 | Les systèmes de management de la santé et de la sécurité au travail
Un système de management de la santé et de la sécurité au travail (SMS) est une partie du système de management global de l'entreprise. L'adoption d'un tel système est l'expression d'une approche globale et gestionnaire de la prévention des risques professionnels. Elle se base sur un référentiel et suit une démarche de changement qui doit être animée et soutenue. Les premiers constats effectués dans quelques entreprises montrent que les résultats sont contrastés : ils dépendent plus de l'utilisation du système de management que de son choix. La mise en oeuvre d'un SMS est recommandée pour autant qu'un certain nombre de valeurs essentielles et bonnes pratiques de prévention soient adoptées. |
Définition,
enjeux
Un système de management de la santé et de la sécurité
au travail (SMS) est un dispositif de gestion combinant personnes, politiques,
moyens et visant à améliorer les performances d'une entreprise
en matière de santé et de sécurité au travail
(S&ST). C'est un outil qui permet de mieux maîtriser l'organisation
de l'entreprise et de progresser en continu en intégrant la S&ST
à toutes les fonctions.
L’adoption d'un tel système est l’expression d’une
approche globale et gestionnaire de la prévention des risques professionnels.
C’est une démarche volontaire qui vise à :
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anticiper les changements,
augmenter la réactivité et la performance de l'entreprise
dans la prévention des risques en S&ST,
limiter les dysfonctionnements en S&ST,
assurer une cohérence globale avec les autres démarches
de management. |
Elle participe à l’amélioration de l'image de l'entreprise.
Les SMS constituent un cadre de gestion globale et structurée des
risques, notamment pour les petites et moyennes entreprises (PME). Ils
permettent souvent un positionnement stratégique de la S&ST,
conférant autorité et légitimité à
la fonction sécurité, et sont une source potentielle d’apprentissage
pour l’entreprise dans tous les domaines. De ce point de vue, leur
mise en œuvre doit être encouragée pour autant que certaines
conditions soient remplies. Ils peuvent a contrario entraîner des
effets indésirables si leur mise en œuvre n’est pas
faite dans le respect de certaines valeurs essentielles ni dans de bonnes
conditions : standardisation excessive des modes de gestion, rupture du
dialogue social, conformité à un système sans réel
progrès, contrôle excessif des comportements.
Un SMS peut faire partie d'une démarche de développement
durable, qui doit prendre en compte la santé et la sécurité
des travailleurs.
Référentiels
Le référentiel utilisé dans un système de management
de la santé et de la sécurité au travail est un guide
au service d’une politique. Ce document est fait pour aider l'entreprise
à prendre les dispositions d’organisation et de gestion nécessaires
au respect de la santé et de la sécurité au travail
et à la recherche d’une amélioration permanente des
performances dans ce domaine.
Le référentiel est parfois imposé par une entreprise
donneur d’ordre. La tentation peut être grande de considérer
le référentiel comme une fin en soi et non comme un simple
guide. Dans ce cas, cela risque d'entraîner un formalisme et une rigidité
excessive, de conduire à la mise en œuvre de dispositifs non
adaptés ou surabondants voire d’aller à l’encontre
des objectifs de l’entreprise.
L'expérience prouve que l’entreprise a tout intérêt
à établir son propre référentiel, en
fonction de ses objectifs en S&ST, en adaptant les référentiels
existants. Ce choix est fonction de critères propres à l’entreprise
: sa taille, son domaine d’activité, sa culture sécurité,
l’existence de systèmes semblables (qualité, environnement)…
Le choix d’un référentiel existant unique n’est
pas un passage obligé. Ainsi, l’entreprise peut combiner les
caractéristiques de différents référentiels,
que ceux-ci puissent servir de base à une certification ou non.
Les PME optent souvent pour une démarche progressive avec, pour première
étape, un référentiel minimum et personnalisé
qui leur permet d’enclencher le processus de progression permanente.
