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Dossier Mise à jour : 03/03/2003


L'approche participative par branche, filière viande de boucherie



"L'approche participative par branche filière viande de boucherie" propose aux entreprises une démarche d'intervention et des outils sur l'évaluation des risques, les troubles musculosquelettiques et la démarche du couteau qui coupe. Pour les accompagner, les entreprises pourront choisir des personnes ressources sur des listes mises à leur disposition dans ce dossier. C'est afin de donner la priorité aux actions qui portent sur des secteurs à risques élevés, que la CNAM a impulsé dès 1995 cette nouvelle approche en matière de prévention. Elle mobilise tous les acteurs concernés de la filière, intègre les enjeux de la profession et situe la prévention au coeur de l'activité de travail pour garantir la recherche de solutions cohérentes et de portée générale.


Pourquoi la filière viande de boucherie ?

Qu’est-ce que l’approche participative par branche dans la filière viande de boucherie ?

Intérêt de cette approche
  Une démarche, des outils, des personnes ressources pour conduire des actions de prévention dans l'entreprise
L'évaluation des risques professionnel
Les TMS
La démarche avec un couteau qui coupe
Les personnes ressources

Pour en savoir plus



Pourquoi la filière viande de boucherie ?

Le travail au couteau, les manipulations et manutentions manuelles, la circulation sur les sols glissants ainsi que les activités souvent répétitives et cadencées, dans des atmosphères froides, humides et bruyantes, favorisent les risques d’accidents et de maladies professionnelles.
Les dernières statistiques 2000 mettent en évidence un nombre d’accidents du travail toujours très élevé :
190 accidents avec arrêt pour 1000 salariés pour l’abattage du bétail
156 pour la découpe de viande.

Cependant, après un constat de non amélioration pendant plus de dix ans, il existe une baisse significative depuis 1993, qui se confirme aujourd’hui.

C’est dans la filière viande qu’est localisé le plus grand nombre de cas de troubles musculosquelettiques (TMS).

Le nombre de salariés atteints a été multiplié par six en cinq ans.

Le syndrome du canal carpien, qui affecte le poignet est la principale pathologie.
 
Poste de découpe dans la filière viande



Qu’est-ce que l’approche participative par branche dans la filière viande de boucherie ?

L’aspect participatif se situe à plusieurs niveaux :
les entreprises et les structures de la filière,
les salariés et leurs représentants,
les différents organismes en charge de la prévention : CNAMTS, CRAM ,CGSS, INRS, MSA, ANACT, ARACT, la médecine du travail, les services vétérinaires, les ministères de l’emploi et de la solidarité, de l’agriculture et de la pêche et les centres techniques.


Tous impliqués et co-auteurs de la démarche


La Bretagne et les Pays de la Loire, sont les régions les plus particulièrement engagées dans cette démarche.
Son objectif est la prise en charge progressive par la filière de ses propres risques professionnels.  



Quel est l’intérêt de cette approche ?

Ce mode de travail engage une prise de responsabilité de l’ensemble des acteurs vis- à- vis des résultats attendus. Il permet de mieux analyser les besoins de la filière et de répondre ainsi plus efficacement aux attentes des entreprises.
Cette nouvelle approche fait apparaître les véritables enjeux de la profession : la qualité des produits, la traçabilité, l’hygiène alimentaire, la capacité à recruter et à fidéliser le personnel, la réactivité face aux crises de l’ESB, la performance.
Prendre en compte les contraintes et les exigences du milieu, comprendre ses difficultés, ses résistances et ses évolutions prévisibles conduit alors à des solutions qui s’inscrivent dans une approche globale de la profession, la prévention n’étant qu’ un élément du système entreprise.

Une démarche, des outils, des personnes ressources pour conduire des actions de prévention dans l'entreprise
Les outils de sensibilisation, d’information et de formation conçus dans le cadre de l’APB sont présentés plus loin.


Des outils spécifiques à la filière viande

Ils couvrent des thématiques retenues par l’ensemble des acteurs :
L’évaluation des risques
Les TMS et la démarche du couteau qui coupe


Ces outils n’ont de sens que s’ils s’inscrivent dans une démarche


Cette démarche se décline en fonction de la configuration de chaque entreprise, de sa culture, de son contexte, de ses réseaux, elle suppose :
une implication de la direction au plus haut niveau,
la désignation d’un responsable en interne disposant de temps et de moyens pour instaurer le dialogue et s’entourer des compétences clés,
la constitution d’une équipe composée de personnes d’origines diverses afin d’enrichir le regard, de faire remonter et circuler des informations, de rechercher des réponses préventives dans différents domaines,
l’information du personnel et notamment l’encadrement de proximité et le CHSCT sur les objectifs et les résultats de l’action.

