |
une meilleure efficacité de la transpiration
(déclenchement plus précoce, sudation
plus abondante...),
une réduction du risque de déshydratation,
un coût cardio-vasculaire moins élevé. |
Entraînement et condition physique
L'entraînement améliore la performance à
l'effort du système cardio-vasculaire. Le sujet
entraîné dispose donc d'une « réserve
» cardio-vasculaire plus importante que le sujet
non entraîné lorsqu'il est exposé
à la chaleur.
Age
La tolérance à la chaleur diminue avec l'âge.
Ceci explique les conséquences de l'exposition
à la chaleur des personnes âgées,
pouvant être parfois graves, voire fatales.
Genre
Les femmes semblent moins bien supporter les fortes chaleurs
que les hommes, mais cette différence disparaît
lors de l'acclimatement. La grossesse réduit aussi
la résistance à la chaleur.
Masse corporelle
L'obésité ou la maigreur excessive réduisent
la tolérance à la chaleur.
Régime
alimentaire et prise de médicaments
La consommation d'alcool, la prise de certains médicaments
(neuroleptiques, barbituriques...) peuvent réduire
la tolérance à la chaleur. Le régime
sans sel, les diurétiques peuvent aggraver certains
effets tels que la déshydratation. |
|
Effets de la chaleur sur la performance et la productivité
Des altérations fonctionnelles physiologiques simples sont
facilement mises en évidence (modifications de la préhension
par des mains moites par exemple), mais les effets psychologiques
sont également présents. De nombreuses études,
dont les résultats sont parfois contradictoires, ont mis en
évidence l'augmentation du temps de réponse ainsi que
celle des erreurs ou omissions lors de l'exposition à la chaleur.
Les critères de précision d'une tâche sont toujours
détériorés par les ambiances chaudes.
Les réactions à la chaleur concernant la performance
et la productivité sont également fonction de la tâche
et de son intérêt. Des altérations de la sécurité
et de la productivité sont observées lors d’un travail
physique intense. |
Risques
pour la santé
| |
Risques
d’une exposition prolongée à la chaleur
| |
L'exposition à la chaleur peut conduire
à des pathologies du fait soit de la mise en jeu des
mécanismes de thermorégulation soit du dépassement
de leurs capacités.
Une transpiration abondante et prolongée peut provoquer
une perte de sels minéraux (déficit ionique),
une déshydratation ou un épuisement thermique.
Le déficit ionique est responsable de crampes
de chaleur.
La déshydratation est liée à
la transpiration. La production horaire de sueur peut atteindre
0,75 litres par heure (l/h) chez un sujet non acclimaté,
et 1,2 l/h chez un sujet acclimaté à la chaleur
ou physiquement très entraîné. Lorsque ces
pertes hydriques ne sont pas compensées par un apport
en eau équivalent, un état de déshydratation
apparaît. L'accident de déshydratation peut survenir
à partir du moment ou la perte totale atteint 5 % du
volume d'eau total de l'organisme.
L'épuisement thermique correspond à
un début de coup de chaleur. La vasodilatation cutanée
peut provoquer des altérations dont l'une des manifestations
extrêmes est la syncope de chaleur. Celle-ci survient
généralement après une longue période
d'immobilité dans une ambiance chaude. Elle peut également
être observée lors de l'arrêt d'un travail
physique dur et prolongé en ambiance chaude. Elle se
traduit par une perte de connaissance soudaine et brève,
conséquence de la mise en jeu excessive de la dilatation
des vaisseaux cutanés avec chute de la tension artérielle
et réduction de l’irrigation sanguine du cerveau.
Les effets liés à la décompensation de
la thermorégulation sont également importants,
en particulier le coup de chaleur. Il est rare
mais son pronostic est très grave. Il est la conséquence
de l'arrêt de la sudation qui peut survenir lors de toute
exposition à une contrainte thermique sévère
ou chez le travailleur portant des vêtements imperméables
à la vapeur d'eau.
Pour en savoir plus, consultez le paragraphe « Coup
de chaleur ». |
Niveaux
de gravité des risques
Les risques pour la santé peuvent être répartis
en 4 niveaux de gravité.
Risques
pour la santé d’une exposition à la chaleur
: symptômes et niveaux de gravité |
Niveau |
Effets
de la chaleur |
Symptômes
et conséquences |
Niveau 1 |
Coup de soleil * |
Rougeur et douleur, oedème, vésicules,
fièvre, céphalées |
Niveau 2 |
Crampes de chaleur |
Spasmes douloureux (jambes et abdomen),
transpiration |
Niveau 3 |
Epuisement |
Forte transpiration, faiblesse, froideur
et pâleur de la peau, pouls faible, température
normale |
Niveau 4 |
Coup de Chaleur |
Température corporelle supérieure
à 40,6 °C, peau sèche et chaude, pouls
rapide et fort, perte de conscience possible.
Décès
possible par défaillance de la thermorégulation. |
* consécutif à une exposition
au soleil (ultraviolets) (d’après la définition
de la Croix rouge américaine) |
Coup
de chaleur
Le coup de chaleur est une urgence vitale.
Il correspond à une élévation de la température
du corps au delà de 40,6 °C. Le coup de chaleur est mortel
dans 15 à 25 % des cas. Il doit être pris en charge et
soigné rapidement pour qu'il n’entraîne pas de séquelles.
| |
Signes
d’alerte et principaux symptômes
Les signes d’alerte sont les plus importants à connaître
et doivent éveiller l’attention afin de pouvoir réagir
précocement :
| |
signes généraux : céphalée,
étourdissements, atonie ou fatigue ;
signes cutanés : peau sèche et chaude ;
signes neuro-sensoriels : désorientation, agitation
ou confusion, hallucinations, perte de conscience. |
Au stade d’apparition des premiers symptômes, il s’agit
d’une urgence vitale. La personne souffre d'une hyperthermie
et de perte de conscience. Elle est sujette à des vomissements,
des nausées, au délire, voire à des convulsions.
Sa peau est chaude et sèche (elle ne transpire pas).
Ses pupilles sont dilatées.
La probabilité de survie et de guérison sans séquelle
dépend de la précocité du traitement qui
consiste à refroidir la personne le plus rapidement possible.
Coup
de chaleur |
Symptômes
généraux |
 Hyperthermie : température interne supérieure
à 40,6°C
 Tachycardie : pouls rapide
 Respiration rapide
 Céphalées
 Nausées, vomissements |
Symptômes cutanés |
 Peau sèche, rouge et chaude
 Absence de transpiration |
Symptômes neuro-sensoriels |
 Confusion, comportement étrange, délire,
voire convulsions
 Perte de connaissance éventuelle
 Pupilles dilatées |
Premières
mesures de secourisme
|
|
Mesures
prévues par la réglementation française
Aucune indication de température n'est donnée dans
le Code du travail. Cependant, certaines de ses dispositions
consacrées à l’aménagement et à l’aération
des locaux, aux ambiances particulières de travail et à
la distribution de boissons répondent au souci d’assurer des conditions
de travail satisfaisantes.
