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Agent pathogène et pathologie > retour au sommaire
➜ Descriptif de l'agent pathogène
Nom de l'agent :Leptospira interrogans
Synonyme(s) :
Type d'agent : Bactérie
Descriptif :
Plus de 200 sérovars répartis en plus de 20 sérogroupes. Sérovars les plus fréquents en France : icterohaemorrhagiae (31 % des cas en France métropolitaine), grippotyphosa, australis, canicola...
Groupe de classement : 2
➜ Pathologie
Nom de la maladie : Leptospirose
Type de réservoir : Animal
Nombreuses espèces de mammifères sauvages et domestiques : rongeurs (rats+++), chien, cheval, porc, bovin... Les animaux infectés peuvent être malades et/ou sont porteurs sains. Ils éliminent les leptospires dans leurs urines et contaminent les milieux hydriques et le sol.
Principale source : Urines
Les animaux infectés éliminent les leptospires dans leurs urines et contaminent les milieux hydriques et le sol.
➜ Viabilité, infectiosité
Viabilité, résistance physico-chimique :
Survie dans le milieu extérieur de plusieurs jours à plusieurs mois selon les conditions environnementales (température tropicale, pH proche de la neutralité, ensoleillement modeste).
Sensible à la chaleur (> 60 °C), à la salinité, aux UV, aux désinfectants classiques, aux pH acides ou très alcalins (> 8), à la dessication.
Infectiosité :
Dose infectieuse inconnue.
Pathogène de l'animal et de l'homme, infections asymptomatiques fréquentes chez de nombreux animaux.
➜ Données épidémiologiques
Population générale :
La leptospirose représente un problème de santé publique majeur dans de nombreux pays, notamment en Amérique Latine et en Asie du Sud-Est. On estime entre 300 000 et 500 000 le nombre de cas sévères de leptospirose chaque année.
En 2008, 794 cas de leptospirose ont été recensés en France, dont 342 en Métropole (chiffre supérieur à celui des années précédentes : 327 cas en 2007 et 196 en 2006) et 452 outre-mer.
L'incidence en Métropole est de 0,56 pour 100 000 habitants, ce qui représente l'incidence maximale enregistrée depuis 2002. Caractère saisonnier avec un pic estivo-automnal avec 60 % des cas de leptospirose qui se répartissent sur les mois de juillet à novembre.
Milieu professionnel :
30 % des cas enregistrés par le CNR pourraient être d'origine professionnelle.
Mode de transmission : Contact de la peau lésée (plaies y compris morsure ou macération), ou des muqueuses (notamment par projection oculaire) avec les urines d'un animal infecté ou avec des eaux douces ou un sol contaminés par ces urines.
Période de contagiosité : Pas de transmission interhumaine.
➜ Maladie
Incubation : 7 à 12 jours (extrêmes 2 à 21 jours).
Clinique Phase initiale souvent non spécifique de type syndrome pseudo-grippal.
Atteinte multi-viscérale possible après quelques jours d'évolution : atteinte hépatique avec ictère, insuffisance rénale (50 à 70 % des cas), manifestations hémorragiques (2/3 des cas) avec thrombopénie, méningite (50 % des cas) voire encéphalite, épisode de congestion oculaire régressive, pneumopathie avec infiltrats réticulo-nodulaires bilatéraux à la radiographie pulmonaire.
Létalité : 5 à 20 % sans traitement. Guérison sans séquelle sous traitement.
Diagnostic : Isolement de Leptospira dans un prélèvement (sang, LCR ou urines) par culture (lent et difficile sur milieux spécifiques : 10 à 60 jours) ou par PCR lors de la première semaine de maladie suivant l'apparition de la fièvre.
Diagnostic sérologique :
- réaction d'agglutination microscopique (MAT) : méthode sérologique de référence, positive après 10 à 12 jours de maladie, taux considéré comme positif : > 1/100e en zone non endémique, élévation de 4 titres entre sérum précoce et sérum tardif.
- ELISA : mise en évidence précoce des IgM (1/400e) mais antigène non standardisé. Un délai de réponse identique à celui du MAT (voire plus court si utilisation d'un conjugué anti-IgM) est généralement observé. En revanche, il se négative plus rapidement, environ deux mois après le début de la maladie. Ce test ELISA trouve tout son intérêt dans le diagnostic différentiel entre leptospirose évolutive et leptospirose ancienne dans la mesure où les anticorps séquellaires des infections ou des immunisations antérieures ne sont pas décelés.
