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Mise à jour : 12/03/2007 |
Le dioxyde de titane, cancérogène pour l'homme ?
Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) vient de classer le dioxyde de titane cancérogène possible pour l'homme (catégorie 2 B). Les experts du CIRC estiment qu'ils disposent d'indications suffisantes pour affirmer que le dioxyde de titane provoque le cancer du poumon chez l'animal. |
Le dioxyde de titane est utilisé massivement dans de nombreux secteurs industriels notamment chimique, pharmaceutique et cosmétique. Les précédentes évaluations du CIRC (en 1989) avaient estimé que le dioxyde de titane ne pouvait être classé du point de vue de sa cancérogénicité pour l'homme (catégorie 3).
Les 26 chercheurs réunis par le CIRC ont évalué les nouvelles données scientifiques disponibles sur sa cancérogénicité. Les études montrent que des concentrations élevées de dioxyde de titane (grades fin et ultra-fin) sont susceptibles de causer des cancers du poumon chez l’animal. La série d’évènements biologiques qui mènent au cancer du poumon chez l’animal (c’est-à-dire le dépôt de particules, la détérioration de la clairance pulmonaire, l’atteinte cellulaire, la fibrose, les mutations et finalement les tumeurs cancéreuses) a également été observée chez des salariés travaillant en milieux poussiéreux. Le CIRC juge donc que les observations concernant le cancer chez l’animal peuvent s’appliquer également aux personnes exposées aux poussières de dioxyde de titane au travail. Ce travail a permis de le classer cancérogène possible pour l’homme (catégorie 2 B).
Il importe toutefois de noter que les études effectuées chez l’humain à ce jour n’évoquent pas de lien entre l’exposition professionnelle au dioxyde de titane et l’augmentation du risque de cancer.
Travailleurs exposés au dioxyde de titane
Le dioxyde de titane a été commercialisé pour la première fois en 1923. Sa production mondiale, relativement constante depuis l’an 2000, était d’environ 4,4 millions de tonnes en 2004. Il est utilisé principalement comme pigment ou comme charge, en raison de son pouvoir blanchissant et opacifiant dans les peintures, les plastiques, les céramiques, les papiers, les encres, les bitumes, etc. Le dioxyde de titane représente ainsi 70 % de la production mondiale de pigments minéraux synthétiques, devant les oxydes de fer et le noir de carbone. Il est également présent dans des aliments, des médicaments, des cosmétiques, les baguettes de soudage ainsi que comme catalyseur, notamment pour la purification de l’eau. La plupart des dioxydes de titane commerciaux ont subi un traitement de surface qui consiste à recouvrir chaque grain d'oxyde d'une ou plusieurs couches de composés organiques (polyols, esters, silanes, etc.) ou inorganiques (alumine, zircone, silice, etc.).
Si les mesures de captage sont inadéquates, les travailleurs de la production peuvent être exposés à de fortes concentrations de poussières de dioxyde de titane, notamment lors des étapes de broyage, de transfert et de conditionnement des produits, ainsi que lors du nettoyage et de l’entretien des locaux et des équipements. Les niveaux d'exposition sont probablement plus bas dans les industries utilisatrices, à l'exception des postes où les salariés manipulent de grandes quantités de dioxyde de titane.
| Bbliographie |
« Carbon black, titanium dioxide and non-asbestiform talc ». Monograph on the evaluation of carcinogenic risks to humans. Volume 93. Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), en préparation
« Evaluation of health hazard and recommendations for occupational exposure to titanium dioxide », Current intelligence bulletin, draft. National Institute for Occupational Safety and Health (NIOSH / Etats-Unis), novembre 2005, 158 p. |
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