L’employeur prend , en application de l’article L.
4121-1 du Code du travail les mesures nécessaires
pour assurer la sécurité et protéger la santé
des travailleurs, en y intégrant
les conditions de température.
Il est en effet tenu de renouveler l’air des locaux de travail en évitant
les élévations exagérées de températures
(article R. 4222-1) et d’aménager les locaux de travail extérieurs
de manière à assurer, dans la mesure du possible, la protection
des travailleurs contre les conditions atmosphériques (article
R. 4225-1). Dans les locaux à pollution non spécifique,
c’est-à-dire ne faisant pas l’objet d’une réglementation
spécifique, le renouvellement de l’air doit avoir lieu soit par
ventilation mécanique soit par ventilation naturelle permanente.
Il met à disposition des salariés
de l'eau potable et fraîche pour la boisson (article R.
4225-2).
Par ailleurs, les dispositions prises pour assurer la protection
des salariés contre les intempéries nécessitent l’avis
du médecin du travail et du comité d’hygiène, de
sécurité et des conditions de travail (CHSCT),
ou à défaut des délégués du personnel
(article R. 4223-15).
Le médecin du travail est le conseiller de l'employeur, des salariés, des représentants
du personnel, des services sociaux, en ce qui concerne notamment :
| |
l'amélioration des conditions de vie et de travail dans l'entreprise
;
l'adaptation
des postes, des techniques et des rythmes de travail à la physiologie
humaine ;
la protection
des salariés contre l'ensemble des nuisances, et notamment
contre les risques d'accidents du travail ;
l'hygiène
générale de l'établissement ;
la prévention
et l'éducation sanitaires dans le cadre de l'établissement
en rapport avec l'activité professionnelle (article R. 4263-1). |
Le médecin du travail est habilité à proposer des
mesures individuelles telles que mutations ou transformations de postes,
justifiées par des considérations relatives notamment à
l'âge, à la résistance physique ou à l'état
de santé physique et mentale des travailleurs (article L. 4264-1).
L'employeur est tenu de prendre en considération ces propositions
et, en cas de refus, de faire connaître les motifs qui s'opposent
à ce qu'il y soit donné suite.
Depuis le 1er janvier 1993, le maître d’ouvrage se conforme à certaines règles relatives à l’aménagement des locaux de travail. Ainsi, « les équipements et caractéristiques des locaux de travail sont conçus de manière à permettre l'adaptation de la température à l'organisme humain pendant le temps de travail, compte tenu des méthodes de travail et des contraintes physiques supportées par les travailleurs » ; sachant que ces dispositions « ne font pas obstacle à celles des articles L. 111-9 et L. 111-10 du code de la construction et de l'habitation relatives aux caractéristiques thermiques des bâtiments autres que d'habitation » (articles R. 4213-7 à R. 4213-9 du Code du travail).
Sur les chantiers du BTP, les employeurs sont tenus de mettre à la disposition des travailleurs 3 litres
d’eau, au moins par jour et par travailleur (article R. 4534-143 du Code du travail).
Dans ce même secteur du BTP, l’entrepreneur peut, sous certaines
conditions strictes, décider d’arrêter le travail pour «
intempéries » (article L. 5424-9 du Code du travail). Non
sans inconvénients pour les salariés, cette possibilité
aurait été mise en œuvre par certaines entreprises pendant
des périodes de canicule.
S’agissant de l’exercice du droit de retrait des salariés
(article L. 4131-1), il est rappelé que celui-ci s’applique
strictement aux situations de danger grave et imminent. Il est
soumis à l’appréciation des tribunaux. Dans les situations de travail à la chaleur, une évaluation des risques et la mise en place de mesures de prévention appropriées permet de limiter les situations de danger. |
|
Evaluation
du risque
Il est fondamental d’identifier les risques inhérents au travail
en ambiance thermique d’été, ainsi que les événements
ou les facteurs qui peuvent conduire à la survenue de ces risques.
Plusieurs facteurs doivent donc être pris en compte lors de cette
évaluation : individuels, liés aux postes de travail, organisationnels
et environnementaux.
En matière de travail en ambiance thermique d’été,
certains risques spécifiques se sur-ajoutent aux risques habituellement
encourus :
|
un risque d’accident du travail consécutif à une perte
de vigilance due à la chaleur ;
un risque,
pour le ou les individus exposés, de crampes musculaires ou
de malaise ;
un risque
de coup de chaleur. |
Rappelons que la loi du 31 décembre 1991 modifiée fait obligation à
tout employeur de réaliser une évaluation des risques. Le
décret du 5 novembre 2001 précise que la transcription des
résultats de cette évaluation doit se faire dans un document
unique.
Il oblige l’employeur à tenir à disposition ces résultats
auprès du CHSCT ou à défaut des délégués
du personnel, de l’inspecteur du travail, du médecin du travail,
des agents des services de prévention des organismes de la Sécurité
sociale.
Pour plus d'informations sur l'évaluation des risques professionnels,
consultez notre dossier.
Facteurs
de risques
Aux facteurs climatiques et liés aux postes de travail s’ajoutent
des facteurs individuels, qui doivent être connus et bien identifiés.
Cependant, certains de ces facteurs individuels ne peuvent être pris
en compte que par le médecin du travail afin d’informer les salariés,
d’adapter les recommandations à ces facteurs individuels et de conseiller
les adaptations de postes tout en préservant la confidentialité
médicale.
| |
Facteurs
climatiques
|
Définition
de la journée « inhabituellement chaude »
Le « temps qu’il fait » est l’un des premiers facteurs
à prendre en considération. Vous devez
être vigilant dès que la température ambiante
(à l’ombre) dépasse dans la journée 30
°C.
Le risque est accru par :
|
des températures nocturnes supérieures à
25 °C (qui ne favorisent pas une récupération
complète de l’organisme : inconfort thermique nocturne
et sommeil de mauvaise qualité) ;
une humidité relative de l’air élevée
(supérieure à 70 %). |
Le mieux est de se tenir informé en consultant quotidiennement
les bulletins météo de votre région.
Utilisation
du « Heat index », combinaison des facteurs température
/ humidité de l’air
Le risque « météorologique » peut
être facilement évalué par la simple mesure
de la température ambiante et de l’humidité relative
de l’air, avec utilisation du « Heat Index Chart ».
Ce diagramme a été mis au point en 1985 par le
département américain de météorologie
nationale, afin de prévenir les accidents et les décès
en cas de vague de chaleur en été. D’approche
simple, ce « Heat Index » est aujourd’hui très
largement utilisé.