Traitement : Antibiotiques : pénicilline ou amoxicilline IV ou cyclines.
Vaccin disponible, consultez le calendrier vaccinal 2012 sur le site web de l'INVS
Suspension de 2.108 leptospires (L. icterohaemorrhagiae) inactivés par le formaldéhyde.
➜ Caractéristiques de l'immunité
Immunité naturelle : La réponse immunitaire post-infectieuse ne peut être considérée comme protectrice pour des infections ultérieures.
Immunité vaccinale : Cette vaccination a une efficacité courte et incomplète. Elle est spécifique du seul sérogroupe icterohaemorragiae.
Activités exposantes :
Activités de loisirs : baignade, pêche en eau douce, sports nautiques, canoë-kayak, plongeurs en eau douce...
Professions exposant à un contact hydrique ou animal : égoutiers, ouvriers d'entretien des voies d'eau, pisciculteurs, vétérinaires, personnels d'abattoirs, d'animalerie, secouristes intervenant en zones d'inondation ou de tremblement de terre...
Terrain à risque accru d'acquisition : Non décrit.
Terrain à risque accru de forme grave : Age élevé, alcoolisme, diabète, insuffisance rénale, antécédents d'atteintes hépatiques, immuno-déprimés.
Grossesse : Pas de risque documenté chez la femme enceinte.
Que faire en cas d'exposition ? > retour au sommaire
➜ Définition d'un sujet exposé
Personne exposée à un contact cutané ou muqueux avec une eau ou un sol possiblement contaminé par des animaux excréteurs (cf. conditions environnementales) sans protection individuelle adaptée (gants, bottes, lunettes, vêtements protecteurs).
Personne ayant eu un contact direct avec les urines d'un animal potentiellement contaminé porteur excréteur.
Lavage des mains après tout contact susceptible d'être contaminant.
Nettoyage et désinfection de la plaie ou de la peau lésée, la protéger par un pansement imperméable (surtout utile avant exposition).
Si projection oculaire : lavage avec de l'eau propre, voire utilisation d'un collyre antiseptique.
Source :
Niveau de contamination probable de l'eau ou du sol (présence de rongeurs, eau douce stagnante à l'ombre, température élevée, milieu alcalin...).
Espèce animale réceptive sauvage ou domestique, malade ou non.
Produit biologique : urines et tissus (rein, vessie) des animaux potentiellement porteurs excréteurs.
Type d'exposition :
- contact prolongé ou répété (peau lésée par des plaies ou la macération, muqueuses par projection ou aérosol) avec des eaux douces ou un sol contaminés.
- contact direct avec l'animal et ses urines.
Sujet exposé :
- Immunité : vaccination antérieure (immunité ciblée sur le sérogroupe icterohaemorrhagiae) pas d'immunité pour les autres sérogroupes.
- Facteurs de sensibilité : cf. terrain à risque.
Pas d'indication d'une prophylaxie antibiotique systématique.
Un traitement antibiotique de 8 jours (doxycycline) peut être indiqué au cas par cas pour un risque clairement identifié (contact étroit avec un animal mort de leptospirose, ou blessure ou piqûre lors d'une injection de leptospires ou manipulation d'un animal de laboratoire infecté). Même si ce traitement prophylactique n'empêche pas toujours l'infection, il peut réduire la sévérité de la maladie.
Pas d'AMM dans cette indication mais recommandé dans le texte de référence.
Surveillance de la température, recherche de signes cliniques évocateurs (syndrome méningé, épisode de congestion oculaire régressive, hémorragies, oligurie ou anurie, ictère, toux).
Si signes cliniques : ELISA d'orientation la première semaine, MAT à 10 jours, recherche dans les liquides biologiques.
➜ Conseils
Pour l'entourage du sujet :
Pas de recommandation particulière.
En cas de grossesse :
Pas de recommandation particulière.