Les principaux référentiels existants dans le domaine de la
S&ST peuvent être schématiquement regroupés en quatre
catégories :
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des guides généraux de bonnes pratiques : ILO/OHS 2001
(élaboré par l'Organisation internationale du travail),
BS 8800 (norme britannique)…
des référentiels généraux certifiables
tel l’OHSAS 18001 (élaboré par des organismes
de normalisation nationaux et des organismes privés, mais sans
statut de norme internationale).
des référentiels orientés vers les relations
entreprises extérieures / entreprises utilisatrices : Manuel
d’amélioration sécurité des entreprises
(Mase), Union des industries chimiques (UIC).
des référentiels spécifiques élaborés
par et pour l’entreprise ou le secteur d’activité.
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Le guide ILO/OHS 2001 a cette particularité intéressante
qu’il a été adopté par les partenaires
sociaux. Il met fortement l'accent sur la participation des salariés
et la concertation avec les structures représentatives du personnel.
Le succès des démarches de management S&ST ne
tient pas au référentiel choisi mais davantage aux usages
qui en sont faits, en particulier à la façon de mettre
en œuvre la politique de sécurité.

Mise
en œuvre d'un système de management S&ST
Pour éviter d'aboutir à un système élaboré
qui ne porte pas ses fruits (surtout lorsqu’il a été
imposé ou qu’il ressort d’une démarche uniquement
descendante), il est nécessaire d’animer la démarche.
Sans quoi, le système de management ne constitue qu’une "couche
supplémentaire" de formalisme et de prescriptions, le plus
souvent éloignée des pratiques réelles. Cette "vie"
du système et son inscription dans un véritable processus
d’amélioration sont les objectifs les plus difficiles à
réaliser.
La mise en place d’un tel système de management est
un projet de changement dans l’entreprise. Même si
les objectifs d’un tel système sont consensuels et que son
adoption paraît simple et naturelle, ce genre de dispositif de gestion
exige - pour des résultats réels - une véritable
démarche de projet et un accompagnement du changement.
Cette approche renvoie aux théories de l’innovation qui décrivent
les changements les plus réussis et les plus durables. Ces changements
sont le fruit d’un processus en trois étapes : incitation,
laisser-faire et institutionnalisation.
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L’incitation décrit un temps de lancement du projet.
Le laisser-faire, un temps d’appropriation où certaines
personnes ou groupes vont s’emparer du projet, quitte à
le modifier mais en créant les conditions propices à
son installation et sa performance.
L’institutionnalisation, un temps de reprise en main et d’intégration
ou de généralisation du projet ainsi adapté.
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A ce titre, plus qu’un outil, un SMS est assimilable à un projet
et il doit être géré comme tel (acteurs identifiés,
responsabilités et tâches précises et coordonnées,
planning…).
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Prérequis
et valeurs
Les chances de réussite d'un système de management en
S&ST sont d'autant plus élevées que les conditions
suivantes sont remplies :
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Une volonté forte et durable de la direction, traduite
par l'engagement de moyens (disponibilité des personnes,
budgets, programme de formation, communication…) ;
L’existence d’un objectif de conformité réglementaire
(si cette exigence n’est pas remplie au départ)
;
L’existence d’une culture relative à la sécurité
au travail matérialisée, par exemple, par la connaissance
des principes de prévention ou la pratique d’analyse
des accidents ;
La volonté de prendre en compte un certain nombre de
valeurs essentielles et de bonnes pratiques en particulier celles
proposées par l'Institution prévention et adoptées
par la Commission des accidents du travail et des maladies professionnelles
(CATMP) de la CNAMTS : l’homme, la transparence et le
dialogue social. |
Les valeurs peuvent constituer un véritable outil de management.
Il s’agit :
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d'identifier des valeurs légitimées par le débat
et la discussion ;
d'expliciter ces valeurs et de les faire connaître ;
de décliner ces valeurs à travers des principes
d’actions, des bonnes pratiques, des engagements au quotidien
;
d'évaluer la mise en œuvre de ces valeurs afin de
les adapter et les rendre vivantes ;
de permettre et encourager le débat afin que les situations
non conformes soient révélées et la cohérence
entre les valeurs et les pratiques soit assurée. |
La connaissance de démarches de management similaires, basées
sur l’amélioration continue des performances, pourra
constituer un atout dans la mise en œuvre d’un SMS.