Diagramme
température / humidité, en relation avec
les troubles physiologiques
liés à la chaleur (Heat Index Chart) |
|
d’après le National Oceanic and
Atmospheric Administration (NOAA, 1985). Afin de faciliter sa
lecture et son utilisation, les valeurs absolues des indices
(sans unité) ont été conservées.
Seule l’échelle des températures a été
convertie en °C.
* Consécutif à une exposition au soleil (rayonnements
ultraviolets)
Avec une exposition de longue durée à la
chaleur et/ou une activité physique, ce diagramme montre
que toute combinaison humidité / température donnant
un indice supérieur à 90 expose les travailleurs
à un risque de coup de soleil, de crampes musculaires
dues à la chaleur, ou d’épuisement physique.
Un indice supérieur à 105 indique un risque
possible de coup de chaleur.
Attention : Ce « Heat Index » est établi
pour des conditions nuageuses (températures mesurées
à l’ombre), avec un vent léger. Il faut ajouter
15 à l’indice obtenu pour un travail en plein soleil.
Température
et humidité relative de l’air : comment les mesurer
? |
Température de l’air : à l’aide d’un simple
thermomètre (placé à l’ombre si travail
à l’extérieur). Des sondes à résistance,
ou des couples thermoélectriques peuvent être
aussi utilisés. Un psychromètre permet de
mesurer à la fois la température sèche
et la température humide de l’air.
Humidité relative de l’air : hygromètres,
appareils de mesure disponibles dans le commerce. |
|
Facteurs
inhérents au poste de travail ou à la tâche à
exécuter
Les différents facteurs suivants peuvent augmenter de façon
notable les risques dus à une exposition à une chaleur
caniculaire :
|
Impossibilité de se procurer facilement de l’eau fraîche
(travail sur un site extérieur sans point d’alimentation
en eau par exemple).
Exécution de tâches pénibles ou travail
physique (se reporter à la classification du tableau
suivant).
Insuffisance des pauses de récupération.
Il est en effet préférable d’avoir des pauses
toutes les heures. Et à mesure que la température
augmente, les pauses doivent être de plus en plus longues.
Exposition à la chaleur accentuée par un travail
en extérieur, en plein soleil, et notamment sur des
surfaces réverbérant la chaleur (toitures…)
Travail à proximité de sources de chaleurs (four,
procédé ou équipement de travail dégageant
de la chaleur) ou dans une ambiance humide.
Utilisation d’équipements de protection qui ne sont
pas adaptés à la chaleur (et qui augmentent
l’astreinte thermique).
Caractérisation
de la charge physique au poste de travail
Tout travail implique dépense d’énergie par
le métabolisme, donc production de chaleur. Cette dépense
énergétique va avoir un impact non négligeable
sur le confort thermique ou la contrainte thermique de la
personne, surtout dans un environnement chaud.
Plus la charge de travail est lourde, et plus la chaleur est
difficile à supporter, et plus le risque de coup de
chaleur est important.
Ce tableau donne quelques exemples de travaux et leur classification
en niveau de charge physique.
Classification
à 4 niveaux de la charge physique (pénibilité),
avec exemples |
Classe |
Exemples |
| Repos |
 Sommeil
 Repos assis ou debout |
| Travail léger |
 Travail de secrétariat
 Travail assis manuel léger (taper sur un
clavier, écrire, dessiner, coudre, faire
de la comptabilité)
 Travail assis avec de petits outils, inspection,
assemblage ou triage de matériaux légers
 Travail des bras et des jambes (conduite de véhicule
dans des conditions normales, manœuvre d’un interrupteur
à pied ou à pédales)
 Travail debout (fraisage, forage, polissage, usinage
léger de petites pièces)
 Utilisation de petites machines à mainMarche
occasionnelle lente (inférieure à
3,5 km/h) |
| Travail moyen |
Travail soutenu des mains et des bras (cloutage,
vissage, limage…)
Travail des bras et des jambes (manœuvre sur chantiers
d’engins : tracteurs, camions…)
Travail des bras et du tronc, travail au marteau
pneumatique, plâtrage, sarclage, binage, cueillette
de fruits et de légumes
Manutention manuelle occasionnelle d’objets moyennement
lourds
Marche plus rapide (3,5 à 5,5 km/h), ou marche
avec charge de 10 kg |
| Travail lourd |
Travail intense des bras et du tronc
Manutention manuelle d’objets lourds, de matériaux
de construction
Travail au marteauPelletage, sciage à main,
rabotage
Marche rapide (5,5 à 7 km/h), ou marche de
4 km/h avec charge de 30 kg
Pousser ou tirer des chariots, des brouettes lourdement
chargés
Pose de blocs de béton |
| Travail très lourd |
Travail très intense et rapide (par exemple
déchargement d’objets lourds)
Travail au marteau à deux mains ou à
la hache (4,4 kg, 15 coups/minutes)
Pelletage lourd, creusage de tranchée
Montée d’escaliers ou d’échelles
Marche rapide, course (supérieure à
7 km/h) |
D’après la norme ISO 8996 |
La notion de durée du travail est importante : monter
des escaliers est un travail très lourd s’il est effectué
pendant 8 heures en continu, mais peut être considéré
comme un travail léger s’il dure 30 secondes.
Dans un contexte d’ambiance thermique d’été,
il faut être vigilant pour les personnes amenées
à effectuer des travaux moyennement pénibles
(niveau « moyen »). Et il faut être
particulièrement vigilant pour les travaux physiques
ou pénibles, caractérisés par les niveaux
« lourd » et « très lourd » de la classification de la charge physique (tableau ci-dessus).
Il existe donc des secteurs d’activité qui sont plus
à risques que d’autres, de par la proportion élevée
de postes de travail avec des charges physiques moyennes,
lourdes, voire très lourdes : le bâtiment et
les travaux publics, les travaux forestiers, certains travaux
agricoles, ou en extérieur.
Signalons qu’en plus de l’effort accompli, ce qui va aussi
influer sur la charge ou l’astreinte thermique, c’est la nature
des vêtements de travail ou de protection (paramètre
isolement thermique). Ces derniers vont en effet contribuer
ou non à une meilleure évacuation / isolement
de la chaleur générée / subie.
Des méthodes de mesurage et d'analyse permettent d’évaluer
de façon plus précise la dépense énergétique
lors de l’exécution d’une tâche (voir le paragraphe Méthodes
de référence). |
Facteurs
individuels
Certaines caractéristiques individuelles des salariés
contribuent à majorer le risque dû à une exposition
à une chaleur caniculaire lors de l’exécution d’une
tâche.
