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Dossier Mise à jour : 04/06/2009


Pneumopathie atypique du Sud-Est asiatique et milieu de travail



La pneumonie atypique du sud-est asiatique ou syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) est un risque professionnel essentiellement pour les professions de santé. Néanmoins, cette nouvelle maladie est à l'origine de perturbations et d'inquiétudes au sein des entreprises. Séjours professionnels à l'étranger, retour de zones à risque et manipulation d'objets en provenance d'une zone affectée par le SRAS sont l'objet de questions, parfois faute de bien comprendre les modalités de transmission de la maladie. Ce dossier fait le point des connaissances actuelles et donne la conduite à tenir pour les professions qui craignent d'être exposées. Il ne se substitue pas aux recommandations officielles données dans le cadre de la protection de la santé publique, notamment celles qui concernent les personnels de soins.


L’INRS fait le point au 19 mai 2003 sur les questions qui lui sont régulièrement posées. Il est impératif d’actualiser ces informations en consultant les sites référencés sur lesquels les recommandations officielles sont mises à jour.

Les recommandations officielles de la Direction générale de la santé (DGS) sont régulièrement mises à jour en fonction de l’avancée des connaissances (www.sante.gouv.fr), en particulier pour les professions de santé.


  Qu’est-ce que le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) ?

Quelle protection ? Dans quelles situations se protéger ?

Professions de santé et laboratoires de recherche

Cas des déplacements professionnels vers les pays affectés par le SRAS

Rôle du médecin du travail pour les entreprises concernées par des déplacements professionnels dans des zones affectées par le SRAS

Cas des professions induisant des contacts rapprochés avec des personnes en provenance d’une zone affectée

Conduite à tenir vis à vis d’objets (courriers, colis,…) en provenance d’une zone affectée par le SRAS

Pour en savoir plus en quelques clics




Qu’est-ce que le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) ?

Suite à un regroupement de cas qui lui a été signalé à l’hôpital d’Hanoi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé à la mi-mars un message d’alerte concernant une épidémie de pneumopathies atypiques ou syndromes respiratoires aigus sévères (SRAS en français et SARS en anglais) ayant commencé en Chine et à Hong Kong. En France, la Direction générale de la santé a aussitôt relayé cette alerte.

L’agent responsable de la maladie est un virus de la famille des coronavirus (www.who.int/csr/sars/en/). Plusieurs types de coronavirus entraînent des maladies chez les animaux ; ces maladies ne sont pas transmissibles à l’homme. Deux types de coronavirus, classés dans le groupe 2, entraînent des maladies chez l’homme. Le coronavirus responsable du SRAS est différent de ces virus animaux et humains connus depuis des années.

Ce syndrome se traduit par une fièvre élevée, supérieure à 38 °C, d’apparition rapide, accompagnée de troubles respiratoires. Les définitions de cas de SRAS possible, probable ou exclu ont été élaborées sur la base des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et reprises par l’Institut de veille sanitaire (InVS).

Est un cas possible

toute personne présentant :
une fièvre supérieure à 38°C
et un ou plusieurs signes d'atteinte respiratoire basse (toux, difficultés respiratoires…)

ET

un ou plusieurs des éléments suivants dans les 10 jours précédant le début des signes :
retour de zones considérées par l'OMS comme zones où il existe une transmission locale active (www.who.int/csr/sars/areas/en),
notion de contact avec un cas probable : personne ayant soigné, en l’absence de mesures de protection efficace, ou ayant vécu avec, ou ayant eu un contact face à face, ou ayant été en contact avec des sécrétions respiratoires ou avec les liquides biologiques d'un cas probable.

Est un cas probable

tout cas possible qui présente des signes de pneumopathie à la radiographie ou au scanner pulmonaire

Est un cas exclu

tout cas possible pour lesquels les 4 critères suivants sont remplis :
bon état clinique
absence d'atteinte à la radiographie ou au scanner pulmonaire lors du suivi
absence de lymphopénie
absence de contact avec un cas probable
Source : d’après l’InVS www.invs.sante.fr

Le mode de transmission n’est pas formellement connu mais les recoupements entre les descriptions des différents cas identifiés de par le monde orientent vers une transmission par contact rapproché avec une personne malade (soins, vie commune, contact face à face ou contact direct avec les sécrétions respiratoires ou liquides biologiques du malade, sans protection adaptée).