Pour en savoir plus sur les valeurs essentielles et les bonnes
pratiques, consultez la brochure INRS ED
902.
Evaluation préalable de la situation d’une entreprise
Avant d’élaborer et de mettre en place un système de management S&ST adapté à l’entreprise, il peut être intéressant de faire une évaluation préalable. Quel est le niveau actuel de gestion de la santé et de la sécurité au travail dans l’entreprise ? Quels en sont les points faibles et les points forts ? Comment cette organisation est-elle perçue par le personnel ?
L’INRS, la CNAMTS et les CRAM vous proposent un outil pour vous aider dans cette évaluation. Il a été dénommé « grille GPS SST ». Sur 20 thèmes, l’entreprise peut coter sa pratique actuelle de gestion par rapport à 4 situations types par thème et identifier les voies de progrès possibles.
Cet outil permet également d’accompagner l’entreprise dans la mise en place d’un système de management de la santé et de la sécurité du travail.
Téléchargez la Grille GPS SST au format Excel 2000 dans ses deux versions, française et anglaise (fichier zip à décompresser à l'aide d'un logiciel tel que Winzip ou Izarc).
Attention : la grille est optimisée pour une utilisation sur PC. Le niveau de sécurité de Excel doit être fixé à « moyen », et l’utilisateur doit autoriser l’exécution des macros. Pour changer le niveau de sécurité d'Excel : Menu Outils > Macros > Sécurité. Et si la grille GPS SST est déjà ouverte, fermer le fichier puis le rouvrir pour obtenir la fenêtre d'autorisation des macros.
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Etapes
de la démarche
La structure des systèmes de management en S&ST est apparemment
proche de celle proposée pour les systèmes qualité
ou environnement. Cela peut laisser croire que la gestion de la santé
et de la sécurité au travail (S&ST) peut être assimilée
à celle d'autres dispositifs. L’enjeu S&ST, qui touche
directement et personnellement chacun dans l’entreprise, fait que
la mise en œuvre des SMS est différente.
Etapes de la démarche de management
S&ST : cliquez sur les intitulés pour accéder
à leurs descriptifs
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Politique
de prévention
La définition d’une politique S&ST permet
de fixer le cadre du dispositif de management. Elle doit reposer
sur une réelle volonté du chef d’entreprise de
s’engager dans la démarche et de faire progresser
l’entreprise de façon régulière.
Elle implique la mise en place progressive des éléments
suivants :
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la définition d’objectifs cohérents avec
les autres politiques de l’entreprise,
la fixation des responsabilités de l’encadrement,
l’engagement de ressources,
la définition de dispositifs de consultation et d’implication
du personnel et de ses représentants,
le choix d'un référentiel,
la définition d’un tableau de bord permettant de
mesurer les progrès réalisés,
la communication sur les objectifs… |
Une politique pertinente se traduit par une intégration des
exigences en S&ST dans toutes les fonctions de l’entreprise.
Tous les services sont concernés et doivent gérer cette
thématique comme une composante à part entière
du management de leur unité. Cette politique
doit être expliquée de façon claire et concise
dans un document qui sera communiqué au personnel
(lettre d'engagement de la direction). Organisation
Le rôle des différents acteurs de l'entreprise
en S&ST doit être précisé : missions,
responsabilités, obligations, pouvoirs, relations… Le
personnel et ses représentants doivent être consultés,
informés et formés afin de s'approprier la
démarche. Cela demande la mise en place d'une documentation,
d'un plan de formation et de procédures de communication interne.
Planification
des actions de prévention
L'évaluation
des risques professionnels (EvRP) est au cœur d’une recherche
d’amélioration continue de la santé et de la sécurité.
Le succès de la démarche dépend pour une large
part de la pertinence de l'analyse des situations de travail réelles.