Si certaines sont accessibles à l’employeur (habitude de la
tâche, acclimatement, âge), d’autres ne peuvent être
prise en compte que par le médecin du travail, dont le rôle
est fondamental dans l’évaluation du risque à l’échelle
de chaque individu.
Caractéristiques
des principaux facteurs de risques individuels lors
d’expositions à la chaleur |
Facteurs
de risques |
Description |
Perte d’acclimatement |
L’acclimatement est
généralement obtenu en 8 à 12 jours.
Il est cependant transitoire. Il disparaît en
8 jours. |
Astreinte et condition
physique |
L’entraînement
sportif améliore la performance à l'effort
du système cardio-vasculaire. Le manque d’habitude
dans l’exécution des tâches physiques astreignantes
constitue un facteur de risque. |
Antécédents
médicaux |
Maladies du système cardio-vasculaire,
maladies des voies respiratoires, diabète, insuffisance
rénale. |
Médicaments |
 Anticholinergiques (antihistaminiques), anti-parkinsoniens,
diurétiques, phénothiazines
 Antidépresseurs tricycliques, IMAO
 Neuroleptiques |
Toxiques |
Alcool et drogues (amphétamines,
cocaïne, LSD…) |
| Etats physiologiques |
Grossesse, obésité, âge |
| Inaptitude temporaire |
Infection intercurrente, déshydratation,
manque de sommeil |
Faites attention
si vous rentrez dans l’un des cas suivants |
Vous ne vous sentez pas très bien.
| Soyez attentifs à l’apparition de symptômes
tels que crampes musculaires, frissons, nausées
ou mal au ventre, mal de tête, étourdissements,
vertiges, fatigue inhabituelle ou malaise généralisé. |
Vous avez plus de 55/60 ans.
Vous êtes une femme enceinte.
Vous ne buvez pas assez.
| Par temps chaud, il est préférable
de boire au minimum l’équivalent d’un verre
d’eau toutes les 20 minutes. Vous ne devez en revanche
pas boire plus d’un litre et demi par heure. |
Vous avez des antécédents médicaux
(pathologie cardiovasculaire, maladie des voies respiratoires,
diabète).
Vous prenez des médicaments du type neuroleptiques
(tranquillisants, antidépresseurs, anxiolytiques…),
des antihistaminiques, ou d’autres médicaments
figurant dans le tableau ci-dessus. Dans ce cas, adressez
vous à votre médecin
Vous consommez de l’alcool (ou des drogues).
Votre condition physique n’est pas parfaite (sédentarité,
manque d’exercice physique).
Vous n’êtes pas habitué à exécuter
votre tâche (intérim, changements de méthodes,
rotations dans les équipes…).
Vous n’êtes pas acclimaté à cette
chaleur : vous reprenez le travail après une absence
de plus de 15 jours sous un climat plus « tempéré
», ou bien vous êtes intérimaire... |
Par temps chaud, je pense à boire
de l'eau |
|
Recommandations
relatives à cette grille d’évaluation
Les accidents liés à la canicule ont le plus souvent lieu
dès les premiers jours de canicule. Ce dossier présente une méthode
d’évaluation du risque « météorologique »
simple et pratique à utiliser, permettant d’agir rapidement. Il est
destiné à un large public et à des non spécialistes
des ambiances thermiques, et devrait permettre de répondre en première
approche à des situations climatiques exceptionnelles.
Rappelons quelques points forts sur les facteurs de risques présentés
plus haut :
|
Les facteurs climatiques, et ceux inhérents à la tâche
de travail sont directement accessibles et utilisables par le salarié,
l’employeur ou une personne chargée de la sécurité
de l’entreprise pour une évaluation des risques au niveau global
d’une entreprise.
Certains
facteurs individuels ne peuvent être pris en compte que par
le médecin du travail, dont le rôle est fondamental dans
l’évaluation du risque à l’échelle de chaque
individu. |
L’évaluation du risque « météorologique »
à l’aide du « Heat Index » ne saurait se substituer à
des méthodes plus complexes permettant de faire un bilan thermique
précis, indispensables dans certaines situations de travail. Ces
méthodes d’évaluation des contraintes et des astreintes thermiques
sont largement utilisées par les spécialistes des ambiances
thermiques ; elles sont cependant plus lourdes et plus longues à
mettre en œuvre en entreprise.
|
Méthodes
de référence : pour indication
Il existe des méthodes plus précises de mesurage et
d'analyse des contraintes et des astreintes thermiques développées
depuis de nombreuses années pour répondre à
des situations à risque dans les activités exposants
à la chaleur (sidérurgie, mines, verreries…). Les
grandes lignes de ces outils sont rappelées dans ce dossier
à titre d'information.
Trois aspects (bien qu'ils soient étroitement liés dans
les concepts) peuvent être distingués dans ces méthodes
d'analyse : évaluation de la contrainte, évaluation
de l’astreinte, et évaluation de la dépense énergétique.
|
Evaluation de la contrainte
|
La métrologie des différents paramètres
physiques de la contrainte thermique (températures
de l'air et de rayonnement, humidité et vitesse
de l'air) est définie par une norme (ISO 7726).
Cette métrologie impose l'utilisation de différents
appareils et des mesurages répétés
dans le temps et à 3 hauteurs et aux différents
endroits où travaille le salarié.
L'indice WBGT ou « Wet Bulb and Globe Temperature
», autrement dit « température humide
et de globe noir » (norme ISO 7243), est une pondération
entre la température de globe (Tg) et la température
humide naturelle (Thn) à l'abri (WBGT = 0,7 Thn
+ 0,3 Tg), ou à l'extérieur, où la
température de l'air (Ta) est aussi considérée
(WBGT = 0,7 Thn + 0,2 Tg + 0,1 Ta). L'indice WBGT permet
de déterminer des durées de pause. Pour
ce faire, il impose la détermination de la dépense
énergétique. |
Evaluation de l'astreinte
L'indice « astreinte thermique prévisible »
(ISO 7933) enrichit l'ancien « sudation requise »
par des données physiologiques récentes. Ce modèle
est surtout un outil de prévision. En prévention,
ce modèle nécessite pour être utilisé
à bon escient, un mesurage des divers paramètres
physiques de l'ambiance, l'évaluation de l'isolement
vestimentaire qui fait appel à une norme (ISO 9920) et
une évaluation précise de la dépense énergétique
des sujets exposés.
Evaluation
de la dépense énergétique
Ce paramètre est essentiel, car pour produire 1 Joule
de travail, l'organisme produit entre 5 et 90 Joules de chaleur.
En général, dans les activités de tous
les jours on est plus proche des 90 que des 5 Joules. Ce paramètre
permet l'évaluation de l’astreinte thermique d'une tâche.
La norme ISO 8996 détaille les différentes méthodes
d'évaluation de la dépense énergétique.
