Hantavirus

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Agent pathogène et pathologie > retour au sommaire

 Descriptif de l'agent pathogène

Nom de l'agent :Virus Puumala

Synonyme(s) : 

Type d'agent : Virus

Descriptif :

Le virus Puumala appartient au genre Hantavirus dans la famille des Bunyaviridae. Il est responsable chez l’homme d’une forme atténuée de fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR). Plusieurs hantavirus peuvent provoquer des formes plus ou moins graves de FHSR tels que les virus Hantan, Séoul, Saaremaa, Dobrava. Seul Puumala présent en France de manière endémique est traité dans cette fiche.
Il est à noter que les hantavirus qui circulent sur le continent américain sont responsables d'une autre forme de pathologie appelée syndrome cardio-pulmonaire.
Le virus Puumala est un virus enveloppé à ARN monocaténaire.

Groupe de classement : 2

 

 Pathologie

Nom de la maladie : Fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR)

 

 Réservoir et vecteur

Type de réservoir : Animal
Le réservoir du virus est un rongeur sauvage du genre Clethrionomys, C. glareolus (synonyme : Myodes glareolus), communément appelé campagnol roussâtre.
NB : Il arrive cependant, comme pour d’autres hantavirus que le virus Puumala puisse exceptionnellement passer à d’autres petits rongeurs comme le mulot à collier (Apodemus flavicollis).

Principale source : Urines; Sécrétions des voies aériennes supérieures; Selles; Salive; Sécrétions bronchiques
Les campagnols roussâtres présentent une infection inapparente et excrètent le virus en grande quantité dans leurs urines, leurs selles et leur salive. La source de contamination provient généralement des déjections de rongeurs infectés. Le virus persiste très longtemps chez ce rongeur (environ 100 jours).

 

 Viabilité, infectiosité

Viabilité, résistance physico-chimique :

Le virus semble sensible à la dessiccation. Il est stable de + 4 °C à - 20 °C et son pouvoir infectieux est conservé pour un pH compris entre 7 et 9. Il peut se conserver 5 ans à - 60 °C et est rapidement inactivé à 37 °C.

Infectiosité :

Dose infectieuse inconnue.

 
 

 Données épidémiologiques

Population générale :
Ce virus touche principalement des hommes (de 20 à 50 ans) dans la population rurale et les 2 sexes (tout âge) dans la population urbaine.
Le campagnol roussâtre est un rongeur très répandu. Son aire de répartition est vaste, allant du Nord de l’Espagne et de l’Italie, jusqu’à la limite de la toundra en Russie et Scandinavie. Ce rongeur fréquente les milieux boisés, les roselières et les haies, en plaine, ne grimpant en montagne que dans le Sud de son aire de répartition.
En France, ce rongeur est présent partout. Pourtant, les cas humains d’infection à virus Puumala sont localisés dans le quart nord-est avec des foyers de contamination tels la Franche-Comté, les Ardennes, la Picardie, où des poussées épidémiques peuvent survenir. A ce jour, 1 300 cas ont été rapportés dans le pays, avec une moyenne de 50 à 200 cas/an, dont environ 40 % dans le massif ardennais. Lors des années de pullulation du campagnol roussâtre, la prévalence du virus est plus élevée, avec des taux d'infection pouvant atteindre 60 % chez les rongeurs capturés, entraînant une forte contamination du milieu externe.

Milieu professionnel :
Cas décrits notamment chez des forestiers, agriculteurs, et ouvriers du bâtiment.
En 2005, sur 106 observations, on retrouve 46 % des contaminations d’origine professionnelle chez les hommes et 12,5 % chez les femmes.

 

 Transmission

Mode de transmission : La contamination se fait essentiellement par voie aérienne, par inhalation des aérosols de poussières contaminées par des excrétas de campagnols infectés. La contamination peut éventuellement se faire par contact des muqueuses ou des lésions cutanées avec des matières infectieuses. Elle se produit plus rarement par morsure. A l’heure actuelle, aucun cas de transmission interhumaine n’a été décrit.

Période de contagiosité : Sans objet.

 

 Maladie

Incubation : Elle peut varier de 3 à 60 jours, mais en moyenne, cette période est comprise entre 15 et 30 jours.