Les résultats de l’évaluation des risques doivent
être transcrits dans le document unique (article R. 4121-1 du
Code du travail). Au-delà du strict respect de l’obligation
réglementaire, ce document doit déboucher sur un plan
d’actions définissant les mesures de prévention
appropriées aux risques identifiés. Les approches pluridisciplinaires
(techniques, humaines, organisationnelles) sont nécessaires
tant au niveau global de l’entreprise qu’au niveau de
l’étude détaillée des postes de travail.
Une veille réglementaire doit également être mise
en place. Pour en savoir plus sur l'EvRP, consultez
le
dossier correspondant Mise
en œuvre et fonctionnement La mise en œuvre
du plan d’actions doit s’articuler étroitement
avec les règles et les pratiques des métiers
ainsi qu'avec les procédures existantes. Cela suppose une concertation
étroite avec tous les opérateurs concernés, la
création de dispositifs participatifs basés sur l’analyse
des activités et la liberté donnée aux opérateurs
de rechercher des solutions innovantes. Cela implique la réalisation
du programme de formation, le dialogue social, la communication, la
documentation et l'anticipation des urgences.
Un dispositif permettant de rendre compte régulièrement
de l’avancement des actions doit être mis en place.
Mesure
de la performance, analyses et actions correctives
Il faut vérifier l'efficacité de la mise en œuvre
et réagir dès la découverte d'un nouveau risque,
d'une dérive… Des audits doivent être systématiquement
déployés et analysés pour choisir des
actions correctives. Un tableau de bord S&ST peut être alimenté
par des indicateurs variés, quantitatifs et qualitatifs : indicateurs
de risques, indicateurs de moyens et indicateurs de résultats.
Les indicateurs traditionnellement utilisés (taux de fréquence
et taux de gravité des accidents du travail, taux de cotisation…)
ne sont que des indicateurs de résultats et montrent très
rapidement leurs limites.
La mesure de la performance comprend l’analyse des accidents
du travail et des maladies professionnelles survenus, sans se limiter
aux causes immédiates et directement perceptibles. Une démarche
plus riche s’efforcera de remonter vers les causes plus en amont
de façon à démultiplier les effets des mesures
de prévention. Cette analyse doit porter non seulement sur
les accidents survenant sur le lieu de travail, lors de trajets domicile-travail,
lors des déplacements professionnels mais également
sur les incidents ou "presqu’accidents". De même,
il ne faut pas attendre la reconnaissance d’une maladie professionnelle
pour étudier les niveaux d’exposition à une émission
dangereuse.
Chaque entreprise peut et doit innover dans ce domaine. Il faut éviter
une conformité de façade au référentiel
sans réel progrès d’une année sur l’autre.
Amélioration
du système de management
Les revues de direction servent à améliorer le système,
à faire évoluer la politique et à élaborer
de nouveaux programmes d'action en fonction de l'évolution
des indicateurs observés. L’évaluation de la politique
permet de s’interroger sur les dysfonctionnements liés
à la conception et à l’organisation générale
du système, c’est-à-dire sur la pertinence des
stratégies d’action.
| Harmonisation
des démarches de management |
| La santé et la sécurité
au travail peuvent faire partie d'un système prenant
aussi en compte la qualité et l'environnement. Dans ce
cas, les politiques doivent être harmonisées de
façon à aboutir à des procédures
uniques et non à une accumulation de procédures
pouvant devenir contradictoires. Les audits et les revues de
direction devraient aussi être communs. |
|
|
Configurations
organisationnelles des entreprises
Une étude nationale est menée par l'Institution prévention
dans le but de décrire et d'évaluer les pratiques des entreprises
dans le domaine du développement et de la mise en place de systèmes
de management en S&ST. Une première étape, réalisée
par questionnaire, a permis d’identifier les principales caractéristiques
des actions dans 165 entreprises. La deuxième étape est actuellement
en cours ; basée sur des diagnostics approfondis, elle a pour objectif
d’analyser sur le terrain le déroulement des actions dans une
dizaine d’entreprises (voir encadré ci-dessous).