Les méthodes par description de l'activité permettent
de classer l'intensité et sont rappelées plus
haut. Les méthodes plus précises détaillées
dans cette norme imposent a minima le recueil de la fréquence
cardiaque (FC). Dans l'ordre croissant de précision,
la FC peut être associée à un test d'effort
pour établir une relation FC/puissance mécanique
ou FC/consommation d'oxygène (VO2). Enfin, la mesure
directe de la consommation d’oxygène au cours du travail
est la valeur de référence.
Les appareillages que nécessitent ces recueils réservent
ces méthodes à des laboratoires spécialisés.
Le niveau de précision demandé exige que ces mesures
soient réalisées sur de nombreux individus ce
qui alourdit d'autant l'utilisation de ces indices précis. |
|
|
|
Recommandations
et mesures de prévention
Les mesures de prévention proposées dans les paragraphes
suivants doivent être considérées dans la perspective
d’une démarche de prévention globale mise en place dans
l’entreprise. La prévention doit être intégrée
le plus en amont possible, en passant par des mesures d’organisation du
travail, d’information et de formation.
|
d’après le Code du travail (articles L.
4121-1 à L. 4121-5) |
Dans la prévention des risques spécifiques à des chaleurs
caniculaires, il faut signaler que les mesures comportementales et l’hygiène
de vie prennent une place particulière qui nécessite, encore
plus que pour d’autres risques, de bien informer et former les salariés
sur les risques et leur prévention.
Les mesures énoncées ci-après sont d’ordre général.
Ces mesures sont à adapter en fonction des situations de travail.
La spécificité de certains métiers imposent leur
ajustement, notamment dans le domaine du bâtiment et des travaux
publics.
En période de canicule, il est
indispensable de :
| |
vérifier quotidiennement les conditions
météorologiques (bulletin météo…), afin d’évaluer et réévaluer les risques
au jour le jour,
faire preuve de vigilance pour soi et son entourage professionnel,
éviter de travailler de façon isolée. |
Parfois, des mesures simples à mettre en oeuvre suffisent à protéger les salariés. |
|
N'oubliez pas de prendre la température
! |
Conditions
de travail
En cas de journées inhabituellement chaudes, un certain nombre
de mesures préventives relatives aux conditions de travail peuvent
être appliquées par l’employeur, permettant ainsi à
l’entreprise de poursuivre ses activités et de limiter les risques
d’accident.
Certaines d’entre elles (aides à la manutention mécanique
par exemple) devraient être mises en œuvre systématiquement,
quelque soit la situation climatique. De façon plus générale,
toute action d’amélioration des conditions de travail contribuant
à réduire la pénibilité physique contribue à
réduire les risques en période de fortes chaleurs.
Mesures préventives
relatives aux conditions de travail : |
Vérifier quotidiennement les conditions météorologiques,
et en informer les salariés.
Limiter, autant que possible, le travail physique et reporter les
tâches lourdes.
Fournir des aides mécaniques à la manutention.
Prévoir
des sources d’eau potable, à proximité des postes de
travail.
Prévoir des aires de repos climatisées ou aménager
des zones d’ombre.
Se montrer vigilant face aux situations de travail particulières
: enceinte ou local clos, tâche effectuée sur des surfaces
réfléchissantes (toit avec revêtement…).
Informer
les salariés des risques liés à la chaleur (importance
de l’acclimatement, coup de chaleur…) et des mesures de premiers secours.
Prévoir
des adaptations techniques permettant de limiter les effets de la
chaleur (ventilateurs, brumisateurs, stores, abris en extérieur…).
Rappelons qu’au-dessus de 33 °C, le ventilateur brasse de l’air
chaud et tend alors à augmenter l’inconfort. |
Espace de détente ombragé |
|
Distributeur d’eau |
|
Organisation
du travail
En cas de journées inhabituellement chaudes, un
certain nombre de mesures préventives relatives à l’organisation
du travail peuvent être également appliquées par
l’employeur :
|
Prendre en compte la période d’acclimatement nécessaire,
soit un minimum de 8 jours d’exposition régulière
(être d’autant plus vigilant si le salarié revient
de vacances ou d’un arrêt maladie, ou encore s’il intervient
en tant qu’intérimaire ou nouvel embauché).
Augmenter la fréquence des pauses de récupération
(par exemple : toutes les heures).
Limiter si possible le temps d’exposition du salarié
ou effectuer une rotation des tâches lorsque des postes
moins exposés en donnent la possibilité.
Aménager les horaires de travail, afin de bénéficier
au mieux des heures les moins chaudes de la journée.
Privilégier le travail d’équipe, éviter
le travail isolé (permettant une surveillance mutuelle
des salariés en cas de problème).
Permettre au salarié d’adopter son propre rythme de travail
pour réduire la contrainte thermique. |
Par de fortes chaleurs,
évitez de travailler de façon isolée
! |
|
Mesures
comportementales et hygiène de vie
Une bonne information des salariés doit les conduire à adopter
différentes mesures comportementales ou d’hygiène de vie,
ayant pour objectif de réduire les risques liés aux chaleurs
caniculaires. Les facteurs de risques individuels ont en effet, dans le
domaine du travail à la chaleur, une importance particulière.
La situation individuelle des salariés (maladie chronique, prises
médicamenteuses, grossesse…) doit être prise en compte et faire
l’objet d’une information et de recommandations spécifiques par le
médecin du travail.
Mesures comportementales |
Se tenir informé au quotidien des conditions météorologiques
(radio, presse…).
Informer de tout dysfonctionnement pouvant être source de risque
(par exemple, distributeur d’eau en panne).
Boire régulièrement de l’eau fraîche, même
si l’on ne ressent pas la soif (un verre d’eau toutes les 15-20 minutes).
Porter
des vêtements amples, légers, de couleur claire, favorisant
l’évaporation de la sueur.
Se protéger la tête du soleil.
Adapter son rythme de travail selon sa tolérance à la
chaleur.
Attention ! Travailler plus vite pour finir
plus tôt peut s’avérer dangereux.
Éviter les efforts physiques trop importants.
Supprimer ou réduire les efforts physiques, dans la mesure
du possible.
Utiliser systématiquement les aides mécaniques à
la manutention (chariot, diable…).
Penser à éliminer toute source additionnelle de chaleur
(éteindre le matériel électrique, lorsqu’il n’est
pas utilisé : poste informatique, imprimante, lampe…).
Cesser
immédiatement toute activité, dès que des symptômes
de malaise se font sentir et le signaler (encadrement, médecin
du travail…).
Attention ! En cas de trouble en fin de
journée (fatigue, étourdissement, maux de tête…),
éviter toute conduite de véhicule et/ou se faire accompagner.