La transmission est essentiellement aérienne par les secrétions oro-pharyngées émises sous forme de gouttelettes lors de la toux ou de la conversation, gouttelettes en provenance d’une personne malade et en direction d’un interlocuteur proche. C’est pourquoi, devant toute suspicion de SRAS (cas possible ou cas probable), il est demandé au patient de porter un masque de type chirurgical pour éviter ces projections et réduire le risque de transmission. Le contact avec des fluides biologiques de personne malade ou des objets souillés par ces mêmes liquides biologiques est également mis en cause.

Les premiers signes cliniques apparaissent 2 à 10 jours après la contamination. Pendant cette période d’incubation, la personne ne présente aucun signe de maladie. A ce jour, malgré le nombre important de cas de SRAS recensés de par le monde (près de 8 000), aucune transmission à partir d’une personne en période d’incubation n’a été démontrée.

La réglementation relative à la protection des travailleurs contre les risques biologiques résultant de leur exposition à des agents biologiques est basée sur le classement des différents agents biologiques en 4 groupes de risques selon la gravité de la maladie, le pouvoir épidémiogène de l’agent pathogène et l’existence d’une prophylaxie ou d’un traitement efficace (art. R. 4421-3).




Quelle protection ? Dans quelles situations se protéger ?

Du fait qu’aucune transmission à partir d’une personne en période d’incubation n’a été démontrée, aucune mesure de prévention particulière n’est indiquée pour les travailleurs en contact avec des personnes non malades, originaires ou de retour d’une zone affectée par le SRAS.

Pour les personnes exposées, du fait des modes de contamination possible (voir ci-dessus), les mesures de protection individuelle consistent essentiellement dans le port d’un appareil de protection respiratoire et dans le respect des mesures classiques d’hygiène (lavage des mains…).

Actuellement, le port d’un appareil de protection respiratoire n’est recommandé que pour des personnels de santé au contact rapproché d’un malade jusqu’à exclusion du diagnostic de SRAS. Pour ces soignants, les recommandations de la Direction générale de la santé précisent le niveau de protection requis (www.sante.gouv.fr).

Des explications complémentaires sur les appareils de protection respiratoire pour les métiers de la santé sont disponibles dans la fiche pratique de l’INRS ED 105.




Les professions de la santé et les laboratoires de recherche

Les bases de la protection des travailleurs contre les risques résultant de leur exposition à des agents biologiques sont inscrites dans le Code du travail aux articles R. 4421-1 à R. 4427-5.

Les connaissances actuelles ne permettent pas de classer ce nouveau coronavirus de façon définitive. Un consensus international (OMS, CDC, DGS…) recommande :
un confinement de niveau 2 pour les analyses d’échantillons de sang et de liquides biologiques autres que les prélèvements faits au niveau des voies respiratoires,
un confinement de niveau 3 pour les prélèvements faits au niveau des voies respiratoires, les mises en culture et tout travail de recherche

Les professions de santé
Dans le cas particulier du SRAS, la Direction générale de la santé a fait des recommandations pour les différents acteurs de santé pouvant être amenés à prendre en charge, traiter ou transporter des personnes susceptibles d’être atteinte du SRAS. Ces recommandations sont disponibles sur le site de la DGS. Ce site doit être régulièrement consulté car ces recommandations sont susceptibles d’être mises à jour en fonction de l’avancée des connaissances.

Les travaux de recherche
Si l’agent responsable du SRAS n’est pas classé, le consensus international implique que tout travail de recherche sur ce virus se fasse en laboratoire avec un niveau de confinement 3.
Tous les travaux de recherche et de développement qui pourraient impliquer l’agent du SRAS, relèvent donc de l’arrêté du 16 juillet 2007 qui fixe les mesures techniques de prévention, notamment de confinement, à mettre en oeuvre dans les laboratoires de recherche, d'enseignement, d'analyses, d'anatomie et cytologie pathologiques, les salles d'autopsie et les établissements industriels et agricoles où les travailleurs sont susceptibles d'être exposés à des agents biologiques pathogènes




Cas des déplacements professionnels vers les pays affectés par le SRAS

Les zones affectées par la maladies sont répertoriées par l’OMS et font l’objet d’une mise à jour quotidienne sur le site de l’OMS.