Cette démarche de conduite de projet oblige à:
Inscrire les actions de prévention au coeur des métiers en articulation avec les autres contraintes de l’entreprise : l’hygiène alimentaire, la qualité des produits et des services,
S’appuyer sur une analyse préalable centrée sur le travail réel et les difficultés rencontrées au jour le jour,
Développer les compétences et l’expertise en interne, le recours à des acteurs extérieurs ne doit intervenir que pour les renforcer,
Faire émerger très vite des solutions concrètes, pour montrer que du changement est possible, se situer dans une dynamique de changement et ainsi sortir du fatalisme.
Argumenter sur la relation entre la prévention des risques et les enjeux socio-économiques de l’entreprise.

Pour mettre en œuvre cette démarche, des personnes ressources sont disponibles :
des organismes de formation intervenant dans la filière et ayant passé une convention de partenariat avec un organisme de prévention.
des correspondants dans chacune des Caisses Régionales de l’Assurance Maladie sur les activités de Service, de Commerce et de l’industrie de l’Alimentation.


L'évaluation des risques professionnels

La loi du 31 décembre 1991 fait obligation à tout employeur de réaliser une évaluation des risques.
Le décret du 5 novembre 2001 précise que la transcription des résultats de cette évaluation doit se faire dans un document unique.
Il oblige l’employeur à tenir à disposition ces résultats auprès du CHSCT ou des délégués du personnel, de l’inspecteur du travail, du médecin du travail, des agents des services de prévention des organismes de la sécurité sociale à compter du 8 novembre 2002.

Pour plus d'informations sur l'évaluation des risques professionnels, consultez notre brochure ED 887 "Questions Réponses sur le document unique".

Pour faire face à ses nouvelles obligations, une méthode d’évaluation des risques professionnels est proposée au chef d’entreprise pour l’aider à rédiger le document unique.
Elle est centrée sur les particularités de l’activité de production de l’abattoir et de l’atelier de découpe. Elle n’exonère pas de s’intéresser par ailleurs à l’ensemble des autres activités.
Pour plus d'informations sur l'évaluation des risques professionnels, consultez notre brochure ED 898 "Evaluer les risques professionnels en abattoir et atelier de découpe. Aide à la rédaction d’un document unique".

Outil d’observation dans la durée de l’évolution des risques professionnels, cette démarche s’enrichit progressivement par la mobilisation des acteurs de l’entreprise. C'est une opportunité à saisir. Elle ouvre des perspectives en matière de performance pour l’entreprise. En effet, les facteurs de risques professionnels débusqués sont souvent des symptômes de dysfonctionnement qui concernent d’autres domaines comme la qualité et la productivité .



L'importance de l'évaluation des risques professionnels


Un guide spécifique de la bouverie-porcherie s’est imposé du fait des risques d’accidents graves et mortels des salariés en contact avec les animaux vivants. Par ailleurs des enjeux professionnels importants s’y rattachent : image de l’entreprise, traçabilité, qualité de la viande, sécurité sanitaire, influence sur l’approvisionnement de la chaîne.
Pour plus d'informations sur l'évaluation des risques professionnels, consultez notre brochure ED 851 "Evaluation des risques professionnels en abattoir. Guide d’autodiagnostic en bouverie-porcherie".

Confrontée au problème de l’ESB, des inquiétudes se sont manifestées sur d’éventuelles transmissions des agents infectieux sur les opérateurs travaillant dans la filière viande et particulièrement ceux en contact avec les matériaux à risques spécifiés qui sont éliminés de la chaîne alimentaire. Avec la participation des ministères chargés du travail, de la santé et de l’agriculture, deux documents sur les risques biologiques sont à votre disposition.
ED 858 "Maladies animales . Pourquoi et comment se protéger en abattoir".
ED 859 "Responsables d’abattoir. Pourquoi et comment évaluer les risques biologiques".


Les Troubles Musculosquelettiques (TMS)

La filière viande, un secteur à risque élevé de TMS
En France, l’augmentation des TMS dans la filière viande de boucherie connaît une progression importante et constante depuis plusieurs années. Le nombre de salariés atteints a été multiplié par six en cinq ans.

C’est dans la filière viande qu’est localisé le plus grand nombre de cas. Au régime général, la filière transformation des viandes représente 25% des TMS.
Les affections musculosquelettiques concernent les salariés situés à tous les stades de la transformation de la viande, aussi bien les désosseurs et les pareurs que les opérateurs situés aux postes de conditionnement et d’emballage.
Enfin, les TMS dans la filière viande touchent l’ensemble du membre supérieur. Le syndrome du canal carpien qui affecte le poignet, étant probablement la principale pathologie.