Ne pas hésiter à consulter un médecin. |
En cas de troubles en fin de journée,
faites-vous raccompagner ! |
Mesures
techniques : aménagement et conception des locaux et des situations
de travail
Des mesures techniques ponctuelles, correctives ou, mieux, intégrées
dès la conception peuvent permettre de réduire notablement
certains effets d’une ambiance thermique d’été.
La réglementation précise que les locaux affectés au
travail doivent être isolés thermiquement dans des conditions
telles que :
|
une température convenable y soit maintenue,
l’air
soit dans un état tel qu’il préserve la santé
des travailleurs,
l’installation
ne génère pas de risques (biologique, explosion, incendie,
brûlures…),
la consommation
d’énergie soit aussi réduite que possible. |
L’aménagement et la conception des locaux et des situations de travail
gagnent ainsi à réaliser un conditionnement d’ambiance permettant
de contrôler la température, l’hygrométrie et la pureté
d’air.
|
Mesures
ponctuelles pouvant être prises lors d’étés inhabituellement
chauds
Sans recourir à des techniques complexes ou onéreuses,
les solutions suivantes peuvent selon les cas apporter des réponses.
Certaines sont prévues par la réglementation.
Mesures
correctives pour des bâtiments ou locaux existants
Les solutions suivantes peuvent selon les cas apporter des réponses.
Certaines peuvent s’avérer complexes et onéreuses.
|
* en évitant de surajouter un
risque biologique (légionellose par exemple) |
Mesures
préventives à prendre dès la conception de nouveaux
bâtiments
Outre les critères généraux de confort thermique
déjà évoqués, la conception de nouveaux
bâtiments doit considérer comme une règle minimale
:
|
d’assurer un écart de température de 6 à
8 °C maxi entre l’ambiance interne et l’extérieur
pour éviter les désagréments en entrant
ou en sortant des locaux,
de satisfaire à l’obligation concernant le besoin de
renouvellement d’air, besoin allant de 25 m3 pour
un bureau à 60 m3 pour un atelier où
le travail est intense (volume d’air à renouveler par
personne et par heure). |
Cela dit, la réflexion à engager sur le confort
thermique doit être intégrée le plus en amont
possible, lors de l’élaboration du programme, de manière
à bien prendre en compte les contraintes liées aux apports
thermiques externes et internes.
|
Réduire
les apports thermiques externes
L’isolation de l'enveloppe du bâtiment, constituée
par les parois opaques et les parois vitrées, est déterminante
pour le confort thermique. Elle s’accompagne de gains généralement
importants en matière d’énergie .
Protection
au niveau des parois vitrées |
Compte tenu des particularités
régionales et du compromis été /
hiver, le choix d’orientation du bâtiment doit chercher,
en conception, à diminuer le flux incident :
|
Éviter d’orienter les baies vitrées
Sud / Sud-Ouest.
Les locaux ne nécessitant que peu de baies
(locaux techniques, locaux de stockage avec ou sans
quai par exemple) seront implantés sur la
façade la plus exposée au soleil.
Dispositifs d’éclairage naturel en
toiture, soit basés sur le principe
du shed orienté au nord, soit munis
d’un voile de protection solaire externe (voir
photo ci-contre). |
Exemple de protections
solaires par l'extérieur en toiture
+ groupe de rafraîchissement d'aire
(caissons noirs) |
|
Choix de vitrages à
faible facteur de transmission et à fort coefficient
de réflexion faisant écran au rayonnement,
telles les vitres teintées et réfléchissantes.
Choix d’installation de stores
extérieurs et de baies à ventaux ouvrants
pour faciliter les courants d’air.
Pour les façades vitrées,
fréquentes dans le tertiaire, le confort d’été
peut être optimisé à la conception
par la création d’une façade à deux
parois vitrées séparées à
chaque étage par une passerelle de maintenance
en caillebotis. L’abaissement de la température
de rayonnement du vitrage intérieur est obtenu
par l’effet combiné de stores de protection solaire
inclus entre ces deux parois et d’un rafraîchissement
du volume d’air inclus entre ces parois. Ce volume d’air
inclus étant considérablement plus faible
que le volume intérieur du bâtiment qu’il
protège, la consommation globale d’énergie
de rafraîchissement (selon les choix techniques
retenus) s’en trouve nettement diminuée. De plus,
en hiver, rafraîchissement à l’arrêt
et ventilation en fonctionnement, ce système assure
une isolation thermique équivalente à celle
d’un double vitrage incluant une lame d’air de très
forte épaisseur. Ce dispositif constitue par ailleurs
une isolation phonique efficace contre les bruits extérieurs. |
Réduire
les apports thermiques internes
Il est nécessaire d’identifier les sources internes de
chaleur, capter et évacuer les apports thermiques élevés
de manière à préserver l’atmosphère
ambiante.
Systèmes
rafraîchissant ou climatisant l’atmosphère
La mise en place d’un système de climatisation est éventuellement
à prévoir. Les techniques de production de froid
sont alors à étudier en fonction de chaque région
et de chaque site.
Les installations peuvent être de type centralisées
(installations « sur mesure » pouvant traiter des
bâtiments de très grand volume) ou constituées
d’appareils autonomes (à pompe à chaleur pouvant
traiter chacune un atelier).
Types de
dispositifs |
Humidificateur des systèmes de climatisation.
Le recours à un dispositif d’humidification
par eau recyclée nécessite des précaution
particulières pour éviter tout risque
de prolifération et de contamination bactérienne
(de type légionelles) ; il faut accorder
la priorité aux humidificateurs à
vapeur sèche stérilisant l’eau à
sa source d’émission avec une évacuation
permanente des eaux de condensation.
Tour aéroréfrigérante
des systèmes de climatisation. Etant
également cause de contamination bactérienne,
préférer dès la conception
un système de refroidissement par batterie
d’échangeurs secs (si possible techniquement). |
|
|
|
|
Confort
thermique : quelques notions
Le confort thermique est une notion fondamentalement subjective. Les critères
de confort thermique au travail ne sont pas identiques pour tout le monde
: ils dépendent de l'âge, du sexe, des caractéristiques
individuelles, du travail effectué. Par exemple, la température
de confort d’un manœuvre qui a un travail physique « très lourd
» est de 10 °C environ ; la température de confort du contremaître
qui le supervise est de 24 °C.
Le
confort thermique, c'est quoi ?
Le confort thermique est la satisfaction d'un individu eu égard aux
conditions thermiques de son environnement. Il est par définition
particulièrement dépendant des perceptions individuelles et
influencé par l'activité physique (production de chaleur),
l'habillement et les niveaux et fluctuations des caractéristiques
de l'ambiance thermique (températures de l'air et de rayonnement,
de contacts, humidité et vitesse de l'air).