A l’observation, la mise en œuvre des SMS apparaît fortement
contrainte et déterminée par le contexte de l’entreprise
et les objectifs poursuivis. Les entreprises étudiées, a priori
exemplaires, montrent des résultats variables en S&ST. Le bénéfice
d’un SMS tient moins à une question de référentiel
que d’organisation de la démarche.
| Description des
configurations |
L’étude, menée auprès
d’entreprises de toutes tailles, de tous secteurs d’activité
et utilisant les principaux référentiels existant en
France, fait apparaître quatre grandes formes de démarches
de management de la santé et de la sécurité au
travail. Ces quatre configurations organisationnelles observées
tiennent principalement à différentes variables de contexte
(structure, taille, activité, technologie…). Ces dimensions
conditionnent la démarche et ses résultats. Les démarches
de SMS répondent ainsi non pas à un modèle mais
à quatre tendances d’organisation plus ou moins typiques
selon les entreprises. En dépit de principes ou fondements
standards, communs aux référentiels, les démarches
vont produire des résultats différents :
Les 4 grandes formes de démarches
de management S&ST |
A démarche différente, résultats différents.
Si les référentiels offrent dans l’ensemble un
cadre pour une gestion plus globale et coordonnée des risques,
ils ne réussissent pas nécessairement à structurer
et modifier les pratiques dans les mêmes conditions. Les difficultés
rencontrées ne sont pas typiques d’un référentiel
ni d’un de ses éléments mais tiennent aux caractéristiques
de la démarche. Réussir en matière de management
S&ST suppose donc de considérer d’abord le management
de la démarche. Les résultats apparaissent au
final contrastés ; les quatre configurations
proposées résument les principaux cadres de démarches
rencontrés dans les entreprises.
Les différents
types d'approche d'un système de management en S&ST |
MODALITÉS
|
TYPES D'APPROCHES |
En cascade |
Innovant |
Appliqué |
Idéologique |
Origine volonté |
Direction générale |
Encadrement |
Service QHSE (qualité, hygiène,
sécurité, environnement) |
Direction générale |
Objectif attendu |
Intégrer la S&ST dans les politiques
locales |
Intégrer la S&ST dans les pratiques |
Formaliser une gestion de la S&ST |
Intégrer la S&ST dans les comportements |
Animateurs et partenaires |
Direction nationale (ou régionale)
et fonctionnels sécurité |
Encadrement et personnel avec fonctionnels
sécurité |
Encadrement et fonctionnels sécurité |
Direction générale et encadrement |
Modes de diffusion |
Réunions d'information et de sensibilisation |
Groupes de travail avec le personnel |
Réunions d'encadrement |
Ressources humaines et évaluations
individuelles |
Moyens accordés |
Limités |
Négociables |
Limités |
Nombreux |
Participation du personnel |
Faible |
Forte au départ |
Limitée |
Forte à la
fin |
Association du CHSCT |
Information |
Participation et validation |
Consultation |
Information |
| |
Configuration
"en cascade"
La configuration en cascade concerne des entreprises qui sont
affiliées à des groupes ou à des donneurs
d’ordres importants, affichant des stratégies affirmées
en matière de S&ST. Ces stratégies imposent
un référentiel et souvent une certification en
S&ST qu’il leur incombe de décliner. Pensée
par une direction pour une application générale,
la démarche "en cascade" impulse une prise
en charge de la sécurité globale, relayée
en local par la hiérarchie. Cette démarche, si
elle n’est pas ajustée localement, produit des
mesures standard autour des risques les plus communs. Reçue
comme une prescription, imposée, la mise en œuvre
du système de gestion reste souvent assez formelle et
superficielle. Elle ne produit guère de résultats
pour la santé et la sécurité des travailleurs.
Configuration
"innovante"
La configuration "innovante" est celle d’entreprises
ayant une volonté d’organisation en matière
de S&ST, dont certains acteurs de l’entreprise (en
particulier l’encadrement) vont s’emparer pour reprendre
de façon originale le dispositif de gestion. Le modèle
"innovant" tire parti de l’existant tout en
suscitant un travail poussé de remise à plat de
l’organisation d’un point de vue de la sécurité.