Après une étude réalisée dans trois entreprises de la filière porc en Bretagne et un séminaire rassemblant des ergonomes, un document de vulgarisation est élaboré. Son objectif est de conseiller les entreprises qui souhaitent entrer dans une démarche de résolution des problèmes de TMS en bénéficiant des expériences déjà engrangées.
Pour plus d'informations sur l'évaluation des risques professionnels, consultez notre brochure ED 878 "Diminuer les TMS dans la filière viande, c’est gagner en performance".

La reconnaissance du caractère multifactoriel des TMS est un préalable indispensable à toute démarche de prévention. On ne peut imputer leur apparition à la seule cadence, à la seule répétitivité du geste, à l’existence du stress au travail. C’est la combinaison d’un certain nombre de facteurs qui génère ces maladies : le froid, les vibrations, les positions articulaires extrêmes, la dépendance organisationnelle, les absences non remplacées, des temps d’apprentissage insuffisants, des relations de travail dégradées ...
Si les facteurs de risque TMS sont multiples, leurs interactions sont toujours singulière. Les réponses préventives sont donc à rechercher dans des domaines d’action complémentaires et variés.
Pour plus d'informations sur l'évaluation des risques professionnels, consultez notre dossier TMS.


La démarche avec un couteau qui coupe
Cette démarche a été mise en œuvre à partir d’un constat :
Plus de 60% des couteaux dans les industries de la viande coupent mal. Le travail est alors plus long, les coups de couteaux sont plus nombreux. Pour garder la cadence le salarié a moins le temps d’affiler, la qualité de coupe se dégrade, le salarié force, fatigue, s’énerve. Ce cercle infernal peut conduire à l’apparition de TMS dont la douleur est le principal signal d’alerte.


Un couteau qui coupe mal : Le cercle infernal

Le travail au couteau est au cœur des métiers de la viande.
Il reste l’outil de travail le plus répandu.
C’est aussi le symbole de la compétence des salariés.

Pour avoir et garder un couteau qui coupe, des opérations nombreuses et variées sont nécessaires. Dans un secteur où l’apprentissage est souvent réduit à sa plus simple expression, ces opérations sont laissées à l’appréciation de chacun. Elles ne font pas l’objet d’une réelle formation. Considérées comme allant de soi, elles se réduisent à l’acquisition d’un « simple tour de main » qu’on acquiert en regardant les autres. Les temps d’affûtage et d’affilage ne sont intégrés ni dans le process ni dans l’organisation du travail. Ils ne sont pas comptabilisés dans le temps effectif de travail.


Différents états de fils de couteaux

La démarche du couteau qui coupe se propose d’aider les professionnels à s’engager dans une conduite de projet pour améliorer le pouvoir de coupe.
La première étape consiste à sensibiliser le chef d’entreprise aux différents enjeux du pouvoir de coupe, de le convaincre de la mise en œuvre d’une démarche et de l’informer sur son déroulement.

Animation flash sur la démarche du couteau qui coupe

C’est un projet qui doit être conduit dans et par l’entreprise.
Le chef d’entreprise doit nommer un chef de projet qui va constituer son équipe. Cette équipe doit obligatoirement intégrer des opérateurs dont la présence est indispensable pour faire remonter des informations pertinentes.
Plusieurs supports de sensibilisation et d’information ont été élaborés en partenariat avec les professionnels :
Un dépliant (ED 852) intitulé « Un enjeu pour l’entreprise » .
Une vidéo (VS 0284) , intitulée « Quand tout ne tient qu’à un fil ».
Des brochures de vulgarisation :
«Pour en savoir plus sur l’affilage »
«Pour en savoir plus sur l’affûtage »
«Pour mieux choisir ses couteaux »
Un dépliant (ED 4054) intitulé «Devenir affileur, une compétence à part entière » destiné à l’opérateur pour qu’il garde en mémoire les points essentiels de la formation dispensée : un vocabulaire commun et des critères à respecter pour réussir un bon affilage.


Les personnes ressources

Des personnes ressources sont à votre disposition dans les CRAM, afin d’aider les entreprises à améliorer la prise en compte de leurs risques professionnels, à obtenir d’éventuelles aides financières, à s’orienter dans l’ensemble de la documentation disponible sur les risques professionnels. Pour obtenir tout renseignement complémentaire contacter les services prévention de la CRAM.
Liste des personnes ressources, correspondants régionaux dans les CRAM et les CGSS établie par la CNAMTS.