Les conditions de confort thermique sont définies dans une norme
française (AFNOR X 35-203). Celle-ci indique que dans une situation
de confort idéale, 5 % des salariés sont insatisfaits. En
réalité, ce pourcentage est plutôt de 20 % et confirme
le fait qu'il est illusoire de vouloir satisfaire « tout le monde
». Les variabilités interindividuelles de perception du confort
expliquent qu'une situation thermique théoriquement idéale
soit jugée inconfortable par au moins 1 salarié sur 5.
En conséquence, afin d'optimiser une condition thermique qui respecte
des conditions théoriques de confort, il est nécessaire de
questionner les salariés exposés à l'ambiance.
Pour un salarié sédentaire, les conditions de confort thermique
peuvent se résumer au maintien de la température centrale
sans réaction thermorégulatrice importante, circulation sanguine
stable, variations négligeables de la fréquence cardiaque
de repos, sudation modérée et faibles différences de
températures cutanées locales.
Le
confort thermique pourquoi ?
Il s'agit en premier lieu d'un souci de santé. En effet, permettre
à l'homme de travailler dans les situations les plus confortables
possible limite les atteintes à sa santé.
Il s'agit également d'un souci de performance.
Une revue des publications antérieures à 2002 montre que les
capacités neuromusculaires et cognitives sont altérées
dès que l'on s'éloigne de la neutralité thermique.
L'altération est plus rapide si les températures varient vers
le chaud que vers le froid.

Altérations des capacités neuromusculaires
(temps de réaction) et cognitives (test mentaux) exprimées
en % des performances, en situation de référence neutralité
(d'après Pilcher et al., 2002) |
Outre les pertes de performances, la diminution des capacités de
réaction doit rendre vigilant quant au risque d'accident plus important
à mesure que les conditions thermiques s'éloignent de la neutralité
ou du confort.
Le
confort thermique, dans quelles conditions ?
La norme française AFNOR X 35-203 décrit les conditions de
confort thermique. Elles sont définies simplement par des graphiques
qui tiennent compte de différents paramètres : température
de l'air, température de rayonnement, vitesse de l'air...
Le maintien d’un taux correct d’humidité relative de l'air permet
d'éviter une humidification excessive de la peau ou, à l'opposé,
une sécheresse des muqueuses.
Un travail immobile peut être perçu comme inconfortable dans
un environnement thermiquement inhomogène, même si des différences
de températures locales sont faibles. Ainsi, une différence
de 3 °C entre les pieds et la tête est facteur d'inconfort.
Dans les régions tempérées, la température de
confort en période chaude est inférieure de 2 à 3 °C
à son équivalent en période froide.

Limites schématisées pour les
conditions de confort d'été et d'hiver au Canada selon
Charbonneau (2002). La zone en vert au centre correspond aux conditions
de confort en été et en hiver. |
Même s'il est difficile voire impossible de satisfaire « monsieur
tout le monde », un réglage « idéal » de
l'environnement est assez simple à trouver afin que chacun, autour
de cette valeur « idéale », puisse trouver sa propre
situation de confort en adaptant son habillement.
Le tableau ci-dessous montre que la température de confort varie
considérablement en fonction de l'activité, et que le choix
des vêtements permet de compenser des différences de perception
de confort. Par exemple, le port d’un vêtement léger à
la place d’une tenue courante permet d’accepter comme confortable une température
environnante plus élevée.
Températures
de confort thermique (en °C) pour différentes activités
et deux types de vêtements |
Nature de
l’activité |
Tenue légère
(chemisette et pantalon léger) |
Tenue courante
(pantalon et chemise) |
Repos complet |
28,2 |
27,7 |
Travail léger |
23 à 24,2 |
20,9 à 22,5 |
Travail modéré |
17 |
15 |
Travail lourd |
14,5 |
11,3 |
Travail très lourd |
10,5 |
6 (extrapolée) |
Pour avoir des exemples sur chaque type d’activité
du tableau, se reporter au paragraphe Evaluation des risques / Caractérisation
de la charge physique |
|
|
| Pour
en savoir plus en quelques clics... |
Documents
INRS de référence
GANEM Y.,
MEYER J.P., LUZEAUX N., BRASSEUR G., LABORDE L., POMIAN J.L. "Ambiances
thermiques : travail en période de fortes chaleurs".
TC 97. 2004, 18 p. (format pdf, 316 ko)
MARTINET
C., MEYER J.P. « Travail à la chaleur et confort thermique
». Notes scientifiques et techniques. NST
184. INRS, 1999, 59 p. (format pdf, 701 ko)
MALCHAIRE
J. « Stratégie générale de gestion des
risques professionnels. Illustration dans le cas des ambiances thermiques
au travail ». ND
2165 . INRS, 2002, 12 p. (format pdf, 144 ko)
HORWAT
F., MEYER J.P. « Débit ventilatoire de travail. Elaboration
et validation de méthodes indirectes d'évaluation au
moyen de la fréquence cardiaque et de l'observation de l'activité
». TL
23 . INRS, 1998, 8 p. (format pdf, 170 ko)
«
Conception des lieux de travail et sécurité. Démarches,
méthodes et connaissances techniques ». ED
950 . INRS, 2006, 152 p. (format pdf, 4,85 Mo)
Documents INRS de sensibilisation
"Au travail, quand il fait chaud, même si je n'ai pas soif
je pense à boire de l'eau". Affiche.
A 674. 2004
"Contre le coup de chaleur, un verre d'eau tous les quarts d'heure".
Affiche.
A 673. 2004
"Travail
et chaleur d'été". Dépliant. ED
931. 2004 (format pdf, 1,2 Mo)
"Dossier.
Canicule au travail. Quand l'été devient meurtrier".