Ce travail est souvent l’occasion de repenser globalement
les activités et les tâches avec des règles
de gestion qui combinent les exigences des systèmes qualité,
environnement et S&ST au sein d’un véritable
système de management intégré. Son seul
inconvénient est le risque d’essoufflement lié
à l’investissement nécessaire et aux exigences
du système, surtout si le soutien de la direction s’affaiblit.
Configuration
"appliquée"
La configuration "appliquée" a été
observée dans des entreprises disposant d’une fonction
sécurité considérant la gestion de la S&ST
comme un impératif professionnel. Le modèle "appliqué"
est une démarche portée par les fonctionnels sécurité,
qui déclinent scrupuleusement les référentiels
pour leur entreprise, en tirant généralement parti
d’une bonne analyse des risques. Cette approche exige
un minimum de statut et de qualification des fonctionnels sécurité
afin d'affirmer la démarche au niveau des procédures
stratégiques de l’entreprise. Si leur statut et/ou
leurs compétences sont insuffisants, le risque de cette
approche est de rester technique (conception de postes, règles
d’hygiène…) et de modifier peu les pratiques.
En tout état de cause, les résultats sont souvent
limités en matière de S&ST.
Configuration
"idéologique"
La configuration "idéologique" se rencontre
dans des entreprises sensibles aux questions de santé-sécurité
mais portées moins par l’aspect technique ou gestionnaire
du sujet que par sa valeur morale. L’accent étant
mis sur la responsabilisation des salariés, le SMS est
conçu comme un moyen de changer les attitudes et les
comportements des salariés, voire de les unifier au sein
d’une "culture commune" de la sécurité.
Le modèle "idéologique" vient s’ajouter
le plus souvent à des procédures générales
de sécurité rigoureuses (accueil, analyse des
accidents, port des EPI…). La technicité du personnel
dans le domaine de la sécurité est incontestable
et les résultats globalement positifs pour la S&ST.
Cette approche normative fonctionne bien dans un environnement
stable mais elle atteint ses limites dans un contexte où
l’organisation est modifiée et les comportements
attendus inadaptés. |
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Normalisation
et certification
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Normalisation
internationale : pas de norme ni de projet de norme
Il n’existe à ce jour aucune norme ISO sur le sujet ni
aucun projet en cours.
A l’instar de la qualité et de l’environnement,
la santé-sécurité au travail a fait l’objet
de propositions de travaux de normalisation au niveau de l'Organisation
internationale de normalisation (ISO). Des pays membres, dont la France,
ont rejeté cette orientation à deux reprises. A l’appui
de cette position, les arguments suivants ont été avancés
:
| |
la S&ST relève du domaine des relations sociales,
où il est nécessaire de prendre en compte les
spécificités culturelles, structurelles et opérationnelles
de chaque pays ;
les systèmes de management doivent être suffisamment
souples pour pouvoir s’adapter à la taille et aux
risques des entreprises, en particulier des PME. |
Le Comité d’orientation stratégique de l'Association
française de normalisation en matière de S&ST (COS
11), dans sa résolution du 11 mars 2005, a confirmé
cette position. Le COS 11 :
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a demandé à l’Afnor de promouvoir les principes
directeurs de l’OIT ;
a demandé à l’Afnor de défendre cette
position auprès du Comité européen de normalisation
(CEN) ;
s’est opposé à l’élaboration
d’un document sur la S&ST au niveau de l’ISO
;
a pris acte du rapprochement ISO/OIT en vue de stabiliser une
référence internationale prenant en compte les
principes directeurs. |
Le sujet, de nature plus sociale qu’économique, est pris
en charge par l'OIT (Organisation internationale du travail). Cette
organisation tripartite a établi des principes directeurs en
matière de management de la S&ST. Le document de référence
qu’elle a publié (ILO-OSH 2001) comprend un référentiel
approuvé par les différentes parties prenantes (représentants
des entreprises, des salariés et des pouvoirs publics). Il
met l'accent sur la participation des salariés et la concertation
avec les structures représentatives du personnel.
Certification
: le choix de l’entreprise
L’expérience tend à montrer que la recherche
de la certification comme une fin en soi, c’est-à-dire
sans qu’une démarche de progrès lui soit associée,
conduit le plus souvent à l’échec.
