Chlamydia psittaci

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 Descriptif de l'agent pathogène

Nom de l'agent :Chlamydia psittaci

Synonyme(s) : 

Type d'agent : Bactérie

Descriptif :

Bactérie Gram négatif intracellulaire obligatoire.
Six sérovars en fonction des espèces d’oiseaux.
Les souches des mammifères ont été incluses dans des espèces à part : C. pecorum, C. abortus, C. felis et C. caviae.
C. psittaci est limité aux souches aviaires.

Groupe de classement : 3

 

 Pathologie

Nom de la maladie : Ornithose-psittacose

Synonyme(s) : Chlamydiose aviaire

 

 Réservoir et vecteur

Type de réservoir : Animal
Détectée chez plus de 450 espèces d'oiseaux à travers le monde : oiseaux d’agrément (perruches, perroquets…), de basse cour et d’élevage industriel (canards, oies, dindes principalement mais aussi poulets et faisans), pigeons.
Si, chez les psittacidés (perruches, perroquets...), la chlamydiose se manifeste souvent par un tableau clinique, elle est presque toujours inapparente chez les volailles. La bactérie est excrétée surtout dans les fientes ou dans les sécrétions nasales.

Principale source : Sécrétions des voies aériennes supérieures; Selles
La bactérie est excrétée surtout dans les fientes ou dans les sécrétions nasales.

 

 Viabilité, infectiosité

Viabilité, résistance physico-chimique :

Sensible à la chaleur et aux désinfectants classiques, résistante aux basses températures et à la dessiccation.
Sa survie à l’extérieur de l’hôte est de quelques jours dans les déjections d’oiseaux et au moins de 20 à 30 jours dans la paille souillée par les fientes d’animaux infectés.

Infectiosité :

Pathogène de l’animal et de l’homme, infection asymptomatique fréquente.
Dose infectieuse : inconnue.

 
 

 Données épidémiologiques

Population générale :
Zoonose de répartition mondiale.
Peu de données de surveillance.

Milieu professionnel :
La psittacose est souvent d'origine professionnelle. Prédominance en France là où la densité avicole est importante (Ouest et Sud-Ouest).
La particularité française se trouve au niveau des canards mulards destinés notamment à la production de foie gras. Les études montrent que le portage de C. psittaci dans cette filière est très fréquent. Très rarement chez les éleveurs de dindes ou en abattoir.
Au cours des cinq dernières années, le nombre de cas identifiés a varié de 11 à 37 par an. 16 salariés agricoles ont fait l'objet d'une reconnaissance de maladie professionnelle entre 1990 et 1999, et 39 salariés du régime général entre 1989 et 2001.
Une enquête réalisée en 2000 auprès des professionnels de la filière avicole des régions de Bretagne et des Pays-de-la-Loire, en arrêt de travail pour une symptomatologie et un traitement compatibles avec la psittacose, a mis en évidence une séroprévalence vis-à-vis de C. psittaci de 44 %. La séroprévalence était plus élevée chez les femmes que chez les hommes, en particulier celles en contact avec des canards et celles travaillant uniquement en couvoir. Chez les hommes, la séroprévalence était plus élevée parmi ceux travaillant au ramassage des volailles.

 

 Transmission

Mode de transmission : Inhalation de poussières infectantes contaminées par des fientes d’oiseaux ou lors de la manipulation d’un oiseau infecté ou de ses plumes ou de ses tissus.
5 à 70 % d’oiseaux infectés selon les études, pouvant atteindre 100 % dans des conditions de stress.
La transmission interhumaine a été évoquée mais non prouvée.

Période de contagiosité :

 

 Maladie

Incubation : 5 à 19 jours.

Clinique Non spécifique. La forme la plus évocatrice est une pneumopathie atypique révélée par un syndrome pseudo-grippal le plus souvent avec fièvre (39-40° C), frissons, céphalées intenses, myalgies (> 95 %), toux sèche, conjonctivite (> 50 %).
Complications : respiratoires (détresse respiratoire aiguë), digestives avec diarrhée (35 %) dans les formes typhoïdes, neurologiques (troubles de la conscience, méningite lymphocytaire, encéphalite) et plus tardivement cardiaques.
Des atteintes hépatiques, rénales, cutanéo-muqueuses, hématologiques ont été également décrites.
La radiographie pulmonaire est anormale (opacités alvéolaires) dans 75 % des cas. Létalité : 10 à 20 % en l’absence de traitement, < 1 % sous traitement.