Travail et sécurité, n° 641, juin 2004,
pp. 21-32 (format pdf, 1,1 Mo)
Autres documents
Canicule
et chaleurs extrêmes en France (ministère de la Santé
/ France)
http://www.sante.gouv.fr/canicule/
(dossier)
http://www.sante.gouv.fr/canicule/doc/plan_canicule_2006.pdf
(Plan Canicule 2006)
"Mise
en oeuvre du plan « canicule » pour les salariés
et les personnes en milieu professionnel". Circulaire DRT 2004/08
du 15 juin 2004 (ministère chargé du Travail / France)
4 p. (format pdf, 19 ko)
http://www.sante-securite.travail.gouv.fr/pdf/CircDRT2004.08.pdf
"Travailler par de fortes chaleurs" (Agence nationale d'amélioration
des conditions de travail / ANACT / France)
http://www.anact.fr (rubrique Dossiers thématiques/Santé et travail)
«
Travail dans des conditions de chaleur ou de froid extrêmes
». Réponses SST du Centre canadien d'hygiène et
de sécurité (CCHST / Canada)
http://www.cchst.ca/reponsessst/phys_agents/hot_cold.html
«
Travail dans des ambiances thermiques chaudes. Effets sur la santé
». Réponses SST du Centre canadien d'hygiène et
de sécurité (CCHST / Canada)
http://www.cchst.ca/reponsessst/phys_agents/heat_health.html
«
Travail dans des ambiances thermiques chaudes. Mesures de protection
des travailleurs ». Réponses SST du Centre canadien d'hygiène
et de sécurité (CCHST / Canada)
http://www.cchst.ca/reponsessst/phys_agents/heat_control.html
«
Confort thermique au bureau ». Réponses SST du Centre
canadien d'hygiène et de sécurité (CCHST / Canada)
http://www.cchst.ca/reponsessst/phys_agents/thermal_comfort.html
Publications
du CSST sur la prévention du coup de chaleur. Commission de
la santé et de la sécurité au travail (CSST /
Québec / Canada)
http://www.csst.qc.ca/portail/fr/prevention/informations_supplementaires/prevcoupchal/
Publications
du NIOSH sur les ambiances thermiques chaudes. National Institute
for Occupational Safety and Health (NIOSH / États-Unis)
http://www.cdc.gov/niosh/topics/heatstress/
Publications
de l’OSHA sur les ambiances thermiques chaudes. Occupational Safety
and Health Administration (OSHA / États-Unis)
http://www.osha.gov/SLTC/heatstress/index.html |
| Autres
références bibliographiques |
Général
« Travailler à la chaleur… Attention ! ». Commission
de la santé et de la sécurité au travail du Québec
(CSST),
2003, 6 p.
MALCHAIRE J. « Travail à la chaleur ». Encyclopédie
médicochirurgicale. Toxicologie, pathologie professionnelle
16-781-A-20. Editions scientifiques et médicales Elsevier,
1996, 4 p.
MAIRIAUX P., MALCHAIRE J. « Le travail en ambiance chaude. Principes,
méthodes, mise en oeuvre ». Collection de monographies
de médecine du travail n° 7. Masson, 1990, 172 p.
VOGT J.J., METZ B. « Ambiances thermiques ». Extrait de
: SCHERRER J. et coll. « Précis de physiologie du travail.
Notions d’ergonomie ». 2e édition. Masson, 1992, pp.
217-263
Physiologie / pathologie
« Impact de la vague de chaleur survenue en France en Août
2003 ». Rapport d’étape. Institut de Veille Sanitaire
(InVS),
2003, 75 p.
« Modification de la température corporelle ».
Extrait de : BRAUNWALD et coll. « HARRISON. Principes de médecine
interne ». 15e édition. Médecine-Sciences Flammarion,
2002, pp. 90-91
Evaluation des risques
MALCHAIRE J., PIETTE A., MOENS G., BOODTS S. et coll. « Ambiances thermiques de travail. Stratégie SOBANE. Gestion des risques professionnels ». Service public fédéral Emploi, Travail et Concertation sociale de Belgique, 2005, 97 p. (disponible en ligne sur www.emploi.belgique.be)
Heat index
BROSS M.H., NASH B.T., CARLTON F.B. « Heat emergencies ».
American Family Physician, vol. 50, n° 2, août 1994, pp.
389-396
« Heat wave: a major summer killer ». Publication n°
NOAA/PA 85001. US Department of Commerce, National
Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), 1985, 8 p.
Version en ligne du « Heat index », sur le site National
Weather Service Forecast Office / National Oceanic and Atmospheric
Administration (NOAA / Etats-Unis)
http://www.erh.noaa.gov/er/lwx/heatindx.htm
Confort et astreinte thermique
CHARBONNEAU J.Y. « Confort thermique à l’intérieur
d’un établissement ». Commission de la santé et
de la sécurité au travail du Québec (CSST),
2002, 17 p.
PILCHER J.J., NADLER E., BUSCH C. « Effects of hot and cold
temperature exposure on performance : a meta-analytic review ».
Ergonomics, 2002, vol. 45, n°10, pp. 682-698.
MALCHAIRE J., KAMPMANN B., MEHNERT P. et coll. « Evaluation
du risque de contrainte thermique lors du travail en ambiances chaudes
». Médecine du travail et ergonomie, vol. 38, n°
3, 2001, pp. 101-112
PARSONS K.C. « Human thermal environments. The effects of hot,
moderate and cold environments on human health, comfort and performance.
The principles and the practice ». 2e edition. Taylor and Francis,
2003, 527 p.
FANGER P.O. « Thermal confort. Analysis and applications in
environmental engineering ». Mc-Grew Hill New-York, 1972, 244
p.
Réglementation
Code du travail, articles R. 235-2-9, R. 235-2-10, R. 235-4-9 à
R. 235-4-11 : Obligations concernant le chauffage et la température
des locaux.
Code du travail, articles R. 232-12-8 à 12 : Obligations des
chefs d’établissement.
Décret nº 92-332 du 31 mars 1992 (JO 1er avril 1992) :
Sécurité et santé sur les lieux de travail (obligations
des maîtres d’ouvrage).
Décret n° 2000-1153 du 29 novembre 2000 et arrêté
de même date, relatifs à la nouvelle réglementation
thermique (dite NRT 2000) du code de la construction applicable aux
bâtiments industriels.
Normalisation
« Ergonomie des ambiances thermiques. Principes et application
des normes internationales pertinentes ». Norme française
homologuée. NF EN ISO 11399. Indice de classement X 35-208.
Association française de normalisation (AFNOR), 2001, 25 p.
« Ambiances thermiques. Appareils et méthodes de mesure
des grandeurs physique ». Norme française homologuée.
NF EN ISO 7726. Indice de classement X 35-202. Association française
de normalisation (AFNOR), 2002, 62 p.
« Ergonomie. Détermination de la production de chaleur
métabolique ». Norme française homologuée.
NF EN 28996. ISO 8996. Indice de classement X 35-205. Association
française de normalisation (AFNOR), 1994, 19 p.
« Ambiance chaude. Estimation de la contrainte thermique de
l’homme au travail basée sur l’indice WBGT ». Norme française
homologuée. NF EN 27243. ISO 7243. Indice de classement X 35-201.
Association française de normalisation (AFNOR), 1994, 14 p.
« Ambiance thermique modérée. Détermination
des indices PMV et PPD et spécifications des conditions de
confort thermique ». Norme française homologuée.
NF EN ISO 7730. Indice de classement X 35-203. Association française
de normalisation (AFNOR), 1995, 40 p.
« Ergonomie des ambiances thermiques. Détermination analytique
et interprétation de la contrainte thermique fondées
sur le calcul de l'astreinte thermique prévisible ».
Projet de norme. PR NF EN ISO 7933. Indice de classement X 35-204PR.
Association française de normalisation (AFNOR), 2003, 78 p. |
|
|