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Mise à jour : 07/01/2008


Le travail de nuit posté, cancérogène probable

Le Centre international de recherche sur le cancer (IARC/CIRC) vient d'ajouter le travail de nuit posté à la liste des agents « probablement cancérogènes » (groupe 2A). Selon l'agence, le travail de nuit augmenterait le risque de cancer dans des proportions modestes mais néanmoins réelles.


L'avis rendu par les experts du CIRC s'appuie sur une séries d'études épidémiologiques réalisées auprès d'infirmières travaillant de nuit et d'hôtesses de l'air soumises à de fréquents décalages horaires. Bien que limitées, ces études mettent en évidence un risque de cancer du sein plus élevé parmi ces salariées que chez celles qui travaillent de jour. Une augmentation modeste mais néanmoins réelle.

Les horaires de travail atypiques, et particulièrement le travail de nuit posté - organisé en équipes successives se relayant aux mêmes postes de travail - provoqueraient des perturbations de l'horloge biologique interne qui régule l'alternance des périodes de veille et de sommeil. A long terme, l'exposition nocturne à la lumière bloque la synthèse d'une hormone, la mélatonine, ce qui induit une baisse des défenses immunitaires. Elle est également responsable de la dérégulation de certains gènes pouvant aboutir à la formation de cellules cancéreuses.

Les résultats des expérimentations réalisées chez l'animal sont encore plus parlants. Ils montrent un lien clair et direct entre l'exposition nocturne à la lumière ou le décalage horaire chronique et la survenue de cancer.

Selon l'étude Sumer 2003, 13% des salariés français travaillent de nuit. Le travail posté alternant concerne surtout les ouvriers et les professionnels de santé.

Le CIRC classe également le métier de peintre parmi les cancérogènes pour l'homme (groupe 1). L'exposition aux produits chimiques (pigments, liants, solvants, additifs…) mais également à l'amiante et à la silice cristalline serait responsable d'une hausse du risque de cancer du poumon et de la vessie.

Le métier de pompier est quant à lui classé cancérogène possible par le CIRC (groupe 2B). Lors des incendies, les pompiers sont exposés à des fumées qui renferment de nombreuses substances toxiques (benzène, benzopyrène, 1,3-butadiène, formaldéhyde…). Ces composés chimiques provoqueraient une augmentation du risque de lymphome non hodgkinien mais aussi de cancer des testicules et de la prostate.


Pour en savoir plus en quelques clics...

Documents INRS


Risque cancérogène en milieu professionnel (dossier web)

Horaires atypiques de travail. ED 5023. 2004. 4 p. (format pdf)

Travail posté et travail de nuit. XIVe Symposium international, (Wiesensteig (RFA), 13-17 septembre 1999). TD 101. 2000. 4 p (format pdf)

Sommeil et horaires de travail. Enquête réalisée dans le cadre du plan d'activité du médecin du travail. TF 54. 1994. 8 p. (format pdf)



Autres documents

IARC Monographs Programme finds cancer hazards associated with shiftwork, painting and firefighting. Communiqué de presse du CIRC (format pdf en anglais).
http://www.iarc.fr/ENG/Press_Releases/pr180a.html



Références bibliographiques

Carcinogenicity of Shift-work, Painting and Fire-fighting. The Lancet Oncology, décembre 2007, 8 : 1065-1066