Clinique On observe une phase fébrile, tout d’abord aiguë, avec une fièvre atteignant 39 °C-40 °C (de 2 à 4 jours), suivie par une fébricule à 38 °C (de 2 à 4 jours), le patient devenant ensuite apyrétique. Il s’y associe un syndrome pseudo-grippal initial, puis un syndrome algique résistant aux antalgiques habituels, avec des céphalées, lombalgies, douleurs abdominales, douleurs thoraciques, articulaires, voire dentaires. Une douleur focalisée sur un organe peut tromper sur le diagnostic.
Les troubles de l’accommodation sont très évocateurs de la maladie. Ils sont présents dans 40 % des cas, mais sont souvent fugaces.
Une insuffisance rénale s’installe secondairement dans 57 % des cas, pouvant aller jusqu’à une insuffisance rénale aiguë oligo-anurique, justifiant des séances de dialyse rénale.
La guérison se fait généralement sans séquelle, parfois après plusieurs semaines d’asthénie résiduelle.
Cependant, dans de rares cas, il y a apparition de complications sévères, qui peuvent être mortelles, comme l’apparition de symptômes hémorragiques, associés ou non à une insuffisance rénale aiguë, ou de troubles neurologiques (coma…). Toutefois, cette mortalité n’est retrouvée actuellement que dans 0,1 à 0,2 % des cas.

Diagnostic : Il repose sur les techniques de sérologie, qui mettent en évidence la présence d’anticorps spécifiques apparaissant de 15 à 30 jours post-infection, et persistant pendant plusieurs mois (IgG).
Les tests classiques du CNR recherchent la présence d’IgG et d’IgM : seule cette association peut permettre d’affirmer le diagnostic de FHSR. Dans 44 % des cas, il faut faire un deuxième prélèvement pour confirmation. Actuellement, il existe des tests rapides de dépistage des IgM, permettant d’avoir une réponse dans les 2 heures.

Les éléments biologiques d’orientation sont : thrombopénie et protéinurie quasi constantes pendant la période initiale, hématurie microscopique, syndrome inflammatoire, insuffisance rénale.
L'échographie peut montrer des aspects typiques de cette infection avec des gros reins hyperréflectifs, des épanchements péri-rénaux, abdominaux, pleuraux, et une splénomégalie.

Traitement : Absence de traitement spécifique.

NB : Pour veiller à l’équilibre des fluides, il faut éviter les médicaments néphrotoxiques, tels que l’aspirine et les anti-inflammatoires.
En cas d’insuffisance rénale aiguë oligo-anurique, des séances de dialyse sont parfois nécessaires.

 

 Prévention vaccinale

Pas de vaccin disponible

Il n’existe pas de vaccin pour le virus Puumala.

 

 Caractéristiques de l'immunité

Immunité naturelle : A l'occasion d’un épisode de FHSR, les anticorps persistent longtemps et assurent ainsi une immunité acquise.

Immunité vaccinale : Sans objet.

 

 Populations à risque

Activités exposantes :

Les professions les plus particulièrement concernées sont le travail au contact du bois, les activités agricoles, les activités du bâtiment, dans le quart nord-est de la France et plus particulièrement dans les zones où il existe des poussées épidémiques.
Exemples d’activités exposantes :
- coupe de bois, débardage du bois, manipulation de bois stocké en forêt ou à domicile ;
- activités agricoles, manipulation de matières végétales, de vieux foins, tonte de pelouse ;
- nettoyage de poulaillers, granges, remises ;
- activités du bâtiment, rénovation de maisons anciennes, bricolage, travaux de terrassement ;
- activités mettant en suspension de la poussière : nettoyage ou manipulations d’objets dans une cave, grenier, garage, grange, remise à outils, les activités dans une pièce inhabitée, surtout le balayage.

Terrain à risque accru d'acquisition :  Pas de terrain particulier.

Terrain à risque accru de forme grave : Les formes graves seraient corrélées à certains HLA entraînant de fortes productions de TNF alpha.

Grossesse : Quelques cas exceptionnels rapportés : pas de complication rapportée.