Départ vers une zone affectée
Sachant que le premier principe de prévention est d’éviter le danger chaque fois que cela est possible, il convient d’étudier la nécessité d’un déplacement professionnel en zone affectée et son remplacement éventuel par d’autres types de contacts, comme la téléconférence par exemple. Tout déplacement professionnel dans une telle zone doit répondre à d’impérieuses nécessités ou bien être différé. En cas d’absolue nécessité, il importe de limiter au niveau le plus bas possible le nombre de personnes qui participeront à la mission.
Il est rappelé que sur place, ces personnes devront suivre les recommandations et injonctions des autorités sanitaires locales.

Retour d’une zone affectée
Toute personne en provenance d’une zone affectée par le SRAS fait l’objet d’un interrogatoire avant son départ et reçoit une information durant le vol sur la nécessité de surveiller sa température, l’apparition d’une toux, d’une gêne respiratoire ou d’un essoufflement pendant les 10 jours qui suivent son retour (le délai d’incubation est compris entre 2 et 10 jours).

Sachant qu’à ce jour aucune transmission à partir d’une personne en période d’incubation n’a été démontrée, la prescription d’un arrêt de travail et la mise en place de mesures d’isolement ne sont pas nécessaires pour les personnes asymptomatiques de retour d’une zone affectée par le SRAS. Aucune mesure de prévention particulière n’est indiquée pour les travailleurs en contact avec ces personnes non malades, originaires ou de retour d’une zone affectée.

Seules les personnes ayant eu un contact avec un cas de SRAS font l’objet d’un isolement à domicile. Cette décision relève des autorités de santé publique qui informent directement les personnes concernées suite à l’enquête qui accompagne toute découverte d’un nouveau cas possible de SRAS.




Rôle du médecin du travail pour les entreprises concernées par des déplacements professionnels dans des zones affectées par le SRAS

L’épidémie de SRAS qui sévit en Chine et à Hong-Kong inquiète les salariés des entreprises qui travaillent avec tous les pays du Sud-est asiatique. Il est nécessaire de faire la part des choses entre inquiétudes raisonnables et inquiétudes non-fondées (les zones affectées sont régulièrement mises à jour sur le site de l’OMS). En tant que conseiller de l’entreprise, le médecin du travail pourra être appelé à participer à la mise en place d’une information sur les réalités de l’épidémie et les répercussions éventuelles sur les activités de l’entreprise. Pour cela, le médecin du travail peut se référer aux informations et recommandations de la DGS et de l’InVS qui sont actualisées très régulièrement.
Il s’assurera notamment que les travailleurs au retour d’une zone affectée ont bien reçu l’information nécessaire et compris la nécessité de surveiller leur température, l’apparition d’une toux, d’une gêne respiratoire ou d’un essoufflement pendant les 10 jours qui suivent leur retour. Il rappellera qu’en cas d’apparition de ces signes, ils ne doivent pas se rendre chez leur médecin traitant mais qu’il leur faut contacter immédiatement le 15 pour avis et décision sur la prise en charge par le médecin régulateur du SAMU.

Il peut être utile, comme l’ont déjà fait des médecins du travail, de prévoir les dispositions pour le cas où un salarié revenu depuis moins de 10 jours d’une zone affectée présenterait des signes cliniques évocateurs alors qu’il est au travail. Pour faire face à cette éventualité, il apparaît nécessaire d’avoir à disposition dans l’entreprise le matériel de protection comprenant un masque de protection respiratoire (de type FFP2), une paire de gants, des lunettes de protection et un masque de type chirurgical. Par précaution, la personne qui prendrait en charge le salarié malade devra porter le masque de protection respiratoire de type FFP2, une paire de gants et des lunettes de protection, et faire porter le masque de type chirurgical au salarié pour éviter les projections de gouttelettes. Le salarié malade sera isolé (dans des conditions prévues en fonction de la configuration des locaux), puis le médecin régulateur du 15 sera contacté pour avis et décision sur la prise en charge.
En attendant l’arrivée de l’équipe médicale, toutes les visites dans la pièce où est isolé le salarié devront être interdites. La liste des personnes ayant été en contact avec ce salarié dans les heures précédentes sera établie. Il leur sera conseillé de se laver les mains avec de l’eau et du savon. Si, par la suite, le salarié est classé en cas possible ou probable par l’InVS, cette liste servira au médecin du Groupe Régional d’Observation de la Grippe (GROG) qui prendra en charge ces personnes contacts.

