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Questions-réponses sur le bisphénol A (BPA)

Qu’est-ce que le BPA ? Quels sont ses effets sur la santé ? Comment prévenir les risques d’expositions ?
L'INRS vous propose des réponses à ces questions.

Le bisphénol A (BPA)

Effets du BPA sur la santé

Prévention

 
Le bisphénol A (BPA)

- Qu’est-ce que le BPA ?
Le bisphénol A est un composé transparent, solide à température ambiante, déposé sur la surface des papiers thermiques. Sous l’effet de la température, il change de couleur permettant ainsi l’impression. Il est également utilisé comme réactif permettant la synthèse de polymères tels que les résines époxy (intérieur des boîtes de conserves) ou les polycarbonates (bonbonne d’eau par exemple).

- Qu’appelle-t-on papier thermique ?
Le papier thermique est un papier recouvert d’un révélateur qui se colore lorsqu’il est chauffé. Il a été utilisé en premier lieu pour l’impression des fax. Il est aujourd’hui utilisé pour imprimer les reçus de carte de paiement et de guichets automatiques de banque, les tickets de caisse, les étiquettes alimentaires ou encore les résultats de certains dispositifs médicaux (électrocardiographe numérique par exemple).

- Au travail, qui peut être exposé au BPA ?
Les professionnels qui manipulent des papiers thermiques contenant du BPA peuvent y être exposés. C’est le cas des agents de caisse, des commerçants, des personnes chargées du renouvellement des rouleaux de papier dans les distributeurs de billets ou de certaines professions médicales en contact avec des résultats d’analyse imprimés sur des papiers thermiques.
L’exposition liée à la manipulation de matière plastique solide à base de polycarbonates ou de résines époxy est considérée comme négligeable (cf. rapport Anses d’avril 2013 « Evaluation des risques du Bisphénol A (BPA) pour la santé humaine »)

- Depuis quand utilise-t-on du papier thermique ?
Le BPA a commencé à être utilisé dans les papiers thermiques des télécopieurs à la fin des années 1970.

 

Effets du BPA sur la santé

- Que souligne le nouveau rapport de l’Anses pour la santé des travailleurs ?
L’Anses a publié en avril 2013 les résultats d’une évaluation des risques sanitaires du BPA. Ce rapport conclut à la présence de « situations à risque » présumées (absence de données d’exposition et de données épidémiologiques le confirmant), notamment pour le développement du fœtus suite à l’exposition des femmes enceintes exerçant le métier de caissière.

- Quelles sont les voies de pénétration du BPA dans le corps humain ?
Un premier rapport portant sur les effets et les usages du BPA a été publié en septembre 2011 par l’Anses. Selon ces travaux, auxquels a participé l’INRS, le BPA peut pénétrer l’organisme par voie cutanée, c'est-à-dire en traversant la peau, ou être ingéré. L’INRS a également publié en 2011 une étude confirmant et quantifiant expérimentalement la pénétration par la peau. Par contre, l’inhalation est très peu probable car le BPA n’est pas volatil.

- Quels sont les effets sur la santé ?
Le BPA est soupçonné d’induire des effets du type perturbateurs endocriniens, c'est-à-dire d’interagir sur le fonctionnement des hormones et par là d’entraîner des effets sur la santé. Ces derniers peuvent être très variés et toucher de nombreux organes (systèmes reproducteurs, cerveau, thyroïde, système cardiovasculaire…).
Dans son rapport, l’Anses a évalué les risques uniquement pour la femme enceinte et son enfant à naître. Des effets potentiels pour la santé n’ont été mis en évidence que pour ce dernier et uniquement lors d’études sur l’animal, sans avoir été pour l’instant confirmés chez l’homme.
Les études menées chez l’animal montrent 4 types d’effets sur leur descendance :

  • prise de poids et augmentation des lipides sanguins (cholestérol, triglycérides)
  • modifications dans le développement de la glande mammaire avec augmentation de structures cellulaires considérées comme cibles privilégiées des cancérogènes chimiques (d’où risque accru de développer un cancer du sein en cas d’exposition à un agent cancérogène)
  • altération des fonctions d’apprentissage et de mémoire
  • formation de kystes ovariens, augmentation de l’épaisseur de l’endomètre (paroi interne de l’utérus), perturbation des cycles ovariens.

- A quelle dose apparaît le risque ?
Le BPA provoque de profondes interrogations dans la communauté scientifique. Il est actuellement étudié dans de nombreux laboratoires à travers le monde. Il est soupçonné d’induire des effets du type perturbateurs endocriniens, c'est-à-dire d’interagir sur le fonctionnement des hormones et par là d’entrainer des effets sur la santé. Ces derniers ne sont habituellement pas recherchés dans le cadre des études toxicologiques réglementaires. Ce type d’effet pourrait apparaître à des doses très faibles puis disparaitre lorsqu’on augmente la dose, pour réapparaitre à une dose plus élevée.

- Le BPA a-t-il des effets sur la fertilité masculine ?
Cet effet est pour l’instant discuté par les experts. Les recherches sont encore en cours.