 
 

Que faire en cas d'exposition ? > retour au sommaire

 Définition d'un sujet exposé

Sujet exposé à un milieu empoussiéré, notamment dans le cadre du travail au contact du bois, les activités agricoles, les activités du bâtiment et plus particulièrement dans les zones où il existe des poussées épidémiques de la maladie (cf. : activités exposantes).
Contexte éventuel : collègue ayant travaillé dans les mêmes conditions qu’une personne présentant une FHSR.

 

 Conduite à tenir immédiate

Les premiers conseils consistent à demander au patient d’éviter la prise d’AINS, d’acide acétylsalicylique et de prendre plutôt du Paracétamol.

 

 Evaluation du risque

Source :
Produit biologique : poussières contaminées par déjections de rongeurs infectés.

Sujet exposé :
Absence de port de protection respiratoire adaptée.
La durée d’exposition augmente notablement le risque de contamination.

 

 Mesures prophylactiques

Pas de traitement prophylactique.

 

 Suivi médical

Suivi rapproché concernant l’apparition de symptômes évocateurs, afin de mettre en route le traitement qui sera avant tout symptomatique.

 

 Conseils

Pour l'entourage du sujet :

Il n’y a pas de contamination inter-humaine donc pas de précaution à prendre dans l’environnement immédiat.

En cas de grossesse :


Rien de particulier.

 

 Démarche médico-légale

Déclaration obligatoire : Pas de déclaration obligatoire

Réparation :

- au titre d'un Tableau de maladies professionnelles :
   Régime général : n° 96
   Régime agricole : n° 56
Consultez la base de données Tableaux de maladies professionnelles. Guide d'accès et commentaires
- maladies hors tableau et fonction publique : selon expertise

 

 Texte de référence

Pas de texte de référence.

 

Cas particulier du laboratoire > retour au sommaire

 Epidémiologie du risque en laboratoire

Cas en laboratoire d'analyses (médicales, vétérinaires...) publiés depuis 1985 :

Pas de cas publié.

Cas en laboratoire de recherche publiés depuis 1985 :

Cas décrits liés à la manipulation de rongeurs infectés ou lors de la manipulation de cultures (aérosolisation).

Cas historiques (publiés avant 1985) :

Cas décrits liés à la manipulation de rongeurs infectés.

 

 Spécificité de l'évaluation du risque

Pas de risque spécifique identifié. Se référer au chapitre précédent « Que faire en cas d’exposition ? ».

 

 Incidence sur la conduite à tenir et prophylaxie

Sans objet ; se référer au chapitre précédent « Que faire en cas d’exposition ? ».

 

Eléments de référence  > retour au sommaire

 Centre national de référence :

CNR des Fièvres Hémorragiques Virales
UBIVE / Institut Pasteur
21 avenue Tony Garnier
69365 LYON CEDEX 07
Tél. secrétariat : 33 (0)4 37 28 24 40 - Fax : 33 (0)4 37 28 24 51

Responsable : Noël TORDO
Tél. : 33 (0)4 37 28 24 43
E-mail : noel.tordo@pasteur.fr

Adjoint : Philippe MARIANNEAU
Tél. : 33 (0)4 37 28 24 52
E-mail : philippe.marianneau@inserm.fr

 Bibliographie

Textes de référence :

Pas de texte de référence.

Autres documents :

Le Guenno B - Les hantavirus. Méd Mal Infect. 1997 ; 27 (6-7) : 703-10.

N'guyen A - Etude rétrospective des manifestations respiratoires de la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR) à virus Puumala (à propos de 129 cas). Thèse Nancy 1998.

Penalba C, Galempoix JM - Fièvres aux Hantavirus. Encyclopédie médico-chirurgicale. Maladies infectieuses 8-063-B-10. Paris : Éditions scientifiques et médicales Elsevier ; 2000 : 8 p.

Penalba C, Halin P, Lanoux P, Réveil JC et al. - Fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR). Aspects épidémiologique et clinique dans le département des Ardennes (76 observations). Méd Mal Infect. 1994 ; 24 (Suppl 2) : 506-11.

Strady C, Jaussaud R, Rémy G, Penalba C - Infections à Hantavirus. Presse Méd. 2005 ; 34 (5) : 391-99.

Bibliographie spécifique aux laboratoires :

Consultez la bibliographie spécifique dans le Guide de lecture

 

Mise à jour de la fiche : Mars 2009 > retour au sommaire

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