Déclaration obligatoire : Pas de déclaration obligatoire
Réparation :
- au titre d'un Tableau de maladies professionnelles :
Régime général : n° 19 A
Régime agricole : n° 5
Consultez la base de données Tableaux de maladies professionnelles. Guide d'accès et commentaires
- maladies hors tableau et fonction publique : selon expertise
Nouvelles recommandations relatives à la prévention du risque chez les personnes exposées à la leptospirose. Rapport du groupe de travail du Conseil supérieur d'hygiène publique de France. Rapport présenté et adopté lors de la séance du CSHPF du 18 mars 2005. Ministère en charge de la santé, 2005(http://www.sante.gouv.fr/dossiers/cshpf/r_mt_180305_leptospirose.pdf).Recommandations pour la prévention de la leptospirose en population générale. Avis du Conseil supérieur d'hygiène publique de France (sénce du 30 septembre 2005). Ministère en charge de la santé, 2005 (http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/Avis_du_CSHPF_du_30_septembre_2005_relatif_aux_recommandations_pour_la_prevention_de_la_leptospirose_en_population_generale.pdf).
Cas particulier du laboratoire > retour au sommaire
➜ Epidémiologie du risque en laboratoire
Cas en laboratoire d'analyses (médicales, vétérinaires...) publiés depuis 1985 :
Aucun cas de contamination professionnelle en laboratoire d'analyses n’a été publié.
Cas en laboratoire de recherche publiés depuis 1985 :
2 cas survenus en laboratoire de recherche (deux coupures avec produits de culture).
Cas historiques (publiés avant 1985) :
67 cas publiés antérieurs à 1985 (dont de nombreux cas liés à la manipulation d’animaux infectés).
➜ Spécificité de l'évaluation du risque
Pas de risque spécifique identifié. Se référer au chapitre précédent « Que faire en cas d’exposition ».
➜ Incidence sur la conduite à tenir et prophylaxie
Sans objet ; se référer au chapitre précédent « Que faire en cas d’exposition ».
Autres références bibliographiques > retour au sommaire
➜ Centre national de référence :
Centre de Collaboration OMS pour la LeptospiroseTextes de référence :
Nouvelles recommandations relatives à la prévention du risque chez les personnes exposées à la leptospirose. Rapport du groupe de travail du Conseil supérieur d'hygiène publique de France. Rapport présenté et adopté lors de la séance du CSHPF du 18 mars 2005. Ministère en charge de la santé, 2005(http://www.sante.gouv.fr/dossiers/cshpf/r_mt_180305_leptospirose.pdf). Recommandations pour la prévention de la leptospirose en population générale. Avis du Conseil supérieur d'hygiène publique de France (sénce du 30 septembre 2005). Ministère en charge de la santé, 2005 (http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/Avis_du_CSHPF_du_30_septembre_2005_relatif_aux_recommandations_pour_la_prevention_de_la_leptospirose_en_population_generale.pdf).
Autres documents :
Dossier Leptospirose. Ministère en charge de la santé, 2008 (www.sante-sports.gouv.fr/leptospirose.html).
Levett PN - Leptospirosis. Clin Microbiol Rev. 2001 ; 14 (2) : 296-326.
Acha PN, Szyfres B - Zoonoses et maladies transmissibles à l'homme et aux animaux. Volume 1 : bactérioses et mycoses. 3e édition. Paris : Office international des épizooties, organisation mondiale de la santé animale ; 2005 : 382 p.
Baranton G, Perolat P - Les leptospires. In : Eyquem A, Alouf J, Montagnier L (Eds) - Traité de microbiologie. Volume 1. Padova : Piccin ; 1998 : 697-712, 1596 p.
Bureau de la sécurité des laboratoires (Canada) : FTSS - Fiches Techniques Santé/Sécurité - Matières infectieuses (http://www.phac-aspc.gc.ca/lab-bio/res/psds-ftss/index-fra.php)
Picardeau M, Cornet M, Morel V, Sertour N et al. - Impact du changement de nomenclature médicale sur le diagnostic et la surveillance de la leptospirose en France. Bull Épidémiol Hebd. 2008 ; 37 : 329-31.
Bibliographie spécifique aux laboratoires :
Consultez la bibliographie spécifique dans le Guide de lecture
Mise à jour de la fiche : Janvier 2010 > retour au sommaire