Diagnostic : Le diagnostic repose sur la suspicion clinique et sur la mise en évidence de la présence de l'agent pathogène ou d'anticorps spécifiques.

Diagnostic direct par :

  • isolement sur culture cellulaire : difficile, nécessite le plus souvent un examen invasif (lavages broncho-alvéolaires, mais également possible sur crachat et hémoculture);
  • PCR à partir d'échantillons respiratoires (écouvillonnage pharyngé), réalisée suelement par certains laboratoires spécialisés dont le CNR.

Diagnostic inditect : recherche d'IgG et d'IgM. Résultats interprétés avec précaution, notamment si titres <1/128, car leur spécificité est limitée (réaction croisée avec C. pneumoniae, C. trachomatis, and C. felis). La réalisation de 2 sérologies à 5 semaines d'intervalle est nécessaire pour objectiver une élévation significative des anticorps.

Définition des cas :

  • cas possible (titre IgG 64 sans IgM ou lien épidémiologique avec un cas confirmé);
  • cas probable (présence d'IgM ou titre IgG 128);
  • cas confirmé (recherche directe positive ou séroconversion ou augmentation de quatre fois le titre des IgG).

Traitement : Cyclines ou fluoroquinolones pendant 10 à 21 jours. En cas de contre-indication, un macrolide peut être utilisé.

 

 Prévention vaccinale

Pas de vaccin disponible

 

 Caractéristiques de l'immunité

Immunité naturelle : Réinfections possibles

Immunité vaccinale : Sans objet

 

 Populations à risque

Activités exposantes :

Toutes celles exposant à des aérosols potentiellement infectés.
Professions : éleveurs d’oiseaux ou de volailles, personnel d’abattoir de volailles, de magasins d’oiseaux, employés de zoo, vétérinaires, douaniers, couvreurs…Exposition à des tissus animaux infectés en laboratoire.
Environnement : possession d’oiseaux de compagnie, expositions d'oiseaux...

Terrain à risque accru d'acquisition :  Pas de facteur de risque individuel identifié.

Terrain à risque accru de forme grave : Grossesse, âge élevé, alcoolisme, diabète, insuffisance respiratoire, déficit immunitaire.

Grossesse : Pas de donnée concernant l'infection à chlamydia psittaci chez la femme enceinte.

 
 

Que faire en cas d'exposition ? > retour au sommaire

 Définition d'un sujet exposé

Personne ayant été en contact proche (dans le même local par exemple) avec des oiseaux d’agrément ou des volailles (surtout canards) infectés, ou avec des aérosols contaminés par leurs fientes ou leurs secrétions respiratoires.

 

 Conduite à tenir immédiate

Information sur les principales manifestations cliniques de la maladie.
Lavage des mains après avoir manipulé les oiseaux et leur cage.

 

 Evaluation du risque

Un contact étroit n’est pas indispensable à la transmission de la maladie. Elle peut avoir lieu après quelques minutes passées dans un endroit précédemment occupé par des oiseaux infectés (canards, dindes, perruches surtout). La probabilité d’infection des oiseaux augmente avec le stress des oiseaux (carences nutritives, entassement, transports prolongés).
Les activités les plus à risque sont celles provoquant une mise en suspension d’aérosols par agitation des oiseaux : notamment insémination, gavage, ramassage en élevage, transport, accrochage, plumage et éviscération à l’abattoir, soins vétérinaires…

Source :
Produits biologiques : fientes, sécrétions nasales, sang et tissus des animaux malades ou porteurs sains.

Sujet exposé :
Immunité, risques particuliers : RAS.

Facteurs de sensibilité : cf. terrain à risque.

 

 Mesures prophylactiques

Pas d’indication à une prophylaxie antibiotique.