- J’ai été peut être exposée au BPA pendant ma grossesse du fait de mon travail. Dois-je m’inquiéter pour mon enfant ?
L’étude de l’Anses a uniquement montré qu’il pourrait y avoir par rapport aux personnes non exposées une probabilité plus importante pour les femmes enceintes exposées au BPA d’avoir des enfants présentant certains effets. Ces effets sont très répandus, non spécifiques, et sont classiquement recherchés lors du suivi médical de la population générale. Il n’y a donc pas de surveillance particulière à mettre en place.

- J’ai fait une fausse couche alors que j’étais caissière pendant ma grossesse. Les tickets étaient-ils la cause ?
Non, ce type d’effet n’a jamais été rapporté au BPA dans les multiples études qui lui ont été consacrées. Il en est de même pour les malformations.

 

Prévention

- Comment prévenir les risques liés au BPA ?

  • Quels sont les produits de substitution ?
    Certains fabricants ont d’ores et déjà substitué le BPA dans les papiers thermiques par d’autres molécules de la famille des bisphénols, comme le bisphénol S. Ces produits de substitution sont soupçonnés eux aussi d’être des perturbateurs endocriniens et de conduire à des effets similaires au BPA. Pour l’instant il n’existe que peu d’études toxicologiques sur ces molécules de substitution et les équipes de recherche sont de plus en plus nombreuses à se pencher sur le sujet.
    Dans ces conditions, la faisabilité d’un changement de la technique d’impression des tickets est à étudier : l’usage d’impression laser ou jet d’encre pourrait s’avérer plus judicieux qu’une substitution du BPA dans les papiers thermiques par un produit présentant possiblement le même type d’effet.
  • Faut-il porter des gants ?
    Attention, les gants en coton ou autre tissu ne protègent pas du BPA. Ils pourraient même l’absorber comme une éponge et augmenter l’exposition par la peau.
    L’usage de gants plastiques peut-être envisagé pour réduire l’exposition mais ne semble pas toujours compatible avec les situations de travail : ils deviennent inconfortables lorsqu’ils sont portés plusieurs heures et ne permettent pas toujours de conserver une grande dextérité. De plus, aucun test d’efficacité démontrant l’étanchéité des gants plastiques vis-à-vis du BPA n’a été réalisé.

- Les femmes enceintes exposées peuvent-elles préserver leur poste lorsqu’il comporte une exposition au BPA ?
Il faut tenir compte des situations particulières et chaque cas est différent. Le médecin du travail, selon le poste, pourra recommander un reclassement temporaire dans une autre fonction. A ce jour et en l’absence de certitudes, le BPA ne compte pas parmi les substances qui conduisent à éloigner toutes les femmes enceintes qui y sont exposées. Cependant, la France a déjà déposé un dossier de demande de classification CMR du BPA auprès des instances européennes.

- Je suis salariée, à qui puis-je poser des questions sur le risque de cette exposition professionnelle sur ma santé ?
Vous pouvez contacter votre médecin du travail ou, de façon plus générale, les services de santé au travail.

- Je suis responsable d’entreprise, où trouver plus d’informations et de l’aide pour mettre en place une prévention de ce risque ?
Vous pouvez vous adresser au service prévention de votre CARSAT, ou, de façon plus générale, aux services de santé au travail.

- Que fait l’INRS sur le BPA ?

  • L’INRS a mis en évidence en 2011 le passage percutané du BPA.
  • Des experts de l’Institut ont participés aux travaux de l’Anses concernant l’évaluation des risques du BPA.
  • Une méthode de biométrologie urinaire est en cours de développement afin de pouvoir évaluer l’imprégnation réelle des professionnels exposés au BPA ou à ses substituts. Le développement de cette méthode sera suivi d’une campagne en milieu professionnel (caissières) en collaboration avec les services de santé au travail.
  • Une recherche d’éventuelles autres populations professionnelles plus particulièrement exposées sera également effectuée.

- Quand aura-t-on les résultats de l’étude sur l’exposition des caissières au BPA menée par l’INRS ?
Une telle étude nécessite plusieurs étapes : la mise au point du protocole, sa validation, la sélection de la population d’étude, le recueil de données sur le terrain, le traitement puis l’analyse de ces données… Les résultats sont donc attendus pour début 2014.

- Le BPA alimente l’actualité depuis de nombreuses années, pourquoi s’inquiéter aujourd’hui des éventuels effets sur la santé des salariés exposés?
Le BPA est étudié depuis de nombreuses années. Certaines études récentes mettent en évidence des effets à faibles doses. Elles ne font pour l’instant pas l’objet d’un consensus dans la communauté scientifique. L’Anses les a cependant prises en compte dans son évaluation des risques liés au BPA publiée en avril 2013. Concernant la santé des salariés exposés, la suspicion d’un risque pour les caissières provient d’une part de ces nouvelles données toxicologiques et d’autre part d’un travail récent de l’INRS sur le passage du BPA à travers la peau.

- Qu’en est-il du BPA dans les autres pays ? Y a-t-il des interdictions d’utilisation ?
Le Danemark et la Finlande ont réalisé des évaluations de risque lors d’exposition aux tickets de caisse, mais le résultat de ces évaluations est discordant : l’institut finlandais conclut à la présence d’un risque (KEMI, 2012) et l’institut danois non (Danish EPA, 2011).
A l’heure actuelle seuls les usages du BPA dans les contenants alimentaires et dans les biberons ont fait l’objet de réglementations en France ou en Europe.
 

Mis à jour le 09/04/2013