Le médecin du travail peut être amené à voir en consultation un salarié revenu depuis moins de 10 jours d’une zone affectée. En l’absence de signes cliniques évocateurs, aucune mesure de prévention particulière n’est nécessaire : s’il n’y a pas eu de contact avec une personne malade, il n’y a aucune raison de conseiller un arrêt de travail ou l’isolement pour ce salarié, il n’y a pas de précautions particulières à prendre pour ses collègues de travail. En cas de signes cliniques évocateurs de SRAS, le médecin du travail applique les mêmes recommandations que celles qui ont été faites par la DGS pour les professionnels de santé libéraux (http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/pneumapathies/sommaire.htm).




Cas des professions induisant des contacts rapprochés avec des personnes en provenance d’une zone affectée par le SRAS

Il n’est pas possible d’établir une liste exhaustive des professions concernées, mais on peut citer par exemple les personnels des aéroports, des entreprises de transports (cars, taxis…), des grands hôtels de tourisme, des magasins en zone touristique….

La crainte d’une contamination par l’agent du SRAS ne doit pas conduire à des comportements irrationnels. Plusieurs éléments sont à prendre en compte :
Les zones affectées par la maladies sont répertoriées par l’OMS et font l’objet d’une mise à jour quotidienne sur le site de l’OMS.
Les données disponibles indiquent que la maladie ne se transmet que suite à un contact étroit avec une personne malade. Malgré le nombre de cas de SRAS recensés de par le monde (près de 8 000), il n’a pas été rapporté de cas de contamination pendant la phase d’incubation de la maladie, c’est à dire pendant l’intervalle de temps qui s’écoule entre le contact étroit avec une personne malade et l’apparition des premiers signes de la maladie. Cet intervalle de temps n’excède pas 10 jours.
Actuellement, des consignes sont localement mises en place dans les grands aéroports internationaux afin de prévenir l’embarquement d’une personne malade.
Aucune mesure de prévention particulière n’est donc indiquée pour les travailleurs en contact avec des personnes non malades, originaires ou de retour d’une zone affectée par le SRAS.




Conduite à tenir vis à vis d’objets (courriers, colis,... en provenance d’une zone affectée par le SRAS ?

En l'état actuel des connaissances, il n’y a pas eu de transmission rapportée en dehors d’un contact rapproché avec une personne malade ou ses liquides biologiques.
Par conséquent, il n'y a pas de protection spécifique préconisée pour la manipulation de courriers ou de colis en provenance d'une zone affectée par le SRAS. Il n'y a pas de précautions particulières nouvelles préconisées pour l'ouverture des containers. Face aux incertitudes relatives à la survie du virus sur des milieux inertes, les mesures d’hygiène habituelles pour la prévention des infections manuportées doivent être respectées ; ne pas porter les mains au visage, ne pas manger, boire, fumer… pendant le travail, et bien se laver les mains à l’eau et au savon en fin de tâche.





Pour en savoir plus en quelques clics...
Institut de veille sanitaire (InVS)
www.invs.sante.fr

Direction générale de la santé (DGS)
www.sante.gouv.fr

Organisation mondiale de la santé (OMS)
www.who.int (informations disponibles sur le SARS uniquement en anglais)

Centers for disease control and prevention (CDC) (en anglais)
www.cdc.gov/

Santé Canada, ministère fédéral de la Santé travaillant en partenariat avec les gouvernements provinciaux et territoriaux
www.hc-sc.gc.ca/hc-ps/dc-ma/sars-sras-fra.php

« Appareils de protection respiratoire et métiers de la santé ». Fiche pratique de sécurité. ED 105. INRS, 2009, 4 p. (format pdf)

« Se laver les mains ». Bande dessinée. ED 869. INRS, 2000, 12 pages (disponible en 2 parties en téléchargement : partie 1 « Pourquoi et comment se laver les mains » et partie 2 « Avec quoi se laver et se sécher les mains ») (format pdf, 785 ko et 664 ko)




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