C’est notamment le cas lorsque l’entreprise n’a
pas d’autre but que d’obtenir une reconnaissance externe
sous la contrainte de ses donneurs d’ordre. La démarche
reste formelle et superficielle, le personnel peu impliqué
et les changements limités. Les effets peuvent même se
révéler néfastes, allant jusqu’à
faire obstacle à toute action ultérieure conduite avec
une approche plus respectueuse de valeurs et de bonnes pratiques.
Il en est tout autrement lorsque l’entreprise a pour finalité
première d’améliorer la santé et la sécurité
de ses salariés ; lorsqu’elle réalise avec eux
un travail en profondeur, met en place une organisation, fait vivre
son système de management et l’améliore. Dans
ces circonstances la recherche d’une certification peut être
une façon de reconnaître les résultats obtenus
tant vis-à-vis des salariés que vis-à-vis des
clients et des partenaires de l’entreprise.
La décision de rechercher une certification est du
ressort exclusif de l’entreprise. C’est à
elle de déterminer si cette certification lui est utile et
dans quelles conditions elle doit la mener. |
| Pour
en savoir plus en quelques clics... |
| Publications INRS
« Grille GPS SST. Gestion de la santé et de la sécurité au travail dans l’entreprise » (format xls zippé, 121 ko)
La grille, proposée dans deux versions, française et anglaise, est développée sous Excel 2000. Elle est optimisée pour une utilisation sur PC. Le niveau de sécurité de Excel doit être fixé à « moyen », et l’utilisateur doit autoriser l’exécution des macros.
"Les systèmes de management santésécurité en entreprise : caractéristiques et conditions de mise en oeuvre". Note scientifique et technique. NS 275, 2008, 52 p. (format pdf)
"Management de la santé et de la sécurité au travail. Construire vos indicateurs pour atteindre vos objectifs". ED
6013, 2007, 12 p. (format pdf)
"Management de la santé et de la sécurité au travail. Optimisez votre gestion par des objectifs et des indicateurs pertinents" (dépliant). ED
6014, 2007. (format pdf)
"Politique
de maîtrise des risques professionnels. Valeurs essentielles
et bonnes pratiques de prévention". ED
902, 2003, 12 p. (format pdf)
"De
l'évaluation des risques au management de la santé et
de la sécurité au travail". ED
936. 2004, 8 p. (format pdf)
"Vers
le management de la santé et de la sécurité". ED
942. 2004 (dépliant, format pdf)
DRAIS E. "La
mise en place des systèmes de management de la santé-sécurité
: une question de gestion de projet". ND 2225, 2005, 8 p. (format pdf)
DRAIS E.
"Management de la sécurité. L’usage des référentiels.
Résultats d’une étude nationale". Communication
IAP (INRS Actualités en Prévention), Marseille, juin
2005, pp. 90-97
Autres documents de référence
"Principes directeurs concernant les systèmes de gestion
de la sécurité et de la santé au travail",
ILO-OSH 2001, Organisation internationale du travail (OIT), 2002,
44 p. (fichier pdf)
http://www.ilo.org/public/english/protection/safework/cops/french/download/f000013.pdf
OHSAS 18001
Occupational Health and Safety Assessement Systems (en anglais)
http://www.ohsas-18001-occupational-health-and-safety.com/
Vidéo
"Systèmes de management de la sécurité
: Des entreprises témoignent…". Cram Bretagne et
Pays de la Loire, 2003
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| Autres
références bibliographiques |
AUBERTIN G. ; DRAIS E. ; FAVARO M. "Gestion des risques professionnels". Techniques de l'ingénieur,
2007, 18 p.
GIBEAULT ; GAUTHY ; BERNARD "Les clés de la santé-sécurité
au travail. Principes et méthodes de management". Afnor,
2004
"Résolution
du CoS SST visant à promouvoir les principes directeurs de
l'OIT concernant les systèmes de gestion de la sécurité
et de la santé au travail (ILO-OSH 2001)". Afnor, 2004,
3 p. |
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