Afin d’offrir aux entreprises la possibilité de s’orienter vers un organisme intervenant dans la filière viande et proposant des actions de formation intégrant la prévention des risques professionnels, une liste nationale d’organismes de formation ayant passé une convention de partenariat avec un organisme de prévention (CNAMTS, CRAM ou MSA) est établie.
Ces organismes de formation se sont appropriés la démarche et les outils de l’APB.

Aujourd’hui plusieurs organismes de formation sont inscrits sur cette liste.

Procédure pour l’inscription d’un organisme de formation sur la liste
1. L’organisme fait une demande de dossier de candidature pour l’inscription sur la liste auprès du secrétariat de la commission nationale d’inscription sur la liste APB filière viande de boucherie des organismes de formation par fax au 01 45 38 60 06 ou par e-mail : jp.liot@cnamts.fr.

2. Envoi à l’organisme de formation du cahier des charges national et du dossier de candidature par le secrétariat de la commission nationale d’inscription sur la liste APB filière viande de boucherie des organismes de formation.

3. À réception du dossier, le secrétariat vérifiera si le dossier est complet (présence de tous les éléments nécessaires au passage devant la commission nationale d’inscription sur la liste APB filière viande de boucherie des organismes de formation.
Un avis systématique sur l’organisme de formation sera demandé à la CRAM ou la MSA du siège de l’organisme. 4. La commission nationale d’inscription sur la liste APB filière viande de boucherie des organismes de formation, qui se réunit régulièrement, examine la recevabilité du dossier. Pour les organismes de formation ayant reçu un avis favorable, des sessions de formation seront organisées :
un stage de 2 jours pour l’intégration des risques professionnels dans les modules de formation,
un stage de 2 jours pour l’appropriation des outils de l’APB filière viande de boucherie.
En cas d’avis défavorable, l’organisme de formation sera informé par courrier et le refus d’inscription sur la liste sera argumenté ;
l’organisme pourra refaire une demande d’inscription dès lors que les motifs de refus n’existent plus.

5. L’organisme de formation signe une convention avec un organisme de prévention (MSA, CRAM ou CNAMTS) et s’engage à :
appliquer le cahier des charges,
faire former ses formateurs qui interviennent dans ces actions par l’institution prévention,
s’inscrire dans un dispositif de suivi pédagogique.

6. L’organisme de formation figure sur une liste nationale établie par la CNAMTS et la MSA. Vous pouvez l’obtenir auprès des CRAM, MSA et du secrétariat de la commission nationale d’inscription sur la liste APB filière viande de boucherie des organismes de formation.

Ces organismes contribuent à promouvoir dans les entreprises les valeurs portées par l’institution prévention qui se caractérisent par :
une reconnaissance de la pluricausalité des atteintes à l’intégrité et à la santé de l’homme au travail,
la nécessité d’une action globale de prévention touchant à différents domaines,
la promotion de démarches participatives,
la mise en œuvre d’une stratégie de prévention qui privilégie la suppression ou la diminution du risque et la protection collective par rapport aux mesures individuelles et aux consignes.




Pour en savoir plus…
Des supports d'information complémentaires et autonomes

Aide mémoire
Un aide-mémoire a été réalisé par la région des Pays de la Loire avec les professionnels. Ce document n’a pas la prétention d’être exhaustif tant dans le domaine concerné par les rubriques retenues, que dans le contenu de chacune d’entre elles.
ED 850 "Aide-mémoire filière viande de boucherie"

Formation et prévention
Une étude menée dans la filière porcine en Bretagne a permis, à partir du contexte géographique et historique, de mesurer la place de cette industrie. L’objectif de cette étude est de mieux connaître les besoins et les attentes des entreprises en matière de formation, de caractériser les offres des organismes et apprécier l’adéquation de cette offre par rapport aux besoins existants pour situer la prévention dans cet ensemble et en déduire des pistes d’actions.
Note scientifique et technique de l’INRS NS 181 de décembre 1999, "La filière porcine en Bretagne. Formation et prévention".

Le transport et la livraison des carcasses de viande
La manutention manuelle des carcasses expose les livreurs à des risques d’accidents du travail et de maladies professionnelles. Ces risques concernent l’ensemble de la filière viande de boucherie (abattoirs, grossistes, grande distribution, transporteurs et bouchers détaillants).
Chacun a son niveau peut apporter une amélioration pour diminuer la pénibilité des tâches et éviter les risques.
Ce dépliant, à partir d’un constat, se propose d’alerter les professionnels sur les nombreux risques encourus et d’effectuer une analyse des situations de travail qui ouvre sur une évaluation des risques préalable à un plan d’action.
ED 897 "Pour améliorer le transport et la livraison de carcasses de viande"

Recommandation R 393 "Manutention des quartiers ou carcasses de viande de boucherie"



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