 

 Suivi médical

Après exposition potentielle, surveillance à la recherche de la survenue d’un syndrome grippal et/ou toux dans les 15 jours.
Si signes cliniques évocateurs avec notion d’exposition, nécessité d'une confirmation par la recherche directe (PCR) ou l’isolement de C. psittaci ou par la sérologie en MIF (séroconversion, présence d’IgM) pour un traitement antibiotique adapté le plus précoce possible.

 

 Conseils

Pour l'entourage du sujet :

Pas de transmission interhumaine confirmée, donc aucune recommandation particulière. Rechercher autres personnels susceptibles d’avoir été exposés dans les mêmes conditions.

En cas de grossesse :


Traitement antibiotique au moindre signe clinique chez une femme enceinte exposée.

 

 Démarche médico-légale

Déclaration obligatoire : Pas de déclaration obligatoire

Réparation :

- au titre d'un Tableau de maladies professionnelles :
   Régime général : n° 87
   Régime agricole : n° 52
Consultez la base de données Tableaux de maladies professionnelles. Guide d'accès et commentaires
- maladies hors tableau et fonction publique : selon expertise

 

 Texte de référence

Néant

 

Cas particulier du laboratoire > retour au sommaire

 Epidémiologie du risque en laboratoire

Cas en laboratoire d'analyses (médicales, vétérinaires...) publiés depuis 1985 :

Quelques cas décrits uniquement en laboratoires vétérinaires.

Cas en laboratoire de recherche publiés depuis 1985 :

Pas de cas décrit.

Cas historiques (publiés avant 1985) :

Au moins 116 cas décrits, dont 10 décédés. Principalement en laboratoires vétérinaires.

 

 Spécificité de l'évaluation du risque

Personnel de laboratoire en contact avec des aérosols lors de la manipulation de prélèvements infectés ou de cultures, sans protection adaptée.

 

 Incidence sur la conduite à tenir et prophylaxie

Pas de spécificité.

 

Eléments de référence  > retour au sommaire

 Centre national de référence :

CNR Chlamydiae
Docteur Bertille DE BARBEYRAC
Université Bordeaux Segalen
Laboratoire de Bactériologie
USC Infections humaines à mycoplasmes et chlamydiae
CNR des infections à Chlamydiae
146 rue Léo-Saignat - 33076 BORDEAUX CEDEX

Tél. : 05 57 57 16 33 – Fax : 05 56 93 29 40
E-mail : bertille.de.barbeyrac@u-bordeaux2.fr

 Bibliographie

Textes de référence :

Néant

Autres documents :

Belchior E, Laroucau K, de Barbeyrac B - La psittacose : évolution actuelle, surveillance et investigations en France. Bull Épidémiol Hebd. 2010 ;  HS : 12-14 (http://www.invs.sante.fr/beh/2010/hs/index.htm)

Laroucau K, Guérin JL - La chlamydiose aviaire. Synonymes : ornithose, psittacose, fièvre du perroquet. Bull Épidémiol AFSSA. 2006 ; 22 : 4-6 (http://www.anses.fr/bulletin-epidemiologique/Documents/BEP-mg-BE22.pdf).

Abadia G, Sall N’Diaye P, Masson P, Laurens E et al. - Les chlamydioses d’origine aviaire. Maladies professionnelles. Méd Mal Infect. 2001 ; 31 (Suppl 2) : 226-32.

Compendium of Measures To Control Chlamydophila psittaci Infection Among Humans (Psittacosis) and Pet Birds (Avian Chlamydiosis), 2010.
National Association of State Public Health Veterinarians (NASPHV). J Exotic Pet Med. 2011 ; 20 (1) : 32-45.

 Ménard A, Clerc M, Subtil A, Mégraud F et al. - Development of a real-time PCR for the detection of Chlamydia psittaci. J Med Microbiol. 2006 ; 55 (Pt 4) : 471-73.

Psittacose. Ministère en charge de la santé, 2009 (http://www.sante.gouv.fr/psittacose.html)

Psittacosis. CDC, 2009 (http://cdc.gov/ncidod/dbmd/diseaseinfo/psittacosis_t.htm).

Bibliographie spécifique aux laboratoires :

Singh K - Laboratory-acquired infections. Clin Infect Dis. 2009 ; 49 (1) : 142-47.

 

Mise à jour de la fiche : septembre 2011 > retour au sommaire

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